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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 265 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Mar Sep 04, 2007 5:21 pm Sujet du message: Couple et psy |
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"Couple et psy" : un ancien sujet sur ce forum, sujet que je viens de retoucher.
Un exemple d'accompagnement de couple en difficulté, sous la forme du témoignage d’une personne dont le couple est passé par ce type de thérapie – conseil conjugal, extrait de «Comment bien choisir son psy» de Pierre et Sylvie Angel, éditions Le livre de poche.
C’est moi et non les auteurs, qui souligne certains passages. J'ajoute en bas de page quelques commentaires.
Une femme parle :
« Ce qui m’a émue le plus lors de la thérapie de couple, c’est qu’on arrivait à nouveau à se parler sans se blesser, à entendre les paroles de l’autre pour ce qu’elles étaient, au lieu de se sentir agressé. Peu à peu, il y a eu des moments où cette compréhension renouvelée a fini par ressembler à celle des premiers temps, si amoureux, de notre relation, tout en étant plus sur la réalité de ce qu’est l’autre. Je ne pense pas que cela aurait été possible sans la présence d’un tiers rassurant et impartial (1), reconnu en tant que tel par nous deux. L’autre élément indispensable est l’espoir, ou mieux, la foi de l’un et l’autre qu’un changement est possible. A ce jour, plusieurs mois après la première séance, nous avons réussi à préserver cette faculté à communiquer – la plupart du temps – dans le calme.
Cependant, le processus ne s’est pas déroulé sans heurts. Lorsque mon mari est sorti furieux, seul et précipitamment d’une séance, j’ai cru que c’était fini. Il faut dire que cette séance avait été houleuse. J’avais éclaté en larmes de colère, en me remémorant et en déclinant tous les torts que je croyais avoir subi de sa part. Loin d’être finie, la thérapie s’est poursuivie dans le calme à la séance d’après. Je dirais même que c’est à partir de ce moment là que les choses ont commencé à vraiment aller mieux entre nous (2).
Le rôle adopté par le thérapeute m’a surprise au début. Je m’attendais à des conseils précis – une sorte d’entraînement à la bonne entente conjugale. Mais c’était plutôt une conversation à trois. Et parmi les trois, ce n’était pas le thérapeute qui parlait le plus, loin de là… Au cours des mois, il s’est révélé que l’une des clés (3) du changement se trouvait peut-être à l’extérieur de notre relation de couple. Nous avons tous les deux été amenés à réfléchir sur notre situation professionnelle. Ni moi, ni mon mari n’étions vraiment heureux, mais pour des raisons différentes. Moi, j’étais déchirée entre mon envie de travailler, et mon envie, bien plus grande, d’être avec mes enfants. Mon mari était surmené et en même temps, se sentait enfermé dans une carrière qui ne le satisfaisait plus.
Nous avons compris que cela avait beaucoup contribué à créer des tensions entre nous.
Aujourd’hui, je travaille à la maison et savoure le sentiment d’une liberté retrouvée. Mon mari, bien que n’ayant pas encore changé de travail, a compris en explorant le marché du travail, que sa situation n’était pas aussi bloquée qu’il le croyait. Nos relations se sont détendues. Il a fallu l’intervention d’un tiers pour nous sortir du huis clos des récriminations réciproques, où l’on cherche à rendre l’autre responsable de son malheur. »
Mes commentaires :
(1) : A propos de l’impartialité du thérapeute, celle-ci n’est pas donnée d’emblée ; elle ne va pas de soi. Elle nécessite au moins que le psychologue ait longtemps et « efficacement » travaillé sur lui-même afin qu’il ne projette pas sa propre éventuelle situation de couple, réussie ou échouée, sur celui qu’il est censé aider, afin que sa vision personnelle des relations « idéales » (chacun a son propre idéal, toute situation est singulière) entre membres d’un couple ne l’incite pas inconsciemment à influencer le couple en fonction de ses conceptions à lui, et non de la réalité du couple qu’il reçoit, ainsi que des singularités subjectives de chacun des membres du dit-couple. De la même façon, l’enfer étant pavé de bonnes intentions, si se confier à des proches procure un soutien nécessaire dans ces moments de conflit où les sentiments de solitude et de désarroi font rage, les conseilleurs copines et copains, ou membres de la famille, vont tendre à prendre un parti qui, s’il soulagera très momentanément la personne qui cherche légitimement appui et compréhension, ne tiendra pas nécessairement compte des deux membres du couple. Le travail du thérapeute n’est pas tant de réconforter, mais de chercher si et comment une meilleure vie pour ce couple, pour chacun de ses membres, voire pour l'ensemble de la famille - je pense aux enfants du couple - est possible, pourquoi et comment les difficultés sont apparues, comment celles de « l’entité couple » sont en lien avec les problématiques individuelles de chaque membre singulier du couple, avec l’histoire familiale voire traumatique de chacun, l’environnement affectif de chacun et du couple, le destin des enfants du couple lorsque enfants il y a. Trouver les moyens et les fondations de la reconstruction du couple, dénicher les faux départs, les croyances, les non-dits ; inscrire le destin du couple tant dans la fantasmatique de chacun des deux sujets, que dans la réalité et les sources de leur attachement réciproque.
