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Psychanalyse pour tous sur les ondes

19/10/2008, 18:44 Signaler le sujet

Francis Bismuth

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Bonjour,
Claude Halmos, psychologue et psychanalyste, pour critiquée et criticable qu'elle soit, me plait bien dans la simplicité de ses réponses aux questions d'auditeurs, comme en son temps, même si différemment, Françoise Dolto.
Ses chroniques "hebdRomadaires" sur France Info sont stockées ici : http://www.franceinfo.fr/spip.php?articl[…]_theme=138.
Un discours psychanalytique et clinicien simple et accessible à tous (comme ici : http://www.psychologies.com/conseils-de-[…]lmos.html), ce qui me semble indispensable.

A bientôt,
FB

PS : j'ai modifié le 10 nov. 2008 le texte ci-dessus en y ajoutant l'entre parenthèses.


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20/10/2008, 16:15 Signaler

Enid

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• Le quotidien suisse Le Temps publie ce portrait de Claude Halmos dans son numéro du vendredi 17 octobre:

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SOCIETE
Le Temps I Article

Question doltorité

PORTRAIT. Psychanalyste fidèle de Dolto qui intervient sur France Info et dans «Psychologies», Claude Halmos présente une alternative éducative qui dépasse le clivage fouettards versus laxistes.

Sabrina Champenois
Vendredi 17 octobre 2008

Au départ, elle a dit non: «Ce n'est déjà pas facile pour mes patients d'avoir un psy qui intervient dans les médias, alors un portrait...» Finalement, et à condition que sa vie privée le reste pour préserver «la dimension hors du monde du lieu de l'analyse», Claude Halmos a accepté. «L'éducation, la protection de l'enfance, c'est mon combat depuis des années. Vu le climat actuel, ce n'est pas le moment de lâcher.» Diable! La situation serait si critique? Ou la dame, qui eut, adolescente, «une vraie passion pour le théâtre», serait-elle du genre à s'enflammer sous ses airs de professeur de danse classique?

Qu'il y ait péril en la demeure, ça, tout le monde en convient. L'état de l'éducation en France suscite d'ailleurs un champ lexical («crise», «faillite», «dérive», «laisser-aller», «effondrement des repères») singulièrement proche de celui du dévissage financier. Avec ce corollaire: l'exhortation à se laver des péchés des vingt dernières années (années yuppies d'un côté, enfants rois de l'autre), à renouer avec une certaine morale, à se reprendre, quoi. Et une autoroute de s'ouvrir toute grande aux pères Fouettard. Figure tutélaire du genre, le pédiatre Aldo Naouri, qui stigmatise entre autres la «toute-puissance des mères». Misogyne, infantilisant? Naouri peut en tout cas se rengorger de la vente de «100000 exemplaires en trois mois» de son dernier ouvrage1. Simultanément, un déboulonnage de Françoise Dolto est à l'œuvre, sur le mode, «elle a fait le lit du laxisme». «Et si Dolto s'était trompée...» suggérait récemment Elle dans le sillage du psychothérapeute Didier Pleux2. «Parallèlement, soupire Claude Halmos, il y a au niveau de la justice des mineurs une volonté de remettre en cause l'ordonnance de 1945 qui était l'aboutissement de toute une réflexion, et qui prônait outre la répression, l'éducation. On en revient à la thèse de la mauvaise graine, d'un être humain qui pourrait être déviant par nature. C'est un retour en arrière de plusieurs siècles.»

