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Mon expérience de l'analyse (tout ceci est-il bien normal ?)

13/09/2011, 13:55 Signaler le sujet

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
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Bonjour à tous !

Attention pavé pathétique de névrosé bobo de base.

Je suis un jeune (enfin, j'aime à le croire) type de 28 ans.

J'aimerais partager ce qui se passe pour moi en analyse en ce moment, histoire de voir si je suis complètement cinglé ou si d'autres traversent ou ont traversé ce genre de passage que je qualifierais de "difficile", tout de même.

J'ai commencé l'analyse il y a un peu moins d'un an, après plusieurs années de thérapie en "face à face" puis en "face à dos". J'ai toujours été un flippé, étant petit j'étais ce qu'on appelle un "phobique scolaire", mais malgré tout j'ai suivi une scolarité normale et une vie à peu près confortable et sans trop de problèmes ; l'angoisse m'accompagnant tantôt fortement, tantôt de façon acceptable. Névrose d'angoisse, disait le psy. J'avais appris à la gérer à ma manière.

J'ai commencé l'analyse un an après une période d' angoisse intense, due à mon nouveau travail, je n'en dormais plus, je faisais des crises d'angoisse, bref, la totale. J'ai perdu mon père en 2005, et le fait que mon travail (commencé quelques années plus tard) soit le même peu ou prou que le sien n'est certainement pas étranger à ce qui m'est arrivé. C'est moi qui, comme un con, ai demandé à mon psy (psychiatre / analyste) pourquoi je n'allais pas sur le divan ; il m'a répondu "allons y", et c'était parti.

Bref. Aujourd'hui, l'analyse, la vraie, sur le divan et tout et tout, me plonge dans un bordel intérieur assez profond.

Je me rends compte que lorsque je parle sur le divan, ce n'est pas "moi" qui parle. Le discours se déroule tout seul, je l'observe, comme extérieur. Ceci me terrifie : si je ne suis pas ce que je pense, alors qui suis-je ? QUI fait ces associations d'idées ? Je suis aussi mis face à mon corps qui réagit fortement selon ce qui est dit : je me mets à chialer, ou alors à ressentir une colère hyper forte, et tout cela, allongé, je le vois se dérouler en fonction de ce qui est dit. C'est moi, c'est bien moi, mais en même temps ça m'échappe complètement.
Est-ce que c'est normal, cette impression de "se regarder" dire et faire ? J'ai de plus en plus l'impression que je n'ai jamais su qui j'étais, et que je croyais correspondre à des schémas de pensée ; seulement maintenant que je vois que je ne suis pas ces schémas, que je peux les observer, alors je suis paumé : que faire avec ce qui reste ? D'ailleurs, reste-t-il quelque chose ?

C'est assez étrange parce que je ressens aussi de plus en plus, lors des séances, des blocages internes très forts. Je parle, et des fois, l'émotion explose, sort ; mais des fois, elle reste "coincée", et la séance devient alors une espèce de confrontation à l'angoisse.

Toutes ces expériences me poussent à me poser des questions existentielles à la con, "qui suis je, où vais je, que suis je, qui parle, qui regarde à travers ces yeux, etc." dont je me passerais bien. En gros, je me balade en ce moment dans la vie, mais je ne sais pas trop comment. Je continue à fonctionner "normalement", je vois des potes, je rigole, je regarde des films, je flippe, parfois je suis content, parfois hyper angoissé ; mais intérieurement, c'est vraiment le foutoir. J'ai de gros passages étranges où je me demande comment je fais pour marcher, comment je fais pour prendre un stylo, QUI prend la décision d'aller boire ou pisser un coup, bref, la représentation que j'ai de moi même est en train d'être bouleversée et ça me fait peur. Je découvre aussi que je suis un corps, que mon corps pense, mon corps se souvient, que même ma parole EST corps. Flippant pour un intello à la con dont la vie est tissée de concepts.

Ce qui est étrange aussi c'est que j'arrive à certaines séances complètement flippé, anti-psychanalyse, je déverse ma haine sur mon pauvre psy, mon angoisse, je doute de lui et de tout. Je sors de certaines séances complètement crevé, cassé ; et puis bizarrement tout va mieux pendant un moment.

D'autres fois, je suis pris d'un amour fou, j'aime l'analyse, je la remercie, j'aime mon analyste et j'aimerais bien qu'il vive avec moi. Transfert à la con, quoi.

Un autre truc, c'est la découverte de la solitude profonde. Je suis dans ce corps, dans cet esprit, c'est moi et il faut faire avec. Ca, en ce moment, c'est le plus dur, le plus angoissant. On ne peut qu'être soi même, et ça me fait chier, pour une raison qu'il faut encore que j'explore, certainement.

Le dernier truc qui me terrifie pas mal, c'est la liberté. J'ai découvert que je ne suis pas esclave de mes symptômes. J'ai un espace d'action, de décision, qu'a révélé l'analyse. Aujourd'hui même si je suis mort de trouille, je fais les choses. Peu importe mon niveau d'angoisse, je choisis de faire. Et le pire c'est que ça fonctionne. Seulement, toute ma vie, j'ai été esclave de schémas comportementaux et de pensée, liés à l'angoisse, qui m'ont permis d'éviter pas mal de trucs, et qui étaient bien confortables. Maintenant que je peux agir, que je suis "libre" (on n'est jamais libre, évidemment), je ne sais pas quoi faire de moi.

Question à mon analyste : "Quand est ce que je vais sortir de cette phase à la con ?"
Réponse : "Attendez, attendez, avant d'en sortir".

Putain de maître zen.

J'aimerais savoir si d'autres gens traversent ce genre de bordel, si on s'en sort, bref, je veux qu'on me rassure comme un bon petit névrosé des familles !

Je n'ai qu'un objectif dans la vie : pouvoir apprécier les choses telles qu'elles sont, au moment où je les vis. Je ne demande rien d'autre que de pouvoir regarder un film et trouver ça génial, manger du saucisson en buvant du bon pinard et trouver ça chouette. Pensez-vous que l'analyse me permette un jour d'atteindre cet objectif ?

Merci d'avoir eu le courage de lire cette logorrhée.

PS : ah, et encore un dernier truc qui me tracasse : depuis quelques temps, je n'ai plus peur de la mort. Ou du moins, c'est l'impression que j'ai (j'évite quand même toujours les voitures quand je traverse la route, hein). Est-ce que ça veut dire que je suis suicidaire ?