(2) : La présence d’un tiers, de la même façon que dans la thérapie individuelle, est le lieu de tout ce qu’il y a à dire. Un lieu d’authenticité possible pour chacun, pour autant que faire se peut, et où se jeter parfois les mots à la figure n’est certes pas un but en soi, mais offre la possibilité d’en exploiter le matériau que ces invectives, reproches, récriminations recellent. Il faut dire et tout dire, au risque parfois de cracher les mots, car il faut que « cela sorte » ; le cadre de la thérapie permet cependant une protection de chacun face à la violence des mots. Le tiers psychologue, va permettre au couple de réaliser de quels sens, de quelles souffrances témoignent comme ils le peuvent ces mots jetés. Comprendre, après l’éclat, qu’est-ce qui fit pression pour qu’éclat il y ait. Comprendre, dans l'exemple ci-dessus, pourquoi sortir du cadre de la séance fut pour celui qui quitte la séance la seule échappatoire.
A propos d’échappatoire, il en va du couple comme du duo mère (ou père) célibataire – enfant(s) : comme le dit la personne qui témoigne ci-dessus, le huis-clos du binôme est un creuset de violence potentielle qu’aucun tiers extérieur ne vient mettre en perspective, "médier", d’où la nécessité parfois d’une triangulation (j’espère ne pas trop jargonner) qui permette de « regarder ce qui est en train de se jouer, de se passer, de se dire de façon cachée, voilée, latente, derrière le masque de la réalité et l’escalade des disputes qui finissent parfois par devenir les seuls modes possibles de communication, disputes non plus ludiques ou "normales" comme il peut arriver, et porteuses de retrouvailles, mais destructrices ou en tout cas, totalement dénuées de constructivité ( ?).
(3) : Certes et probablement, L’UNE des clés, mais certainement pas LA clé : l’on irait sinon chercher à l’extérieur sans creuser à l’intérieur, tant de chacun, que de l’entité couple. Cela m’évoque l’enfant que l’on conçoit et met au monde, en espérant qu’il viendra replâtrer les dysfonctionnement du couple. Cela investit le nouveau-né d’une tâche et d’un destin - une fonction de sauveteur, une responsabilité on ne peut plus prématurée par rapport au couple parental et géniteur - qui lui fera peut-être fréquenter le psychothérapeute pour lui-même ensuite…. Déjà, lorsque l’enfant survient au monde ("Lorsque l'enfant paraît"), il est inconsciemment porteur de l’Histoire qui l’antécède, petit prince ou princesse, héritier/héritière des histoires, maux et espoirs parentaux distincts (et inconscients) avant même d’avoir été conçu…
L'on hérite certes de biens, de biens qui d'ailleurs parfois nous encombrent, mais aussi des dettes – y compris symboliques - des secrets de familles, des névroses non résolues de nos lignées ascendantes.
Tout cela m’évoque aussi ces personnes qui partent en voyage - le voyage serait ici le fait de seulement se pencher sur les problématiques professionnelles des protagonistes - pour y trouver réponse à leurs questions intérieures, et arrivent dans ce pays imaginé…. les valises chargées à bloc de tout ce qu’elles escomptaient laisser derrière elles.
