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Quel est l'intérêt de s'allonger sur un divan ?

07/10/2007, 19:15 Signaler le sujet

Francis Bismuth

Administrator
Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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"Quel est l'intérêt de s'allonger sur un divan ?"
Posée ainsi, la question pourrait facétieusement recevoir pour réponse : "ben, se reposer ?". Mais cette question a été posée par un internaute sur le très précieux site http://squiggle.be ; j'y ai apporté une réponse possible. En attendant l'éventuelle "mise en ligne" de cette question-réponse par Squiggle, voici un nouveau sujet de forum.

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Quel est l'intérêt de s'allonger sur un divan ?
L'intérêt que revêt le divan est a priori et selon moi – et sans doute selon quelques autres – de favoriser ce que l'on nomme la « libre association ». Tant celle et de prime abord, de l'analysant (l'allongé), que celle de l'analyste.

La libre association, vous l'aurez lu sur ce site ou ailleurs, est cette règle première en analyse : que la personne qui vient faire sa psychanalyse dise « tout ce qui lui vient à l'esprit », avec ses mots à elle, telles que mots, impressions et images se présentent durant la séance. L'on s'aperçoit que cette règle – sorte d'injonction contradictoire – de dire « tout ce qui vient », comme cela vient, est malaisée. Cela tient à la pudeur, à la morale, à l'éducation, à la crainte d'être jugé par l'analyste, par quelque personne supposée savoir… Cela tient à nombre de choses, dont à cette auto-censure qui à la fois, permet à chacun de vivre en société (en groupe), mais qui aussi bride « l'auto-censuré ».

Le divan – ce pourrait être un fauteuil qui tourne le dos à l'analyste – est censé aider à ce que les personnes se laissent aller à leurs dires et à leurs rêveries éveillées. A leurs souvenirs, à leur impression soudaine liée à la situation actuelle (la séance).

Allongée plutôt que sous le regard de la ou du psychanalyste, la personne dira plus aisément « je vous aime », ou encore « je déteste mon fils », ou encore « qui me dit que vous m'écoutez ? », ou bien « les fleurs de votre papier peint me font penser à… ». Or ces phrases, comme le texte d'un rêve, vont elles-mêmes permettre des associations d'impressions, d'idées, des réminiscences de sentiments fugaces, la résurgence de souvenirs « oubliés », qui contribueront au développement de l'analyse de cette personne.

Assis derrière l'analysant(e) plutôt que sous son regard, la/le psychanalyste va de même plus aisément se laisser aller à ses propres associations. Parmi ces associations, celles directement en lien avec les propos et silences de son client, dans ce qu'il en serait de l'univers de celui-ci, mais aussi celles en lien direct ou indirect avec l'inconscient de l'analyste : son histoire, les points restés aveugles de sa propre analyse. Cette dimension de l'insu (du non-su) de l'analyste concernant lui-même, ça revient pendant que son client est là. Ou entre les séances. Le fait de ne pas être « soumis » au regard de son client – la prise de postures, donner le change, etc. – aide l'analyste à faire son travail ; à regarder « ce qu'il me veut, ce client », en quoi ses propos m'évoquent des éléments personnels à moi-même, qui n'ont peut-être rien à voir – et rien avoir – avec ce qui m'est dit.

Le divan revêt pour chaque analysant une dimension différente. Pour l'un, il permet de tenter de se détendre, pour l'autre le divan évoque la soumission, pour quelque autre, le divan c'est le lit ; lit de mort, lit d'ébats amoureux : peu importe. L'important est que cet accessoire soit aidant. Et s'il est paralysant…. Ça se dit en séance, et ça s'analyse.

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A bientôt,
FB


www Message Privé
08/10/2007, 10:13 Signaler

Millusion

Nous a rejoint: 23/09/2007, 18:45
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Bonjour

Un divin divan!
Un divan....souvent représenté par une Méridienne... une sieste que l’on fait vers le milieu du jour, ou encore un canapé de repos à deux chevets de hauteur inégale.
La Méridienne est aussi une invitation quotidienne à la découverte de récits, de contes, de carnets intimes, de poèmes et de nouvelles. Des écrits à savourer....bref!
Pourtant Freud n'utilisait pas une Méridienne...alors pourquoi une Méridienne à présent?

Il serait assez inconcevable pour ma part, de reprendre des séances en face à face.
Cependant il n'est arrivée en de rare moment, d'avoir une puissante envie de me retourner et lui dire droit dans les yeux un qql chose à très haute teneur en sincérité, allié au respect...j'ai une situation actuelle en tête, mais qui serait trop longue à relater,….et dans ce moment la je ne me sentirais plus dans le cadre de l'analyse…..c'est assez étrange...il y a sans doute qql chose de l'ordre de la maîtrise que de vouloir le lui dire en face à face...ou en tête a tête (!?!)
D’ailleurs je le lui ai dit texto "je vous le dirais en vous regardant"

Exemple plus "courant"....si je devais lui confier que je - l’aime-, je ne le lui dirais certainement pas allongée sur le divan!

d'une manière générale, je m'aperçois que je dégouline du divan, au sens propre du terme...un peu comme si mon buste pendouillait...mon épaule gauche n'est quasiment jamais sur le divan...ma main, souvent tripotte ma chaussure ou époussette le tapis...j'aime bien cette "position" à plat ventre...et de plus elle me permet de voir son pied...c'est à dire qu'il y a toujours un moment ou je cherche le "contact" ...furtif, pas sure!..Car lorsque j'ai "choppé" son pied, je ne le lâche plus vraiment.....si je n’ais pas son pied en ligne de mire, dans ce cas, je regarde alors la chaise en face de moi, celle qu'il utilisait lors de nos premiers entretiens.