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13/09/2011, 16:35 Signaler

mia

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eh bien...
à première vue, voici mon analyse (sauvage):

:arrow: vous n'êtes pas suicidaire,
mais vous voici devenu un analysant, avec toutes les tempêtes que cela comporte! :? :twisted: :oops: :roll: :) :x :?:
et puis oui, ça mène quelque part, pas forcément là où on pensait (en ce qui me concerne, en phase avancée d'analyse, je suis devenue capable de regarder un film et trouver ça génial; mais pour le pinard, il faut qu'il soit bon pour que j'apprécie...):oops:

Je vous souhaite bonne route sur ce chemin escarpé qu'est la psychanalyse! :)
Mia


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13/09/2011, 17:26 Signaler

Francis Bismuth

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Je vous souhaite bonne route sur ce chemin escarpé qu'est la psychanalyse! Smile
Mia

@Mia :
Il est des existences bien plus qu'escarpées lorsqu'elles croient faire "l'économie" d'une analyse, pour difficile que soit cette dernière.
Des existences qui n'en ont plus que le nom. Des lambeaux de vie parfois, mis bout à bout, ou juxtaposés. Des impressions d'être en vie. Des sentiments de gachis, sur le tard parfois, lorsque peu de temps reste à tenter de vivre.

Je vous lirai Woody un peu plus tard.

A bientôt chacun,
FB.


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13/09/2011, 17:34 Signaler

thunderbird

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Bonjour Woody ,

"Je est un autre"
" Il faut encore avoir du chaos en soi pour pouvoir enfanter une étoile qui danse "
Voilà les phrases citées par mon psy que je me remémore en lisant votre témoignage .

Bon courage et bonne continuation .


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13/09/2011, 17:35 Signaler

Melyna

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Je trouve que c'est un superbe récit de "l'aventure analyse" que vous/ tu fais là ! :)

Quelle chance de pouvoir effectuer ce (remue)ménage /méninges si jeune ! :wink:


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13/09/2011, 18:22 Signaler

Woody Richard

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Merci pour vos quelques mots réconfortants...

Si c'est une chance, j'en sais rien. Parfois vraiment je me dis "mais quelle connerie tu as faite de te lancer là dedans". Le plus inquiétant est ce sentiment d'inconnu, je ne sais pas où ça va mener, je ne sais pas ce que je vais devenir... Enfin pour l'instant ce que je sais, c'est que je déguste, les séances réveillent parfois des angoisses très fortes et des sentiments de "déréalisation" ou "dépersonalisation", comme disent les pros, qui sont assez chiants à supporter... Même si dans l'ensemble, je suis plus autonome, plus indépendant, plus ouvert qu'avant.


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13/09/2011, 18:29 Signaler

Francis Bismuth

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Woody
des sentiments de "déréalisation" ou "dépersonalisation", comme disent les pros, qui sont assez chiants à supporter...

Chiants ; les sentiments ou les pros ?
:)
A bientôt,
FB.


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13/09/2011, 19:15 Signaler

Woody Richard

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Non non, les sentiments bien sûr !

J'utilisais le terme "pro" ironiquement, quiconque a eu le malheur de vivre de la "déréalisation" ou "dépersonnalisation" et surtout de rechercher ces deux termes sur google (comme tout bon angoissé qui se respecte) sait à quel point il y a des professionnels auto proclamés de ce genre d'état...


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13/09/2011, 21:23 Signaler

Melyna

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En fait tu dégustes avant de pouvoir déguster , si je comprends bien :wink: :roll:


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14/09/2011, 06:14 Signaler

Cauderane

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Bonjour Woody,

Dans votre message, vous dites beaucoup de choses. Vous traversez une phase de la cure "à la con" pour vous citer.
Mais c'est cette phase qui va vous permettre de vous dégager de tout ce qui vous entrave encore !

Pour ma part, je n'ai jamais ressenti de dépersonnalisation au cours de mes séances, je dirai plutôt que mes émotions m'échappaient totalement. A peine allongée, je "crachais" ma colère et/ou pleurai à gros sanglots ... puis la séance se terminait. Souvent dans ces cas-là, c'est moi qui y mettait fin comme pour dire "STOP, tu me fais trop mal" (à l'autre). Et puis chose surprenante, je reprenais le cours de ma vie. Et à la séance d'après, j'étais à nouveau plongée dans mes émotions les plus noires. Le transfert était complètement opérant sur cette période, mon analyste incarnant, tour à tour les personnes à qui je n'avais jamais pu dire ou montrer qu'elles m'avaient fait tant de mal ... mais lui, il écoutait et entendait ... pas rien que cette écoute.

Je l'avoue, c'est assez surprenant à vivre d'être à nouveau l'enfant-qui-a-mal-grandit à peine allongée sur le divan. Mais c'est néanmoins totalement nécessaire ! Je me suis donc accrochée, même si j'ai eu des grands moments d’abattement et des périodes de doutes : pourquoi remuer encore et encore toute cette merde ? et l'analyste de me dire "poursuivons" à sa façon et toujours avec bienveillance.

... en me relisant, je réalise que je parle de cette période de ma cure au passé, et pourtant, elle n'est pas si ancienne. Depuis un peu plus de deux mois, l'apaisement est enfin là et il semble durable. Je ressens l'impression de vivre ma vie avec plus de légèreté et de recul qui me permettent de ne plus souffrir inutilement ou plutôt exagérément.

L'analyse est essentiellement une expérience émotionnelle. C'est en libérant les émotions refoulées que les évidences apparaissent et laissent la place à l'être désirant.

Bonne continuation, bien à vous

Cauderane


Passé et présent se mélangent pour se souvenir de l'Avenir.

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14/09/2011, 06:21 Signaler

Francis Bismuth

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Woody
Mon expérience de l'analyse (tout ceci est-il bien normal ?)

@Woody : Je ne sais pas trop ce qu'il en est du "normal", adjectif que je tendrais à bannir de mon vocabulaire, mais les questions que vous vous posez - qui parle? Qui suis-je? - me semblent bien des moteurs de votre analyse, analyse dans laquelle vous semblez bien entré.
Vous aviez "fonctionné" depuis enfant dans une sorte de formatage inconsciemment auto-alimenté comme la plupart d'entre nous, l'inconfort s'est peu à peu développé avec son lot de symptômes, l'analyse finit par s'imposer à vous soit à l'occasion d'un évènement, soit réalisant l'impasse où vous vous trouvez, ou les répétitions d'impasses.
Sortir du système psychique qui s'est bâti en vous depuis bien plus de 20 ans passe par ces moments où l'on ne sait plus bien où l'on en est. Vous ne passeriez pas par ces moments, y compris ceux successif de je t'aime / je te hais notamment à l'égard de votre analyste, je me demanderais si vous êtes en analyse ou en psychothérapie de soutien. Théoriquement, vous êtes sur le chemin qui vous mènera à un "vous" légèrement ou grandement différent du bientôt ancien.
Ne reste plus qu'à poursuivre, surtout quand vous vous sentirez mieux, surtout quand vous buterez et rebuterez pendant de longues semaines.
Propos qui ne servent pas à grand chose, mais je ne voulais pas laisser votre fort témoignage d'analysant sans suite de ma part. Probable - mais qui sait? - que les pleurs, rages et doutes actuels - vous en éviteront bien des subis ultérieurs. Si vous vous accrochez et si vous ne cherchez que peu à "comprendre" et "vous connaître" ; plutôt commencer par "dire" et "éprouver", ainsi qu'à "dire ses éprouvés", ce que vous semblez faire via votre analyse en cours. Le reste viendra.

