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Psychothérapie ou psychanalyse : l'interruption

27/08/2006, 18:18 Signaler le sujet

Francis Bismuth

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Psychothérapie / psychanalyse : l’interruption.

M’est venue durant ces brèves vacances artistiques, l’idée de tenter de mettre en parallèle l’interruption d’un travail psychothérapeutique/psychanalytique, et la composition (ou le cours – comme on dirait d’une rivière ou d’un fleuve) d’une œuvre musicale. A la relecture, je me rends compte que ce parallèle qui se voulait pédagogique trouve rapidement ses limites. Peu importe au fond…
Hormis la question de la perte d’un revenu lorsque interruption inopinée il y a, le psy reste là à se demander ce qui s’est passé pour qu’un patient ne revienne pas lui parler.
Brandir systématiquement la « résistance » du patient à l’évolution du travail me semble insuffisant ; trop immédiatement facile. Evoquer la résistance inconsciente du psychanalyste lui-même est toujours nécessaire. Je reste avec la question : « En quoi y suis-je pour quelque chose, techniquement ou inconsciemment ? »
Bref, voici quelques propos qui peut-être, seront de quelque utilité, avant qu’ils ne passent de publication à poubellication (emprunt – facile – à Jacques Lacan).

* * * * * * *

L’on pourrait arbitrairement comparer le parcours (et son interruption) du sujet avec le psy, et l’œuvre musicale d’un compositeur. Prenons l’exemple des quatre symphonies de Brahms.

1/ Un parcours psychanalytique peut être considéré comme achevé lorsqu’il est allé du début à la fin de la 1ère symphonie (Le sujet en analyse, après cette première fin, pourra quelques années plus tard entamer la création d’une 2ème symphonie. Il s’agira alors d’une seconde analyse, ou seconde « tranche », expression courante même si pas nécessairement heureuse).
L’ « analysant » - et non pas « l’analysé », puisque c’est la personne en analyse qui s’analyse – est alors parvenu, à la fin de ce premier travail, à un point de connaissance, de connivence, de proximité intime de/avec lui-même. De lui-même, il est un peu moins dupe. Certes une part de sa propre vérité continue-t-elle à lui échapper, mais si l’on prend cette image des différentes couches successives de la Terre (ou plus prosaïquement, de l’oignon…), le sujet archéologue de lui-même est parvenu à proximité d’un certain centre, centre ou noyau dont le « contenu », la dynamique, lui restent cependant pour partie inconnus, supposés. Peut-être une seconde analyse ultérieure permettra-t-elle non pas de pénétrer ce cœur, mais de commencer un nouveau travail, souvent à partir d’un autre point de départ, d’une autre difficulté ou question, et de cheminer par un tout autre trajet, que ce soit sous la conduite du même analyste ou d’un(e) autre. Première et deuxième symphonies, première et seconde analyses, ont un seul et même auteur, mais explorent d’autres « possibles », et pour parvenir à d’autres résultats.
Ainsi pour ma part, l’analyse que j’entreprise entre 27 et 33 ans ne ressembla-t-elle pas à la seconde entre 39 et 46 ans. Les collègues analystes revenus sur le divan me disent de même.

2/ Une symphonie est généralement composée de trois à cinq mouvements (ou parties ; ainsi les actes d’une pièce de théâtre) plus ou moins lents, comportant des thèmes musicaux différents. Il arrive que le sujet souhaite mettre fin à son analyse à la fin du premier ou du deuxième mouvement. L’on peut alors souvent considérer que certes, un travail important a été effectué. L’interruption à cet endroit « fait sens ». Par exemple et même si en psychanalyse, Lacan disait que « la guérison vient en plus » (… du travail d’analyse), tel malaise qu’éprouvait la personne avec elle-même/avec autrui/dans telle situation s’est dissipé. Et non pas sur une impression de hasard : quelque chose a été construit, décrypté, qui allège suffisamment l’analysant (le client) pour qu’il puisse dire : « je pourrais continuer, creuser ; je sais que tout n’est pas réglé, mais cela va tellement mieux. Je souhaite faire une pause, revenir peut-être un jour. Qu’en pensez-vous ? ».
Dans ce cas-ci, la personne s’est réellement investie dans son travail analytique/thérapeutique, coûteux à différents égards. J’ai alors moins l’impression d’un « résistance » massive au changement, qui ferait avorter prématurément, comme accidentellement, la démarche entreprise, que du choix serein, éclairé, de mettre un terme à nos entretiens. De la part du sujet comme du mien, il s’agit là en quelque sorte d’une réussite. L’écriture du mouvement de la symphonie (peut-être aurais-je dû prendre l’exemple de doubles concerti plutôt que la symphonie dénuée de solistes) est achevée et bien achevée, même un ou deux mouvements supplémentaires restent possibles ou nécessaires à écrire, ici pour plus de lisibilité de soi par soi.