Claude Halmos n'est pas une bonne pâte, et certainement pas une babos. Même si elle se félicite d'avoir «fait» 68 en tant que militante syndicale «à l'extrême gauche», dans un lycée de la banlieue sud de Paris où elle était alors pionne («Avec la politique, j'ai appris plein de choses, comment défendre les gens, notamment. Mais aussi qu'on n'est pas là pour s'aimer, mais pour faire un boulot, ce qui m'a bien été utile par la suite, notamment quand j'ai travaillé dans les institutions.») Alors, oui, elle réaffirme le respect de l'enfant comme sujet à part entière. Mais elle l'assortit de la nécessité de poser des «limites», qui deviennent même une condition du bien-être de l'enfant, lui permettant de se civiliser. Sinon, il y a «abandon éducatif», ni plus ni moins. Et de regretter la «fascination pour l'amour», d'estimer qu'il y a «dramatisation» de la gifle ou de la fessée occasionnelle. Tout cela étant décortiqué, argumenté, plutôt qu'assené. Mais souffleter est aussi dans ses cordes. Prenez cette mère venue solliciter, par courrier au magazine Psychologies, un avis sur son fils de 18 ans: «Je vais lui faire faire un bilan neurologique et je voudrais pour lui une thérapie brève mais pas trop bouleversante [...]. Que me conseillez-vous?» Réponse: «S'il désire faire une thérapie (mais le désire-t-il?), c'est à lui de s'en occuper, pas à vous. Mais je vais vous donner un autre conseil. C'est de «lui lâcher» - au plus vite - «les baskets» car, à trop vouloir son bien, vous êtes en train de faire son malheur. [...] Je crois que vous devriez, votre mari et vous, aller parler de cela à un psychanalyste. Il est plus que temps.» Dans ses livres, elle peut s'agacer («L'enfant n'est pas un chihuahua qui n'aurait besoin que d'une jolie corbeille», in L'Autorité expliquée aux parents). Et son vocabulaire parfois se trivialise (cf. «le bordel ambiant»).

Le jour de la rencontre, dans son cabinet du Xe arrondissement parisien, elle est enrhumée. Pas embrumée pour autant. Assise bien droite derrière le bureau qui déborde d'objets et de livres, ses réponses fusent. La clé de sa trajectoire, par exemple, ne fait pas un pli: c'est la Shoah. «Mon père était juif hongrois et, à l'exception de sa fratrie, sa famille des environs de Budapest a été entièrement exterminée, moitié à Auschwitz, moitié à Sachsenhausen. Or, une très grande partie de cette histoire avait été cachée.» Le secret devient, pour l'enfant née à Châteauroux, où son père s'était installé dès 1920 et s'est caché pendant la guerre, une de ces «valises» dont les parents peuvent lester leur descendance: «Je n'ai jamais été bien. C'est étudiante que je suis arrivée à l'analyse, et là j'ai remonté beaucoup de choses.» Elle qui prône le droit pour tout enfant à connaître ses origines (y compris pour les nés sous X) envisage un livre sur sa propre expérience, «un témoignage à la fois sur le fait qu'on ne peut pas voler sa mémoire à un être humain, et sur ce phénomène bizarre de la transmission inconsciente».

A l'inverse, c'est en militante hyperconsciente et disciplinée de sa pratique qu'elle s'affirme. Ses interventions publiques sont travaillées au cordeau, du discours («Pas un mot ne doit être incompréhensible») à l'apparence («Je sais comment m'habiller»). Hélène Mathieu, directrice de la rédaction de Psychologies, et amie: «Avec elle, changer une virgule peut tourner à l'affaire d'Etat.» Insécurité? Perfectionnisme? Halmos répond: efficacité, utilité. «L'intérêt d'intervenir dans les médias, c'est de faire passer des choses, ça doit avoir une dimension de service. Sinon, on est dans la parlotte et on risque de faire de la psychanalyse un gadget, ce qui alimente le climat «Fini avec les psychanalystes, ceux-là, ils nous emmerdent.» Hélène Mathieu: «Contrairement à d'autres, Claude ne truque pas pour rendre son message agréable, il lui est trop essentiel. Comme amie, elle a cette même exigence de droiture: elle ne supporte pas la mollesse, le laisser-aller, dans les engagements notamment. Se décommander in extremis d'un dîner, par exemple, est problématique. Claude, c'est l'anti-«bof.» Claude Halmos a un temps étudié le droit; aujourd'hui, ses amis avocats lui disent qu'elle aurait pu être des leurs. Adolescente, elle voulait être chirurgien (pour réparer?), aujourd'hui, ce pourrait être architecte (pour reconstruire?). Elle dit: «Evidemment que je suis de gauche.»

