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opale
Inscrit le: 21 Fév 2007 Messages: 88 Localisation: paris
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Posté le: Mar Nov 06, 2007 6:12 pm Sujet du message: actualité" psy : au sujet de le dépression |
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Bonjour,
Je m'adresse aux visiteurs du site pour connaître un peu leurs ressentis sur ce qui va suivre:
Peut être avez vous vu dans vos régions respectives( je ne sais si cette initiative est limitée à l'Ile de France pour le moment)une campagne d'affichage et de distribution de flyers (dans la mairie de mon arrondissement) pour lutter contre la dépression.Quelle(s) réaction(s) avez vous eues?
Mon sentiment n'est pas favorable et me ferait limite froid dans le dos (je me méfie parfois de mes réactions) et j'aimerais quand même savoir ce qu'il en est pour vous autres, ceux et celles avec qui j'ai pu échanger quelques messages,favorables ou non évidemment....
A vos claviers, si ça vous suggère des commentaires.J'ai su qu'un quotidien y avait consacré un article dans le numéro du lundi 5 novembre, je n'ai pas pu le lire mais au cas où ça intéresserait les visiteurs...
bonne soirée à tous. |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 311 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Nikaya
Inscrit le: 04 Juil 2007 Messages: 54 Localisation: Aquitaine
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Posté le: Mar Nov 06, 2007 7:20 pm Sujet du message: |
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Bonjour Opale, Bonjour Francis, Bonjour à tous,
Cette camapagne d'affichage et de flyers n'est en effet, pas exclusive à l'IDF : ici, en Gironde, c'est le cas aussi.
Ma réaction à ce sujet est mitigée :
D'un côté, pûrement naïf, je trouve que c'est bien de "reconnaître" ce mal bien actuel... De montrer une volonté de sortir ses concitoyens de la dépression. Mais c'est une reconnaissance "officielle" ou de façade à mon sens : dans le quotidien, qui va dire ouvertement "je suis dépressif" ou il m'est arrivé de faire une grave dépression... Non aujourd'hui, cela ne se dit pas... On ne dit pas qu'on est faible (au risque d'être affaibli, encore plus par l'opinion "publique") sinon avec quelques rares très très proches...
Et (si je puis me permettre), ce n'est pas dans une société ou il faut "travailler plus pour gagner plus" que l'on va "tolérer" ou compatir avec les faibles...
Arf, suis p'têt parano moi aussi...
Ce n'est pas une affiche ou un site qui va faire que ces individus sortiront de l'isolement...
Comme si il y avait des recettes "fast food" pour lutter contre la dépression.
La dépression, quand elle n'a pas été vécue, est considérée comme l'objet des faibles et des sans volonté. On a beau dire tout ce qu'on veut, avec les plus belles phrases pleines de paillettes et de compréhension : on ne comprend vraiment la dépression que lorsqu'on l'a vécue.
Voici un passage d'une news d'AFP qui m'a un tantinet chauffé les oreilles : | Citation: | | "L'amélioration de la prise en charge de la dépression est un programme majeur du plan santé mentale", a souligné la ministre, détaillant les points lui tenant "particulièrement à coeur": renforcement de la prévention, du repérage et de la prise en charge de cette maladie, "actions ciblées auprès des populations qui sont particulièrement menacées". |
"Repérage, actions ciblées auprès des populations qui sont particulièrement menacées"... "des populations menacées"... On parle des baleines, là? Quelles sont les populations menacées ???
Je veux bien le comprendre dans le sens voulu : repérage = diagnostic. Mais, je ne sais pas pourquoi... Cela me fait penser à une chasse à la sorcière (ou autres choses plus sordides).
Je suppose, bien sûr, que cela part d'une bonne intention. (qu'est ce que je suis diplomate !)
