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La psychanalyse vue par la paire de Dolto : j'aime

21/11/2008, 12:30 Signaler le sujet

Enid

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F. Dolto, par Nora Markman
• Dans Libération en date du 20 novembre:

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SOCIÉTÉ 20 novembre

Françoise Dolto et la tâche civilisatrice

Nora Markman psychanalyste argentine exerçant à Paris.

Il est étonnant de lire dans les différents articles et dossiers parus à propos de Françoise Dolto un esprit de controverse, si éloigné de la portée et de l’étendue de son enseignement. Sa production orale ou écrite a dépassé les frontières pour véhiculer de vraies interrogations sur les représentations de l’enfant à l’œuvre dans notre culture.

Françoise Dolto, qui se disait psychanalyste et citoyenne, n’a eu de cesse de rappeler que malgré les particularités, les déterminations ou les choix des adultes d’une génération précise, il est impossible d’échapper à la responsabilité de transmettre le minimum de repères indispensables à chaque enfant pour permettre que de l’humain advienne chez lui. L’infantilisation étant l’un des symptômes dans le social qui signe une impasse dans l’assomption de cette tâche de responsabilité. Symptôme que Dolto repérait dès qu’un groupe humain se voyait confronté à la question de la production (intellectuelle, matérielle, etc.), à la question de la hiérarchie, à celle de l’exercice du pouvoir de décision.

Ainsi, sans méconnaître les forces mortifères qui siègent en chaque être, le pari de Dolto visait le déploiement de ce que chaque infans (bébé ou tout petit), enfant, pubère ou adolescent recèle de puissantes voies créatives et récréatives pour trouver des solutions aux obstacles qu’un enfant ne manquera pas de rencontrer tôt ou tard à partir de sa naissance, et parfois bien avant. Or, des conditions s’imposent à chaque palier de la vie pour que la subjectivité d’un enfant se construise. Pour les psychanalystes participant à son «Séminaire des troubles de la relation précoce», rue Cujas, il était évident que les limites ne pouvaient se poser qu’en énonçant clairement ce qui est permis et ce qui ne l’est pas pour que les passages soient possibles et les pertes propres à chaque passage, soient supportables.

Depuis la possibilité première de trancher entre ce qui est bon ou mauvais, la possibilité même de jugement, position très freudienne - jusqu’à ce qu’elle ait appelé les différentes castrations traduisant les renoncements à faire selon la prédominance de zones excitables du corps à chaque tranche d’âge, le mot «non», parfois accompagné des dires sur les singularités de son histoire, ouvrait un nouvel espace psychique ; évidemment l’efficacité de ce mot, sa valeur performative, comme Dolto n’a cessé de nous l’enseigner, ne peut se soutenir qu’à partir de ce qu’elle a appelé «devoir de parents à l’égard de l’enfant quant à la vérité de sa conception et le respect des origines ethniques et culturelles de deux lignées dont il est issu». Ouvrant ainsi le champ des semblables sur un mode différent de l’illusion de l’identique-à-soi. Un non qui implique un Nom auquel tenir pour s’y tenir.

Elle faisait entendre, qu’il n’était nullement question d’autorité mais d’échange des responsabilités d’une génération envers la suivante et vice versa, d’un être humain envers un autre, décrivant ainsi ce que Tzvetan Todorov nous a rappelé en octobre : «[…]De la manière dont on perçoit et dont on accueille les autres, ceux différents, on peut mesurer notre degré de barbarie ou de civilisation.[…] Etre civilisé signifie être dans la possibilité de reconnaître pleinement l’humanité des autres malgré ses visages et habitudes différentes des nôtres ; savoir se mettre à la place de l’autre et savoir nous regarder nous-mêmes d’en dehors de nous.» Etre respecté - se respecter soi-même - respecter les autres, en différenciant les registres de l’intime et du social. Lors des séances du séminaire sur la psychanalyse d’enfants à Buenos Aires en 1986, elle rappelait à l’auditoire qu’au cours de sa pratique d’analyste, - qu’elle définissait comme celle d’accompagner l’expression du désir authentique souvent aliéné à la recherche du plaisir -, elle avait eu l’honneur de rencontrer des enfants qu’elle appelait des «grands hommes», la grandeur d’esprit se trouvant en pointillé présente en chaque petite personne. De la rencontre avec ces enfants ayant souffert très précocement, qui se trouvaient dans un grand désordre psychique, elle a appris comment, en nommant juste un psychanalyste pouvait leur ouvrir un champ du langage où trouver des voies de résolution à leurs souffrances par eux-mêmes.

A la lecture attentive des propos de Dolto - même ceux qu’on peut entendre dans les récentes parutions de différents DVD d’entretiens -, nous savons clairement que sa visée était celle d’asseoir les bases pour que l’importance de la difficile tâche civilisatrice soit reconnue et prise en charge par chacun, depuis sa place et selon son temps, à l’aide de ce que son rapport éthique à la psychanalyse lui avait appris et dans la lignée de ce que Freud, à l’origine, a soutenu.

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21/11/2008, 12:32 Signaler

Enid

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Tout ce dont, de Dolto (1908–1988) j'ai héritée d'une manière ou d'une autre, et, par exemple, en résonnance avec ce qu'était un enfant pour Maria Montessori (1870-1952), par exemple mais pas seulement :

cela a été pour quelque chose dans le comment je suis avec ma fille (née 1995), ai été avec mon bébé-fille, nourrisson, petite-fille.

Il y a de Dolto :

pour l'enfant d'aujourd'hui,

pour "l'être mère" d'aujourd'hui,

celle qui a été enfant du temps de Dolto,

il y a de Dolto quelque chose aujourd’hui aussi pour l’enfant « du temps de Dolto » parent aujourd’hui.

En analyse, j’ai rêvé de Dolto, rêve d’analyse, rêve « pour l’analyste ».

C’est à 6 ans que ma fille, à une volée de marches d’escalier au dessous de moi, alors que nous revenions de l’école, me questionne :

« Maman, c’est quoi un caprice ? »

Un mot qu’elle venait d’apprendre à l’école.

Nous n’en avions pas eu besoin. Nous nous en étions dispensées. Nous avions déjà fait autrement. Et je sais que Dolto n’était jamais bien loin…

Qu’est ce qu’un caprice ?

Telle est ce que je présente ici à votre réflexion…

Cordialement,
Enid


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21/11/2008, 12:55 Signaler

Enid

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Enid
Tout ce dont, de Dolto (1908–1988) j'ai héritée d'une manière ou d'une autre,...

Je me rends compte que j'ai accordé : "héritée"... la bonne orthographe est "hérité"...
Et je sais que Dolto n’était jamais bien loin…
probablement quelque chose comme :
Dolto m'a fait héritée moi de quelque chose d'elle... que je transmets à ma fille...


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21/11/2008, 13:36 Signaler

Francis Bismuth

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Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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Qu’est ce qu’un caprice ?
Bonjour Enid, bonjour tous,
Dans une première acception, je pourrais dire qu'un caprice est l'expression du fruit d'une difficulté à négocier entre principe de plaisir, immédiat, et principe de réalité, socialisant.
Mais il peut aussi être une façon d'agresser le parent, de projeter, de mettre en scène à l'extérieur, socialement, familialement, un conflit intérieur. Pas mieux pour l'instant et instantanément.
FB


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