3/ Il y a aussi ce cas où le compositeur n’a pris que le temps de poser devant lui la partition vierge de notes, la tête pleine d’idées, puis de la refermer sans y écrire ; c’est le cas où une personne vient me voir une ou deux fois (10% des rendez-vous ?) puis ne se manifeste plus.
Le premier entretien peut avoir provoqué – qui sait ? – un soulagement momentané : dire, cela soulage.
Ou il n’y a pas eu de « feeling » entre les deux protagonistes.
Ou encore, la personne venue consulter réalise/estime ne pas pouvoir ou vouloir entreprendre un travail psy qui lui coûterait entre 160 et 500€ par mois.
Il arrive aussi, je crois, que le travail semble au sujet titanesque, démesuré. Et que cette perspective lui donne le vertige. Peut-être manqué-je alors de doigté lorsqu’à l’issue du premier entretien, je dis ce que je pense du travail à envisager. De sa durée possible, des difficultés prévisibles. Mais que faire ? Que dire ? Peut-on imaginer dans ce cas un psy qui mente, ou mente par omission ?
Il est arrivé cette année qu’une personne vienne me voir par deux fois. Peut-être lui dois-je ces lignes. Mariée et aimée, deux enfants, deux salaires de cadres, elle avait parfaitement conscience, à plus de 30 ans, de ce que sa douleur actuelle, profonde et ses difficultés remontaient à la petite enfance, et que le travail qui nous attendait, pour richissime qu’il s’annonça, serait âpre et long.
Pourtant, elle me signifia à la fin du second entretien que ce serait le dernier.
Parler et qui sait, dans la même mesure pleurer, écrire – l’avaient momentanément allégée ; un changement d’entreprise arrivait en même temps, lui permettant de quitter l’actuel employeur, nouvel emploi susceptible quelques mois de laisser son questionnement existentiel au loin ?
Ou peut-être quelque chose en moi lui déplut-il ? Peut-être encore le fait qu’elle m’envoya entre les premier et second entretien une dizaine de pages dactylographiées la mît-elle dans la situation de s’être trop hâtivement « dénudée » face à la personne inconnue que j’étais encore pour elle ? Le temps de l’inter-connaissance patient-psy est un premier temps de quelques semaines absolument nécessaire.
J’espère que cette personne pourra continuer à faire l’économie de l’analyse, mais j’en doute tant, ou alors à quel prix, cette économie ? Au prix de quels symptômes, de quelles angoisses, de quelles disputes.

4/ Mais enfin, le cas probablement le plus inconfortable pour le psy que je suis advient lorsqu’en plein milieu d’un premier mouvement qui commençait à s’ébaucher, alors que nous allions en finir avec les premiers entretiens de mise en confiance réciproque, le patient interrompt son travail du jour au lendemain. Cela arrive parfois et pas toujours sur un différend/un affrontement momentané entre la personne et le psy. Dans ce cas relativement rare, je propose par email ou sms au patient de rappeler pour un nouveau rendez-vous, puis je n’insiste plus.

* * * * * * *

Ecrire sur l’interruption me fait penser à la difficulté de l’entrée dans l’analyse.
Elle tient notamment à ce que le cartésien, le rationnel, n’y ont que très peu à faire. Et à ce que cette annonce faite au patient lors des premiers entretiens, cette quasi unique consigne de travail : dire en séance absolument tout ce qui lui vient à l’esprit, en passant par le récit des rêves, sans aucun souci de « logique » et de bienséance, lui montre que c’est « nu », sans fard, qu’il doit peu à peu aller au devant de lui-même, sans cet artifice quotidien du semblant, de la rationalisation, en compagnie de l'analyste.

Francis Bismuth


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08/10/2006, 16:30 Signaler

Invité



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francis j'ai lu que les premiéres lignes et ce qui m'a frappé c'est quand vous disiez "en quoi je suis responsable?" je vous réponds "les absents ont toujours tort!" le faite que vous ne preniez pas position enrestant neutre, d'essayer de ne pas donner des conseilles pour conduire l'analysant dans un chemin subjectivement en le laissant tracer sa route.....eh ben c'est comme si vous étiez coupable chez vos patients en phase anale qui veulent une anal-yse, lisez la, lysez la!
c'est mon avis


09/10/2006, 18:44 Signaler

differente

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J'essaie de comprendre Francis, si vous êtes pour ou contre les séances ratées = séances dues !
Merci de m'éclairer


La psychanalyse est un remède contre l'ignorance mais sans effet sur la connerie.JL
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09/10/2006, 20:07 Signaler

Francis Bismuth

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Il est selon moi et à différents points de vue important qu'une séance non faite soit due. Ou plutôt que due, qu'elle soit payée et non pas due.
Mais l'on n'est plus dans la Vienne bourgeoise et je n'opère pas dans un quartier chic : dans les faits, j'essaie d'abord de déplacer la séance à un autre jour. Il est rare qu'il y ait des séances loupées dans mon exercice professionnel : quand les personnes ne viennent pas une fois, elles ne reviennent plus en règle générale. Evidemment, c'est très dommage lorsque cela se passe ainsi, comme un passage à l'acte dénué de mots et de travail.

Francis Bismuth


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09/10/2006, 21:32 Signaler

Invité



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je suis contre "la séance ratée qui est payée quand même" c'est du vole. On part du principe qu'on paye pour notre parole émise chez une personne qui joue le rôle de contenant. Notre parole est si précieuse!


10/10/2006, 19:17 Signaler

Francis Bismuth

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Le travail que l'on vient faire avec un psychothérapeute ou avec un analyste n'est pas de l'ordre de la consultation chez le médecin ou le dentiste. Tacitement, l'un et l'autre passent un contrat.
Et puis imaginez le transfert de l'analyste lorsqu'une ou un analysant louperait une séance sur deux ou sur trois ?
Le travail du psy ne consiste pas à être inconditionnellement bienveillant, me semble-t-il, mais à contribuer à la recherche que l'analysant vient effectuer.
On a déjà parlé de résistances, mais aussi, un psy n'est pas un "machin" dont on loupe les séances à l'envie. On peut lui dire que c'est une pauvre chose qui évoque d'ailleurs tel membre de la famille, etc... mais on le dit en séance.
Le respect de ce contrat est le reflet du respect de soi et sinon, de toute façon, l'alliance thérapeutique ne peut tenir.