Tiens, vla un autre passage, pris, celui-ci sur le site contre la dépression, en question : | Citation: | | Quel que soit le traitement, sa mise en œuvre s’appuie toujours sur une alliance, un dialogue, une collaboration étroite entre votre (vos) soignant(s) et vous. Vous avez le droit d’être informé | -ouf!!!-, | Citation: | | vous pouvez à tout moment poser des questions | -même sans avocat?... Hihihi-, | Citation: | | exprimer vos attentes, vos craintes… Vous êtes acteur de votre traitement. |
Vous êtes acteur de votre traitement ??? Lorsque les effectifs médico-psychiatriques ne sont pas suffisants, faut bien trouver un moyen de combler le manque de dialogue : un cacheton et au lit !
Ou sinon, la volonté, vite fait bien fait de faire un diagnostic... Histoire de filer un traitement "rapide" et "efficace" et de se "débarasser du problème... Illustration :
-Docteur, je suis somnambule et je parle en dormant
-z'êtes schizophrène
-mais je n'arrive plus à rien... J'n'arrête pas de pleurer...
-Hmmm... Z'êtes schizophrène, et bipolaire...
-en plus, en ce moment j'ai po trop d'appétit...
-... Anorexique en plus...
- Et... Vous m'faites un prix de gros, docteur ?
Pardon, je m'emporte... à mon avis, il ne peut pas y avoir d'action de masse sur ce genre de maux... Il n'y a que les actions de proximité qui puissent être adaptées. La psychanalyse nous le montre bien : chaque histoire est différente, et chaque individu doit être pris en compte dans son individualité...
Outre la dépression et le problème de sa prise en charge, j'ai eu l'occasion d'entendre des témoignages des conditions d'hospitalisation d'enfants/ ado psychotiques, autistes... Qui mettent en exèrgue les réelles carences du système (suppression de lits, personnel en sous effectif)
Donc faire un joli site internet et des flyers, c'est bien, donner les moyens à la psychiatrie pour qu'elle exerce dans de bonnes conditions, ce serait vraiment mieux.
Au plaisir de vous lire, et d'échanger sur ce sujet,
Nikaya _________________ Condamnée à être libre |
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mia

Inscrit le: 25 Sep 2007 Messages: 45 Localisation: oise
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Posté le: Mar Nov 06, 2007 8:48 pm Sujet du message: |
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La dépression lourde, j’ai connu il y a quelques années.… c’est pourquoi je me permets ici des remarques très personnelles, en tant qu’ « ancienne dépressive » (ça sonne un peu comme ancien combattant !)
Je le dis ici, je le dis aussi ailleurs (contrairement à ce qu’écrit Nikaya :
« dans le quotidien, qui va dire ouvertement "je suis dépressif" ou il m'est arrivé de faire une grave dépression ? » )
mais ça sonne presque comme une revendication, cela revient peut-être au même que de ne pas en parler ? est-ce ma façon de m’accepter ?
Tout à fait d’accord en revanche avec « on ne comprend vraiment la dépression que lorsqu'on l'a vécue. »
Je ne trouve rien dans les spots radios qui m’aurait aidée à cette époque, ils sont prononcés par des gens (des acteurs sans doute) qui sont tout sauf dépressifs. Quand on va mal, ça se sent forcément dans la voix.
Je trouve le livret plutôt bien fait. Il aurait certainement pu m’être utile, et raccourcir mon calvaire. « Exprimer sa souffrance et accepter d’être aidé », voilà qui me semble parlant, et en quoi j’aurais peut-être pu me reconnaître. En revanche, « troubles anxieux » différents de « dépression », c’est bien joli, mais très théorique ? je me sentais terriblement anxieuse, on me disait triste.
Le livret aborde la culpabilité, les ressentis, les réactions des autres (genre « secoue-toi »). Il propose des adresses, dont j’aurais eu besoin.
En revanche le petit dépliant ne me convainc pas trop. Difficile de trop raccourcir à mon avis.
Quant aux remèdes…
Les médicaments sont efficaces, parfaits pour retrouver le droit chemin, la psychothérapie soulage. Entièrement d’accord. J’ai testé tout ça.
