Bonjour tout le monde,
Prune: il y a des « départements de psychanalyse » à l'université, mais il existe également au moins un « diplôme de psychanalyse »: Paris 8, sous la direction de J.A. Miller (de la Cause Freudienne), propose des « enseignements fondamentaux » de psychanalyse qui n'apportent pas de diplôme.
Ils proposent aussi un Master de psychanalyse. Je cite:
« le Master se propose ainsi de former à la théorie et à la clinique psychanalytique les psychologues, les psychiatres, les psychanalystes, les professionnels de la « Santé mentale », les praticiens de l'éducation ou de la rééducation, ainsi que toute personne désireuse de s'informer à bonne source des innovations introduites par Freud et Lacan. »
j'ai souligné 2 passages:
- un qui me gêne: « former à la théorie et à la clinique psychanalytique ».
pour moi le Master peut parfaitement former à la théorie, mais en aucun cas à la clinique, seul le passage par la position d'analysant peut prétendre former à la clinique. Le master peut, à mon sens, permettre d'approfondir des questions de théorie concernant la pratique (vous me suivez?) mais pas former à la clinique, ça restera une théorie, qui demande à être vécue.
-un autre qui m'amuse:
« à bonne source ». un peu prétentieux à mon goût...
cela dit, l'idée de ce département de psychanalyse me paraît intéressante, pour approfondir la théorie et se poser des questions. A condition que les enseignants soient ouverts, pourquoi pas? Ce département a été créé entre autres ( c'est une de ses vocations) pour les étudiants étrangers souhaitant se mettre au parfum de l'orientation lacanienne de la psychanalyse.
Mais, pitié, que personne ne se mette pas à appeler « psychanalyste » le détenteur d'un Master de psychanalyse!!!
J'avais déjà remarqué, à l'inverse, et j'en avais été choquée, que les universités n'inscrivent jamais le titre « psychanalyste » dans la liste impressionnante des diplômes de leurs enseignants, tout simplement parce qu'il n'y a pas de diplôme; il n'empêche que pour des enseignements en théorie psychanalytique dans le cadre d'études de psycho, il me paraît important d'avoir affaire à un psychanalyste!
Sandrine, votre question
« mais commment appréhender une discipline sans l'expérimenter soi-même...? » , que j'approuve, à 100%, me semble encore plus cruciale pour la psychanalyse...
« c'est comme être peintre sans toucher à un pinceau... » sauf que le peintre deviendra peintre dès qu'il touchera à un pinceau, même s'il peut mettre un peu de temps avant de produire qqchose de présentable. Le psychanalyste, lui, doit devenir le pinceau avant d'apprendre à le manier... euh, c'est pas clair? Je m'emmêle les pinceaux...
enfin bon, voilà, tout ce que vous écrivez m'a fait réagir.
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Je rajoute mon questionnement du moment, un peu hors sujet, mais je voudrais le partager ici ...
pour quelqu'un qui pense devenir un jour psychanalyste (un exemple au hasard: moi lol ), en quoi l'université peut-elle m'aider?
En gros, j'ai commencé une licence de psycho, pour trois raisons:
-avoir des bases théoriques, des références,
-faire des stages (me coltiner « en vrai» des désordres mentaux),
-avoir un diplôme (donc une reconnaissance sociale qui devrait amener des patients et des sous, parce qu'il faut bien vivre aussi).
Et je ne suis plus sûre de ce choix.
-Les bases théoriques: rien à voir avec la psychA. Il y a des choses intéressantes, oui, mais... il y a beaucoup d'autres choses intéressantes sur terre...
-les stages: là, ça coince; y-a-t-il moyen d'avoir des entrées dans des institutions sans être en formation UNIVERSITAIRE??? je cherche, mais je n'ai pas encore trouvé...
-la reconnaissance sociale: est-ce si important? Est-ce pour flatter mon ego, est-ce un filet pour éviter de faire faillite trop vite, ou est-ce finalement facultatif???
ah lala, il est déjà trop long ce message, j'arrête là pour aujourd'hui....!!!
je vous souhaite à tous une bonne soirée!
mia