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10/10/2006, 22:51 Signaler

Invité



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oui je suis d'avis qu'il faut un respect pour les séances et que le psy n'est pas un super humain qui accèpte tout, mais les séances ratées payées, je trouve que c'est un peu trop. Chez nous quand un patient manque un rendez vous sans prévenir, attendra que tout le monde termine pour qu'il passera, sinon il reviendra la prochaine séance. S'il est de bonne foi, et qu'il prend sa thérapie au sérieux il accèptera ça pour son bien, et pour le bien des autres (psy et patients).
Amicalement
faiza


01/06/2007, 14:50 Signaler

Ly

Nous a rejoint: 01/06/2007, 14:23
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Bonjour,
Je viens de vous lire sur l'interruption d'une analyse (notamment de sa comparaison avec une symphonie qui se fait en plusieurs actes), de votre questionnement par rapport à ces patients qui décident parfois de faire une pause (parce que finalement même s'ils ont bien conscience que le travail n'est pas totalement terminé, ils ont besoin peut être de renforcer leurs fondements avec les nouveaux éléments qu'ils ont découverts au fil des séances), mais surtout de ceux qui décident d'arrêter complètement parce qu’ils ont découvert un autre que soi et que la peur est grande devant ce qu'on ne connait pas.
Evidemment, des résistances chez le patient existent et peuvent expliquer cette interruption mais cela ne vous empêche pas de vous demander ce qui techniquement, inconsciemment a fait qu’il y a eu rupture avec vous, avec le travail ou quoi d’autres !!
Tout cela me fait pensait finalement à ma dernière séance où ayant joué à l'archéologue, j'ai déterré de vieux évènements. Et vraiment, c’est une sensation étrange, désagréable même que d’apprendre cette vérité sur soi comme cela ! Je n’insiste pas
Entre les pleurs qu’il était impossible de faire cesser, j’ai exprimé à mon analyste que je ne savais plus si je voulais continuer, il m’a donc proposé d’y réfléchir …avec quelqu’un d’autre, autrement peut être ? le fameux divan ?
Parvenue à un carrefour, je dois désormais choisir d’entrer ou non en analyse ….
Ce que j’essaie tant bien que mal de faire et là pleins d’interrogations me traverse : J’ai peur pour mon analyste ? Drôle de sentiment, mais finalement aies-je peur pour lui ou pour moi ? Ce que j’ai à dire est-il si moche ? Pourquoi ce sentiment de bienveillance envers lui?
Autre question : Dans le cas où je fais le choix de poursuivre, la question de l’interruption justement, comment la vivre au mieux ? Peut-il m’abandonner ?

Pour conclure, et à l’inverse de ce vous dites (enfin, c’est histoire de taquiner « écrire sur l’interruption me fait penser à l’entrée en analyse »), je dirais qu’essayer de faire son choix d’entrer ou non dans une analyse pose d’emblée la question, en tout pour moi, de son interruption qui quelque part m’effraie.


Ly
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01/06/2007, 15:54 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
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Bonjour Ly et bienvenue sur ces forum.
Je laisse le soin à d'autres de réagir à votre intervention, et y mettrai mon grain de sel, après ou avant eux. Et oui : cela peut paraître contradictoire, mais vous savez bien, puisque visiblement vous êtes déjà entrée en analyse, qu'ambivalences, contradictions et retournement(s) en son contraire - puisque l'inconscient se fiche bien de quelque cartésianisme et autres bien-pensantes rationalités - ont encore de beaux jours devant eux - et dirais-je : tant mieux.
A bientôt,
FB


www Message Privé
02/06/2007, 00:14 Signaler

opale

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Bonsoir,
J'ai lu votre message, assez dense, et je vais essayer de répondre, au plus près de votre questionnement:

"je dirais qu’essayer de faire son choix d’entrer ou non dans une analyse pose d’emblée la question, en tout pour moi, de son interruption qui quelque part m’effraie".
D'abord, je crois qu'entrer en analyse implique le fait que ça puisse s'arrêter parce que quand on y entre c'est quand même avec l'idée, l'espoir d'en sortir(de votre fonctionnement bancal qui a initié votre demande).Donc de ce côté, enfin de mon point de vue d'analysante, je trouve ça plutôt"normal"(terme pas vraiment approprié mais bon...)ou sain si vous préférez :wink: .Pour moi, la "direction"de l'analyse sous tend toujours plus ou moins l'idée de la fin de l'analyse.
Maintenant, ça "vous effraie":l'interruption ou l'arrêt va de pair avec l'idée de fin(et là vous vous direz peut être "ah merci du renseignement ça ne m'avance pas bcp! :? )En bref,à quoi vous associez la"fin"(selon votre histoire familiale ou sentimentale :( ), et c'est peut être là dedans que se loge la raison de votre peur...

Ensuite,"la question de l’interruption justement, comment la vivre au mieux"?:
je crois que vous la vivrez bien si vous la sentez nécessaire, si vous sentez que votre situation actuelle n'est plus acceptable, vivable comme telle.C'est, il me semble, quelque chose qui "se décidera" en vous.Il y aura peut être un moment pénible suite à cette interruption...cependant nécessaire pour continuer à vivre autrement, forte de votre passage sur le divan(pensez là encore si cela peut apaiser votre appréhension,aux situations où l'interruption peut être traversée sur deux modes: la douleur(liée à la perte, la séparation de l'autre) et, de manière contradictoire, le soulagement et/ou la valeur ajoutée 8) qui s'ensuit pour re-partir.

