J'aimerai partager avec vous cette lecture que je viens d'achever :
Mémoire de l'inhumain
Du Trauma à la créativité de Sidney Stewart, éditions CampagnePremière.
Pour vous le présenter je pompe outrageusement la 4ème de couverture qui le fait bien mieux que je ne pourrais le faire:
" Psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de Paris, Sidney Stewart (1919-1998) fut, en 1942, l'un de ces jeunes combattants américain de la guerre du Pacifique faits prisonniers par l'armée japonaise. Pendant quatre ans, d'un camp à l'autre, des Philippines au Japon et en Corée, il a connu l'atrocité des privations et des humiliations, et le déchaînement d'une sauvagerie qui a pu conduire à l'animalité. Unique survivant de son camp, il écrivit, à son retour, Give Us This Day (Nous sommes restés des Hommes, publié ici en première partie) pour rendre hommage à ses compagnons de souffrance, "pour essayer de comprendre et de faire savoir comment les êtres humains s'efforcent de vivre et de survivre dans ces situations ihumaines extrèmes" (Joyce McDougall) et pour, grâce au récit - comme on le fait en analyse-, restituer à chacun sa part de subjectivité.
La seconde partie rassemble des articles tirés de sa pratique audacieuse avec des patients ayant, comme lui, vécu d'importants traumatismes. L'affrontement à la vérité ne s'est jamais séparé chez lui du besoin impérieux de sublimation, qu'il a manifesté dans ses multiples activités d'artiste."
Je voudrais juste ajouter que je ne suis généralement pas fan des témoignages sur la guerre, mais pour écrire ce récit il s'est posé la question de savoir pour qui il écrivait et a réinterprété, réorganisé certains souvenirs afin d'y répondre, n'hésitant pas à s'écarter de la "vérité" voire à "omettre" certains compagnons, mais intégrant leur histoire dans celle d'un autre, récréant ainsi des “personnages” de fiction. Ce qui déplace le témoignage vers la création littéraire (d'où je suppose, le sous titre).
Il s'agit d'un récit bouleversant, où il ne juge pas les "bourreaux" mais rend hommage à ses compagnons et sans patriotisme exacerbé. Comme toujours devant ce genre de témoignage je suis effarée de voir à quel point l'homme peut se montrer inhumain. En même temps cela donne quand même espoir parce que malgré tout certaines victimes s'en sortent, restent humaines et parviennent, parfois, à sublimer leur traumatisme. J'ai été très émue par ce récit.
La seconde partie est intéressante, un peu plus ardue pour une néophyte comme moi en psychanalyse, mais passionnante !
Bonne lecture !
Papillon

