Bonsoir à tous, bonsoir Francis,
Bien longtemps que je n'ai pas laissé une gribouille ici (bas?)
Pas le courage de retourner sur mon blog, pas le courage de me relire... Depuis tout ce temps... Juste envie de partager ce soir avec vous mes derniers mois tumultueux et mon actualité brulante.
Après des mois de tergiversations sentimentales et divanesque mon obsession trouve son issue... Enfin, le divan recevra mon derriere encore longtemps je pense mais bref, entrons dans le vif du sujet.
Je ne parvenais pas à quitter mon ami... Culpabilité constante... Au point ou tout n'était devenu que mensonge : mes sourires, mes "moi aussi", mes "oui, je suis heureuse", mes photos souriantes épinglées au bar de notre cuisine américaine...
De la tristesse, de la détresse, malgré une envie d'y croire, un passé blessant que je ne parvenais pas à effacer... Des maladresses de sa part (peut-être), que je ne parvenais pas à excuser... Rationnellement oui, mais dans mon corps et dans mon coeur non. (ça fait très shamallow cette formule mais bref...)
Malgré plusieurs tentatives de rupture, je restais car j'avais droit aux pleurs, aux grimaces d'un clown triste, prèsque théâtrales, à des "tu es tout pour moi"... etc etc... et je restais et je restais... et je mourais à petit feu pour que lui vive (ce que je croyais... )
Sadisme de ma part ? Rester pour ne pas faire souffrir et finalement faire souffrir encore plus... ? Question psychanalytique... Je ne comprends pas
Après des explications violentes de la veille, des tentatives de réponse à ses "pourquoi" qui ne veulent rien entendre que ce qu'ils attendent, je me réveille, je bois un jus d'orange qu'il m'avait encore si gentiment pressé avec amour, je vais me doucher, je m'habille, je me maquille, je me fais belle, je me plais... Je lui dis : "je ne regrette rien de ce que l'on a vécu ensemble"........ long silence... "Mais je pars pour un autre"
S'en suit une escalade de violence ou il casse tout dans la maison de A à Z : des bibelots aux meubles, en passant par l'ordi, tout y passe, le matelas est brulé, mes partitions de piano déchirées... mes pleurs et cris ne l'arrêtent pas.
Je pars, je cherche les clefs de ma voiture, sans succès, je pars à pieds, je prends mon sac à main... je pars...
Puis il s'excuse par SMS, par messagerie vocale interposée... Me supplie de venir le voir... Il me dit "en ce jour tu m'a tué"
Silence... d'un jour.
Me demande de venir parler avec lui... Pas le courage... Peur de fléchir, de culpabiliser encore, de céder...
Re-silence... d'un jour.
Puis me dit que j'ai des papiers à signer... que la situation est claire maintenant mais qu'il faut régler des formalités... J' y vais...
Pas de papier à signer... Toujours des pourquoi sourds aux réponses que je lui donne... Des "pars avec moi, loin"...
Je lui dis que la discussion est terminée... Que je reviendrai quand il aura effectivement des papiers à me faire signer. Je m'en vais, calmement...
Il me dit "NON! LA CONVERSATION N'EST PAS TERMINÉE"... Me court après...
Je cours, je saute dans ma voiture, ferme à clef, il force ma porte... Pourvu que j'ai bien fermé le coffre... Il me regarde avec des yeux exorbités en essayant d'ouvrir la voiture, tente de soulever la voiture comme un gorille dans une cage... Il est méconnaissable... J'ai peur...
Je réussi à démarrer, à partir... Je me demande ce qu'il aurait fait si par mégarde j'avais laissé une porte ouverte. Bref, ça n'est pas arrivé, n'y pensons pas...
Pourquoi je me suis entêtée depuis 5 ans à aimer ses différences qui m'interloquaient : sa froideur, son manque d'expressivité, sa maîtrise excessive... pourquoi tout ces non-dits sur son passé ?
Avec les mois, il se mettait à être plus expressif ou plus souriant mais j'avais toujours cette impression qu'il jouait une comédie, quand j'osais lui dire quelque chose qui me dérangeait ou qui ne me convenait pas, il grimaçait tel un clown triste... Il fallait alors que j'efface vite ce que je venais de dire...Que j'aille dans son sens.
Aujourd'hui, je regarde autour de moi, je vérifie que ma porte est bien fermée, qu'il ne m'attend pas au coin d'une rue... Je suis bien entourée par ma famille... Mais je me dis que si je n'avais pas pris cette décision (que je ne regrette pas) tout ce remue ménage ne serait pas arrivé, je n'aurais emmerdé personne, je n'aurais pas fait de bruit... enfin... je n'aurais emmerdé personne sauf moi.
Je m'autorise pendant quelques semaines à prendre des somnifères... car malgré la fatigue, malgré des techniques de relaxation, la machine à cogiter, elle, ne fatigue pas... C 'est dur. Mais je sais que j'ai les ressources en moi pour rebondir. Et comme dit un ami philosophe : il faut "foutre le bordel" pour redonner du sens. Oui, pas foutre le bordel pour foutre le bordel... L'ordre est mortifère... surtout quand il n'a de sens que de s'entretenir lui-même.
Vivement que tout cela soit du passé, et maintenant que j'ai fait le pas, j'aimerais bientôt poser le pieds parterre.
Merci de votre lecture,
Bonne nuit.
Nikaya
PS : j'oubliais de préciser : 2009 sera mon année, une belle année... Disons que ce début difficile est un acouchement douloureux...

