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Sur la fonction maternelle

03/02/2011, 15:51 Signaler le sujet

Francis Bismuth

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Bonjour,
Sur la fonction maternelle, de quelques points de vue psychanalytiques, l'excellent article de Sandra Verdrel ici : http://sandra.verdrel.over-blog.com/arti[…]61181.html

A bientôt,
FB.


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04/02/2011, 07:22 Signaler

Laurence

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Un petit bout d'une chose écrite récemment :

"Je relis Freud avec mes yeux d’adulte. Et pas seulement d’adulte. De mère. J’ai longtemps été sceptique sur la pensée populaire qui sous-tend qu’une femme n’est pas tout à fait femme tant qu’elle n’est pas mère. Aujourd’hui, je la rejoins en la nuançant. On n’est pas adulte tant qu’on n’est pas parent. Il semblerait qu’on ne puisse aussi aisément contourner certains déterminismes de notre espèce. Voici l’inconscient collectif légitimé. S’il en avait besoin. Sauf qu’il y a un gouffre entre penser l’inconscient collectif et l’éprouver.

L’être se construit sur le conflit. Les conflits. Résolus ou non. Comme le neuroblaste se frayant un chemin à travers tous les possibles, nous sommes ce cheminement à travers ce qui nous fait et nous défait. Et c’est justement au moment où l’on devient parent, puis au fil des années passées aux côtés de nos enfants, que nous remettons ces conflits à jour. Faute d’enfanter, les refoulements ou résolutions partielles peuvent rester figés. L’enfant qui nait remet tout cela en question. Et il faut tôt ou tard s’y coller. Le mieux étant de le faire au fil des jours, mais combien sont capables d’une telle lucidité, ainsi que d’une telle sérénité. Et n’oublions pas le temps qui manque, souvent. Mais peut-être est-ce nécessaire, ce manque de temps ? Pour laisser germer les graines, mûrir les nouveaux questionnements. Pour créer une tension, un élan nécessaire au gigantesque travail qui s’annonce.

Irrépressiblement, ma fille me renvoie à la petite fille que j’étais ; mon fils au petit garçon que j’étais aussi. Les suivre sur leur chemin – leurs chemins – me renvoie à la mère qui m’a suivie – ou pas -, au père qui m’a suivie – ou pas. Effrayant."

Alors, forcément, le passage sur "la maternité comme étape du développement psychoaffectif" a fait écho.

En revanche, sur le blog, je ne parviens pas à voir les commentaires (je suis une quiche, ce matin, dirait-on)... :(


Il est probable que la meilleure réponse au vertige ne soit pas la crispation mais l'étonnement.
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04/02/2011, 07:39 Signaler

Francis Bismuth

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Laurence
(...) En revanche, sur le blog, je ne parviens pas à voir les commentaires (je suis une quiche, ce matin, dirait-on)... :(

C'est une suite de commentaires qui ont eu lieu sur Facebook et non sur le blog de Sandra. J'attends le feu vert des interlocuteurs de Facebook pour publier leurs échanges ici.

Je lirai le fond de votre post ci-dessus un peu plus tard.

A bientôt,
FB.


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04/02/2011, 10:29 Signaler

Francis Bismuth

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Bonjour,
Ci-dessous, le dialogue d'hier sur Facebook, suite à l'article de Sandra Verdrel, auquel les membres de ces forae peuvent donner suite s'ils le souhaitent :

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#
Madame XXX : Alors là, pour le coup, le Winnicott, si je le chope, il prend Yuri dans les bronches.

#
Francis Bismuth : Pourquoi m'am ?

#
Madame XXX : Parce que toute tentative de définition de ce que peut ou doit être une bonne mère me donne envie de mordre. Parce que j'ai fait deux enfants, sans jamais ressentir cet état dont il parle, que la plupart de mes amies ne l'ont pas vécu non p...lus et que je n'en reconnais les symptômes que dans une très petite minorité de mères rencontrées, dont la plupart (mais pas toutes, loin de là évidemment, que je ne fasse pas non plus de simplification hâtive) sont d'ailleurs des femmes ayant un schéma de l'idéal de ce qu'est la famille qui comprend un père dépossédé de son accès aux soins du nourrisson, et de préférence, éloigné. Parce que les deux aspects pour moi fondamentaux du rôles des parents qui sont la protection et l'autonomisation de l'enfant sont présents dès la naissance, même au stade du nourrisson, et qu'ils sont partagés par les deux parents. Et que pour le compte, je suis assez d'accord avec Badinter sur un retour de l'idéal de la mère qui amoindrit l'image de la femme, entre autres avec la pression exercée sur les mères pour qu'elles allaitent au-delà des premiers jours, chose qui recale de nouveau le père à l'arrière plan, avec pour conséquence d'ouvrir à nouveau la voie à ce genre de discours réducteur qu'est celui de Winnicott. D'ici à ce qu'on recommence à accuser les mères d'êtres responsables de l'autisme des enfants... (oui, bon, là je caricature. Mais ça m'énerve...^^)

#
Francis Bismuth :
Il ne me semble pourtant pas que Sandra parle bcp de psychopathologie maternelle.
En outre, dans la majeure partie de l'article, j'aurais pu remplacer "mère" par "père" ou comme disent d'autres - Spitz, ou Bowloby, je les confonds toujours -... par "figure d'attachement primaire"ou par "fonction maternelle".