Précisément: elle martèle que c'est une injustice, un mauvais procès qui est fait à Dolto, sa «contrôleuse» à ses débuts d'analyste (il y eut Lacan aussi, «implacable et remarquable clinicien»). «Dolto énonce que l'enfant est un être à part entière mais aussi qu'il faut l'humaniser, qu'il a besoin de règles pour se construire. Or, cette partie est souvent oubliée. Les parents se disent: «S'il a autant de valeur que moi, pourquoi je l'enverrais se coucher alors qu'il n'en a pas envie?» Une confusion s'opère entre autorité et autoritarisme d'avant 68.» On la sent fin prête à guerroyer. Pasionaria du juste milieu, elle qui eut une éducation «plutôt sévère». Naouri et consorts n'ont qu'à bien se tenir.

1. Dans Faut-il être plus sévère avec nos enfants?, livre qui l'oppose à Edwige Antier, adepte de la «réassurance». 2. Initiateur du Livre noir de la psychanalyse, il publie ces jours-ci Génération Dolto (Ed. Odile Jacob).

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07/11/2008, 06:18 Signaler

Francis Bismuth

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A propos de Françoise Dolto, information ponctuelle ici : http://www.psychologie-bismuth.com/forum[…]-t289.html.
FB


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13/11/2008, 18:17 Signaler

opale

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Bonsoir,

Au sujet de Françoise Dolto, pour ceux et celles qui ont le cable, chaque mardi à 21h40 france 5 lui consacre une émission.

Bonne soirée.


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13/11/2008, 18:48 Signaler

Francis Bismuth

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Trois parties,
La première a été diffusée mardi 11 nov. et est rediffusée sur France 5 lundi 17 novembre à 5h50.
Sinon, effectivement, les parties 2 et 3 les mardi 18 et 25 novembre à 21h50.
Merci Opale,
Bonjour à chacune et chacun,
FB


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26/11/2008, 10:37 Signaler

Chocolatine

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Hier soir, c'était le 3è et dernier volet, celui-là consacré à la psychanalyse.
Grâce à ces 3 émissions, j'ai pu découvrir une femme "fascinante". Bien qu'ayant la quarantaine dépassée, je n'étais pas très branchée psy durant ma jeunesse, je dirai même que je les fuyais :D, alors que l'on parlait pourtant bcp de Dolto. Bref, aujourd'hui, je découvre cette femme avec bonheur.
C'était juste un petit message comme ça pour partager ce que j'ai ressenti en regardant ces 3 volets.

Chocolatine


Passé et présent se mélangent pour se souvenir de l'Avenir
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08/12/2008, 17:27 Signaler

Francis Bismuth

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Bonjour,
De forums en forums (psychanalyse-en-mouvement hier en l'occurrence), je découvre sur http://www.autreradioautreculture.fr[…]culture.fr une émission ainsi annoncée, pas facile à trouver dans les archives d'octobre 2008 du site, et fort intéressante :


" La psychanalyse et la parole.

Psychanalyse avez-vous dit ?

Quand l'on met en scène deux psychanalystes, deux candides férus de psychanalyse, un autre candide beaucoup plus circonspect, autour d'une table ronde, cela donne une introduction à ce que peut-être la psychanalyse vue par le grand public.

Que cherche le patient une fois face à son psychanalyste ? Le fait d'avoir enfin la parole, d'être écouté, ou bien les deux ? Mais l'on peut également se demander ce que recherche le psychanalyste face à son patient. Est-il Thésée avec son fil d'Ariane, perdu dans les dédales des pensées de celui-ci ou bien Ariane tenant le fil et guidant Thésée devenu patient.

De nombreuses questions ont été abordées dans ce débat sur l'importance de la psychanalyse aujourd'hui.

Un débat enregistré à Paris le 25 octobre 2008, avec Anny Ardain, psychanalyste, Pascale Belot-Fourcade, psychiatre et psychanalyste, Catherine Brot et Bruno Hébert, architecte, animé par Marion Delhaye."

L'émission est écoutable ici : http://www.audiopeople.fr/Podcast/ARAC/D[…]alyse1.mp3
et ici : http://estelaprod.free.fr/Radio/Debat_ps[…]alyse1.mp3
Le logiciel gratuit quick time player est nécessaire.