Enfin,"Tout cela me fait pensait finalement à ma dernière séance où ayant joué à l'archéologue, j'ai déterré de vieux évènements. Et vraiment, c’est une sensation étrange, désagréable même que d’apprendre cette vérité sur soi comme cela":
c'est, je crois, le"risque" d'une analyse et je terminerai là sur une question :?: :?: qui rejoint peut être la vôtre et à laquelle je suis malheureusement confrontée en ce moment même :( :l'archéologue peut sentir que qqchose sommeille là quelque part, d'après ses plans, ses précédentes découvertes mais décide de ne pas y toucher par peur d'ébranler une structure, des fondations, de mettre sa conservation en péril, et bien je me demande, tel l'archéologue et je reprends votre image, ce que sera le devenir au fil du temps de ce que l'on sait exister mais sans pouvoir savoir de quoi est fait ce qui n'a pas été mis au jour.Autrement dit, le "risque" de l'analyse certes mais quel est le "risque" d'en interrompre le cours, une bombe à retardement?,des erreurs d'aiguillage à répétition?des contre temps...pour moi, s'il y a question :?: , c'est plus du côté des effets de l'interruption sur ce que les analystes appelent le symptôme" que sur le "comment"la vivre bien...

Vous excuserez la longueur :o mais votre question appelait je trouve, une "réponse" comme celle ci.J'espère qu'elle apaisera vos craintes :idea: ou que vous vous sentirez tout au moins entendue.Comme quoi du côté des analysants, des histoires différentes mais apparemment aussi des"invariants" :wink: ...
bon courage à vous :) ...je laisse les analystes ou analysants de passage sur le site vous proposer une autre perspective...


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04/06/2007, 17:34 Signaler

Ly

Nous a rejoint: 01/06/2007, 14:23
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Bonjour Opale et merci de votre regard d’analysante, de ce partage d’expérience qui me permettra, j’espère, de construire mon propre choix.

Effectivement, c’est bien dans cette supposée idée d’interruption que se loge ma peur (du moins une partie d’elle) mais combien il est difficile d’exprimer de quelle rupture il s’agit ?
Evidemment, (je dis évidemment comme si ça l’avait été pour moi avant de vous lire !) l’histoire familiale, la vie sentimentale, notre monde, notre passé ? …sont autant de réponses possibles ? Probables ? Certaines ? (à la question)
Et c’est bien là, le hic ! Nous ne le savons pas vraiment ! Ce ne sont pour l’instant que des pressentiments.
Alors, finalement, un peu comme vous, est-ce la peur d’ébranler les fondations d’une maison qui jusqu’alors rendait services, services devenus aujourd’hui insatisfaisants. Il y aurait donc un changement de paradigme !
Les anciennes fondations seraient devenues comme obsolètes, auraient trouvé leurs limites mais pourquoi donc celles-ci ne rendent-elles plus les services d’autrefois ? Qu’est ce qui a bien pu faire qu’elles ne fonctionnent plus aussi bien qu’avant ? ….Ou que je veuille qu’elles ne remplissent plus leurs anciennes missions ?!

Dévoiler et mettre au jour, comme vous l’avez dit, semble alors évident (j'ai envie de dire trop évident!) sans compter les risques de « Bombes à retardements, les erreurs d’aiguillage à répétition » (je vous les emprunte, ça me parle) et pourtant…il va bien falloir que je me décide un jour :lol:

Bon courage et surtout bonne construction :wink:


Ly
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21/08/2008, 16:16 Signaler

Enid

Nous a rejoint: 31/07/2008, 09:59
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Francis Bismuth
Psychothérapie / psychanalyse : l’interruption.

[...] mettre en parallèle l’interruption d’un travail psychothérapeutique/psychanalytique, et la composition (ou le cours – comme on dirait d’une rivière ou d’un fleuve) d’une œuvre musicale. [...]
* * * * * * *

L’on pourrait arbitrairement comparer le parcours (et son interruption) du sujet avec le psy, et l’œuvre musicale d’un compositeur. Prenons l’exemple des quatre symphonies de Brahms.

1/ Un parcours psychanalytique peut être considéré comme achevé lorsqu’il est allé du début à la fin de la 1ère symphonie (Le sujet en analyse, après cette première fin, pourra quelques années plus tard entamer la création d’une 2ème symphonie. Il s’agira alors d’une seconde analyse, [...]
Peut-être une seconde analyse ultérieure permettra-t-elle [...]
Première et deuxième symphonies, première et seconde analyses, ont un seul et même auteur, mais explorent d’autres « possibles », et pour parvenir à d’autres résultats.

2/ Une symphonie est généralement composée de trois à cinq mouvements [...]

3/ 4/
Francis Bismuth

Francis,
Lorsque la "partition" d'une symphonie (première), composée de trois à cinq mouvements -je le confirme- s'écrit jusqu'à ce que ne se trouve pas à s'écrire réellement si ce n'est le alors un, final, pour clôture... Le "prendre fin" : "ça prend fin..."

Que nous dit la Musique ?

Si l'analysant est le compositeur de cette oeuvre... à l'oeuvre de l'analyse... qu'est l'analyste : pour la Musique ?

Toujours pour la Musique, comment pourrait-on dire qu'est la participation du compositeur à un forum comme celui-ci, lorsque s'écrit un quelconque mouvement symphonique ?

... j'aurais peut-être d'autres interrogations si elles trouvent formule...

Merci...
bien cordialement,
Enid


Message Privé
22/08/2008, 09:43 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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Bonjour Enid,
Comme souvent, je ne vois pas ce que vous voulez dire ci-dessus - mais vous n'avez pas le monopole : nombreuses sont les interventions ici : http://www.psychanalyse-en-mouvement.net[…]/index.php dont je ne saisis guère le sens) et ne vois donc pas que et comment vous répondre.
A bientôt,
FB


www Message Privé
22/08/2008, 10:38 Signaler

Enid

Nous a rejoint: 31/07/2008, 09:59
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Bien, eh bien Francis, je m'abstiens. Jocker si je puis dire. Il m'arrive de jouer; comme vous avez pu en lire des aperçus; pas là. Pas pour ça. Mon interrogation tiens. Elle reviendra autrement. Mais pas sur http://www.psychanalyse-en-mouvement.net[…]/index.php je n'y tiens pas.
Autant pour moi. Au temps pour moi.
Cordialement, à bientôt,
Enid

http://www.langue-fr.net/index/A/au_temp[…]autant.htm

http://fr.wiktionary.org/wiki/au_temps_p[…]s_pour_moi

http://fr.wiktionary.org/wiki/autant_pou[…]t_pour_moi


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19/03/2009, 13:54 Signaler

papillon

Nous a rejoint: 12/03/2009, 22:25
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Encore une réponse à un sujet archivé ... :wink:

Je crois qu'il existe encore une autre réponse à cette interrogation : pourquoi un analysant arrête-t-il soudainement sa thérapie ?
Peut-être tout simplement parce qu'il est venu chercher des réponses auprès d'un analyste "sensé" savoir. Or il repart après chaque séance avec plus de questions qu'il n'avait lorsqu'il est arrivé ! :cry: Et il n'a pas forcément conscience que c'est lui qui doit trouver ses propres réponses.
Comme vous le disiez, on peut se sentir dépassé par le travail à accomplir ... et préferer la fuite.


www Message Privé
20/03/2009, 12:06 Signaler

papillon

Nous a rejoint: 12/03/2009, 22:25
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Encore une réponse à un sujet archivé ...

Je croyais ce sujet archivé. Je m'étais sans doute un peu perdue sur ce forum ...
Cordialement.


www Message Privé
20/03/2009, 12:31 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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papillon
(...)
Je croyais ce sujet archivé. Je m'étais sans doute un peu perdue sur ce forum ...
Cordialement.

Bonjour Papillon,
Vous ne vous étiez pas trompée : vous êtes intervenue sur ce sujet et j'ai souhaité le remettre "en avant". Il m'arrive de déplacer certains sujets, sans les supprimer.
A bientôt,
FB.


www Message Privé
12/04/2009, 21:46 Signaler

papillon

Nous a rejoint: 12/03/2009, 22:25
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0

Je pense encore à une autre raison qui puisse expliquer le départ soudain de l'analysant et qui rejoint je crois la notion de "résistance" :la peur de l'abandon ou plutôt son anticipation.
Je crains tellement son abandon, même pour quelque semaines de vacances, que je préfère apprivoiser cette peur en provoquant ce que je redoute le plus ...


www Message Privé
19/10/2009, 09:12 Signaler

mia

Nous a rejoint: 25/09/2007, 21:30
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bonjour à tous,
bonjour Francis,
je reprends votre phrase, trouvée là: http://www.psychologie-bismuth.com/forum[…]25-20.html

deux personnes viennent d'interrompre leur cure en me le signifiant par... sms.
Abominable invention en l'occurrence, aucune possibilité d'élaboration, passage à l'acte sans paroles...

C'est vrai que, pour l'analysant, l'envoi d'un sms est une manière commode de fuir! L'aurais-je fait si j'avais eu le numéro de portable de mon analyste??
Je pense qu'un analysant « bloqué » chechant à fuir trouvera toujours le moyen de s'échapper en évitant l'émergence d'un dialogue, même sans ces « nouvelles » technologies.

Pour la petite histoire, quand j'ai téléphoné à mon psy pour lui dire « je ne viendrai plus », j'ai appelé à un moment où j'étais sûre qu'il était en séance avec un autre analysant: pas de possibilité d'amorcer un dialogue, il était « coincé » par sa séance en cours. Je sais, le procédé n'était pas très joli; résistance quand tu nous tiens...
Il m'a rappelée pour tenter ce dialogue. En analysante butée, j'ai tenu fermement ma décision de partir -sans autre raison que « je n'en peux plus ».

Bon, dans mon cas, le coup de fil de mon analyste s'est terminé par cette phrase de sa part: « je vous attends lundi. Si vous n'êtes pas là, je prendrai acte. » ou l'art de laisser une porte ouverte... (dans laquelle je me suis engouffrée le lundi suivant, bien entendu.)

Finalement, dans mon cas comme lors de l'envoi d'un sms, comme à tout moment de la cure... la décision doit venir de l'analysant.
Difficile rôle, celui de l'analyste, de maintenir le dialogue...


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19/10/2009, 13:51 Signaler

opale

Nous a rejoint: 21/02/2007, 09:45
Nombre de sujets: 23
Nombre de Posts: 351

0

Bonjour,

Je me suis arrêtée sur votre message et je remarque dans vos propos une chose curieuse: vous dites que vous aviez fermement décidé d'arrêter jusqu'à ce que votre analyste vous signifie que le "dialogue" n'avait pas pour autant cessé et que la porte restait "ouverte" et vous vous y êtes précipitée, disiez vous.Je me demande, - à la lumière de ce que vous dites et, me concernant, d'une envie de ne plus y retourner il y a quelques semaines -, si ce besoin d'arrêter n'intervient pas précisement à un moment où le lien avec l'analyste a "besoin" d'être mis à l'épreuve, d'être mis en danger, afin d'être réaffirmé, renforcé par la suite.Comme un besoin pour l'analysant de s'assurer de l'existence, de la permanence du lien, du dialogue avec l'analyste.
C'est ce que me suggérait votre post...en relation avec un vécu récent que j'interroge encore aujourd'hui.
BON APRES MIDI


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19/10/2009, 18:41 Signaler

Cauderane

Nous a rejoint: 26/01/2009, 18:29
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opale
Bonjour,

