Inconscient conscient ?
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19/03/2011, 19:53 |
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Nous a rejoint: 21/03/2009, 00:01
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"Même l'analyse ne rend pas l'inconscient conscient" " l'idée d'un transvasement de l'inconscient à la conscience est illusoire " Ces deux affirmations écrites par le psychanalyste Alain Vanier me laissent perplexe ... :? Sans doute leur sens véritable m'échappe. :cry: Je pensais au contraire que l'analyse aidait à déchiffrer en partie l'inconscient et donc à le rendre plus conscient :roll: Qu'en pensez-vous ? Bonne fin de week-end à tous
Melyna
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19/03/2011, 20:51 |
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A priori et juste de passage, comme ça, ce qui me vient à l'esprit c'est : combien ce serait terrible si tout devenait soudain conscient... quel ennui...
Il est probable que la meilleure réponse au vertige ne soit pas la crispation mais l'étonnement.
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19/03/2011, 20:52 |
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Elles me laissent aussi perplexe d'autant qu'on ne sait dans quel contexte elles sont écrites. Leur lecture peut en être différente selon tel ou tel autre contexte. FB.
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20/03/2011, 10:35 |
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Pour ma part, l'idée du transvasement ne me parle pas plus. En fait je me suis fait mon idée de la chose, ma petite métaphore personnelle. Je vois ça comme la planète Terre. Le conscient serait la surface, là où on vit en contact avec notre environnement, où on perçoit, où on "comprend". L'inconscient serait le noyau. L'inconscient exerçant sa force pour émerger à la surface ; manteau et croûte terrestre permettant - ou pas, la plupart du temps - le passage du magma. En certains lieux, il parvient à faire surface et le conscient a accès à quelques unes de ces manifestions. Nous pouvons alors essayer de l'observer et de le comprendre. Certains préfèrent l'ignorer. Il nous est aussi possible de chercher d'autres "portes", d'explorer la croûte terrestre à la recherche de gouffres, de geysers, voire même parfois de creuser des galeries pour descendre un peu. Et éventuellement de drainer certaines poches magmatiques trop sous pression. Mais je crois indispensable de laisser la majeure partie de l'inconscient hors de portée. Et si le magma se déversait à la surface, il recouvrait tout, ce serait la fin de toute vie. Et je crois qu'il est essentiel qu'une partie de ce magma ne voie jamais le jour. Je pense au "noyau central" de Winnicott, qui doit être absolument protégé de toute intrusion (j'en parle à ma sauce car mes connaissances sont encore lacunaires). Je ne sais pas trop si c'est cohérent mais pour l'instant ça me plaît bien comme ça...
Il est probable que la meilleure réponse au vertige ne soit pas la crispation mais l'étonnement.
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27/05/2011, 17:03 |
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Nous a rejoint: 16/05/2011, 09:16
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bonjour
je peux essayer de donner mes commentaires étant donné que je l'ai entendu en direct en parler dans ses cours. je crois qu'il s'agit d'une critique contre une vision mécaniste de la psychanalyse qui signifierait : "je suis en analyse, donc je maitrise, puisque je connais mon ics." je l'ai même entendu dire à plusieurs reprises : "celui qui vous dit, j'ai fait une analyse, je connais mon ics, foutaises ! un escroc !". personnellement j'aime beaucoup Alain Vanier. Ce que je comprends (mais c'est très subjectif) c'est que l'ics existe et ne se "vide" pas parce qu'on a fait une analyse : nous sommes toujours le jouet de notre ics, et l'analyse servirait à accepter cette "division" de nous-mêmes. selon moi, il va à l'encontre d'une psychanalyse du Moi (renforcement, ego, ) et en lacanien pur et dur plutôt dans le sens de la division du sujet. le S barré, d'après ce que j'ai compris. Penser qu'à la fin de son analyse, on se connaitrait parfaitement est à mon avis un contre-sens. ce qui est ics reste ics : mais on en comprend quelques parties quand même. enfin j'espère... seulement, on en fait pas le tour, et l'ics se nourrit perpétuellement de la vie, donc continue d'exister. (?) on a toujours un ics et l'analyse servirait plutôt à accepter qu'une force en nous nous échappe. en tous cas, je vois bien certains psys se comporter en "moi je connais mon ics" et ceux qui au contraire ne sont pas dans la maitrise ou le "c'est moi qui sait pour vous"... c'est une image que je rattache à ce que AV a dit. voilà ce que j'en ai compris, mais je me gourre peut-être complètement ...
j'aimerais savoir ce que Francis en pense...