A bientôt,
FB
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PS : on m’a un jour envoyé ce message :
bonjour Mr Bismuth,
que faire dans un couple lorsque l'un des deux ne veut pas entamer une thérapie à deux? une thérapie seul de son coté s'avèrerait-elle bénéfique? dans quelle mesure?
merci de votre réponse.
Cdlt.
X.
... à quoi j'ai répondu :
Madame, Monsieur,
Il n'est pas rare que lors d'un problème de couple, une seule des deux personnes vienne me consulter d'emblée, ou qu'après une première visite à deux, une ou un seul revienne. La personne qui (re)vient seule est généralement celle qui souffre le plus ; il arrive qu'un travail entre cette personne et un(e) psy, apporte un mieux être, et/ou aide dans des prises de décision, ou dans une façon différente de se mettre à dialoguer avec le/la conjoint(e).
Mais tout ça, ce sont des généralités et même s'il existe des centaines de millions de couples, chaque cas est un peu singulier.
Les problèmes dans un couple sont en général le fait et de l'un, et de l'autre ; il peut arriver que l'un se mettant à changer, les relations entre les 2 personnes changent, dans des sens pas toujours prévisibles...
Voila ce que je peux vous dire en l'état ; suite au passage par "l'étape psy", certains couples vont mieux, d'autres arrivent à se séparer pour continuer une vie parfois moins pesante, chacun de son coté. Mais les psy ne peuvent évidemment pas faire de miracles.
Cordialement,
Francis Bismuth |
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opale
Inscrit le: 21 Fév 2007 Messages: 79 Localisation: paris
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Posté le: Lun Jan 07, 2008 7:23 pm Sujet du message: couple et analyse |
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Bonjour,
Ma situation actuelle m'a amenée à lire ce sujet.Je me retrouve aux prises avec une contradiction à laquelle je me heurte, peut être avec plus de force aujourd'hui que par le passé: j'ai entrepris une analyse pour en finir avec celle que j'étais (je ne rentrerai pas dans les détails qui nécessiteraient sans doute bien plus qu'une page internet).Une démarche qui suppose un don de soi tant dans la difficulté de se dire que dans celle d'avoir à vivre, à traverser ce qui s'est fait jour au détour des associations.
En bref, la volonté de me rapprocher de ma vérité (celle qui me constitue et détermine les choix que j'ai pu faire) prédominait sur les effets pénibles des séances.
Aujourd'hui alors que ma vie sentimentale est secouée par de multiples "empêchements", que lien qui nous unissait et que je croyais indéfectible ne nous permet plus de nous parler pour sortir d'une situation difficile dans laquelle je ne trouve plus ma place, je me rends compte que j'en viens bêtement?, bizarrement?, à en vouloir à mon analyse d'avoir mis au jour et pour ainsi dire grossi à la loupe ce qui s'étiole entre nous.Je peine à comprendre la raison pour laquelle je suis traversée par de telles pensées alors que j'ai formulé cette demande.J'ai parfois l'impression qu'il est difficile "d'assumer" sa propre demande, d'assumer le lien entre ce qui s'est dit et ma souffrance...je saisis là que parfois des rejetons d'un"courage, fuyons" sont parfois bien plus puissants qu'un"courage, affrontons la réalité, la vérité".
Plus mes séances avancent, plus je sens que les atteignants ne s'atteindront plus.
J'aimerais le protéger de ce que je m'entends dire en séance, j'aimerais ne plus jamais ressortir les yeux rougis, le souffle coupé par des sanglots que je sais reliés au sentiment de perte progressive de l'autre, non à cause de son éloignement mais dans ce que je perçois de lui aujourd'hui et que je ne saisissais pas jadis...si seulement il ne s'agissait que d'une faute avérée, ce serait plus simple mais il ne s'agit que de son fonctionnement, ses injonctions, ses empêchements face aux miens.C'est douloureux de lui reprocher ce qu'il est, tout simplement, alors que c'était ce même "être" qui me conduisait à lui il y a quelques années.
L'impression persistante que je ne peux plus répondre à ce que je croyais aimer en lui...voilà ce qui me reste sur les bras.Je ne cesse de déplier ce qui cimentait notre relation et la fragilise pourtant aujourd'hui.