A bientôt,
FB.

PS : après mon présent post, je vois que Cauderane écrivait simultanément ; je la lirai plus tard.


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14/09/2011, 13:23 Signaler

Woody Richard

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Les doutes que j'ai en ce moment (sale journée aujourd'hui, séance demain, c'est peut être pour ça) :

Pourquoi tout ce qu'on vit en analyse est douloureux et négatif ? On parle, et tout ce qu'on éprouve, c'est de l'angoisse, de la tristesse. Cela ne risque-t-il pas de nous enfermer indéfiniment là dedans ? Pourquoi ne pourrait-on pas y éprouver de la joie et du bonheur ? C'est quand même une vision bien terrible de l'être humain que celle qui consiste à dire qu'au fond de nous il n'y a que malheur et souffrance... Et pourtant c'est ce que semble me montrer l'analyse pour l'instant.

Ne risque-t-on pas de souffrir "exprès pour l'analyse" ? L'analyse nous plonge dans la souffrance, du coup on continue l'analyse, qui nous maintient dans la souffrance, etc etc... Y a t il une fin à ce cycle ?

Vous parlez, cher Francis, d'une sortie d'un système psychique inconsciemment adopté pendant des années. C'est effectivement tout à fait ce que je ressens. Mais que mettre à la place ? Comment faire ? C'est tout ce que j'ai connu, je ne sais pas si je suis capable de vivre autrement ! En fait c'est comme une mort de quelque chose, une mort intérieure, mais le truc c'est que normalement après il faut renaître ; j'ai tellement peur de ne pas y arriver et de rester coincé dans ce no man's land intérieur !

Question : est-ce que l'analyse a changé votre façon de penser, de voir le monde ? Pour ma part, je suis plus détaché de mes pensées, j'ai l'impression d'être plus ancré "physiquement" et moins "mentalement", c'est à dire que par moment j'appréhende le monde de manière plus directe et avec moins de pensées discursives (alors qu'avant, j'étais TOUJOURS dans le discours et le dialogue interne)... Est-ce normal ?

Y a t-il des phases de dépression dans l'analyse ? Il me semble que c'est ce que je traverse en ce moment. Je me réveille en m'interrogeant sur ce que je fais, pourquoi, à quoi bon, etc... J'ai aussi la sensation d'être prisonnier de moi même, de mes pensées, de mon corps, c'est très très chiant. Ceci dit, quand je n'y pense pas, ça va...

Pauvre psy, demain ça va encore chauffer pour lui...


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14/09/2011, 14:15 Signaler

Francis Bismuth

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Les doutes que j'ai en ce moment (sale journée aujourd'hui, séance demain, c'est peut être pour ça) :

Pourquoi tout ce qu'on vit en analyse est douloureux et négatif ? On parle, et tout ce qu'on éprouve, c'est de l'angoisse, de la tristesse.



……………….« on », peut-être, mais ce n’est pas le cas de chacun à chaque séance.

Cela ne risque-t-il pas de nous enfermer indéfiniment là dedans ?
………………. Non.

Pourquoi ne pourrait-on pas y éprouver de la joie et du bonheur ? C'est quand même une vision bien terrible de l'être humain que celle qui consiste à dire qu'au fond de nous il n'y a que malheur et souffrance... Et pourtant c'est ce que semble me montrer l'analyse pour l'instant.
………………..Il y a malheur et souffrance en nombre d’entre nous, mais pas seulement cela.

Ne risque-t-on pas de souffrir "exprès pour l'analyse" ? L'analyse nous plonge dans la souffrance, du coup on continue l'analyse, qui nous maintient dans la souffrance, etc etc... Y a t il une fin à ce cycle ?

……………….. Je ne sais pas si c’est l'analyse qui plonge la personne dans la souffrance ou si c’est la souffrance qui fit commencer une analyse. Le problème aussi, c’est que de même façon que l’on irait en analyse pour à terme, moins souffrir, quelque chose en nous « tient » à cette souffrance, à ces symptômes. En outre, ce n’est pas moi qui ai découvert que tout humain recèle sa part (variable) native de masochisme.

Vous parlez, cher Francis, d'une sortie d'un système psychique inconsciemment adopté pendant des années. C'est effectivement tout à fait ce que je ressens. Mais que mettre à la place ?

………….. Quelque chose devrait peu à peu s’y « mettre à la place » et ne vous souciez pas pour l’instant du comment faire : ça freinerait votre analyse.

Comment faire ? C'est tout ce que j'ai connu, je ne sais pas si je suis capable de vivre autrement ! En fait c'est comme une mort de quelque chose, une mort intérieure, mais le truc c'est que normalement après il faut renaître ; j'ai tellement peur de ne pas y arriver et de rester coincé dans ce no man's land intérieur !

Question : est-ce que l'analyse a changé votre façon de penser, de voir le monde ? Pour ma part, je suis plus détaché de mes pensées, j'ai l'impression d'être plus ancré "physiquement" et moins "mentalement", c'est à dire que par moment j'appréhende le monde de manière plus directe et avec moins de pensées discursives (alors qu'avant, j'étais TOUJOURS dans le discours et le dialogue interne)... Est-ce normal ?

Y a t-il des phases de dépression dans l'analyse ?

…………….. Oui bien sûr, tout comme « dans le civil ».

Il me semble que c'est ce que je traverse en ce moment. Je me réveille en m'interrogeant sur ce que je fais, pourquoi, à quoi bon, etc... J'ai aussi la sensation d'être prisonnier de moi même, de mes pensées, de mon corps, c'est très très chiant. Ceci dit, quand je n'y pense pas, ça va...
Pauvre psy, demain ça va encore chauffer pour lui...

…………………. A bientôt,

FB.


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14/09/2011, 14:38 Signaler

Woody Richard

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Merci de vos réponses, et désolé pour le caractère un peu pathétique et plaintif (et égoïste évidemment) de ce message...


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14/09/2011, 14:46 Signaler

Francis Bismuth

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caractère un peu pathétique et plaintif de ce message

Ici, nul n'est contraint au nez de clown et à la plume dans l'oc cul te.

A bientôt Woody,
FB.


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14/09/2011, 15:02 Signaler

prune

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Bonjour Woody Richard,
Oui, tout cela est absolument tout à fait normal. Personne n'a jamais dit que l'analyse était un long fleuve tranquille :) Alors surtout continuez, vous ne risquez pas de couler, prendre une tasse de temps en temps ça oui, mais on en sort, si si !
:wink:


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15/09/2011, 15:10 Signaler

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
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J'ai fait un rêve somnolent, presque un rêve éveillé, vous savez, le genre de rêve qu'on fait quand on se réveille puis qu'on se rendort à moitié... J'ai eu cette image avant d'aller au boulot.