A bientôt,
FB


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08/12/2008, 18:44 Signaler

Francis Bismuth

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Dans l'émission que j'évoque juste ci-dessus, une psychanalyste se rappelle un analysant qui disait "entendre les talons de ma mère", qui pouvait s'entendre "l'étalon de ma mère", ce qui fait prendre pour l'analysant, un tout autre sens à sa parole.
Ça me rappelle une analysante disant "avoir des désirs d'enfant", puis s'entendre dire "avoir des désirs d'enfant". Cela nous permit de continuer à "avancer", qu'elle entende sa parole sonner différemment.

FB.

Si trop elliptique, je préciserai.


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09/12/2008, 17:38 Signaler

Francis Bismuth

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Peut-être trop elliptique, le ci-dessus.

Ce qu'il me semble, dans le cas ci-dessus, c'est que dans la parole d'une ou d'un adulte "j'ai un désir d'enfant(s)" [qui lui-même peut s'entendre de multiples façons : désir d'être enceint(e), différent du désir de devenir vraiment femme, différent du désir d'être mère (là encore, mère de son enfant ? Mère de l'enfant du couple? Mère à la place de sa propre mère ? Mère comme la sienne le fut, compagne du père ?), désir d'"avoir" un enfant, désir de "combler les futurs grand-parents"? Etc.], peut aussi et tout différemment s'entendre comme relique, reste de l'enfant dans cet(te) adulte parlant de ses désirs infantiles, ou enfantins, passés et réminiscents.
"J'ai un désir d'enfant", est-ce à entendre par le psychanalysant comme vouloir être parent (j'arrête les variations entre parenthèses) ou comme à 6 ans, vouloir fourer la main dans le pot de confiture (et tant qu'à faire, se faire prendre sur le fait)?

Illustration de ce qui différencie fondamentalement la psychanalyse (l'écoute qu'elle fait et renvoie de cette parole) des approches psychiatriques, psycho-logiques, voire encore psycho-thérapeutiques.

A bientôt ("les talons de la mère", tout de même, quelle expression!),
FB


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09/12/2008, 18:10 Signaler

Chocolatine

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Francis Bismuth

Illustration de ce qui différencie fondamentalement la psychanalyse (l'écoute qu'elle fait et renvoie de cette parole) des approches psychiatriques, psycho-logiques, voire encore psycho-thérapeutiques.

Merci Francis pour ce lien.
J'ai écouté l'émission intégralement hier soir et je l'ai trouvée particulièrement intéressante. Je la réécouterai bien encore une fois, peut-être d'une autre oreille car je suis certaine d'être passée à côté de certaines notions.

Pour rebondir sur ce que vous dites, et que je cite ci-dessus, ayant une longue expérience de la psychothérapie, je peux tout à fait saisir la différence avec la psychanalyse. Avant, je venais à mes séances de psychothérapie (pour ne pas dire consultations) pour me sentir rassurée. Je parlais de moi bien sûr, mais entre les séances, ça ne "travaillait" pas comme avec la psychanalyse où une phrase prononcée en séance peut me permettre maintenant, et ds ce temps interséance, de dénouer un fil de mon histoire. En effet, j'écoute ma parole tout à fait différemment.
Voici un exemple tout à fait parlant. J'ai beaucoup répété cette phrase durant mes dernières séances : "je manque de repères" (à propos de quelque chose que je vis en ce moment) ; ce qui a finit par me parler et donner : "je manque d'heureux père". Et dans ma problématique, c'est loin d'être anodin ...

Chocolatine


Passé et présent se mélangent pour se souvenir de l'Avenir
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11/12/2008, 18:45 Signaler

opale

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Bonsoir,

J'ai écouté cette émission.J'ai juste pensé à Millusion qui s'interrogeait il y a un moment sur le "mi dire" (qui avait fait l'objet d'un sujet je crois).Il y a il me semble une réponse partielle vers la fin de l'émission à la question qu'elle se posait.

Bonn soirée.


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