Je me suis arrêtée sur votre message et je remarque dans vos propos une chose curieuse: vous dites que vous aviez fermement décidé d'arrêter jusqu'à ce que votre analyste vous signifie que le "dialogue" n'avait pas pour autant cessé et que la porte restait "ouverte" et vous vous y êtes précipitée, disiez vous.Je me demande, - à la lumière de ce que vous dites et, me concernant, d'une envie de ne plus y retourner il y a quelques semaines -, si ce besoin d'arrêter n'intervient pas précisement à un moment où le lien avec l'analyste a "besoin" d'être mis à l'épreuve, d'être mis en danger, afin d'être réaffirmé, renforcé par la suite.Comme un besoin pour l'analysant de s'assurer de l'existence, de la permanence du lien, du dialogue avec l'analyste.
C'est ce que me suggérait votre post...en relation avec un vécu récent que j'interroge encore aujourd'hui.
BON APRES MIDI

Bonjour Mia, bonjour Opale,

C'est intéressant Opale ce que vous dites sur ce besoin de mettre le lien à l'épreuve. Mais alors, ça s'appliquerait lors d'une période durable avec séances particulièrement éprouvantes (cf le "Je n'en peux plus" de Mia). Cette mise à l'épreuve serait alors un moyen d'entendre de l'analyste que oui, c'est difficile mais qu'il est nécessaire de poursuivre.
Pour ma part, j'ai vécu il y a peu un long passage avec séances bien secouantes. Ce qui m'a amenée à mettre en doute - et pour la première fois dans ma cure - l'utilité de ma démarche analytique. Pour réponse, j'ai entendu de mon psy un "oui, oui continuons". Ce qui l'implique autant que moi.

Ce lien, dans ces moments particuliers de la cure, prend sans doute toute sa valeur, et ce d'autant plus que si pénibilité il y a, c'est que le transfert fait bien son oeuvre dans ce qui se joue-là.

Cauderane


Passé et présent se mélangent pour se souvenir de l'Avenir.

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20/10/2009, 18:12 Signaler

mia

Nous a rejoint: 25/09/2007, 21:30
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Bonsoir Opale, Cauderane, chacun et chacune,

Opale et Cauderane, vous mettez en avant le fait que le lien avec l’analyste a besoin d’être mis à l’épreuve. Je suis entièrement d’accord avec vous, je pense que ce lien est d’ailleurs mis à l’épreuve tout au long de l’analyse. Mais, malgré ses doutes et ses oscillations, l’analysant retourne parler à l’analyste tant qu’il y a des choses à dire, tant qu’il est « accro » (il me semble que c’est à peu de chose près ce qu’écrivait Prune récemment pour évoquer ce foutu transfert).

Je dirais aussi qu’il se joue là-dedans comme une vérification que la liberté promise par le psychanalyste (ou par la psychanalyse) est réelle : si l’analysant décide de partir, son choix sera respecté.

Il y a quelque temps, Opale, vous évoquiez également une envie de partir, d’arrêter qui ne se manifestait pas seulement dans l’analyse mais trouvait écho dans la « vraie vie » : idem pour moi.

Je rajouterais aujourd’hui que dans mon cas, il y a eu effectivement rupture : j’ai interrompu mon analyse, puis je l’ai reprise. Cela peut faire sourire :P car je n’ai finalement manqué aucune séance, mais symboliquement c’est de cela qu’il s’agit. D’ailleurs, à mon retour, les séances ont repris en face-à-face pendant une longue période, à ma demande, et leur périodicité a aussi changé, à ma demande. Ce que je demandais finalement à mon analyste, c’était qu’il remette en question son fonctionnement :!:
(y’a pas de raison que l’analysant soit le seul à toujours se demander s’il fait ce qu’il faut, non ?)

sur ces bonnes (??) paroles, je vous souhaite à tous une bonne soirée!


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21/10/2009, 19:37 Signaler

opale

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Bonsoir,

Oui, Mia, je me suis rendu compte en le reprenant en séance, que ce besoin d'arrêter - qui me paraissait limité à mes séances - révélait par ailleurs ( dans ma vraie vie) un autre besoin d'arrêter.La reprise m'a conduit à interroger plus largement un autre engagement.

Bonne soirée à vous deux.

Bonne continuation.


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03/12/2010, 05:16 Signaler

Francis Bismuth

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Opale
Bonjour,

J'ai pu lire ici ou là quelques réflexions relatives aux interruptions d'analyse - sans consentement mutuel - et j'aimerais connaître vos impressions, constats, en ce qui concerne l'après.En somme, l'avez-vous regretté, avez-vous vu votre situation empirer alors que vous ne vous y attendiez pas ou au contraire, avez-vous senti que c'était la seule "solution"?.Est-il aussi difficile de prendre rendez-vous pour ses premières séances que d'en arriver à dire à son analyste:"non, ce n'est plus possible, je m'arrête là" et de mettre un terme à un travail entrepris depuis des années?
Ce sujet bien sûr n'arrive pas comme ça, au hasard de mes pensées du jour mais fait suite à une situation personnelle qui m'attriste à laquelle je ne "peux" rien pour le moment et à laquelle je ne vois qu'une "issue" ou "solution" possible: l'interruption de mes séances.Je reconnais que ce message est flou quant aux détails de cette situation qui pourrait me conduire à arrêter.Ce n'est pas lié à l'écoute de mon analyste qui, je le précise, a toujours essayé de composer avec mes données personnelles, une véritable présence dans les moments difficiles, mais c'est lié tout simplement, douloureusement aujourd'hui, à ce que je vis et au vécu de mes séances dont je ressors depuis quelque temps avec la conscience que je ne vais pas mieux, que demain est plus incertain encore qu'aujourd'hui et qu'au moment de déplier tout cela sur le divan, une force d'inertie épouvantable me prive de toute liberté d'association(s), de laisser-aller (ceux que j'ai connus, si rares et qui soulagent tant de ce qui enserre). En bref un "durcissement intérieur" qui m'est aujourd'hui insupportable.
Je ne crains ni la réaction ni la réponse de mon analyste mais plutôt ce qu'il adviendra de moi une fois la porte refermée sur mes maux (d'où mon message).Non, l'enfer ce ne sont pas les autres, cela je le sais, je le sens, je l'ai "appris" mais ce "soi" là avec lequel il faut aussi composer, susceptible de nous jouer de mauvais tours et à quoi rien d'autre ne répondra que la solitude de la perplexité, la solitude d'une analysante consciente d'être condamnée à supporter tout cela seule :cry: , sans l'écoute de son analyste et de ses quelques mots au compte-gouttes qui parvenaient encore à alimenter quelques sources de lumière :idea: .
Vous l'aurez compris, ce n'est pas simple, c'est confus parce que je ne sais plus :? et difficile parce que si décider de s'adresser à quelqu'un plutôt que tout attendre des autres et leur faire payer la note, relève de la responsabilité de chacun lorsque la vie n'est plus possible, décider d'enfermer ses "maux" dans une petite boîte et ranger ça au placard relève aussi pour moi de la responsabilité de chacun dans la mesure où la petite boîte peut de nouveau s'ouvrir à la faveur d'un évènement pénible, et ensuite? advienne que pourra?
Enfin, je m'arrête là, j'attends de vous lire...