J'étais très très angoissé à l'idée d'aller au travail (dans la vraie vie, hein), et dans ce semi-rêve, je cherchais un pont pour me pendre !

J'ai travaillé ça chez le psy, et j'ai trouvé énormément de liens et d'interprétations (notamment le fait que je dis toujours "je préfèrerais me pendre plutôt que d'aller au boulot", par exemple, mais aussi le fait que sous ce pont, dans le rêve, il y avait des tuyaux semblables à ceux que je croise sur l'autoroute pour aller à mon boulot - et aussi semblables à ceux que croisait mon père pour aller au boulot, lui aussi, sur une autre autoroute !), mais maintenant, ça y est, c'est reparti, je ne peux pas m'empêcher de penser que si ça se trouve je suis suicidaire et que je vais faire une connerie sans le vouloir... Mais le truc c'est que je veux vivre, j'espère du moins ! Et si au fond de moi j'étais vraiment suicidaire ? Bref, flippé à nouveau...

Réponse du psy : "la question se pose".


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15/09/2011, 16:45 Signaler

Francis Bismuth

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(...) mais maintenant, ça y est, c'est reparti, je ne peux pas m'empêcher de penser que si ça se trouve je suis suicidaire et que je vais faire une connerie sans le vouloir... Mais le truc c'est que je veux vivre, j'espère du moins ! Et si au fond de moi j'étais vraiment suicidaire ? Bref, flippé à nouveau...

Mais l'on peut bien mettre fin à ses jours, lentement, sans en avoir décidé, au boulot, avec "l'aimé(e)", devant TF1 (ah, y en a qui sont snobs, sur ce forum...) ou brutalement, sans en avoir été hanté auparavant De même que l'on peut souvent penser au suicide du fait d'être mû par une forte envie de vivre sa vie, hélas complexe (ah, qu'il serait bon d'avoir le Qi d'un concombre bouilli!...). Nous sommes ambivalents. Entreprendre une analyse, c'est une part de vie qui cohabite avec la part de mort qui est "basalement" en nous, ce Nirvana vers la minéralité qu'évoque Freud à sa façon.
Quant à cet "être (un) suicidaire", je ne sais pas trop ce que cela signifie, de la même façon lorsque débarquent à ma consultation des gens me disant : "alors voila : je suis bipolaire", à quoi je réponds de fuir Google en matière psy ou santé et que oui, je le suis moi aussi, bipolaire : de bonne humeur un jour, de mauvaise l'heure d'après.
Pour bien se pourrir le quotidien, je ne saurais suffisamment recommander aussi la lecture du DSM III ou du DSM IV (voir dans ... Gogol :))

A bientôt,
FB.


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15/09/2011, 17:56 Signaler

Woody Richard

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Merci encore pour ces quelques mots...

C'est vrai que c'est complètement con de ma part, en y réfléchissant un peu. Ce n'est pas parce qu'on rêve de meurtre qu'on est un meurtrier, par exemple...

Enfin, on verra bien, pour l'instant je suis vivant et je compte essayer d'en profiter.


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15/09/2011, 22:06 Signaler

jordaele

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Hello Woody,

C'est tout sauf con de se poser des questions. Mais tu as aussi raison, ce n'est pas parce qu'on rêve de meurtre que l'on est meurtrier dans la réalité.

Question peut-être déplacée mais quel rapport entre les tuyaux que croisaient ton père et ta peur du suicide ? (je n'ai peut être pas tout bien compris)

J'ai passé fut un temps une période difficile comme ça, et je me demandai qu'est ce qui me fait tenir ? Qu'est ce qui me dit que là, dans 5min ou 2 jours... je ne vais pas sauter ?
C'est complètement passé et je suis toujours là :lol: la preuve ^^ Mais c'est vrai que ça a été une période extrêmement dure à vivre.

Courage. Euh si je te dis : n'est pas peur de la peur qui fait peur ! Tu vas peut-être avoir envie de me taper :roll: alors je te le dirais quand tu seras sorti de cette sale période.
++


Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront.
Message Privé
15/09/2011, 23:05 Signaler

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
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Oh en fait sous le pont de mon rêve, passaient des gros tuyaux (genre toboggan de piscine ou gazoducs, comme ça). Dans le rêve je me disais un truc du genre "hmm c'est là que je pourrais accrocher une corde". Et je sais pas pourquoi j'ai fait une fixation sur ces tuyaux, et je me suis rendu compte que je les croisais tous les jours sur la route de mon boulot ; mais aussi que mon père, pour aller à son boulot, croisait lui aussi le même genre de tuyaux.

Merci pour les encouragements ! On verra bien, je vais essayer de pas me prendre la tête avec ça ; je ne pense pas être suicidaire, vraiment, j'essaie de vivre du mieux possible en ce moment. C'est vrai que parfois je me dis "et pourquoi pas ? ce serait si simple" ; mais en même temps j'ai trop envie de voir ce que me réserve l'avenir, en bien ou en mal ; et puis au fond, je n'ai aucune raison de me foutre en l'air, objectivement, j'ai une vie de rêve (c'est ça le plus chiant, quand on a une vie cool et que pourtant on ne s'y sent pas bien).


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16/09/2011, 11:40 Signaler

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
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Ca y est, je repars dans la haine de l'analyse et de l'analyste...

Désolé de faire ça ici mais il faut que ça sorte, peut être...

Je bouquine pas mal de trucs en ce moment, sur le bonheur, sur la pensée, etc... La plupart des auteurs s'accordent tout de même pour dire que pour être heureux, il faut moins penser, et vivre plus ; c'est à dire, vivre dans le présent, ne pas se focaliser sur ses pensées et ses ruminations mais au contraire, profiter des sensations de vie que procure le moment présent, physiquement. C'est aussi le message bouddhiste, qui affirme que le bonheur ne vient que lorsqu'on met de côté son ego, ses schémas de pensée fermés et qu'on s'ouvre complètement au monde et à ceux qui nous entourent. M***e, ces mecs là bossent là dessus depuis 2500 ans, ils doivent quand même s'y connaitre un minimum.

En face de ça on a l'analyse (n'oublions pas que Lacan et le zen, c'est une histoire d'amour). Je ne sais pas quel effet elle a au juste, si elle permet justement de s'oublier au bout d'un moment, de laisser de côté un ego défectueux pour avancer vers quelque chose de plus profond, de plus "authentique", ou si au contraire elle ne fait qu'enfermer l'analysant dans des schémas de pensée encore plus fermés, encore plus "ruminatoires" ; j'ai bien peur que ce soit la seconde option.