Ce que je n’aime pas sur CE divan ?....c’est de voir que le plaid ou le coussin n’a pas été remis correctement, à leur place ! et ainsi en conclure que nombre de personne se vautrent sur ce même divan !! !!!...ça, ça me rend dingue !!..je me couche sur qql un d’autre !!...c’est si dur que ça de ne laisser aucune tracesss de son passage ??!!...simple question d’éducation il me semble ! (Bordel !)
..et encore, celui ci n’est pas le pire !.....j’en ai vue un, ou j’ai lit-terallement, catégoriquement refusée de m’y allonger !...une vrai paillasse !!...quelle horreur !

Bien à vous


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08/10/2007, 16:49 Signaler

opale

Nous a rejoint: 21/02/2007, 09:45
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Divin, c'est moins sûr
Le divan, un dis-voir pour l'analyste et mon Divoir qui dit vrai (je pensais subitement au livre du Voir Dit)...ça sert à déplier, à se déplier et c'est loin d'être confortable pour éviter de s'y installer sans doute...
J'ai quand même dû attendre 6 mois avant d'y passer et mon analyste a "profité" d'un moment de faiblesse :oops: pour me le proposer et c'est passé comme une lettre à la poste alors que j'y pensais, je redoutais en me disant ce "il faut que...Ce jour là, je n'y pensais pas, c'est arrivé à point nommé.
Je m'y suis sentie parfois plus libre mais je m'en relève parfois tendue , dans le cou (ou dans le coût) là où ça fait mal...ça m'a fichu un coup dis-je souvent :? ...alors côté confort, sieste 8) , repos, moi c'est pas ça. :cry:
Finalement, association libre et divan, les deux inséparables, contradictoires, liés par la liberté: rien n'est pourtant plus compliqué que d'être simple. :(

Je ne suis pas sûre de faire avancer le Schlim...quelque chose :?: avec ce qui précède mais j'aurais du mal à le dire autrement :oops: , les visiteurs devront s'en contenter. :wink:
Pas sûr que mon analyste m'y retrouverait s'il lisait ça, est-ce qu'il s'y retrouverait, est-ce bien moi? "est-ce bien moi qui dit ça", je me le dis souvent en me relevant, enfin j'ai couché ça sur la toile,
A lire, pas à dire, gardez ça pour vous :wink: ...

BON DIVAN le terrible...


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09/10/2007, 07:00 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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Merci Millusion et Opale de ces premiers témoignages.
Merci aux responsables du site "Squiggle, pour librement associer psychanalyse et grand public ", pour la mise en ligne aujourd'hui et ici : [i]http://www.squiggle.be/user/214/track[/i[…]4/track[/i] de ce thème.
Allez sur "Squiggle" (http://squiggle.be), tout aussi intéressant pour l'analysant que pour l'analyste, à l'instar de "Psychanalyse en mouvement" (http://www.psychanalyse-en-mouvement.net[…]vement.net) et de son nouveau forum http://www.psychanalyse-en-mouvement.net[…]/index.php.

A bientôt,
FB


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09/10/2007, 21:53 Signaler

marge

Nous a rejoint: 02/10/2007, 22:22
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0

L’intérêt principal du divan, autant pour l’analysant que pour l’analyste à mon avis c’est qu’il supprime le contact visuel.
Contrairement à Millusion je n’ai jamais envie de me retourner. Après 9 mois de face à face j’ai quand même eu beaucoup de mal à m’y faire. Au début, pendant longtemps je suis restée assise sur le divan en tournant le dos au psy. Pour moi le divan n’a jamais facilité ni la libre association ni la détente. Maintenant que j’y pense, si j’ai fini par me coucher c’est surtout pour le confort et aussi pour réduire mon champ visuel qui a diminué au fur et à mesure de mes changements de position. Actuellement il me reste un petit bout de mur blanc, comme un écran sur lequel je fais défiler mes pensées.
Bonne nuit


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20/10/2007, 15:45 Signaler

mia

Nous a rejoint: 25/09/2007, 21:30
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Nombre de Posts: 340

0

Le divan supprime le contact visuel, ou plutôt la possibilité d'établir ce contact visuel.
Je veux dire par là qu'après deux ans de face-à-face (deux ans de résistance au divan!) le divan a permis pour moi un vrai démarrage de l'analyse, alors même que depuis longtemps je ne regardais plus que très rarement l'analyste pendant les séances. Le changement résiderait donc dans la différence entre ce "très rarement" du face-à-face et l'impossibilité du divan.

Quant à la réduction du champ de vision indiquée par marge, je me sens plus que concernée; j'en suis très vite arrivée, une fois sur le divan, à cacher mes yeux avec mes bras: difficile de faire plus restreint!

Une fois ce contact visuel rendu impossible, l'analyste ne devient plus qu'une présence, une voix...
Lorsqu'en début et en fin de séance, l'analyste retrouve un visage et un corps, il est parfois difficile de faire le lien avec le reste de la séance. Combien de fois me suis-je "enfuie" de la séance pour éviter ce regard?


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21/10/2007, 19:57 Signaler

Nikaya

Nous a rejoint: 04/07/2007, 22:37
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Nombre de Posts: 185

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Le divan, de façon purement concrête, empèche le regard, la vue de l'autre, de l'analyste. J'ai accepté cette règle dès le début. Je n'en ai pas parlé, mais, subjectivement, cela m'effrayait un peu d'avoir quelqu'un, dans mon dos, hors de ma vue. Aussi, mon attention était captivée par les peintures accrochées au mur d'en face, je me demandais qui est-ce qui l'a peinte, elle est moche, peut-être que c'est sa mère qui l'a peinte... Maintenant, même si j'ai les yeux ouverts , je regarde l'environnement sans le regarder, je suis "dans" mes paroles, dans mes histoires... Parfois je regarde mes pieds.
A ma demande, j'ai été reçue exceptionnellement en face à face. Et c'est là que je me suis rendue compte de l'importance d'être hors de vue de l'analyste, de ne pas voir son regard. D'ailleurs j'osais à peine le regarder dans les yeux, et je me suis rendue compte que j'interprêtais ses regards "à la sauce de ma névrose" Or il n'y a pas d'interprétation à faire.
Le divan permet à l'analysant, à mon avis, de ne pas être la réponse à un stimulus (ou un calque des supposées attentes de l'autre) mais d'être ou de devenir le sujet, l'auteur et "propriétaire" libre de ses paroles... et des actes qui en découlent(ront).