merci d'avance
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28/05/2011, 05:11 |
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Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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Bonjour,
Je vous livre quelques réactions matinales plus issues de mes expériences d’analysant et d’analyste que théoriques. Mais je crois indispensable de laisser la majeure partie de l'inconscient hors de portée. Et si le magma se déversait à la surface, il recouvrait tout, ce serait la fin de toute vie. Et je crois qu'il est essentiel qu'une partie de ce magma ne voie jamais le jour. Je ne crois pas pour ma part indispensable de laisser la majeure partie de l’Ics hors de portée, loin s’en faut. Les processus Ics (« Ics » est l’abréviation coutumière pour « inconscient ») de chacun, différents pour chacun, fomentent (fabriquent) du symptôme, du mal-être, de faux choix qui nous acculent à des impasses dont nous souffrons, mais aussi dont une part de nous se nourrit, voire se repaît : ils ont donc une fonction. Dans l’expérience analytique à laquelle certains d’entre nous se trouvent du coup acculés, le système psychique se charge déjà fort bien et sous toute forme de tenter de laisser cet inconscient (Ics) hors de portée, ce qui prend forme de résistance à l’analyse, à l’émergence de motions et de sensations immergées, refoulées et rend long le travail d’analyse. "je suis en analyse, donc je maitrise, puisque je connais mon ics." Parmi ces résistances à l’émergence de quelque chose de l’inconscient, qui permette que le sujet se dégage de sa gangue, l’effort inconscient ou peu conscient constant ou récurrent de « maîtrise » : maîtrise pour oublier ses rêves, maîtrise contre la règle de libre association, maîtrise de l’analyste qui entrave une écoute dite flottante, contrepoint de la libre association chez l’analysant. Maîtrise encore avec les « « je » ne sais pas quoi « vous » dire aujourd’hui, ou son équivalent : immersion de la séance sous un flot de paroles.
Alors effectivement, et encore faudrait-il s’attarder sur l’acception du verbe « connaître », l’on ne connaît jamais son Ics ; mais il arrive que quelques parts s’en fassent jour, ET qu’analysant ou analyste ne s’efforcent pas de les réenterrer. Et de soi, à quelque stade de l’analyse, l’on ne maîtrise rien ou pas grand chose. L’analyse viserait – si tant est qu’elle vise quelque chose, car dès lors qu’il y aurait visée, il y aurait tentative de maîtrise – le remplacement d’une illusion de maîtrise par l’avènement d’un sujet à l’inconscient non pas venant tout recouvrir de sa lave incandescente et destructrice, mais non plus entravé au point qu’il n’y ait d’autres choix inconscients que de se fabriquer du symptôme pour conjuguer image de soi, surmoi féroce et refoulé. L’illusion de maîtrise (troubles obsessionnels, phobies, addictions) perd alors « naturellement » ce que l’on croit plus ou moins consciemment de sa nécessité. Autrement dit, maîtrise et connaissance me semblent à mille lieues de l’expérience analytique et de sa visée ; je veux dire que lorsque l’on me dit : « je veux me connaître et comprendre pourquoi ; j’ai tel objectif », alors je me dis qu’on n’est pas arrivé puisque cette sorte de volonté de savoir scientifique et entomologiste va venir faire barrage à l’avènement du refoulé (lequel refoulé n’est pas un machin dont il faudrait soudain se rappeler) et à l’acceptation de vivre avec qui l’on découvre être (pour dire vite et simplifier). Penser qu'à la fin de son analyse, on se connaitrait parfaitement est à mon avis un contre-sens. ce qui est ics reste ics : mais on en comprend quelques parties quand même. enfin j'espère... seulement, on en fait pas le tour, et l'ics se nourrit perpétuellement de la vie, donc continue d'exister. (?) Effectivement, la vie psychique continue pendant et après la première tranche d’analyse (sans fin) qui (n’) est souvent (qu’) un certes profond, mais premier déblaiement ; la vie peut cependant différemment commencer, se poursuivre déliée d’une bonne part de contraintes symptomatiques, moins impossible qu’ « avant » : moins ou ne plus être inconsciemment contraint à picoler, à éjaculer précocement, à vérifier 55 fois si le gaz est bien éteint, à se trouver systématiquement un compagnon impossible, à se mésestimer, à se culpabiliser de peu aimer sa mère, à se mésestimer, à ne rien tenter, etc. Mais je parlerais moins de compréhension que du constat peu à peu de l’abandon de croyances contraignantes.
Je ne me relis que pour les fautes de frappes ; j’espère que pour ce qu’il en est du sens de ce que j’écris à la va-vite, vous trouverez du palpable. A bientôt,
FB.
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28/05/2011, 14:59 |
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Nous a rejoint: 30/01/2011, 10:12
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Je partage ce que vous écrivez Birdy. Francis Bismuth Mais je crois indispensable de laisser la majeure partie de l'inconscient hors de portée.
Je ne crois pas pour ma part indispensable de laisser la majeure partie de l’Ics hors de portée, loin s’en faut.
Ne serait-ce pas plutôt une partie minimale ? Un noyau qui se doit de rester dans la pénombre ? Encore que ce noyau serait forcément en évolution permanente... :?: En tout cas, à mes yeux, le but d'une analyse n'est pas de comprendre mais de vivre. Francis Bismuth ne plus être inconsciemment contraint à ... à se mésestimer, à se culpabiliser de peu aimer sa mère, à se mésestimer, à ne rien tenter, etc.