Un message un peu long, pas de "réponses" attendues, juste le ressenti déposé ici de la difficulté de l'analyse, de ce qu'elle permet d'entrevoir en même temps qu'elle ne l'autorise plus pour le sujet, est-ce si difficile de ne plus ou d'être moins dupe de ce qui s'est "joué"...aujourd'hui je le disais comme tout cela résonnait en moi et comme il m'apparaissait difficile de composer avec "ça"...
Si d'autres visiteurs souhaitent communiquer quelque chose d'eux, de leurs vécus, ressentis, ça va de soi...j'apprécie toujours...
bonne soirée à vous... |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 265 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Lun Jan 07, 2008 8:23 pm Sujet du message: Opale |
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Merci de vos fortes, fortes lignes, Opale.
Des choses à écrire après vous avoir lu, mais je préfère comme souvent laisser dans un premier temps la parole aux autres membres des forums ("forum" que je me décide à écrire au pluriel avec un "s" ; comme vous l'écrivez, nos visions évoluent. Changent - pour faire écho à une partie de votre intervention - pas nécessairement pour du mieux, pas nécessairement pour du pire : parfois simplement parce que l'on s'y sent plus en accord avec le soi-même d'aujourd'hui).
FB
Dernière édition par Francis Bismuth le Mar Jan 08, 2008 6:26 pm; édité 1 fois |
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mia

Inscrit le: 25 Sep 2007 Messages: 34 Localisation: oise
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Posté le: Lun Jan 07, 2008 11:44 pm Sujet du message: |
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Bonsoir Opale, votre message me parle, et je ne souhaite pas le laisser sans « communication », à défaut de « réponse » qui ne serait pas la vôtre mais la mienne…
Je vais donc apporter ma contribution à votre questionnement, de trois façons.
Tout d’abord en vous indiquant le lien suivant sur Squiggle :
http://squiggle.be/question-a-un-psychanalyste/giuseppe-scariati-geneve-si-je-fais-une-psychanalyse-vais-je-divorcer-perdre-la.html
dont voici un extrait :
| Citation: | « si je m’efforce de survivre en adoptant les projets des autres, en épousant la personne qui correspond à mes névroses (…) cela ne vaut-il pas la peine de risquer un changement ? Ce changement sera principalement interne et, très souvent, l’on redécouvre avec un bonheur nouveau et créateur la personne que l’on a épousé ou la foi que l’on a adopté.Mais il peut arriver que le changement interne soit plus radical, qu’il entraîne également des changements externes, et oui, que l’on divorce ou que l’on perde la foi. Mais dans ce cas, interrogeons-nous : souhaitons-nous continuer à vivre dans le mensonge d’une union sans véritable amour ou dans celui d’une foi sans véritable croyance personnelle ?
A la toute fin de ce détour, je dois préciser que dans ma déjà longue carrière de psychanalyste, une seule de mes patientes a divorcé durant son analyse. »
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Ensuite, en vous livrant un morceau de mon expérience personnelle d’analysante et de conjointe : il y a un peu plus d’un an, le divan m’a « forcée » à remettre en cause mon mariage ; expérience extrêment douloureuse, que je n’ai pas pû traverser sans anxiolytiques (pendant deux semaines) ; plusieurs personnes très proches m’ont dit par la suite avoir pensé à ce moment que ça n’allait plus entre mon mari et moi. Cela m’a par la suite donné une autre vision de mon mariage, dont les fondements ne sont plus les mêmes pour moi, mais cela a finalement renforcé ce lien, ou plutôt cette relation à deux. Cela n’a été possible que lorsque j’ai été capable de me dire prête à tout perdre. Dur, très dur.
Enfin, je reviens à vous, à votre expérience, à vos difficultés. Suite à la lecture de votre message, j’ai aussitôt regardé les autres messages que vous aviez envoyés sur ce forum, sans savoir ce que je cherchais. Mais je suis tombée (hasard ?) sur un de vos premiers messages, parlant de « traversée », qui disait : | Citation: | | « [mon analyste] m'a dit que ce serait"douloureux" mais que ça ne "durerait qu'un temps" ». | Je ne sais si c’est le cas pour le problème que vous soulevez aujourd’hui, je ne peux que vous le souhaiter. Dans votre message de ce soir, je ne lis pas que du négatif… et je lis aussi « aujourd’hui »… :
| Citation: | | ...aujourd'hui je le disais comme tout cela résonnait en moi et comme il m'apparaissait difficile de composer avec "ça"... |
Et demain???