Attention, partie haineuse / râleuse / auto-apitoyante, âmes sensibles s'abstenir : pour ma part, plus j'avance, moins je me connais ; plus j'avance, plus je suis perdu ; plus j'avance, moins je suis heureux ; plus j'avance, plus c'est vide en moi ; plus j'avance, moins je sais ce que je veux faire de ma vie ; plus j'avance, plus il y a de questions et d'angoisses ; plus j'avance, plus je vis à côté de la vie. Le pire étant que je suis complètement pris là dedans, qu'il n'y a pas d'échappatoire : il faut continuer coûte que coûte, et de plus, je suis complètement dépendant de mon analyste. Il me serait impossible d'arrêter maintenant. Dépendant de ce c*****d qui me délivre des leçons et qui croit tout connaître sur tout sous prétexte qu'il manie à peu près une théorie, une grille de lecture qui n'est finalement que ça : une grille interprétative faite de concepts (parfois fumeux, il faut bien le dire) qu'il plaque sur ma vie. Je suis totalement injuste, parce que c'est faux, jamais il ne m'a enfermé dans les cases de la théorie psychanalytique, mais c'est quand même ce que je ressens. Je lui en veux terriblement d'avoir cru que parce que j'ai fait ce rêve de l'autre jour sur le suicide, je pourrais être suicidaire. Je sais que pour lui ça part du principe qu'un rêve exprime toujours un désir. Mais ça c'est de la connerie, on flippe d'un examen, eh bien on va rêver qu'on rate cet examen ou que tout se passe très mal, c'est simplement l'angoisse qui se rêve, et pas un désir profond ou je ne sais quoi !

C'est triste à dire mais je regrette mes angoisses, mes phobies stupides, je regrette ma petite vie d'avant, bien étriquée mais bien confortable.

J'espère relire ça un jour, dans 10 ans, et en rire...


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16/09/2011, 12:17 Signaler

jordaele

Nous a rejoint: 13/09/2011, 21:38
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Nombre de Posts: 11

0

Juste un petit mot d'encouragement,
je ne sais pas trop quoi te dire...
Je crois que c'est une étape et que finalement tu avances même si c'est douloureux.
Je suis moi même en analyse et dans une période "pas facile", alors je serais pas trop objective là dessus.
Le seul truc que j'ai c'est le souvenir de mes 10 ans entre mes 2 "tranches", et la certitude que ça m'a permis de vivre et de me débarasser de beaucoup de choses qui m'encombraient.
Bon je n'avais pas terminé, j'y suis revenue, j'ai encore du travail et beaucoup de doutes.
C'est bien que tu puisses t'exprimer de la sorte.
Courage


Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront.
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16/09/2011, 12:29 Signaler

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
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0

Merci.

J'ai pas envie de passer 15 ans comme ça, mais en même temps je sais que je suis trop pressé. Faut que j'accepte que les choses se fassent doucement et dans la souffrance parfois, mais c'est dur... J'aimerais tellement que tout ça soit derrière moi et pouvoir vivre tranquillement sans me poser de questions... En même temps je me rends compte en écrivant ça que ça ne dépend que de moi. Personne ne me force à me poser des questions, je n'ai qu'à arrêter de le faire, peut être ?


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17/09/2011, 12:59 Signaler

Cauderane

Nous a rejoint: 26/01/2009, 18:29
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0

Bonjour Woody,

Vous dites :

Woody Richard

En face de ça on a l'analyse (n'oublions pas que Lacan et le zen, c'est une histoire d'amour). Je ne sais pas quel effet elle a au juste, si elle permet justement de s'oublier au bout d'un moment, de laisser de côté un ego défectueux pour avancer vers quelque chose de plus profond, de plus "authentique", ou si au contraire elle ne fait qu'enfermer l'analysant dans des schémas de pensée encore plus fermés, encore plus "ruminatoires" ; j'ai bien peur que ce soit la seconde option.

L'analyse nous fait ruminer, au moins durant une période ça c'est plus que certain. Et du coup, on a bien du mal à penser qu'on peut arriver à faire autre chose.

Woody Richard

C'est triste à dire mais je regrette mes angoisses, mes phobies stupides, je regrette ma petite vie d'avant, bien étriquée mais bien confortable.

J'espère relire ça un jour, dans 10 ans, et en rire...

J'ai connu cela l'hiver dernier. J'ai écrit une lettre poignante à mon psy pour lui dire que je regrettais la personne que j'étais avant la psychanalyse. Celle qui vivait avec de la souffrance en bruit de fond, mais qui malgré tout, arrivait quand même à se débrouiller avec sa souffrance.

Aujourd'hui, je ne minimise pas du tout ce que je ressentais à l'époque. Je sais que c'était dû à des repères qui étaient en train de s'écrouler ... tout cela est très déstabilisant quand même ! ... il me fallait juste visualiser d'autres repères, de ceux qui me permettraient de continuer à avancer sur mon chemin.

L'analyse nous donne un autre regard et nous amène à changer nos repères. Pas forcément à tout faire valser d'ailleurs.

... je me souviens d'une séance où j'ai clamé haut et fort à mon psy que j'en avais marre de souffrir (sous entendu à cause de lui) ! Eh bien, c'était important à (lui) dire, voire fondamentale !

Accrochez vous ... tenez bon. Vous êtes dans une période où ça bouge beaucoup en vous. Non, vous n'allez pas rester comme ça ! Faites-vous confiance et faites confiance en la personne de l'analyste qui vous accompagne.

Cauderane


Passé et présent se mélangent pour se souvenir de l'Avenir.

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17/09/2011, 15:57 Signaler

mia

Nous a rejoint: 25/09/2007, 21:30
Nombre de sujets: 8
Nombre de Posts: 339

0

bonjour Woody, bonjour à tous,
je suis d'accord avec Cauderane.
En ce qui me concerne, au moment où l'analyse a vraiment commencé à faire vaciller les repères, j'appelais régulièrement quelqu'un au téléphone pour demander si c'était normal,pour me rassurer, pour essayer de trouver quelque chose à quoi me raccrocher... il me semble que c'est ainsi que vous utilisez le forum en ce moment.
Cette période est très déstabilisante mais je ne pense pas qu'on puisse en faire l'économie pour avancer vers le "plus de connaissances sur soi-même" et vers l'acceptation de ce que l'on n'ose même pas se révéler à soi. On y gagne beaucoup: plus de sérénité, d'acceptation; moins de brouillard.

Vous écriviez "J'espère relire ça un jour, dans 10 ans, et en rire..." A défaut d'en rire, je pense que vous pourrez en sourire, et avant dix ans... c'est ce que je vous souhaite, et qui n'est pas irréaliste.

bref, je vous souhaite courage et patience, le reste devrait suivre...
bien à vous,
Mia


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18/09/2011, 19:38 Signaler

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
Nombre de sujets: 2
Nombre de Posts: 385

0

Merci beaucoup pour vos messages qui me font chaud au coeur.