Bonne soirée

Opale.


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03/12/2010, 05:19 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
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Melyna
Je vous ai lu et compris Francis mais je ne peux attendre plus longtemps pour dire à Opale que je l'ai lue , que son message et ses difficultés que je perçois, quelles qu'elles soient, m'attristent . :? Parfois, nous croyons n'avoir qu'une seule solution à une situation mais avec un peu de recul nous pouvons découvrir d'autres possibilités qui s'offrent à nous et que nous n'avions pas vues de prime abord.
Je ne saurais en dire plus ce soir et reposterai éventuellement plus tard .

Bonne fin de soirée à Opale et aux autres
Melyna


www Message Privé
04/12/2010, 14:23 Signaler

opale

Nous a rejoint: 21/02/2007, 09:45
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Peut-être, oui, qu'il existe une autre voie.Seulement, peut-être l'avez-vous remarqué de votre côté, quant il s'agit de soi, il y a une sorte de myopie, une incapacité à se détacher du "problème" qui résiste, insiste toujours sous la forme de l'alternative.En somme j'ai beau compter, je n'arrive jamais jusqu'à trois, ma conscience est "tractée sur 2 cm d'avenir".

A mon tour je vous ai lue.Merci à vous d'avoir pris le temps de m'adresser ce message inspiré et sans doute inspiré aussi,je le suppose, de votre propre expérience passée ou présente de l'analyse qui "loupe" sur cette division pénible...

Bien à vous.

Opale.


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06/12/2010, 08:57 Signaler

Nouchka

Nous a rejoint: 24/02/2010, 14:17
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Bonjour Opale, bonjour à tous.

Opale, je vous écrit comme ça là ce qui me vient, donc veuillez m'exuser par avance d'éventuelles maladresses... :roll: :wink:

Et si vous changiez d'analyste? j'ai bien lu que la vôtre est bienveillante, à l'écoute et qu'elle n'est en aucun cas la cause du présent questionnement.
Vous dites que quand il s'agit de soi, il y a comme une sorte de myopie sans pouvoir se détacher du problème. Il en est peut être de même dans l'analyse...un autre professionnel pourra peut être "guidé" différemment, mettra peut être l'accent sur un point passé jusqu'à maintenant inaperçu :roll:

Je ne vous donne pas une solution, loin de là, voire même je ne vous aide pas du tout...mais si la question se pose d'arrêter l'analyse sans que ce soit une évidence, c'est que justement il y a interrogation.

L'analyse peut malgré tout continuer en changeant de cadre... :roll:

Bon courage pour la suite et bonne journée! :wink:


Il faut se connaître soi-même. Quand cela ne servirait pas à  trouver le vrai cela au moins sert à  régler sa vie, et il n'y a rien de plus juste.
Message Privé
06/12/2010, 12:27 Signaler

opale

Nous a rejoint: 21/02/2007, 09:45
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Bonjour,

Ni maladresses, ni "solution" sauvage de votre part, je lis au contraire ce qui m'a traversé l'esprit.Parfois, le simple fait de changer de "perspective" suffit à poursuivre ce qui, sur le moment, paraît sans issue.J'ai beau le reconnaître pour l'avoir constaté dans d'autres domaines et parfois l'avoir suggéré à d'autres visiteurs du forum, il n'en reste pas moins qu'une crainte tenace me taraude et m'empêche de prendre les devants (et c'est simultanément que je vous (et à d'autres) pose , en même temps qu'à moi, la question : croyez vous qu'en changeant d'analyste le "problème rencontré" ne se représentera pas? Un déplacement ,certes, et qui offrira d'autres ouvertures dans un premier temps, mais ensuite, n'y a t-il pas derrière ça, une répétition qui risquerait à nouveau de se profiler et me laisser (à nouveau?) dans le même état sans avoir rencontré le moyen de dépasser cela?
Voyez-vous, je me trouve dans une sorte de "oui, mais", et vous l'avez sans doute constaté dans mes messages que j'entends au fur et à mesure que je les compose ici, aujourd'hui je me dis que soit ma ou mes (peut-être) prochaines séance(s) me permettront avec mon analyste de déterminer, de circonscrire ce qui a pu occasionné cette situation, soit je me retrouverai en substance avec le même sentiment qu'énoncé précédemment dans mon premier message.Auquel cas, pour moi, je ne suis pas sûre qu'il y ait une place pour l'espoir qu'un nouvel analyste...
Vous avez devant vous l'exacte - ou presque, disons dans les grandes lignes - transcription de ce qui m'a tourmenté ces dernieres heures, ces derniers jours.
Je ne sais ce qu'il adviendra de moi, ma prochaine séance m' en dira suffisamment je suppose et me permettra, je l'espère, de décider d'une suite la plus adaptée à ce que je vis en ce moment.