Condamnée à  être libre
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14/11/2009, 13:58 Signaler

Vlncent

Nous a rejoint: 03/11/2009, 09:26
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Nombre de Posts: 55

0

Bonjour à toutes et tous,

Divan, derrière…
Mon regard fuie je n'ose pas parler, et si je m'étends mieux, je m'entends mieux ?
Assis je suis mal tendu, je vais me détendre et pouvoir m'entendre.
En face je me retrouve dans son visage, "en face à face" ais-j'envie de voir ce que mes maux disent.

Courage, fuyons, divan derrière c'est le divan que je préfère.
Je sens que ce post est rieur.
loll, sry ;o))
@Bientôt


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14/11/2009, 16:17 Signaler

Nikaya

Nous a rejoint: 04/07/2007, 22:37
Nombre de sujets: 18
Nombre de Posts: 185

0

:lol: :lol: :lol:
Chaud divan!!!! Vincent arriiiiive !


Condamnée à  être libre
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24/03/2010, 08:43 Signaler

Nouchka

Nous a rejoint: 24/02/2010, 14:17
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Nombre de Posts: 73

0

Bonjour à tous!

J'interviens sur ce fil maintenant car ma psy m'a re-proposée le divan pour supprimer ce fameux contact visuel! J'ai bien intégré tout l'intérêt du divan mais voilà, je n'arrive pas à passer le cap!
Avoir quelqu'un derrière moi hors de ma vue me stresse! Ne pas savoir ce qu'elle fait, si elle m'écoute vraiment, ne plus la voir me panique! :oops: Elle m'a demandé d'y penser...
J'ai lu vos divers témoignages mais ça ne change rien à mes angoisses. :roll:
Je voulais juste partager mes doutes ici, le fait de l'écrire sur la toile va peut être me décider puisque le dire ne suffit pas... :roll:


Il faut se connaître soi-même. Quand cela ne servirait pas à  trouver le vrai cela au moins sert à  régler sa vie, et il n'y a rien de plus juste.
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24/03/2010, 10:55 Signaler

Labello

Nous a rejoint: 04/02/2009, 13:49
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Nombre de Posts: 54

0

Bonjour Nouchka.

Juste une idée comme ça. Ne serait-ce pas possible de l'envisager pour une seule séance? Histoire de voir ensembles ce que ça fait, mais avec la possibilité de reprendre votre place face à face la prochaine fois?
Le risque serait alors mesuré, moins important?
Qu'en pensez-vous?

Pour ma part, je préfère ma place sur le divan que celle de mon analyste, même si son fauteuil semble bien confortable. J'aime être allongée, me relaxer, me détendre, un moment pour moi avec quelqu'un juste derrière moi, juste là qui m'écoute. Je vous assure que j'ai développé mes sens auditifs, et s'il n'écoute pas, je "l'entends" :lol:

Bonne continuation


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24/03/2010, 11:04 Signaler

Nouchka

Nous a rejoint: 24/02/2010, 14:17
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Nombre de Posts: 73

0

Merci de votre réponse Labello!
:lol: Ah je n'avais pas pensé que je pourrai "l'entendre" ne pas écouter!!! :lol: J'aime bien l'idée!! :D

Quant à l'essai sur une séance, oui pourquoi pas en effet...sauf que j'ai peur que ça me donne une raison de ne pas y retourner si ça ne me plait pas! Déjà que l'envie d'arrêter est bien présente mais je ne fais pas le pas car je sais que ce n'est pas le moment. :roll: Oui je sais, je suis compliquée...


Il faut se connaître soi-même. Quand cela ne servirait pas à  trouver le vrai cela au moins sert à  régler sa vie, et il n'y a rien de plus juste.
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24/03/2010, 11:49 Signaler

mia

Nous a rejoint: 25/09/2007, 21:30
Nombre de sujets: 8
Nombre de Posts: 340

0

bonjour Nouchka,

vous pouvez encore attendre,
vous pouvez "essayer" comme le propose Labello (pourquoi pas, en effet? je n'y aurais pas pensé!)

perso: j'ai mis deux ans avant d'aller sur le divan, je n'avais pas envie que cela change quoi que ce soit: cela n'a rien changé effectivement, ce qui m'a permis d'y rester.
sauf que... au final, quand j'y étais enfin prête, soit encore de longs mois après, cela a tout changé... et aujourd'hui j'y suis bien plus à l'aise qu'en face!

je dirais donc: chacun son rythme!
bon chemin à vous et bonjour à tous,

mia


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24/03/2010, 12:37 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
Nombre de sujets: 196
Nombre de Posts: 1,576

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Bonjour,
Je trouve pour ma part, que le face à face "invite" à la conversation. Or en analyse, l'on n'est pas là pour se faire la causette. Je trouve aussi dommage que la personne en face soit influencée s'il me prend de noter un mot. Mon écoute n'est pas la même lorsque je suis regardé, et que je regarde. Je me sens moins libre. Autrement dit, il me semble moins bien faire mon travail, voire parfois le faire très différemment qu'il me semblerait opportun.
Lorsque je propose le divan, combien de fois ne m'entendé-je pas répliquer "ça me stresse, je préfère vous voir". Je fais alors doucement pression (par exemple "et bien essayons la prochaine fois") et lors de cette fois suivante, j'interviens plus que nécessaire, plus qu'à l'habitude, afin de faciliter, quand besoin, cette transition. Ou bien j'utilise l'humour : "je m'engage à ne pas profiter d'être derrière vous pour passer l'aspirateur et compléter la liste des courses" ; bref, je dédramatise une situation qu'amplifie l'imagination et la peur du nouveau et du différent.