Je vais m'accrocher, même si en ce moment j'ai vraiment envie de tout laisser tomber. Le problème c'est que justement j'ai très très peu confiance en moi, et ce peu de confiance est en train lui aussi de disparaître.

J'en suis à avoir peur de ce que je peux penser, à étudier chacune de mes réflexions, de mes perceptions, bref, c'est lourd... J'aimerais pouvoir oublier tout ça et juste vivre au jour le jour, tranquillement. Un jour peut être...


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21/09/2011, 09:42 Signaler

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
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0

J'écoute une émission sur Lacan sur France Inter, et il y a un truc qui me frappe : il est dit et répété que la psychanalyse révèle une vision tragique de l'homme. En gros, on est condamné à vivre mal dans ce monde. Ben mince, moi qui croyais faire ça pour aller mieux...


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21/09/2011, 11:06 Signaler

Francis Bismuth

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Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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0

Bonjour,
Dans cette émission http://www.franceinter.fr/emission-servi[…]ntenant,le tragique de l'existence cité de Lacan - Freud lui-même, avant Lacan, n'étant pas non plus un grand optimiste en la matière - est sans lien avec les effets de l'analyse qui peut vous rendre l'existence moins pesante, même si vous gardez votre condition d'Homme.
J'avais posté sur Facebook m'attendre au pire avec cette émission ; ce ne fut finalement pas si mal que ça, selon moi.

A bientôt,
FB.


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21/09/2011, 14:11 Signaler

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
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0

Oui c'était assez intéressant !

Les témoignages en particulier, cet homme qui raconte ses séances de 2 minutes et la frustration qui à la fois le terrassait mais en même temps le motivait.

Je ne crois pas que je supporterais des séances de deux minutes, ce doit être assez difficile à vivre.

Pour ma part, en ce moment l'angoisse s'accentue encore et toujours, malheureusement, je compte sur la séance de demain pour libérer quelque chose, j'espère de tout mon coeur, parce que ça devient vraiment chiant de flipper toute la journée. Je sens que je suis autour d'une question très très importante et que ça bloque de partout, tant dans mon corps que dans mon esprit, j'aimerais tellement ne pas souffrir comme ça... Mais paradoxalement je m'aperçois que je tiens à cette souffrance, elle est là pour cacher quelque chose de terrible, je le sens, mais qu'est ce que c'est ? Incapable de le dire.

J'ai envie d'appeler mon psy ou de me ruer chez lui sans rendez vous, je ne sais pas si je vais supporter d'attendre demain.


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21/09/2011, 14:19 Signaler

Francis Bismuth

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Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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0

(...) j'aimerais tellement ne pas souffrir comme ça... Mais paradoxalement je m'aperçois que je tiens à cette souffrance, elle est là pour cacher quelque chose de terrible, je le sens, mais qu'est ce que c'est ? Incapable de le dire.

Qu'est-ce que c'est? Je serais tenter de vous dire comme à "mes" analysants, "ne cherchez pas : dites". Chercher bloque dans un raisonnement rationnel, cartésien et empêche la libre association par laquelle d'autres images que celles habituelles et "ritournelles" arriveraient.
Par ailleurs, vous pointez quelque chose d'important : l'on tient à cette souffrance dont on vient pourtant tenter de se débarrasser. Elle a donc une fonction pour notre moi, pour notre névrose ; elle procure donc un "bénéfice secondaire" qui nous échappe.

Plus facile à écrire qu'à lire : keep cool. Le chemin est long. A bientôt,
FB.


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21/09/2011, 17:18 Signaler

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
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0

Dites voir, j'écris une espèce de journal ; est ce que ça intéresserait quelqu'un de le lire ? Je ne sais pas pourquoi, j'ai besoin que ça soit lu par d'autres, peut être une tendance exhibitionniste refoulée, y a t il un inconvénient à ce que je poste ça sur le forum ? Ca n'est rien de bien méchant, juste mes pensées posées à l'écrit, ce que je fais de temps en temps. Peut être un peu vulgaire parfois, mais pas énormément.


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21/09/2011, 17:23 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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0

Re Woody,
A priori, pas sur le forum. C'est un a priori, je le concède volontiers.
Par contre, que ceux intéressés - il y en aura - par la proposition de Woody le lui écrivent via les "mp" (messages privés), et chacun fera avec les adresses email et les fichiers joints.
Peut-être faisé-je erreur, mais ça me vient ainsi, que ce soit pour le forum ou, différemment, pour vous Woody.

A bientôt,
FB.


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21/09/2011, 19:17 Signaler

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
Nombre de sujets: 2
Nombre de Posts: 385

0

Je comprends tout à fait.

Merci de votre réponse !


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21/09/2011, 19:18 Signaler

Cauderane

Nous a rejoint: 26/01/2009, 18:29
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0

Bonsoir Woody,

... je me demandais si ce journal, votre "trop-plein", ... vous ne pourriez pas l'adresser à votre psy.
Y avez-vous songé ? Si oui ... qu'est-ce qui vous arrête ?

Cauderane


Passé et présent se mélangent pour se souvenir de l'Avenir.

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21/09/2011, 20:47 Signaler

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
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Nombre de Posts: 385

0

Ahah, en effet, pas bête ! Je n'y avais même pas pensé. Je ne sais pas comment il prendrait la chose, je vais peut être essayer...


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21/09/2011, 22:44 Signaler

Melyna

Nous a rejoint: 21/03/2009, 00:01
Nombre de sujets: 15
Nombre de Posts: 157

0

Et pourquoi pas un blog, c'est assez en vogue depuis quelque temps ... :wink:


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22/09/2011, 16:46 Signaler

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
Nombre de sujets: 2
Nombre de Posts: 385

0

Je me pose de plus en plus de questions sur les bienfaits ou non de l'analyse...

Le problème c'est quand même que plus j'y vais, plus je flippe. Rien que de me retrouver sur le divan et de vivre des remontées de souvenirs, des images qui s'imposent à ma conscience, ça m'angoisse terriblement : je me demande d'où elles viennent, comment je fais pour les voir, comment fonctionne la pensée, et ça m'angoisse encore plus qu'avant la séance.

Lorsque je regarde ce qui m'amène en séance, je me rends compte que c'est simplement de l'angoisse mêlée de dépression (j'ai vraiment tous les symptômes, les questions existentielles à la con en étant un très très fréquent parmi d'autres), et la plupart des trucs que je lis en ce moment là dessus(notamment les célèbres bouquins de Claire Weekes) préconisent de ne surtout pas faire d'introspection poussée, au contraire, de s'ouvrir au monde et de ne pas rester focalisé sur soi tout le temps. Or c'est bien ce que provoque l'analyse...

Du coup j'essaie de concilier les deux, je fais des trucs et je vois des copains etc etc, tout en poursuivant l'analyse, mais je ne sais pas si me replonger dans l'angoisse comme ça deux fois par semaine m'aide vraiment...