Quoiqu’il en soit, bon courage à vous, l’analyse est difficile et les changements abrupts. |
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Millusion
Inscrit le: 23 Sep 2007 Messages: 28
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Posté le: Mar Jan 08, 2008 12:49 pm Sujet du message: |
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....une crise, la crise, The crise?...impasse ou passage?
Des pans de relations qui s'étiolent...peut-être pour laisser place à un renouveau..une nécessiter alors (?).
....une relation qui s'étiole grossi à la loupe.....s'être fourvoyée?
Tout individus évolue, le couple évolue (ne serais ce que l'age des deux personnes)
Je me suis dis (j'ai fui?)…. Nos chemins devaient s'arrêter là, nous sommes allées jusqu'au bout....j'ai voulu vérifier, et re-vérifier encore et encore la véracité de mes convictions ......j'ai quitté le navire...c'est un sujet très douloureux encore (!) à ce jour pour moi...ais-je bien fais, il me manque?....et alors?...je sais pas!
...cela fait 3 ans que nous ne sommes plus ensemble, et je suis coincée là!! C’est piètre !.....
3 années à ressasser une seule phrase ! Ais-je bien fais ?.... (Quel talent !) …avec ou sans lui, dans le fond, rien n’a changé ! …ou plutôt si, maintenant je suis seule…mais est-ce bien ce que je voulais ?.....je sais, je sais plus…..c’était quoi le problème ?!...dans le fond !
Impossible de m’élever plus sur ce sujet !....je vais donc continuer à vous lire
Bien à Vous
Catherine |
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Nikaya
Inscrit le: 04 Juil 2007 Messages: 54 Localisation: Aquitaine
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Posté le: Mar Jan 08, 2008 9:53 pm Sujet du message: un témoignage... |
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Bonsoir Opale,
Est-ce de la lucidité sur moi, sur mes désirs, mes attentes, ou bien est-ce l'idéalisation que j'ai bel et bien crée envers lui -parce que j'avais besoin de l'idéaliser à ce moment là, sans doute- qui s'est étiolée ? Rien à lui reprocher, lui, égal à lui-même, respectueux, correct, mais moi je me reproche de ne plus pouvoir, je culpabilise de ne plus pouvoir me mentir alors qu’officiellement, j’ai « -dixit- tout pour être heureuse » ... Ce serait tellement facile si j'avais des choses à lui reprocher, ce serait tellement facile si c'était un salaud, s'il me manquait de respect, s'il y avait une raison extérieure à moi pour justifier mon mal-être dans la relation... Mon impression de solitude, d'être diamétralement opposée, que l’on n’ait rien à partager, d’être invisible... Je ne la dois qu'à moi, elle m'appartient... Dur à assumer... Dois-je faire LE pas, et si je regrette, et si ma névrose me jouait des tours, si je provoquais moi-même mon malheur en le quittant ??...
Dernièrement, j’évoquais une discussion en face à face avec mon analyste, RDV que j'avais sollicité, c'était à ce sujet... J'en suis au même point aujourd'hui… Et oui, mon analyste n’a rien à me dire à ce sujet…
Mais je m’étais dit à ce moment-là « pour qui je me prends pour croire qu'il ne s'en relèvera pas ? », « pour qui je me prends pour rester « pour lui » » ? Mais depuis, rien de neuf… je suis au point mort de ce côté-là.
Enfin, je ne demande pas de conseils, je sais que ma décision doit venir de moi et que cela est lié à autre chose… d'où cette difficulté.
Exercer sa liberté est douloureux.
Chacun a son propre "fonctionnement"… De même, je n’ajouterai pas de conseils, que tu n’attends probablement pas, et que je ne peux te donner.
Bon courage et bonne continuation Opale.