Constat : libre association et écoute flottante bien plus difficiles sans divan. Je me demande même (ça n'engage que moi et ma pratique) si une psychanalyse - et non une psychothérapie, ou un semblant d'analyse - est possible sans ce cadre.
Si l'expérience m'a fait évoluer sur certains points, ma pratique quotidienne ne m'incite nullement à évoluer quant aux points ci-dessus.

A bientôt,
FB.


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24/03/2010, 13:33 Signaler

Louise16

Nous a rejoint: 01/03/2010, 09:59
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Nombre de Posts: 2

0

Bonjour à tous
Personnellement, je préfère de beaucoup le divan… J’ai commencé pourtant en face-à face, durant presque trois ans, et pourtant j’avais fait un premier travail, bien des années avant, où dès la 1ère séance, j’ai été sur le divan, à raison de 2 séances et très vite trois séances par semaine ; dur, dur… Silence et pleurs ont été mon lot pratiquement durant tout le temps de cette première analyse.
Le face à face de cette 2ème analyse m’a permis tout simplement de parler davantage, mais pas de conversation de salon… Beaucoup de pleurs aussi, mais une prise de parole un tout petit peu plus aisée. J’étais venue refaire une psychanalyse, mais cela ne me dérangeait pas d’être en face à face, je prenais mes marques, je prenais confiance. Un jour, toujours en face à face, je ne sais plus pour quelle raison, il m’a dit : vous n’êtes pas en analyse, bien que vous flirtiez avec elle…
Pas de divan durant ces trois ans, de toute façon, son fauteuil était devant le divan… donc, pas d’accès possible ; puis un jour, son fauteuil a changé de place, et s’est retrouvé derrière le divan ; mais moi je n’ai pas compris… de toute façon, je ne demandais jamais rien, fallait qu’on m’autorise explicitement ; et un jour, il m’a dit : venez vous allonger, j’ai hésité, j’y suis allée… et je ne l’ai plus quitté !
Francis dit : « Mon écoute n'est pas la même lorsque je suis regardé, et que je regarde. Je me sens moins libre. » Et je dirai : « ma parole n'est pas la même lorsque je suis regardé, et que je regarde. Je me sens moins libre. » Donc pas de causette, pour ma part, en face à face, mais une parole moins libre.
A bientôt Louise16


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24/03/2010, 14:30 Signaler

Nouchka

Nous a rejoint: 24/02/2010, 14:17
Nombre de sujets: 2
Nombre de Posts: 73

0

Mia, Francis, Louise16, merci de vos réponses! :D

Mia, euh, ça fait quand même 4 ans que je vois ma psy en face à face :? et je n'ai toujours fait le pas. Vous avez raison, chacun son rythme mais j'ai le sentiment que si je ne passe pas pr cette étape, je n'irai jamais au bout de l'analyse...

Francis, faire la conversation, c'est en effet ce que je ressens par moments, vous avez tout à fait résumé! Quant à la facilité de la libre association sur le divan, c'est exactement l'argument de ma psy...il faut que je me lance quoi... :roll:

Louise16, ça me rassure de voir que je ne suis pas la seule à avoir passé des années en face à face! :wink: Tant mieux si vous préférez le divan!


Il faut se connaître soi-même. Quand cela ne servirait pas à  trouver le vrai cela au moins sert à  régler sa vie, et il n'y a rien de plus juste.
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24/03/2010, 15:16 Signaler

Labello

Nous a rejoint: 04/02/2009, 13:49
Nombre de sujets: 4
Nombre de Posts: 54

0

Faites nous part de votre expérience le moment venu, et ... j'aurai une petite pensée pour vous ce soir, en plongeant sur le divan :lol: :roll: :shock: :wink:


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24/03/2010, 17:33 Signaler

Cauderane

Nous a rejoint: 26/01/2009, 18:29
Nombre de sujets: 14
Nombre de Posts: 280

0

Bonjour Nouchka,

Je voudrai juste ajouter mon petit grain de sel à tout ce qui a été dit précédemment.
Lors de ma première séance sur le divan, j'ai tout de suite senti que la présence de mon psy était plus enveloppante. Il était vraiment là à mes côtés au sens propre comme au figuré ...
Il me semble que vous n'êtes pas loin de faire le plongeon ... faire une séance d'essai est un bon compromis ! Et ... laissez vous surprendre par votre ressenti :D.
Bien à vous,
Cauderane


Passé et présent se mélangent pour se souvenir de l'Avenir.

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24/03/2010, 20:37 Signaler

Magalère

Nous a rejoint: 30/01/2009, 09:46
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Nombre de Posts: 40

0

bonsoir à tous

pendant 6 mois de face à face,il m'a été proposé deux fois de m'allonger sur le divan que je fixais à chaque séance. je me rappelle encore du refus net et précis que j'ai émis le première fois. j'ai vraiment eu l'impression qu'elle me laissait tomber,qu'elle ne voulait plus me voir.
j'ai fait de la résistance pendant quelques temps mais je tournais en rond . il fallait que j'aille plus loin.
MAIS je ne voulais pas poser ma tête là ou d'autres avaient mise la leur.impossible de lui dire. je suis arrivé avec un grand mouchoir à carreaux. j'ai du avoir l'air ridicule,mais tant pis. j'avais osé. à la fin de cette première séance j'ai eu droit à un coussin pour moi.
Maintenant j'apprécie ,mais j'ai parfois le sentiment d'être la seule à faire cela . c'est trop bizarre.
quand je rentre de congés j'ai beaucoup de mal à m'y remettre.
Me mettre dur le divan signifiait aussi que je m'engageais pour un certain temps et cela me semblait impossible .

je ne sais toujours pas quoi faire de mes mains et en fait je bouge en permanence.
pour moi l'expression est quand même plus facile(dire, se taire)
et pour pleurer ,pas besoin de mouchoir,d'ailleurs je crois que le divan n'a été inventé que pour cela: ne pas voir pleurer,le nez ne coule pas....

j'arrête.
bon courage pour le passage ou non sur le divan.