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27/09/2011, 11:53 Signaler

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
Nombre de sujets: 2
Nombre de Posts: 385

0

Quelques petites réflexions provenant d'un bouquin de Pema Chodron, nonne bouddhiste, qui parle du long chemin vers la libération : (c'est marrant parce que ça rejoint vraiment parfois ce qui se passe au fil d'une analyse, ou alors je surinterprète ; je poste ça parce que ça m'a touché, je m'y suis complètement retrouvé - je vais pousser l'égocentrisme jusqu'à mettre en gras les passages qui correspondent le plus à mon expérience actuelle de l'analyse) : je traduis de l'anglais, ça risque de pas être joli joli :

"Il y a une grande sensation de liberté quand nous acceptons que nous ne contrôlons rien. [...] Cela peut conduire à un sentiment de "je ne sais pas quoi faire", une sensation d'être pris dans une sorte d'"entre deux". D'un côté, nous en avons complètement assez de chercher le réconfort dans ce que nous pouvons manger, boire, fumer, ou encore dans le sexe. Nous en avons aussi assez des croyances, des idées, des "-ismes" en tous genres. Mais d'un autre côté, nous aimerions tellement que ce confort extérieur puisse nous amener un bonheur durable.

Cet état d'"entre deux" est l'endroit où l'on passe le plus de temps à grandir. Nous donnerions n'importe quoi pour retrouver le confort que nous avions l'habitude d'obtenir en mangeant une pizza, ou en regardant un film. Seulement, même si ces choses sont agréables, nous avons bien vu que manger une pizza ou regarder un film sont de bien piètres palliatifs à notre souffrance. On remarque cela spécialement quand tout semble s'effondrer. Si on vient d'apprendre qu'on a le cancer, manger une pizza ne fait pas grand chose pour nous remonter le moral. Si quelqu'un qu'on aime vient de mourir, les endroits où l'on trouve habituellement du confort nous paraissent totalement éphémères. [...]

L'angoisse, le désespoir, et la tendresse marquent l'état d'entre deux. C'est le genre d'endroit qu'on veut habituellement éviter. Le défi est de rester au milieu plutôt que de lutter ou de se plaindre. Le défi est de laisser cet état nous attendrir plutôt que de nous rendre encore plus rigide et effrayé. Devenir intime avec le sentiment étrange d'être au milieu de nulle part rend nos coeurs plus tendres. Quand nous sommes assez courageux pour rester au milieu, la compassion apparaît spontanément. En ne sachant pas, en n'espérant pas savoir, et en n'agissant pas comme si on savait ce qu'il se passait, on commence à atteindre notre force intérieure."

Qu'en pensez vous ? Ca fait résonner quelque chose en vous aussi, ou alors je suis vraiment parti dans un délire mystico débile ? Cela me pousse à un peu mieux comprendre ce que me disait mon psy l'autre fois, quand je me plaignais d'être dans cet état où je ne savais rien sur rien, sur qui j'étais, ce qu'il fallait faire, ce en quoi je devais croire ou pas, etc : "attendez, attendez avant de sortir de cet état". Peut être qu'il voulait dire que c'est là qu'on apprend le plus, quand tout va mal et qu'on est perdu. En tout cas il me paraît de plus en plus important d'accepter de ne pas savoir.


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29/09/2011, 15:59 Signaler

prune

Nous a rejoint: 26/11/2008, 10:00
Nombre de sujets: 5
Nombre de Posts: 264

0

Vous savez, c'est un gros gros sujet de discussion partout : faut-il LIRE en cours de psychanalyse ? Lire les expériences d'autres ...
Je ne sais pas, mais j'ai quand même envie de vous dire de surtout vous laisser le temps de lire votre histoire à vous, en la ruminant, plein de choses vont revenir, régurgitées, réingurgitées, rerégurgitées etc, alimentées par votre actualité aussi, ensuite vous pourrez l'écrire, et la relire, une fois le débit parfois violent du fleuve-va-et-vient ... quelque peu stabilisé. C'est un peu ça la psychanalyse, je pense ...
Non non, ne lisez pas ceci ! :shock: 8)

Je ne crois pas trop à la compassion, ni à la force intérieure. Mais je crois qu'il est possible de "faire avec" son égoïsme et sa faiblesse, c'est peut-être une force aussi finalement ?

Voili voilou :)

PS. Je veux bien lire votre journal


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29/09/2011, 16:05 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
Nombre de sujets: 196
Nombre de Posts: 1,575

0

Bonjour Prune,
D'administrer le forum, et psychanalyste, je ne savais trop que répondre à Woody.
Non pas juste du fait que la colle me colle de même que la sauce Madère, j'adhère à ce que tu écris.
Bien à toi, bonjour à chacune et chacun,
FB.


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29/09/2011, 18:33 Signaler

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
Nombre de sujets: 2
Nombre de Posts: 385

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Après la séance d'aujourd'hui, effectivement, je me rends compte que ce que je lis ne m'aide pas... Ca fait simplement partie de ma névrose, je crois, dès que j'ai le moindre truc il faut que je me documente, que je recherche, que je me rassure à tout prix. Au lieu d'accepter tout simplement que je vais pas très bien.

Pour la première fois depuis bien longtemps, la séance m'a fait du bien. Il m'a longuement parlé, surprenant, lui qui ne décroche jamais un mot. Je lui ai décrit tout ce que je traversais et il m'a rassuré sur tout. Non, je ne suis pas dépressif, ni suicidaire, selon lui. J'ai simplement des troubles anxieux. Au détour de la séance, comble du pathétique, un "mais moi je vous aime" est sorti de moi, avec des pleurs à foison. Aucune idée du pourquoi, du comment. Je lui ai expliqué comment j'avais l'impression d'être hors de moi même, de toujours m'observer. Il me dit "vous faites l'expérience de votre division", genre c'est tout à fait normal. Il m'a dit aussi que c'était un effet de l'analyse.

Ah et ça vous aurait énervé, il me dit qu'il ne faut pas observer ses pensées en analyse, mais "lâcher" (prise) ? Ahahahah !

Ca ne va pas mieux, mais j'ai un peu moins peur. C'est déjà ça.

Quant à ce qui précède, c'est quand même un peu ce que je vis. Plus je galère, et plus j'ai l'impression de comprendre les autres, plus je me confronte à l'angoisse, plus j'apprends sur elle. Ca me détruit mais en même temps c'est peut être aussi une force, quelque part. En tout cas si je m'en sors, je crois que je pourrai tout affronter dans la vie. Il n'y a pas de pire ennemi que soi même, je crois bien.