A chacun son remède, on est tous d’accord aussi je pense.
Mais le seul "remède"(?) efficace et durable que j’ai trouvé pour moi, c’est la psychanalyse (pour retrouver MON chemin, comme m’a fait remarquer récemment l’analyste, et non plus le droit chemin). Finalement « la guérison vient en plus », c’est vrai.
J’ai aujourd’hui une envie de vivre qui n’est pas passagère, que je sais profonde et vraie.
Et quand je relis tout ce que je viens d’écrire et que je trouve très noir, je me dis qu’une page a été tournée !
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opale
Inscrit le: 21 Fév 2007 Messages: 88 Localisation: paris
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Posté le: Mer Nov 07, 2007 9:55 am Sujet du message: en réponse aux messages |
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Bonjour,
J'ai lu vos impressions, opinions sur cette campagne: voici les questions qu'elles me suggèrent.Ce qui ne va pas sans susciter le malaise ou la gêne ou ce je-ne-sais-quoi qui me dérange:
- quantité de personnes n'ont pas eu besoin de cette campagne dite d'information sur la dépression pour prendre en compte leurs souffrances alors je me demande s'il s'agit vraiment d'une campagne d'information:la dépression renvoie à quelque chose de connu (pas nécessairement vécu je suis d'accord)et les articles sur la question ont régulièrement fait l'objet de dossiers dans les revues et magazines ces dernières années, alors s'agit-il vraiment d'information?...et j'en viens à ce qui me trotte dans la tête:
- j'aurais plutôt l'impression que sous couvert d'informations, il s'agirait d'un vaste arsenal de recensement et si c'est le cas, à quelle(s) fin(s)? à qui va t-elle profiter? quelle(s) stratégies va t-elle servir?
- et à supposer que cette campagne soit utile et qu'une personne demande à être prise en charge(une expression assez passive d'ailleurs), vers qui va t-on la renvoyer, vers quel(s) professionnel(s), et vous me voyez venir avec mes gros sabots, quels sont ceux qui pratiquent le "repérage" des populations dites "exposées"....
-et comment va t-on la "prendre en charge" cette souffrance? sans doute avec le recours à quelque médicament, peut être nécessaire mais pas suffisant pour savoir de quoi est faite cette dépression
- et enfin, pourquoi focalise t-on sur deux maladies: Alzheimer et cette dépression qui sert, j'ai l'impression, de terme générique un peu fourre tout et qui ne définit rien...et dans lequel tout le monde pourra se reconnaître un peu, beaucoup, passionnément...
enfin voilà, je laisse les visiteurs prendre le relais:aucune réponse à apporter, des questions seulement, peut être des intuitions, qui attendent peut être tristement confirmation...
J'arrête là.
BONNE JOURNEE A TOUS. |
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Nikaya
Inscrit le: 04 Juil 2007 Messages: 54 Localisation: Aquitaine
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Posté le: Mer Nov 07, 2007 2:18 pm Sujet du message: Campagne "anti-dépression"... |
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Bonjour Opale, Bonjour Francis, Bonjour à tous,
Je suis d'accord avec vous Opale, je l'entendais aussi comme cela : Cela me donne l'impression d'une campagne de recensement des "faibles", de la "sous-population"... Comme je le disais plus haut, dans une société ou l'on considère que tout est fruit de la volonté, du courage, du "travaillez plus pour gagner plus", de la maîtrise, quelle place donne-t-on aux personnes en difficulté psychologique (ou autre d'ailleurs)?
La place des assistés, des "pris en charge", traduction : des boulets de la société.
Non, Cela évoque en moi, -peut-être abusivement, je le souhaite-, un repérage des malades mentaux.
Je tiens à préciser que ce n'est pas ainsi que je considère les personnes dépressives ou qui l'ont été, et qu'au contraire, je ne peux que les respecter.