Magalère


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24/03/2010, 21:36 Signaler

Melyna

Nous a rejoint: 21/03/2009, 00:01
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Nombre de Posts: 157

0

Je ne peux parler que de mon "semblant d'analyse" alors je ne sais pas si mon témoignage compte :? :oops: :cry: :lol:

Je n'ai eu qu'une séance en face à face, la 1ère et le passage en mode semi-allongé a été violent mais libérateur et je me sentirais incapable désormais de parler si ma psy était face à moi : j'interprèterais le moindre de ses gestes, respirations , regards ...même si j'ai le sentiment de les deviner alors que je ne la vois pas , ce n'est pas pareil, ça me trouble moins .
Good night everybody :roll:
M.


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24/03/2010, 23:08 Signaler

mia

Nous a rejoint: 25/09/2007, 21:30
Nombre de sujets: 8
Nombre de Posts: 340

0

Magalère

et pour pleurer ,pas besoin de mouchoir,d'ailleurs je crois que le divan n'a été inventé que pour cela: ne pas voir pleurer,le nez ne coule pas....

bien vu (si j'ose dire) Magalère ! :D :D :D

j'ai fait des économies le jour où je me suis allongée: en face-à-face, j'utilisais un paquet de mouchoirs par séance!

bonne nuit à tous,
Mia


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25/03/2010, 08:20 Signaler

Nouchka

Nous a rejoint: 24/02/2010, 14:17
Nombre de sujets: 2
Nombre de Posts: 73

0

Bonjour à tous!

Merci de vos pensées Labello et promis je vous dirai le moment venu! :)

Cauderane vous avez raison, je ne suis pas loin mais ce n'est pas encore le moment, bientôt sûrement...vos différents messages m'aident à y voir plsu clair déjà et surtout à désacralisé ce fichu divan! :lol:

Magalère, Mélyna, Mia, c'est rigolo, vous évoquez toutes les questions que je me pose sans les exprimer, le fait de savoir que d'autres s'allongent au même endroit, encore que il y a un papier sur le divan comme chez le médecin.
La question du mouchoir aussi, comment je fais si mes mouchoirs sont dans mon sac sur la chaise loin du divan, et que je pleure comme une madeleine?
Comment je ressentirai la présence de ma psy?
Bref que des questions qui ne sont là que pour m'empêcher de... :wink:

Je vous dirai! Merci encore de m'avoir lue! :)


Il faut se connaître soi-même. Quand cela ne servirait pas à  trouver le vrai cela au moins sert à  régler sa vie, et il n'y a rien de plus juste.
Message Privé
25/03/2010, 08:57 Signaler

Melyna

Nous a rejoint: 21/03/2009, 00:01
Nombre de sujets: 15
Nombre de Posts: 157

0

Pour les mouchoirs ,"chez Moi" :lol: il y a une poche au fauteuil avec un paquet de mouchoirs..
La question des autres personnes qui s'allongent aussi m'a intriguée car je ne me la suis jamais posée et pourtant je ne supporte pas de lire un livre passé entre les mains de personnes inconnues , je ne supporte pas les objets anciens dont je ne connais pas la provenance , il m'est impossible de mettre des vêtements déjà portés par d'autres...Je m'éloigne du sujet mais merci de m'avoir donné une piste de réflexion ... :wink:


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25/03/2010, 12:41 Signaler

florentine

Nous a rejoint: 26/01/2010, 10:18
Nombre de sujets: 2
Nombre de Posts: 23

0

Bonjour,

mia

j'ai fait des économies le jour où je me suis allongée: en face-à-face, j'utilisais un paquet de mouchoirs par séance!

Tiens... je vais y penser... ! :)

Les 2 fois où je suis passée du fauteuil au divan (avec 2 psychanalystes différents), il s'est passé quelque chose qui a provoqué ce passage. La première fois, je ne "pouvais plus la voir" comme je le lui ai dit... La deuxième fois, j'ai fait un rêve dans lequel je faisais du trampoline sur un canapé... 8)

Et depuis 5 ans, je suis en face à face avec une 3ème analyste. Je ne la regarde que très peu (quand elle me parle le plus souvent). Mais j'ai gardé ce besoin de m'extraire de son regard et de l'extraire du mien pour parler.

La tentation de remplir la séance avec des discussions de salon a été bien plus présente pour moi autrefois sur le divan qu'actuellement. Mais sans doute est-ce également une question d'engagement dans un travail. Passer sur le divan ne se pose pas pour moi pour l'instant... j'attends un 3ème signe, si cela arrivera.

Florentine


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25/03/2010, 14:04 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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0

Bonjour,
Peut-être ai-je été trop elliptique plus haut, et du coup maladroit : "semblant d'analyse" ne se voulait pas péjoratif - je ne sais plus qui d'entre vous a relevé - et "conversation" ne dit pas nécessairement conversation de salon. Et puis c'est vrai qu'on peut être allongé sans cependant faire une analyse, mais un semblant : on trouve des divans chez des psychiatres, des psychologues et des psychothérapeutes non analystes, "non analysés", qui usent ainsi de la méconnaissance de leurs clients.
A bientôt,
FB.


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25/03/2010, 15:36 Signaler

florentine

Nous a rejoint: 26/01/2010, 10:18
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Pas de souci, Francis, en ce qui me concerne... Je relatais simplement mon vécu, sans plus.