Maintenant, chez certains sujets, la naissance d'un enfant peut réactiver tant chez la mère dans son rapport à sa propre mère, que chez le père, de vieux conflits intérieurs restés latents jusqu'à ce changement de statut (de fille de mère que j'étais, je deviens mère ; de fils de que j'étais, je deviens père).

Donc pour moi dans cet article, rien de partial, de militant ou de "materno-centrique".
Mais je ne suis ni femme, ni mère, aussi, à chacun sa lecture.

Bien à vous,

#
Sandra Verdrel :
Passer de l'étape de femme à celui de mère celà à valeur d'étape
initiatique! donc forcément il y a un bouleversement qui se fait... Le post-partum est différent selon les femmes, leur vécu ... Mettre au monde un enfant est une expérience idiosyncrasique que seule la mère
éprouvera selon ses capacités d'empathie avec son bébé, vécu comme
bon objet ou objet persécuteur!! ça arrive dans certaines dépressions
sévères du post-partum. Laquelle survient en fonction de différentes raisons; qu'il serait trop long à énumérer. l'expérience personnelle n'est
pas le bon outil pour évaluer sur la distance ce qui se joue dans les
relations précoces mère/bébé. Une mère ayant des liens lénifiants avec
le père de son enfant, bien entourée par sa famille, des amies, sera plus apte à contenir son bébé qu'une maman isolée ou ayant des pr+++ dans sa vie. Car sans personne pour étayer ses parties d'elle-mère, celle-ci risque davantage de faire un épisode du post-partum
d'avoir des relations moins contingentes. Que ces mères qui vivent
une relation amoureuse, gratifiante . Aujourd'hui, les contacts avec le père ont bp changés. Car on a compris l'importance de son rôle dans
la dyade.
Donc, il n'est pas question de reléguer la femme à la seule fin
de reproductrice, pourvoyeuses^(pourquoi pas ) d'enfants mâles !!

Il n'y a pas de schéma idéal type...Il y a une mère, un nouveau-né
qui arrive dans le couple et qu'il va falloir apprendre à connaître, à aimer et, un père qui de doit plus avoir peur de mettre une couche
ou de donner le biberon. Le sein ou le biberon sont des bons objets
tout dépend de la manière dont ils sont présentés à l'enfant!

Chaque mère fait avec ce qu'elle a et ce qu'elle a reçu!!! le père quant
à lui est là, pour médiatiser la relation, assurer une triangulation
effective.

#
‎Madame XXX à Sandra : je suis bien d'accord. D'où ma réaction à des généralisations qui me semblent toujours, toujours abusives, et surtout lorsqu'elles sont accolées au terme de "bon" ou "satisfaisant", entraînant une stigmatisation et une culpabilisation avec un gros besoin de "bien faire" qui peut parfois faire des ravages. Et c'est bien comme ça que j'ai ressenti les citations de Winnicott dans l'article, des "facilités" d'expression qui frôlent la formule pratique, mais dangereuse.
#
Madame XXX à Francis : ce n'est pas l'article qui m'a gêné, c'est un article, court, qui plus est, forcément réducteur, mais les mots des citations de Winnicott. D'où le fait que je râle contre lui, pas contre Sandra... ;)


#
Madame ZZZ :
Si je peux me permettre de ramener ma fraise de psychanalyste et de mère, il me semble que Sandra Verdrel fait un résumé de la pensée anglo-saxonne s'agissant de la fonction maternelle vue par la psychanalyse dont le fondement est - ou alors j'ai rien compris - la prise en compte/la mise à jour de processus inconscients. Normal que cela vous paraisse à la fois un poil étrange et légèrement compliqué... comme tout ce qui ne nous est pas directement accessible. Winnicott en a écrit des volumes entiers... "Bon" n'est pas l'inverse de "mauvais" dans l'esprit de Winnicott mais plutôt à comprendre en termes de "réponse adéquate". Tout cela est à relativiser, à replacer donc dans l'histoire du sujet... Et surtout à ne pas prendre au 1er degré, c'est malheureusement bien plus complexe que le résumé de Sandra ne le laisse penser au profane... (excellent résumé par ailleurs, mais qui s'adresse je crois, à ceux qui ont les prérequis).

#
Sandra Verdrel :
Exactement à ne pas prendre au premier degré, mais je pense que
Coquecigrue.. à très bien compris, la preuve sa réaction au quart de tour... J'ai fait un DEA sur le Post - Partum chez les femmes migrantes
d'origine maghrébines, donc Winnicot...t, n'est qu'un auteur de plus
parmi tant d'autres. Car, il s'agissait surtout d'un Mémoire d'Ethnopsychanalyse. Aussi, devais-je d'abord faire une approche
classique occidentale, puis une approche culturelle.


#
Madame XXX : Sans doute : encore une fois je ne critiquais pas l'article de Sandra. Et "réponse adéquate" ne me satisfait pas plus. Mais en effet je ne suis pas psychanalyste, et ma vision, au-delà de mon ressenti de mère, est sans doute entachée de mon expérience d'éthologue... Malgré les passerelles communes, éthologie et psychanalyse ont parfois du mal à faire bon ménage... ^^


#
Sandra Verdrel : mais non! l'attachement de Boolby et autres sont inspirés pour une large part de l'ethologie. Donc, j'ai bien compris votre point de vue!

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Voilà.
A bientôt,
FB.


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