Francis... vous mésestimeriez-vous ?
Pardon ! Pardon ! Je n'ai pas pu m'en empêcher...
Il est probable que la meilleure réponse au vertige ne soit pas la crispation mais l'étonnement.
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29/05/2011, 10:11 |
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Nous a rejoint: 26/01/2009, 18:29
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Bonjour Francis, bonjour à tous, Francis, je suis d'accord avec tout ce que tu dis au sujet du surgissement de l'inconscient dans la cure ou de sa résistance à le faire surgir.
Je voudrai cependant ajouter, avec ma propre expérience qui reste la mienne, que la libre association d'idées est certes fondamentale pour appréhender son inconscient mais que "se laisser aller à l'émotion" l'est (presque) tout autant.
Pour moi l'analyse est une expérience de paroles (psyché) et d'émotions (un corps qui vibre au son de ce qui se dit).
Dans ma cure, ce sont souvent les émotions qui me permettent de délier ma parole et ont permis l'émergence de l'inconscient.
On lit finalement peu de choses sur les émotions durant la cure ... c'est regrettable. En les négligeant, ne finit-on par vivre qu'une pure expérience intellectuelle ? Bon ... c'est une question, je la pose ici au risque d'être hors sujet . Bon dimanche à tous,
Cauderane
Passé et présent se mélangent pour se souvenir de l'Avenir.
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29/05/2011, 11:45 |
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Administrator
Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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Tu as raison. Verbaliser les émotions arrivant est pour moi indispensable, et fait partie de cette libre association. En aucun cas, toujours selon moi, l'analyse ne doit-elle se blottir dans sa seule dimension intellectuelle, cette dernière me semblant au contraire un processus de défense hélas solide.
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29/05/2011, 19:51 |
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Nous a rejoint: 30/01/2011, 10:12
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Je suis tout à fait d'accord avec toi Cauderane. D'ailleurs, pour ma part, la mise en mot est souvent provoquée par un éprouvé émotionnel qui me questionne à propos de tel ou tel événement. Et c'est ce qui était effectivement le plus difficile puisque j'avais appris à m'en couper le plus possible. C'est mon corps qui a été le premier vecteur "tambourinant", à ma grande surprise car lorsqu'il a atteint ses limites, plus moyen de tricher avec lui. Mais nos sociétés sont très coercitives sur ce point : les émotions doivent se maîtriser, ou en tout cas ne pas se montrer.
Il est probable que la meilleure réponse au vertige ne soit pas la crispation mais l'étonnement.
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29/05/2011, 20:08 |
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Nous a rejoint: 26/01/2009, 18:29
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Laurence .Mais nos sociétés sont très coercitives sur ce point : les émotions doivent se maîtriser, ou en tout cas ne pas se montrer. Oui et ... pourtant ... avoir des émotions c'est être vivant ! Les émotions ont pourtant chacune leur rôle dans les évènements que nous traversons et auxquels il faut s'adapter. Les miennes ont longtemps été contenues, non pas forcément par peur de faire mal autour de moi, mais de me faire mal à moi. Avec le divan, j'ai pris conscience que ces émotions pouvaient se manifester sans mise en danger pour moi ... quelle révélation ! Cauderane
Passé et présent se mélangent pour se souvenir de l'Avenir.
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01/09/2011, 11:16 |
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Nous a rejoint: 20/01/2011, 16:49
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Bonjour,
Je viens de relire vos écrits sur ce sujet et il me vient ceci:
Au cours du processus de l'analyse, parfois,oui, l'émergence de quelque chose de l'inconscient se produit et vient (soudainement ou pas) modifier un regard sur une partie de sa vie, des comportements... mais d'autres modifications ont lieu alors même que ce qui est en train de se vivre dans la cure reste en (grande) partie inconscient, avec la sensation vague que quelque chose de l'inconscient a bien émergé mais reste plus ou moins inconscient, (en quelque sorte, quelque chose de "rejoué" différemment qui produit des effets dans le quotidien mais de manière en (grande) partie inconsciente) Suis-je claire? (cela me fait penser au transfert qui resterait selon les auteurs lui aussi en grande partie inconscient).
Je m'interroge: ces moments sont-ils une étape vers de nouvelles "prises" de conscience? une étape où les résistances s'allègent ou au contraire un signe qu'elles ne cèdent (cèderont) pas? (même s'il se passe tout de même quelque chose)
J'aimerais avoir vos expériences, vos commentaires.
Merci à vous.
Chica
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01/09/2011, 13:00 |
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Nous a rejoint: 16/05/2011, 09:16
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bonjour je vois tout à fait ce que tu veux dire et je n'y avais jamais encore pensé ! c'est vrai, des choses changent et on en voit pas très bien pourquoi ni comment. cela peut parfois être angoissant car j'ai l'impression alors de ne pas maitriser le changement... ou alors angoissant d'avoir l'impression de ne pas prendre conscience ou de ne pas comprendre. merci pour l'eau à mon moulin.
bonne journée
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