C'est peut-être paradoxal (?) mais je partage totalement votre point de vue quand vous écrivez :

Francis Bismuth
Je trouve pour ma part, que le face à face "invite" à la conversation. Or en analyse, l'on n'est pas là pour se faire la causette. Je trouve aussi dommage que la personne en face soit influencée s'il me prend de noter un mot. Mon écoute n'est pas la même lorsque je suis regardé, et que je regarde. Je me sens moins libre. Autrement dit, il me semble moins bien faire mon travail, voire parfois le faire très différemment qu'il me semblerait opportun.

et j'apprécie également ce passage qui est un point de vue à la fois théorique et empirique.

Francis Bismuth
Constat : libre association et écoute flottante bien plus difficiles sans divan. Je me demande même (ça n'engage que moi et ma pratique) si une psychanalyse - et non une psychothérapie, ou un semblant d'analyse - est possible sans ce cadre.
Si l'expérience m'a fait évoluer sur certains points, ma pratique quotidienne ne m'incite nullement à évoluer quant aux points ci-dessus.

Bref, j'avais bien apprécié et le fond et la forme de votre intervention. :)

Florentine

PS : je me relis et me trouve en effet un peu paradoxale... Je rejoinds Francis dans ses propos, mais voilà mon témoignage de ce que je vis en thérapie. Si on était d'un bloc, ça se saurait ! :D


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25/03/2010, 19:05 Signaler

Nouchka

Nous a rejoint: 24/02/2010, 14:17
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0

:wink: Pas de soucis Francis!
La 2ème partie de votre message m'interpelle, il est vrai qu'il y a un divan mais sur sa plaque il n'y a pas l'inscription psychanalyste :?: :roll: En revanche je sais, pour me l'avoir dit, qu'elle est "analysée".

Florentine, vous dites vous extraire du regard et c'est justment ce qui m'ennuie avec le divan...ne plus pouvoir soutenir son regard! Même s'il m'arrive parfois de regarder ailleurs quand je cherche une formulation ou autre, la plupart du temps je la regarde droit dans les yeux, ça me manquera je pense!


Il faut se connaître soi-même. Quand cela ne servirait pas à  trouver le vrai cela au moins sert à  régler sa vie, et il n'y a rien de plus juste.
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25/03/2010, 19:35 Signaler

Melyna

Nous a rejoint: 21/03/2009, 00:01
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0

Francis Bismuth
Bonjour,
Peut-être ai-je été trop elliptique plus haut, et du coup maladroit : "semblant d'analyse" ne se voulait pas péjoratif - je ne sais plus qui d'entre vous a relevé - et "conversation" ne dit pas nécessairement conversation de salon. Et puis c'est vrai qu'on peut être allongé sans cependant faire une analyse, mais un semblant : on trouve des divans chez des psychiatres, des psychologues et des psychothérapeutes non analystes, "non analysés", qui usent ainsi de la méconnaissance de leurs clients.
A bientôt,
FB.

Cher(vous permettez?) Francis ,

parfois être elliptique, c'est bien aussi :wink: ça laisse libre court à l'interprétation alors qu'avec explications , ça peut "confusionner" !
Surtout lorsqu'"on" se retrouve dans une situation thérapeutique qui est un "semblant d'analyse" (c'est moi qui avais repris :? )avec un psychologue analysé mais pas analyste qui vous propose d'être en position semi-allongée sur un même pas vrai divan ! :roll: :lol:

Nouchka , vous pouvez toujours lui poser la question si c'est important pour vous de savoir :wink:

"soutenir son regard!" : voilà une piste à approfondir très intéressante :wink:

Bonne soirée à tous
M.


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26/03/2010, 17:10 Signaler

opale

Nous a rejoint: 21/02/2007, 09:45
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0

Bonjour,

Concernant ces deux "axes", - l'un horizontal et l'autre vertical - , ça m'est arrivé (encore récemment) d'avoir ressenti mon passage sur le divan comme plutôt insatisfaisant. Je tournais en rond et pourtant je sentais que quelque chose d'important était sur le point de...Et puis, en fin de séance, au moment où je me retrouve à la verticale toujours assise sur le fauteuil, ce qui n'avait pas réussi à se dire, s'est très clairement formulé. J'ai très souvent eu le sentiment que le divan était un passage nécessaire avant que le "fruit" - mûr - ne tombe...personne ne démentira, je crois, la nécessaire verticalité de la chute.
Donc pour moi et pour résumer, il y eut, comme vous, une période dite de "face à face" avant le divan (bien que vêtements, mimiques, expressions, regard de mon analyste n'aient laissé aucun souvenir précis) mais ce passage sur le fauteuil est pour moi une étape toujours aussi importante, pas nécessairement "fructueuse" mais loin de faire seulement partie du "dispositif".Il fait partie intégrante de ma séance.L'un n'exclut pas l'autre.
Je ne sais si ce que je viens d'écrire va "rassurer" les angoissé(e)s du divan ou "conforter" les accros du face à face mais c'est ainsi que je le vis.

Bon après-midi à vous.


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27/03/2010, 09:19 Signaler

mia

Nous a rejoint: 25/09/2007, 21:30
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0

bonour à tous,

Opale, j'ai trouvé très intéressant votre apport sur la "verticalité de la chute".

et pour ceux qui hésitent toujours, il me paraît important de dire, tout simplement, que le divan n'est pas lieu d'interdiction, il n'est le siège que de mes angoisses; il ne m'a jamais été interdit me lever pour aller chercher mes mouchoirs restés dans mon sac à mains, de laisser ou d'enlever mes chaussures, de poser ma tête non sur le même oreiller que les autres, de remettre ou non la couverture en place avant de partir, ou encore de me tortiller ou de m'asseoir sur ce divan...