J'ai une question pour les psys : ai-je raison de tout faire malgré mes symptômes ? Genre là, je suis allé à la piscine alors que j'étais au bord de la crise de panique. Je me force à le faire, malgré tout. Finalement ça me fait du bien, mais du coup, je remarque que ça encourage cette sorte de "détachement" : ma panique, mon angoisse, c'est une chose, ce que je décide de faire, c'en est une autre. Ca va pas me rendre schizo de faire ça ? En même temps, si j'écoutais l'angoisse je resterais au pieu toute la journée... Je fais aussi des exercices de respiration profonde pour me détendre un peu, c'est une bonne idée ou pas ?


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30/09/2011, 16:31 Signaler

Cauderane

Nous a rejoint: 26/01/2009, 18:29
Nombre de sujets: 14
Nombre de Posts: 280

0

Woody Richard

J'ai une question pour les psys : ai-je raison de tout faire malgré mes symptômes ? Genre là, je suis allé à la piscine alors que j'étais au bord de la crise de panique. Je me force à le faire, malgré tout. Finalement ça me fait du bien, mais du coup, je remarque que ça encourage cette sorte de "détachement" : ma panique, mon angoisse, c'est une chose, ce que je décide de faire, c'en est une autre. Ca va pas me rendre schizo de faire ça ? En même temps, si j'écoutais l'angoisse je resterais au pieu toute la journée... Je fais aussi des exercices de respiration profonde pour me détendre un peu, c'est une bonne idée ou pas ?

Bonjour Woody,

Je ne suis pas "psy" mais j'ai envie de vous répondre.
Je ne suis pas choquée de vos envies que vous mettez en acte malgré vos angoisses. Bien au contraire.
Vous sentez bien qu'écouter vos angoisses ne vous mènent à rien d'intéressant à vivre. Alors vous vivez, malgré elles et c'est très bien :D . Il est où le blème ??

Vous savez, des angoisses, j'en ai encore. Mais elles ne gagnent plus. Voilà ce que m'a apporté ma psychanalyse. Du coup, j'ai arrêté de croire qu'elles disparaitront totalement. Mais je fais avec. Et ça, c'est fabuleux comme gain :D.
(je parle de mon vécu à moi, je ne dis pas que vos angoisses ne disparaitront pas :wink: )

Bien à vous,

Cauderane


Passé et présent se mélangent pour se souvenir de l'Avenir.

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01/10/2011, 19:53 Signaler

thunderbird

Nous a rejoint: 08/07/2010, 13:54
Nombre de sujets: 2
Nombre de Posts: 25

0

"La santé mentale c'est être assez névrosé pour tenir compte de la réalité et être assez psychotique pour vouloir la transformer" .
Je ne sais pas si vous avez raison , je suis pas le "psy" ... qui est supposé savoir ... , faites au mieux pour vous sentir mieux .


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02/10/2011, 12:52 Signaler

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
Nombre de sujets: 2
Nombre de Posts: 385

0

Ah, petite nouveauté qui vient de me tomber dessus en ce dimanche matin et me plonge dans une profonde angoisse : on est toujours seul dans sa tête, fondamentalement seul.

Je ne sais pas pourquoi, ce n'est pas nouveau, c'est un thème archi rebattu, encore et encore, depuis des siècles, mais que c'est dur de se dire ça pour moi !

Comment gérer ça ? La psychanalyse peut elle y aider ?

La petite solution que j'ai trouvé, c'est "et alors" ? Oui on est seul, pourquoi ce serait négatif, finalement ? Parce que j'attends trop de l'autre et que je ne me fais pas confiance, que je ne m'aime pas. Voilà une découverte peut être intéressante.
C'est bizarre parce que je retombe en enfance, tout ça, ce sont des questions que je me posais quand j'avais 7 ou 8 ans, bravo l'artiste !

Ensuite, cette conception de la solitude est en fait limitée. Notre "moi" conscient, celui que l'on utilise pour penser, est seul, certes. Mais nous ne sommes pas que ça : nous avons un corps, des parties de nous qui ne sont pas conscientes, nous avons des moyens d'interagir avec le monde qui nous entoure, peut être faut-il aussi savoir remettre ce "moi" à sa place : ce n'est pas TOUT.

PS : demain à 10 heures sur France Culture, Woody Allen et la psychanalyse. On va peut être rire !

Edit : finalement, c'était pas terrible, le truc sur Woody Allen.


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05/10/2011, 12:59 Signaler

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
Nombre de sujets: 2
Nombre de Posts: 385

0

Question qui me taraude en ce moment : quel est le but de l'analyse ?

Je me dis que peut être le but c'est d'arriver au doute, justement, à l'acceptation de notre propre caractère éphémère, du fait qu'au fond on ne sait rien sur rien et surtout sur nous mêmes. Apprivoiser ce doute, c'est peut être apprendre à vivre au présent sans se poser de question ?

Ceci dit ce n'est pas confortable du tout, peut être est-ce normal. Depuis le début de l'analyse, je n'ai fait que perdre, perdre et perdre : je ne sais plus qui je suis, comment je fonctionne, alors que je croyais le savoir. J'ai l'impression de me balader dans la vie sans rien comprendre à rien, je sais que je suis vivant, mais c'est à peu près tout. Est-ce que c'est ça le but de l'analyse ? Apprivoiser cet état fondamental, se défaire de toute représentation pré construite pour aller vers l'inconnu, s'y installer et accepter d'y vivre ?


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05/10/2011, 13:11 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
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Bonjour Woody,
Je ne sais pas si c'est "un but" que ce que vous écrivez, mais c'est peut-être un moyen, voire un passage. Vous me faites me remémorer cette image que je donnais parfois du processus analytique : se dévêtir peu à peu de ces "pelures d'oignons" qui en même temps qu'elles nous tiennent chaud, nous laissent caché à nous-mêmes.
Votre analyste n'a selon moi pas tort ("tort" qui, comme on sait, ne vient pas du mot "tortue" ou "torture") lorsqu'il vous dit quelque chose comme "ne vous hâtez pas".
A bientôt,
FB.


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05/10/2011, 14:35 Signaler

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
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Merci pour votre réponse !

J'espère que vous avez raison parce que je pense sérieusement à devenir un moine zen, avec toutes ces conneries...


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05/10/2011, 14:49 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
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Woody Richard
Merci pour votre réponse !

J'espère que vous avez raison parce que je pense sérieusement à devenir un moine zen, avec toutes ces conneries...

Pourquoi pas moine zen, si http://www.youtube.com/watch?v=ChoF3CzIz[…]hoF3CzIzg8 ?...

A bientôt,
FB.


www Message Privé
05/10/2011, 14:54 Signaler

Woody Richard

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melimelo aimen(t) ca!

On rigole on rigole, mais j'en ai parlé au psy, je lui ai dit que je m'intéressais au zen et je lui ai demandé s'il pensait que ce serait une bonne chose que je m'y engage. Il m'a répondu : vous vous posez des questions auxquelles les grandes religions apportent des réponses depuis des milliers d'années. Vous avez votre liberté.

J'ai cru qu'il allait rigoler, mais non.


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