Bien Cordialement,
Nikaya _________________ Condamnée à être libre |
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mia

Inscrit le: 25 Sep 2007 Messages: 34 Localisation: oise
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Posté le: Mar Jan 08, 2008 10:14 pm Sujet du message: |
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gloups... je vois ce n'est facile pour personne cette question, que c'est horrible pour tout le monde, et finalement il semblerait qu'elle soit un passage obligé de l'analyse...
quand j'en étais à la question "quitter ou pas quitter", à laquelle j'étais sûre que l'analyste allait me faire remarquer qu'il était temps que je me rende compte que mon mari n'était pas pour moi ni moi pour lui; je n'avais pas dormi de la nuit... j'étais sûre de divorcer dans l'année... l'analyste a répondu "quitter ou pas quitter, l'avenir le dira; en attendant...". en fait, il est connu que Freud a pris la précaution de dire à ses patients de ne pas prendre de décision radicale en la matière tant que dure l'analyse... il doit bien y avoir une raison! |
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opale
Inscrit le: 21 Fév 2007 Messages: 79 Localisation: paris
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Posté le: Jeu Jan 10, 2008 10:09 am Sujet du message: en réponse à vos interventions |
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Bonjour,
merci à toutes de vos interventions sur un sujet qui, je le vois, continue à faire couler beaucoup d'encres.
Ce serait difficile de répondre à chacune d'entre vous.Vous sentez toutes,voire vous savez toutes ce que ce genre de crise entraîne.Je crois que Mia a su percevoir le contenu de mon message centré sur l'articulation, le lien entre les révélations des séances et les répercussions sur ma vie sentimentale.
Sur la difficulté d'assumer ça, de s'entendre dire que...et que cette fois cela ne porte plus sur un frère, une soeur, un père, une mère mais sur celui qui me conduisait à lui...d'où la difficulté, et le mot est faible.
Merci à toutes en tout cas... |
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mi
Inscrit le: 12 Nov 2006 Messages: 19
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Posté le: Ven Jan 11, 2008 10:31 pm Sujet du message: |
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je ne sais comment dire, enfin, si ! je le sais, ... ce sujet m'interpelle (le couple) et psy (côté couple) : que dire de plus, ce qui vient là, juste là et dans le désordre (j'en ai assez de penser à mettre en ordre, de toute façon je n'y arrive pas.) — il (mon conjoint) m'a accompagné à un rd-v pris pour notre couple, rd-v que j'avais pris (erreur sans doute, j'aurais dû "le lui laisser prendre"), après lui avoir demandé son avis – lui souhaitait que nous rencontrions une thérapeute, je trouvais quant à moi urgent de "cesser-le feu", quel que soi le "genre, sexué", du psy(chologue).
3 à 4 séances ensemble... je ne les ai pas recomptées aujourd'hui.
Sans doute ont-elles suffi pour apaiser l'espace, lui donner juste un tout petit peu de perspective, malgré les soubresauts ?
Je continue mon chemin d'investigation seule, cahin-caha... Chemin largement amorcé malgré ce sentiment que j'ai de piétiner...
L'essentiel est sauf, les murs tiennent encore et je souhaite de tout cœur que notre fille "grandisse" avec chacun de nous et avec nous deux.
Le "reste" consiste à assurer la réfection – trop souvent impatiente – de mon propre édifice, avant tout,
et que tout ce qui touche au "nous deux" advienne comme il pourra.
Bien des pensées à vous |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 265 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Ven Jan 11, 2008 11:49 pm Sujet du message: Mi et précédentes |
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je dis et redis toujours et en vain que tant pour le couple, que pour son éventuelle descendance, tout commence toujours par soi ("soi", bien sûr, lesté de son cortège d'héritages et d'antériorités ; "soi-et-quelque-chose-de-l'ordre-de-sa-propre-histoire").
Se rapprocher de soi, prendre soin de soi, se regarder soi [faire, pour plagier Francis Ponge encore, faire de (ses) spectre(s) un sceptre*], "savoir" un tant soit peu de soi, n'est pas sans incidence sur ses perceptions et appréhensions de l'autre. Je le rabâche , certes plutôt inutilement, parce que c'est tout ce dont témoignent analysantes et analysants : s'ouvrir à soi est premier ; être fermé à soi, rester étranger à soi, n'accouche guère de couples durablement accordés - sinon parfois dans l'illusion ou le comblage et/ou au détriment de l'un des membres du couple - ni de relation parent/enfant des moins névrogènes possibles.
Lieu commun, constat quotidien.
A bientôt,
FB
* : Ponge écrit dans "L'atelier contemporain" : "Faire d'un spectre, un sceptre", à propos des sculptures de Giacometti et de son atelier.
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