Bonjour Mangue,
je ne connais pas non plus cette thérapie, qui ne semble pas très répandue. Je ne sais pas ce qu'elle peut donner, tout ce que je peux dire c'est qu'elle semble loin de l'approche analytique. Je ne fais donc pas ici une critique objective de la méthode sapir, loin s'en faut!! ;-)
je me contente de pointer ses différences fondamentales avec la psychanalyse, d'après ce que vous en décrivez. Après tout, vous êtes sur un forum ouvert (n'est-ce pas Francis?), mais de nombreux membres ont une expérience psychanalytique, alors une réponse orientée psychanalyse ne vous étonnera certainement pas...
« parfois très violente d'ailleurs dans les pensées et les gestes. » de qui sont ces pensées et ces gestes? Du thérapeute ou du patient? C'est très différent!
« Puis les inductions viendront spontanément » je suppose qu'il s'agit de celles du thérapeute...
« ... le patient qui reste silencieux pendant ce premier temps »
voilà: en psychanalyse, c'est le patient qui arrive avec sa parole, ses humeurs, ses pensées du jour, et l'analyste les reçoit comme telles. Cette différence me semble fondamentale. l'impulsion de la séance vient du patient, pas du thérapeute.
Dans ce que vous me décrivez, il me semble que les « inductions » viennent du thérapeute, et le patient garde ses commentaires jusqu'à la dernière phase... cela me semble donc plus relever de la suggestion du thérapeute (comme dans de nombreuses thérapies d'ailleurs) que de l'écoute du patient. D'autant que ces inductions viennent avant la prise de parole du patient.
Pour ce qui est de la manipulation des fantasmes, il me semble qu'il vaut mieux que le thérapeute ait sacrément travaillé sur les siens avant de « toucher » à ceux des autres et à leur corps, sinon il y a de grandes chances qu'il projette ses propres fantasmes (ce qui fera réagir le patient, bien sûr, mais pas selon son désir propre ; vous écrivez d'ailleurs « dans une sorte de soumission à la parole de l’autre ». « soumission »: aïe aïe aïe!!!)
« le thérapeute interprète », « assis en position d’analyste »: très bien si... le thérapeute est suffisamment au clair avec ses désirs, ses fantasmes, son inconscient. C'est à dire si le thérapeute a fait une analyse suffisamment poussée. sinon vous risquez de servir de support à la jouissance et aux fantasmes (au sens analytique) du thérapeute.
Voilà! C'est dit!
J'entends aussi votre souffrance, ce « poison » qui vous ronge... qui vous a fait trouver la force de pousser la porte d'un « psy »... vous avez choisi cette thérapie « au hasard » comme beaucoup de gens qui vont voir un psy-chiatre, -chologue ou -thérapeute ou-analyste sans connaître la différence (peu de gens la connaissent en fait). Mais si vous postez ce message, c'est que vous semblez vous poser des questions. Alors continuez à vous en poser, renseignez-vous éventuellement plus en détails sur la méthode sapir, sur la formation de votre thérapeute... (oui, oui, on a le droit de lui demander! Il peut vous répondre! En revanche s'il se fâche c'est mauvais signe...) et voyez si elle vous convient.
Francis écrivait: « il nous arrive inconsciemment de choisir certaines thérapeutiques ou se prétendant telles, qui nous permettent justement de rester dans les symptômes qui nous étreignent. » un symptôme, un mode de fonctionnement sont des défenses que l'on érige pour se protéger. Ils ont paradoxalement un côté « confortable ». la psychanalyse nous oblige à les faire exploser, ce qui est terriblement déroutant, et que l'on peut souhaiter éviter pour rester dans ses symptômes finalement plus « confortables ». d'où la phrase de « la dame de Francis »: «je vais peut-être arrêter l'analyse car j'ai peur de ce que je vais peut-être m'entendre sortir de ma bouche»
à vous de trouver ce que vous souhaitez vraiment... c'est difficile, bien sûr!... mais c'est faisable.
et bon courage pour la suite!
Bien à vous,
Mia