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29/06/2010, 18:46 Signaler

VickyD

Nous a rejoint: 23/06/2010, 14:11
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0

Divan, divan quand tu nous tiens....ou pas
Depuis que je suis passée sur le divan et plus en tête à tête, je suis vraiment paralysée, anesthésiée, je n'arrive plus à émettre une parole qui ne me semble vaine ou futile. Et pourtant, il me semble que j'aurai tant à dire, des choses beaucoup plus personelles,plus "vraies", plus dérangeantes sans doute...mais qu'importe, puisque rien de tout cela n'arrive à sortir...Pourtant je continue car je sais qu'un jour, les vannes vont s'ouvrir, et le barrage cèdera...mais quand?


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29/06/2010, 21:57 Signaler

mia

Nous a rejoint: 25/09/2007, 21:30
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Nombre de Posts: 340

0

je n'arrive plus à émettre une parole qui ne me semble vaine ou futile

ah! mais ça me semble positif, ça!:D

:idea: une parole "vaine et futile", ça ne serait une autre façon de dire de l'association libre?... les choses personnelles se disent d'elles-mêmes, patience, vous êtes sans doute sur le chemin...

bonne continuation Vicky :wink: !
bien à vous,
Mia


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01/07/2010, 20:59 Signaler

VickyD

Nous a rejoint: 23/06/2010, 14:11
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0

Bonsoir Mia,

Je n'avais pas vu les choses de cette manière.Voilà un éclairage nouveau qui m'aidera à prendre patience (ce n'est pas vraiment mon fort...). C'est difficile le "lacher prise"...

Merci pour ta réponse,

Très bonne soirée à toi...


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17/11/2011, 23:04 Signaler

Chica

Nous a rejoint: 20/01/2011, 16:49
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Je me souviens avoir lu dans ce forum (je ne sais plus à quel endroit) quelqu'un qui disait être repassé en face à face durant quelques temps après une longue période de divan. La personne peut-elle se manifester? J'aimerais en savoir un peu plus de son expérience si elle le veut bien, ici ou en mp. Merci.


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20/11/2011, 17:31 Signaler

jordaele

Nous a rejoint: 13/09/2011, 21:38
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Nombre de Posts: 11

0

Bonjour Chica,

je ne sais pas si j'ai fait mention de ça sur le forum mais c'est mon cas. Si tu as des questions, je veux bien essayer de répondre.
++


Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront.
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20/11/2011, 17:37 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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0

Bonjour,
Puisqu'on ne me demande pas mon avis :D je le donne.
Le divan permet une plus libérée expression du "client", et une écoute moins centrée sur les faits du... disons, du psychanalyste, si c'est bien à un analyste que l'on a à faire. Moins centrée sur les faits que sur ce que les paroles et les silences peuvent laisser entendre.
Dès lors, je ne comprends pas bien ce que le psychanalyste peut trouver comme intérêt pour son client, de le laisser revenir ou de le faire revenir au face à face.
Quelque chose m'échappe.

Mais je laisse la parole aux témoins.

A bientôt,
FB.


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20/11/2011, 18:03 Signaler

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
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0

Il m'a proposé une fois de revenir au face à face, parce que c'était trop dur. Mais j'avais refusé à l'époque.

Je trouve que le divan rend les choses beaucoup plus difficiles, et je comprends parfaitement qu'à un moment quelqu'un souhaite repasser en face à face. Parler comme ça face au vide, sans rien pour supporter sa parole, c'est vraiment usant et éprouvant... Pour ma part j'ai vraiment ressenti le passage du face à face au divan, le face à face me laissait à peu près tranquille après les séances, me rassurait, me servait vraiment de soutien (je puisais certainement dans le regard ou les expressions du psy une réassurance, quelque chose qui me disait que "tout allait bien, au fond"), alors qu'avec le divan, c'est autre chose, on sort parfois complètement vidé, et il n'y a pas du tout la même relation de soutien. Le psy est là, certes, et effectivement, savoir qu'il est là est un soutien, mais on est vraiment face à soi même et on ne peut pas "fuir dans l'autre", si vous voyez ce que je veux dire. On ne peut pas vérifier chez l'autre ce qu'on croit, ni les effets de ce qu'on dit, ce qui conduit évidemment à une profonde remise en question des croyances et de ce qu'on peut dire ou penser de soi. Ca, plus le fait que cela ouvre un espace dans lequel "je" m'observe en train de parler, ou plutôt, "je" observe quand "ça" parle, c'est vraiment un exercice particulier.

Je ne sais par contre pas si c'est une bonne idée de repasser au face à face, ou pas, n'étant pas un professionnel (et certainement que Francis a raison), mais en tout cas je comprends vraiment la demande ! Je pense que pour un analyste (en tout cas pour le mien lorsqu'il me l'avait proposé) qui accepte la demande, ou même qui propose, il s'agit de proposer un soutien provisoire accru pendant une partie de la cure analytique, lorsqu'il sent que c'est ce dont le client (? patient ?) a besoin...


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20/11/2011, 18:23 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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0

Petit rappel : http://www.squiggle.be/francis-bismuth/q[…]r-un-divan lien un peu long à s'ouvrir mais qui finit par.
FB.


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20/11/2011, 19:51 Signaler

Chica

Nous a rejoint: 20/01/2011, 16:49
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0

Pardon, j'avais déserté ces deux jours.
Merci à tous pour vos réflexions et aussi à la personne qui m'a envoyé un mp que je viens de voir et auquel je vais répondre sous peu.
Pour le moment,il m'est difficile d'entrer dans les détails mais vous lire est un plus.
Francis,vous avez bien fait de vous en mêler!
Quelque chose vous échappe, et moi beaucoup de choses m'échappent en ce moment, mais vos remarques m'interpellent,n'y a t-il pas d'exception, jamais d'intérêt? Encore et encore des questions!