Mais comment peut-on, concrêtement, quantifier des populations "à risque" ? Et sous quels critères ? Et d'un point de vue purement éthique, cela ne revient-il pas aussi à classifier les individus selon leurs gênes, leur couleur de peau, leur croyance... Je ne supporterais pas que l'on me mette dans la case des ceci ou cela... Et ma liberté ? Et notre liberté ?
Souhaite-t-on par cela aussi, identifier une population "supérieure", "combattive", "forte", en adéquation avec les idéaux de notre cher président ?
Bientôt on va nous dire "si vous remarquez que votre voisin est dépressif ou présente des signes X ou Y", signalez-le aux services suivants...
Non, je l'affirme à nouveaux, cela n'évoque rien de bon ni pour la démocratie, ni pour les individus que l'on souhaite soi-disant "prendre en charge".
L'affiche "symbole" de la camapagne avec un individu qui fuit son ombre prostrée me rappelle les affiches de propagande de la dernière guerre.
Je ne veux pousser personne à la paranoïa, ni faire de la politique sur le forum... Mais il ne faut pas croire, non plus, en la toute bienfaisance de nos dirigeants. Gardons un oeil vigilant, pour le bien-être, et le respect de chacun.
Au plaisir de lire aussi, des avis contraires et d'autres opinions sur le sujet.
Cordialement,
Nikaya _________________ Condamnée à être libre |
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marge
Inscrit le: 02 Oct 2007 Messages: 34
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Posté le: Mer Nov 07, 2007 3:18 pm Sujet du message: |
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Bonjour à tous,
Nikaya et Opale, je trouve que vous y allez quand même fort dans vos suppositions.
Le ministère de la Santé est à mon sens avant tout un service administratif qui rassemble des informations statistiques et comptables sur la santé de la population.
Quand il met en place une campagne de ce type, c’est que le problème visé pèse assez lourd en termes de Santé Publique (morbidité, mortalité, absentéisme, consommation de soins etc.) pour mériter toute cette attention. Au vu des statistiques établies sur la prévalence de la dépression et des syndromes dépressifs on comprend que cette maladie remplit tout à fait les critères.
Si cette campagne permet à des personnes dépressives qui s’ignorent (sic) ou qui ne savent pas à qui s’adresser d’être informées, de consulter et d’être soignées, tant mieux. Il est vrai qu’en face il faudra que les moyens de prise en charge soient adaptés et suffisants. C’est loin d’être le cas.
On peut néanmoins supposer que les motivations du ministère ne sont pas qu’altruistes mais s’intègrent dans la politique globale du gouvernement. Je ne pense pas qu’il s’agit de repérer les « faibles » mais de faire baisser le coût social de la maladie, c’est à dire remettre au travail tous ceux que la dépression met en arrêt ou laisse au chômage.  |
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opale
Inscrit le: 21 Fév 2007 Messages: 88 Localisation: paris
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Posté le: Jeu Nov 08, 2007 6:18 pm Sujet du message: suite de la dépression... |
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Bonjour,
Je ne veux pas occuper tout l'espace sur le forum et je préfère que d'autres répondent ou réagissent mais en ce qui concerne ce sujet, je souhaite pourtant répondre à Marge et à Nikaya, entre autres, pour continuer et préciser quelques points:
La première chose:ce ne sont pas des suppositions mais des questions que je soulève, et je suis loin d'avoir la science infuse en ce qui concerne les intentions du gouvernement actuel.
La deuxième, celle ci est un ressenti plus personnel sur cette campagne:
Que fait-on du droit de chacun à disposer de lui même (y compris celui de rester avec son malaise, dépression ou non) et c'est il me semble exactement l'opposé avec ce dispositif qui répondrait plus au Devoir de se soigner.Je m'interroge sur les effets de cette campagne:certains vont se croire "atteints" (est-il si simple de faire la distinction pour tout le monde entre déprime passagère et dépression? pas si sûr...) et vont se précipiter chez le médecin qui va leur prescrire une boîte de médicaments selon une grille d'analyse, lequel les orientera vers un professionnel de la santé psychique (lesquels? ça reste à voir aussi).
