Merci pour votre accueil Cauderane !
Heureux de voir que Gabriel Fauré fait autant d'émules. Je l'ai découvert à l'adolescence avec le Cantique de Jean Racine, composé à 16 ans si ma mémoire est bonne. L'année suivante nous montions son Requiem. Depuis je l'ai chanté près d'une cinquantaine de fois, sans compter les moments où seul, avec les enfants ou avec un ami qui était dans le même chœur certains passages sortent spontanément.
Pour son film "La ligne rouge", Terence Malick a choisi "In Paradisium" pour illustrer un moment de légèreté et de grâce. Cette même légèreté a été reprochée à Fauré par un critique musical lors de sa première. Le compositeur lui a répondu que la naissance divine (en rapport au décès de son père, pour qui il l'a écrit) portait effectivement les vertus d'une paix certaine.
La découverte de Fauré restera toujours un choc car j'ai alors appris que l'on pouvait faire du beau avec des sonorités modernes pour son époque. En apprenant notre partition voix par voix, nous ne réalisions pas encore ce que l'accord de tonalités "décousues" pouvait donner comme grâce et émotions.
Ces notes me semblaient tendues et sèches, isolées dans mon pupitre (j'étais alto mezzo). Une fois réunis avec les soprani, nous avons alors ensemble assisté à un des miracles de la musique : nous donner à recréer un miracle de douceur et de justesse.
Cette révélation n'a pas eu lieu avec Bach, Mozart, Brahms ou Paletrina. Disons qu'ils me paraissaient tous plus "classiques" à côté de Fauré. Soit Fauré avait pris des risques (ceux du créatif ?), soit mon oreille n'était pas encore assez formée.
Pour revenir sur les vertus des édifices chrétiens (avec une préférence marquée pour l'époque Romane), l'acoustique de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire est une pure merveille ! Celle du baptistère de Pise également.
En termes de découvertes musicales, je fais une grande pause depuis cinq ans (enfants obligent). Je suis curieux de connaître les vôtres.