Chocolatine a évoqué sur un autre topic l'utilisation des pseudonymes sur l'espace internet.
J'avais écrit un texte sur un autre forum, à propos du film Into the wild, dans la trame de cette histoire, on retrouve l'utilisation d'un pseudonyme par le personnage, je fais donc un copié collé de ce texte ci-dessous.
Cordialement à tous.
C'est sans doute la fin du film qui me laisse le plus expectative, depuis...
Je crois comprendre que les pensées de cette personne sont retranscrites depuis son journal qui fut retrouvé dans son "bus statique"
( Il n'est pas anodin ce choix, car je le voyais s'installer dans une cabane, puis....le bus, comme celui des hippies, planté là au milieu de nulle part apparaît)
au pays imaginaire où le principe de réalité va sauvagement enserrer son corps, jour après jour, dans le froid, la faim,
la solitude qui fait résonner les pensées comme un échos sans fin, tirer heure après heure la dernière substance d'un bras de fer époustouflant
entre la "vérité" et la "réalité".
Le passage est bref, furtif, presque discret : prise de conscience, elle intervient.
Périple de solitude sur la part de l'abandon, pas celui de l'autre, celui d'une part de soi tenu à l'autre, d'un ensemble de transferts qui comblerait des failles :
une maman hippie dont le fils est aussi parti sur la route, un vieil homme dont le fils est mort il y a bien longtemps, une jeune fille éperdue dans sa solitude
et à l'orée de la naissance à l'amour et à la sensualité, toute rencontre épris sur un manque, dans l'affectif sur le soi.
Chaque départ de rencontre va scanser un arrachement nouveau et une génèse sur cette faille mise à jour, pour eux, pour lui, cela ne va pas révéler
du mensonge où de la tromperie depuis le transfert des uns des autres, mais un possible sur le sens de la relation qui s'astreint à ne pas s'astreindre.
Jusqu'au bout ainsi : entre lui et lui et cet état d'écart que l'on fait entre soi et soi à la façon d'une relation, transfert sur soi-même dans un dialogue subliminal
et j'ai eu ce sentiment de vertige, celui-là justement qui m'a renvoyé à des larmes en silences : jusqu'à se quitter soi-même ?
(phrase entendue en filigrane chez les poètes).
Se quitter soi-même, ici je n'entendais plus le sens d'une illusion, d'une portée sur un élan utopiste ou poétique, c'est la mort à venir
qui arrive en levant un voile immense en face de soi.
Alors furtivement il y a cette prise de conscience de l'autre qui avait émaillé les rencontres qui d'une certaine façon lui avait permis
d'arriver jusque là, le voyage ne s'était ainsi pas fait seul, prise de conscience du relatif à la solitude dont l'autre est échos, sans lui pas de résonance à soi.
Ce retour à lui-même il va le tenter sur une brève tentative de traversée de rivière en crue, une autre réalité
va lui réponse en échos : tu ne traverses plus, c'est un message sans mot et sans équivoque, je crois qu'ici le sens du réel prend toute sa consistance.
Ainsi dans l'abandon et presque au-delà de ce choix, il y a cet épisode très particulier où affaibli il cherchera des plantes pour se nourrir en faisant une erreur
dans une semi conscience de se tromper sur une plante comestible.
Erreur ou acte manqué ?
Jeu subtil et macabre du soi qui se laisse dépasser par quelque chose d'inaudible alors, cette part qui aspire à l'anéantissement et à la mort.
Cette mort imaginaire, car elle parle de l'indicible depuis des mots et des inscriptions tracées sur des pages ou sur du bois au couteau, il en reste une trace immense,
celle de son pseudo-nyme, pseudo-nom: supertramp qui va s'effacer sur le retour au nom : celui de du père qui intervient en paradigme
sur cette quête à la fois initiatique, spirituelle et psychologique.
Je ressens en cela une émotion intense de cette confrontation très serrée avec la psychose et l'impossible du réel en état de représentation.
Il y a bien nouage à ce moment là sur ce paradigme symbolique entre le tout imaginaire, immense folie douce de s'être ainsi planté dans ce bus
qui ne bouge qu'au gré des folies intérieures, ce réel qui ne porte plus qu'en voile la transparence d'une nature sauvage et la prise de conscience du nom.
Cette mort arrivera au-delà de tout cela, l'acte manqué que je suggère n'est pas là non plus en matière de maitrise de soi jusqu'au bout et pourtant
cela vient s'associer à quelque chose qui en amont ne voulait plus et signifié par un départ sous l'égide d'une brisure, blessure, cassure, affective.
Cela me fait penser à ce type qui traverse le désert pendant des jours, des semaines et va mourir devant l'oasis en ayant juste
la force de toucher l'eau du bout des doigts, mourir de soi jusqu'à plus soif de n'avoir bu assez de l'autre qui tendait la main mendiante,
main qu'il ne pouvait saisir dans cette peur irrépressible face..........au réel, main qui aurait pu, dans le dédale des relations dont la conjecture est aussi
le sens du masque qui leurre, le faire avancer vers ce point d'eau, mieux, plus vite, peu importe, mais surtout en état de pouvoir boire avant que de ne...
C'est un choix, une vie et dans ce qui nous en est donné à percevoir, je ne pourrais jamais porté de jugement moral sur le sens d'un égoisme qui serait induit,
pas plus que je ne pourrais me dire que l'amour quémandant de l'autre qui ne cherche qu'une complétude totale sur le sens d'un amour
qui absorbe tout serait à dénoncer en tant que tel aussi, c'est l'histoire des humains qui se rencontrent et dont se révèle dans cet aspect
où son inverse l'immense difficulté à : être-humain.
Cette mort presque annoncée, nous la verrons sur le versant des images, un visage sur un sarcophage en sac de couchage, "momiphié".
avant que de n-aître parti, et un raie de lumière, un immense flot de luminosité, le regard planté vers le ciel, celui des enfants où les âmes
se rejoignent dans cet endroit refuge inespéré.
Derniers battements de coeur, dernières respirations, dernier : l'image à rejoint la couleur, toutes nos couleurs d'espérance et d'arc en ciel;
de tous nos regards qui se sont plantés un jour vers le ciel où est réuni cette somme de vision imaginaire, au delà du bleu du ciel
et des regards de l'humanité en écran : le réel.