Réduire les dépenses liées à cette affection qui touche de nombreuses personnes? j'en doute... s'interroge t-on plutôt sur les causes de ce mal en constante augmentation en proposant cette prise en charge (qui restera toujours du côté de la passivité) et à qui va profiter ce dispositif? les laboratoires pharmaceutiques?...il n'y a qu'un pas...
En ce qui me concerne, je ne saisis pas les effets positifs de tout cela y compris pour "les malades qui s'ignorent" qui ont le droit de rester avec leurs symptômes (cf le livre de Philippe Grimbert que notre administrateur avait mentionné sur le site).Cette campagne ne donne plus le choix et la liberté pour chacun de faire avec son malaise mais répond à une injonction qui n'est plus du côté d'un "connais-toi" mais d'un "soigne toi"...enfin il me semble...
Je suis peut être, sans doute, excessive, mais tout ceci révèle de mon point de vue tout autre chose qu'éradiquer simplement une affection qui toucherait ces pauvres concitoyens dits exposés ou à risques. La dépression est un drame privé, intime qui passe depuis peu dans la chose publique, et je ne suis pas sûre que ce soit de bonne augure...
Ce ne sont je le redis que des impressions et je m'arrête ici pour aujourd'hui.Je suis prête à poursuivre la discussion si réponses ou suggestions il y a...sans polémiquer évidemment.
BONNE SOIREE. |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 311 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Jeu Nov 08, 2007 9:24 pm Sujet du message: flyers |
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Sans doute parce qu'ayant voici quelques années obéi à la loi en me rendant à la DDASS pour déclarer mon diplôme de psychologie clinique et pathologique et figurer dorénavant dans un répertoire dit "ADELI" des professions para-médicales (appartenance que je récuse), j'ai reçu voici une semaine LA grosse brochure et une dizaine de "flyers", quoique non médecin et quoique la consultation du psychologue et du psychanalyste que je suis ne fasse l'objet d'aucune aide financière pour la ou le "dépressié" (de "dépression") dont le salaire ne viendrait pas d'augmenter de... disons 140%.
Je vous lis ci-dessus et ne sais trop que penser de cette campagne. La part rebelle et/ou réac. et/ou "bobo" en moi tendrait à fustiger le fric fichu en l'air pour ces campagnes dont les promoteurs pourront se prévaloir, tout en ne permettant pas aux personnes sans argent le remboursement fut-il partiel des actes dits psychothérapeutiques. Un peu comme quand Chirac disait vouloir nous engager dans le développement durable. La com - plutôt que la communication - prévaut aujourd'hui tant sur les actes...
...
Une autre part se dirait : "bon, certains vont se sentir autorisés/encouragés à aller dire leur douleur, ne serait-ce qu'au généraliste qui sait n'y pas pouvoir grand chose. C'est comme inciter les hommes de 50 ans à se faire faire un toucher rectal ou un dosage PSA pour prévenir ou détecter le cancer de la prostate, les autres à se faire vacciner contre la grippe, les autres à aller chez un gynéco qui a de la place (?) pour un examen du col de l'utérus et/ou une palpation du sein, les autres encore à bien observer l'évolution de leur grain de beauté, etc.". On pourrait dire d'un certain point de vue, que ces sensibilisations peuvent revêtir certain intérêt...
Il me semble que cette campagne de communication - d'information, dira-t-on - ne sert pas beaucoup plus que cette histoire de droit opposable concernant le logement. Qu'hormis pour des questions de réélections et d'ego - mais en rien concernant le bien public et quelque sincère intérêt suivi d'actes pour la chose particulière - les gouvernants que, de quelque bord et toujours le pouvoir corrompt, n'ont probablement rien à faire de la misère, psychique ou autre, de chacun. D'ailleurs, l'on pourrait se demander s'ils ont à s'en mêler. Est-ce leur devoir ? Ou bien est-ce intrusif ?