Merci à vous d'être intervenue.Les messages qui me sont adressés tentent - toujours adroitement - de m'ôter ces oeillères et parfois le simple fait d'y répondre me permet d'entrevoir d'autres possibilités...

Bon après-midi à vous.


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06/12/2010, 16:29 Signaler

mia

Nous a rejoint: 25/09/2007, 21:30
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Bonjour Opale,
j'espère de tout cœur que vous serez un peu moins embrumée après votre séance, quand vous lirez ces lignes...
voici ce que vos messages m'évoquent (ils entrent en résonnance avec ma propre cure!):

cette thématique du « départ », quand elle nous tient, on a du mal à la lâcher!
je pense que l'on n'est pas « condamnée  à supporter tout cela seule » mais que l'analyse peut nous amener à accepter soi-même de le faire. Parce que le fardeau est plus léger ou qu'au moins, on s'y est habitué. Mais ceci, c'est en fin d'analyse, et non en cas d'interruption d'analyse, ce qui est fort différent.

L'interruption d'analyse, ça a « seulement » failli m'arriver... un jour où j'en étais comme vous à ne plus pouvoir faire autrement... aujourd'hui, je vois bien que cette thématique du départ est omniprésente pour moi et ressurgit régulièrement. Mais je m'aperçois aussi, avec un peu de recul, que si j'avais changé d'analyste à cette période-là ça n'aurait pas été plus facile, il aurait sans doute fallu retisser le lien pour finalement arriver face au même « mur »... ça n'aurait que retardé l'échéance... des séances en face-à-face ont pour ma part été nécessaires pour éviter que je fuie; un vague conseil (eh oui!!!) de mon psy aussi au niveau de ma vie réelle, et les séances ont pu reprendre « normalement » après des mois insupportables. Et cette « crise » a finalement fait faire un bond à mon analyse, même si je n'en ai pas compris grand-chose.
Voilà, je n'ai pas de conseil à vous donner, seulement mon témoignage, en souhaitant que vous puissiez bientôt franchir ce « cap » dans votre analyse. (j'écris ça, et ensuite je me dis que je vous en crois effectivement « cap... »able.)
Bon courage à vous,
mia


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06/12/2010, 19:31 Signaler

opale

Nous a rejoint: 21/02/2007, 09:45
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Merci à vous de m'avoir communiqué un peu de votre vécu.Effectivement, le changement d'analyste n'est pas pour moi à l'ordre du jour pour, entre autres, toutes les raisons que vous évoquiez mais pas uniquement; je crois que pour passer à autre chose, j'ai besoin de tourner la page, de formuler - du moins de tenter de le faire - le malaise avec mon analyste (qui l'a sans doute ou senti ou constaté).Je ne peux rien envisager tant que je n'aurai pas entendu ce qu'il y a à en dire.Même si face à une telle difficulté, au plus vif de mon ressenti du moment, l'idée d'appeler et de l'informer "abruptement" que j'arrêtais mes séances m'a traversé l'esprit - pour céder à je ne sais quelle lâcheté ou fatigue liée à l'impossibilité d'en découdre avec soi - je ne veux pas prendre cette décision seule et clore toutes ces années sur un silence qui ne me laissera aucune chance d'en "faire " quelque chose.
Voilà où j'en suis, je ne sais si tout ce que je viens d'énoncer sera clair.Il m'arrive de me demander pourquoi cette clairvoyance, cette capacité à "entendre" parfois la vie des autres (c'est ce que me renvoyaient encore récemment quelques ami(e)s) se montre déficiente dès qu'il s'agit de moi.Incapacité à s'entendre, à y voir clair, à se dégager d'un ressenti trop vif...

Enfin j'arrête là, ce sera mieux.
Merci à vous pour tout cela.
Bonne soirée.


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06/12/2010, 19:39 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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Bonsoir à chacun,
FB.


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11/12/2010, 11:25 Signaler

prune

Nous a rejoint: 26/11/2008, 10:00
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Bonjour Opale, et les autres,

Tellement pas de conseil à donner que voilà :wink: , d'ailleurs vous avez sans doute trouvé une solution depuis ...

Je ne vois pas comment un analyste pourrait vous retenir, et pourquoi il ne vous ferait pas confiance si vous décidiez de partir. Vous pouvez toujours tenter de vous tenir debout dans la vie sans cet appui, et si ça vraiment ne va pas, y retourner ou aller en voir un autre, qui vous permettrait d'avoir un autre éclairage, parfois il ne faut pas grand-chose pour sortir d'une ornière.
Mais je suis bien d'accord, le coup de fil pour informer qu'on ne reviendra pas est une très mauvaise chose, ça s'argumente en séance, ça fait partie d'une "tranche d'analyse".
Et puis ce ne sont jamais des années perdues, au contraire, et puis l'analyste s'en remettra :wink: .

Zut, c'est vraiment délicat, ce sujet ! mais c'est un peu ce j'ai fait, ce qui ne veut pas dire que c'est à faire ...

Bon courage :D
et bonne journée à tous.


Message Privé
14/12/2010, 19:16 Signaler

opale

Nous a rejoint: 21/02/2007, 09:45
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Bonsoir,

Merci Prune, pour l'heure aucune "solution", je ne suis pas sûre que le "problème" (pour moi) se pose en termes de "solution"...Tout ce qui a précédé est encore au "travail" et je suis incapable pour le moment de formuler quoique ce soit sur ce forum, la situation m'a complètement "débordée".

Mais merci à vous d'être intervenue.

Bonne soirée.


Message Privé
14/12/2010, 19:24 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
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Bonne soirée Opale, ainsi qu'à chacun(e),
FB.


www Message Privé


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