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20/11/2011, 19:59 Signaler

mia

Nous a rejoint: 25/09/2007, 21:30
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Bonsoir Chica, jordaele, Francis, Woody Richard et tout le monde,

Je suis repassée un ou deux mois en face-à-face (après 5 à 6 ans d'analyse si je me souviens bien), je l'ai évoqué rapidement ici:
http://www.psychologie-bismuth.com/forum[…]32-20.html
Pour ma part ce n'était absolument pas une demande de mon psy, mais de moi.
Je me sentais depuis plusieurs mois dans un blocage total, sans changement, demandant à mon psy qu'il change quelque chose dans sa façon d'être en séance; je pense que j'attribuais son non-changement à une résistance de sa part, j'avais très fortement l'impression qu'il n'entendait pas une demande que je lui faisais (mais que je ne savais pas situer).
Finalement, après avoir failli partir pour changer d'analyste, je lui ai demandé de me recevoir en face-à-face: seul moyen que j'ai trouvé pour essayer de le faire changer. Je me sentais désespérée.
Il a accepté, c'était mon choix. Pas de changement pour autant, après quelques séances j'étais toujours aussi paumée, je le lui ai dit, j'ai songé retourner sur le divan "pour fuir", il a fini par me répondre que c'était peut-être une bonne idée de rester un peu en face, "pour remettre un peu de réalité dans tout ça". Peu de temps après, il m'a donné un vague conseil (watcha, ce n'est pas dans ses habitudes!) au niveau de ma vie "réelle", qui m'a fait comprendre quel rôle je lui faisais jouer dans tout ça... peu de temps après, c'est tout naturellement que je suis revenue au divan, avec ses aléas "normaux".
Je ne sais pas s'il y avait effectivement résistance de sa part, mais c'est l'impression que j'ai eue. Il y avait peut-être d'autres possibilités de dénouer ce qui se jouait; mais c'est la seule solution que j'ai trouvée à ce moment-là (à part la fuite...)

Bref, je crois que c'est vraiment une histoire singulière, comme pour tout ce qui touche à l'analyse de tel analysant avec tel analyste...

Bonne soirée à chacun,
Mia

ps: je me relis et je vois que Chica a répondu entre-temps; revenir au face-à-face peut -ou non- être une exception à gérer dans une cure...


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20/11/2011, 21:46 Signaler

jordaele

Nous a rejoint: 13/09/2011, 21:38
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0

Bonsoir,

oui, le travail en face à face n'est pas le même, mais j'ai le sentiment que parfois il est nécessaire. c'est certe un aménagement, mais je continue à associer librement. Ca "enlève" peut-être quelque chose à l'analyse, mais dans mon cas, je crois que cela a été nécessaire pour la poursuivre.


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20/11/2011, 22:07 Signaler

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
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jordaele
Bonsoir,

en ce qui me concerne, je suis repassée en face à face sur proposition "ferme" de mon psy après 2 ans de divan. Ca a été une période d'angoisse atroce,extrêment difficile à vivre. Le retour dans "le monde des vivants" a été long.

Bonsoir ! Je n'ai pas bien compris votre phrase : la période d'angoisse terrible, c'était les deux ans sur le divan, ou la période de transition (retour) vers le face à face ?

Si c'était le divan, n'en avez vous pas voulu à votre analyste de vous avoir laissé sur ce divan si longtemps, sans qu'il ne se rende compte de la souffrance que cela provoquait ?

Je m'interroge là dessus en ce moment, pour savoir comment les psys jugent si quelqu'un est capable ou non de passer au divan et de conduire son analyse dans ces conditions...

Merci !


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20/11/2011, 23:26 Signaler

jordaele

Nous a rejoint: 13/09/2011, 21:38
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0

Désolée mais j'édite le message qui me parraît aujourd'hui trop intime.
Pour répondre clairement à Woody :

- Je n'en veux pas à mon analyste de m'avoir laissé sur le divan, même si ça allait mal.
- Aujourd'hui je le remercie de m'avoir fait remonter la pente en face à face, même si cette remontée a été dure.


Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront.
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21/11/2011, 09:18 Signaler

Woody Richard

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0

Merci beaucoup pour votre réponse.


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25/03/2012, 12:54 Signaler

melimelo

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1
Francis Bismuth aimen(t) ca!

Bonjour les divanophiles

Quand je suis passée à deux séances au lieu d'une je suis, par la même occasion, passée du fauteuil au divan.

C'est beaucoup plus confortable que de se regarder (ou pas) dans le blanc des yeux, on pleure moins grâce à la position couchée et on peut dire des horreurs sans rougir (au cas même ça ne se voit pas).
Son divan est d'un violet foncé (comme les tissus de deuil d'antan lui ai je dit), moi qui ai tendance à joindre mes mains j'évite de le faire car il ne me manquerait plus qu'un chapelet et attendre les saints sacrements. Le divan est à côté d'un grand rideau blanc, plutôt sale (je ne manque pas de lui dire). Je le "tripote" souvent, pas l'analyste, le rideau...
Je ne bouge que rarement, c'est en lisant de çi de là que j'ai vu que certains se mettaient en chien de fusil, en boule, sur le côté, ça ne doit pas être pratique pour parler ?
Je suis sur le divan et devant moi un mur tapissé d'un gris pisseux avec aucun tableau (ce que je ne manque pas de reprocher à mon analyste).
C'est derrière qu'il y a la "vie", mon analyste, et des tas d'objets de déco et autres trucs non identifiables.
Plusieurs fois sa présence derrière moi m'a fichu les jetons (drôle d'expression), le fait que son fauteuil craque m'angoisse, et par deux fois j'ai vraiment eu peur de lui.
Evidemment ça n'est pas très banal comme fantasme et ça permet de travailler là dessus.

En face à face je le regardais, je ne fuyais pas son regard, du moins pas souvent, en revanche je me prenais ma misère par "réverbération" je ne sais quel mot employé, en pleine face, ce qui me faisait souvent pleurer (doucement, je suis du genre discrète, hormis les grosses provocs bien sûr).

Voilà, c'était ma contribution au divin divan,
Je finis sur un peu de poésie baudelairienne

Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.


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25/03/2012, 17:08 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
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0

:D

A bientôt,
B.


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