Mais peut-être sont-ce là des points de vue de "dépressié", aussi vais-je relire la brochure - certes non ; je vais plutôt rechercher dans ma bibliothèque "Souffrance en France" de Christophe Dejours - et qui sait, voir un psy ou un généraliste. Ou m'inscrire sur la liste d'attente d'un centre médico-psychologique (CMP), voire aller tâter des urgences psychiatriques à l'hôpital de secteur.
A bientôt,
FB |
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marge
Inscrit le: 02 Oct 2007 Messages: 34
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Posté le: Sam Nov 10, 2007 4:59 am Sujet du message: |
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Bonjour,
Je suis quand même très étonnée de vos réactions. J’aurais beaucoup de choses à dire, mais je ne veux pas encombrer le forum. Alors j’essaye de faire court :
Bien sûr, on a le droit de ne pas se soigner, on a le droit de souffrir et même le droit de se suicider. Mais je suppose que si vous êtes sur le forum, c’est que vous vous soignez, vous êtes en thérapie ou en analyse. Alors êtes-vous sûre Opale que pour d’autres c’est user d’une « liberté », c’est faire un « choix » que de rester avec ses symptômes ?
Quant à penser que cette campagne serait une injonction au soin, tout le monde sait que le soin obligatoire est inefficace (à ce propos il y aurait à dire sur l’obligation de soins à laquelle sont « soumis » p ex. les délinquants sexuels).
Je pense que le but est plutôt d’amener les personnes dépressives à formuler une demande d’aide. D’abord au médecin traitant qui pourra les orienter vers un spécialiste comme il le fait quand il dépiste un cancer du sein ou de la prostate. Au spécialiste ensuite de transformer quand c’est possible cette demande de prise en charge passive en thérapie active.
Concernant la question : de quoi se mêle le gouvernement ? C’est une affaire privée et intime !
Quand une maladie atteint 3 millions de personnes et représente la première cause de suicide en France, si les services de Santé ne s’en préoccupent pas, on peut aussi leur en faire le reproche: mais que fait le gouvernement ?!
La dépression est une histoire privée et intime, oui, individuellement pour ceux qui vivent tout seuls dans leur bulle. Mais pour les autres il y a des répercussions familiales et sociales indéniables. L’entourage finit lui aussi par souffrir. Ce n’est pas facile de vivre avec un conjoint ou un parent déprimé qui refuse de se soigner.
D’accord, je ne pense pas non plus que cette campagne provoquera un raz de marée dans les cabinets des psys.
Peut-être s’agit-t-il d’une publicité pour l’ego ministériel, voire d’une manœuvre du lobby pharmaceutique. Il convient de toute façon de rester vigilants face aux propositions du gouvernement (faut-il rappeler le projet de dépistage précoce de la délinquance à la maternelle, projet totalement ridicule mais qui avait été envisagé très sérieusement).
Et pour finir, il est certain qu’il vaudrait mieux agir en amont sur les causes sociales de la dépression. Mais ça demande évidemment un peu plus d’efforts que ça.
On ne dirait pas mais j'ai quand même fait court là  |
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opale
Inscrit le: 21 Fév 2007 Messages: 88 Localisation: paris
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Posté le: Sam Nov 10, 2007 2:38 pm Sujet du message: à marge...dernières précisions |
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Bonjour,
J'ai lu votre post: je vois que nous nous accordons sur certains points malgré tout. Cependant je maintiens et même si cela vous gêne de lire ça d'une analysante: je respecte le choix de celui ou celle qui refuse de commencer un travail sur lui/elle même se sachant dépressif/ve, ça peut paraître insupportable pour l'entourage et dangereux mais au fond comment convaincre une personne qu'il serait temps de faire quelque chose alors que cette personne est pleinement consciente de ce qu'elle a et refuse d'attaquer le noyau dur??
S'il y a refus, de mon point de vue, c'est parce que cette "maladie" occupe une place, une fonction dans la vie psychique de la personne et pour certains, certaines, l'en retirer représenterait un danger plus grand encore.
La campagne pointe du doigt des gens exposés mais aura-t-elle les moyens de recevoir les dits dépressifs qui s'ignoraient, réels et...imaginaires (un des effets de la campagne risque d'être aussi de ce côté là: l'émergence de malades imaginaires)à moins de créer des cabinets de psy qui recevront en chaîne, en série.Ces nouveaux ouvriers du psychisme devront faire face à une demande grandissante.
Pour toutes ces raisons, et comme vous j'abrège,j'aurais du mal à "soutenir" cette campagne et je me dis que oui il y a des dépressifs qui ne se soignent pas et ils ont sans doute de bonnes raisons de ne pas le faire, et il y a des dépressifs qui s'ignorent et je me dis que oui il vaut peut être mieux pour eux ne pas le ça-voir et d'autres dont vous faites partie peut être, ou moi, qui ont eu conscience à un moment de leur vie qu'il leur fallait s'attaquer à la souffrance mais cela reste un choix intérieur, surtout pas suggéré par je ne sais quelle instance extérieure.
Enfin et sans étaler ma vie perso, je ne parle pas de la dépression en théorie, ni comme ça dans l'idée que j'en ai, j'ai grandi avec deux personnes dans mon entourage familial atteintes de dépression et suis par conséquent bien placée pour vous dire qu'un/une dépressive qui n'a pas envie de s'en sortir, c'est peine perdue, il faut que ça vienne de la personne elle même, sinon ça ne fonctionne pas.C'est le même principe je pense pour le tabac, l'alccol, et oui vous lisez bien ce que vous lisez, je pense en effet que la relation que certains/es entretiennent avec leurs malaises est de l'ordre d'un besoin,d'une nécessité et tant que la personne ne remet pas ça en question, seule, en elle, sans être soumise aux sollicitations des uns ou des autres, alors mieux vaut passer à autre chose et ce ne sont pas de puissants anxiolytiques qui régleront le problème si ce n'est pas accompagné d'une réelle envie d'en sortir, de comprendre grâce à une démarche personnelle ce qui a pu se passer.
Voilà, Marge, je reçois tout à fait vos arguments sans y souscrire totalement, peut être avez vous encore quelques difficultés à digérer les miens mais je ne crois pas qu'il s'agisse de convaincre l'autre sur ce forum.
Je vous ai exposé les raisons pour lesquelles je n'arrive pas à voir en quoi cette campagne peut être bénéfique, à quoi va t-elle réellement servir, c'est ce que j'interroge voilà tout...
bon w end à vous.
et merci d'avoir réagi, répondu.Nous connaîtrons sans doute les applications de ce dispositif prochainement... |
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marge
Inscrit le: 02 Oct 2007 Messages: 34
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Posté le: Sam Nov 10, 2007 4:52 pm Sujet du message: |
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Bonjour Opale,
Je suis d’accord avec ce que vous dites. Il est vain de vouloir pousser au soin un dépressif qui n’en veut pas. Pour qu’une thérapie puisse être efficace la demande doit venir du malade, il faut une volonté de sortir de là. La dépression constitue pour certaines personnes un mode de vie « possible » et l’idée de changer est si angoissante qu’elles préfèrent rester avec leur mal-être. C’est une attitude que je respecte comme vous, mais que je ne qualifierai pas de « choix », puisque l’alternative n’est pas prise en compte.
Je sais également (par expérience ) qu’on peut présenter tous les symptômes d’une dépression sans rien comprendre, rester de longs mois à attendre que ça s’arrange, mettre le tout sur le compte de la fatigue, du surmenage et au bout de la souffrance en arriver à la TS avant de consulter. Dans ces cas l’information sur la maladie est certainement utile.
A part cela, vous l’aurez compris, je ne milite absolument pas pour un dépistage de masse et un traitement coercitif de tous les déprimés.
Bon week end à tous.
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