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Michel Clauzier

Inscrit le: 12 Juin 2008 Messages: 67 Localisation: Ardèche méridionale
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Posté le: Sam Juin 14, 2008 8:57 am Sujet du message: Histoire singulière et petites histoires annexes. |
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Bonjour à tous,
je me propose et vous propose dans ce topic, d'aborder les thèmes ( variés) de la psychanalyse par le biais d'histoires singulières.
Je me propose particulièrement de faire des parallèles avec l'exégèse hébraique que je considère comme un "discours analytique".
Je précise que je suis agnostique et que je n'entends pas ici faire une proposition prosélyte mais simplement d'enrichir la théorie d'une façon plus singulière.
Vous trouverez ci-dessous les deux textes que j'avais édités dans le topic "transfert et contre transfert" en commun accord avec Francis je les ré édite dans ce topic, car trop excentrés du sujet "transfert et contre transfert".
Cordialement.
Dernière édition par Michel Clauzier le Sam Juin 14, 2008 9:05 am; édité 1 fois |
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Michel Clauzier

Inscrit le: 12 Juin 2008 Messages: 67 Localisation: Ardèche méridionale
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Posté le: Sam Juin 14, 2008 9:02 am Sujet du message: |
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Bonjour à tous.
Quand j'étais enfant, je passais la plupart de mes vacances chez mes grands-parents maternelles, ils vivaient alors sous un petit château qui surplombe la vallée.
Ruelle sinueuse médiévale qui ouvrait un espace vers l'horizon depuis une placette où brûlait chaque année les feux de la ST Jean et le soleil d'été, le reste était ombres plus que lumière, fraîcheur et odeur lovée dans les pierres anciennes.
J'ai connu là des moments de bonheur intense, livré aux jeux du "trois fois rien" car ma famille était très démunies matériellement : nous avions un décors grandeur réelle , décors de cap et d'épée, il suffisait d'un bout de bois et j'étais Lancelot du lac...
Il y eu le temps de la tristesse partagée après le décès brutal d'un enfant, le dernier né de ma grand-mère.
Les jeux devinrent des promenades avec elle dans la plaine, pour cueillir des fleurs sauvages que nous portions ensemble au cimetière.
En remontant j'allais m'asseoir seul sur le muret de la placette et je passais de long moment à scruter la petite ville en face où habitaient mes parents, je prenais comme point de repère le château "d'en face", je languissais : château fort...château da...
Quand je me rendis au premier rendez-vous chez l'analyste, bien des années plus tard donc, depuis une adresse qui me fut donnée par mon médecin généraliste, je découvris "l'impasse du château" qui mène à son cabinet, elle était bordée de roses trémières, fleurs que je connaissais si bien depuis mon enfance et ce village...
Cette impasse se trouvait donc exactement sous le château fort que je scrutais depuis mon enfance, avec le recul je repense à la phrase de Levis Strauss : "la chose tabac attendait la chose miel..."
La chose ? Je suis très certainement arrivé à ces premières séances à l'état de chose, puis ce fut la rencontre entre moi-même et les maux, un écart avec les mots pour le dire...
De cet écart je peux nommer ce que nous appelons transfert, pour ma part : la permission de m'accorder à devenir intelligible, dans la parole reçue par l'autre de l'analyse, là où je n'avais eu personne pour le dire jusqu'à l'heure ( dîte) et cette heure devenait le -ici et maintenant-
Bien à vous. |
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Michel Clauzier

Inscrit le: 12 Juin 2008 Messages: 67 Localisation: Ardèche méridionale
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Posté le: Sam Juin 14, 2008 9:03 am Sujet du message: |
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Quelques temps avant le décès de ma grand-mère ( il y a peu de temps donc...) je me trouvais assis à côté d'elle, dans le jardin de la maison de mes parents, lors d'une réunion familiale.
Elle souriait, de son sourire qui était devenu vers la fin de sa vie, une sorte de sourire figé, quelque peu perdu dans sa mémoire qui vacillait petit à petit, je restai alors la seule personne qu'elle savait nommer sans faire d'erreur...
Elle se tourna vers moi, pris le médaillon qu'elle portait autour du cou et me dit : "Regarde..." et sourit de plus belle.
A l'intérieur du médaillon se trouvait la photo de son petit garçon mort il y a bien longtemps, puis laissa retomber le médaillon sur sa poitrine.
J'évoquai cela avec une amie d'origine Juive et hébraisante quelques jours après, elle m'indiqua qu'un tel médaillon se nomme "Shaddai" en hébreux.
Il me revînt alors en mémoire que ce mot est aussi un des noms de dieu "El Shaddai" et que dans les théories kabbalistique il existe une théorie sur l'agencement de l'univers que l'on appelle le "tsim-tsoum".
Il est dit dans cette théorie que dieu n'a pas créé les choses mais le vide entre les éléments et que la force de rétractation s'est vue contrariée par une force inverse, c'est "El Shaddai" qui maintient cette inversion.
Ici je peux faire le parallèle avec l'aspect théorique qui est développé dans les liens que vous avez proposé.
El shaddai : le tiers.
Ce médaillon si près du sein maternelle, contenant cette photo d'enfant, mais dans cette histoire pour le peu que je puisse en présumer aujourd'hui, c'est la mort qui intervînt pour que l'écart s'accomplisse, non que cela lève le mystère de la mort de cette enfant ( il était seul quand cela arriva), mais trace quelque chose que j'ai perçu moi de mon côté, de façon intuitive, depuis ma place d'enfant que je vivais alors sans pouvoir rien en dire.
En espérant ne pas trop être rébarbatif avec des histoires qui seraient trop singulières...
Cordialement. |
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Michel Clauzier

Inscrit le: 12 Juin 2008 Messages: 67 Localisation: Ardèche méridionale
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Posté le: Sam Juin 14, 2008 12:10 pm Sujet du message: |
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Chocolatine a évoqué sur un autre topic l'utilisation des pseudonymes sur l'espace internet.
J'avais écrit un texte sur un autre forum, à propos du film Into the wild, dans la trame de cette histoire, on retrouve l'utilisation d'un pseudonyme par le personnage, je fais donc un copié collé de ce texte ci-dessous.
Cordialement à tous.
C'est sans doute la fin du film qui me laisse le plus expectative, depuis...
Je crois comprendre que les pensées de cette personne sont retranscrites depuis son journal qui fut retrouvé dans son "bus statique"
( Il n'est pas anodin ce choix, car je le voyais s'installer dans une cabane, puis....le bus, comme celui des hippies, planté là au milieu de nulle part apparaît)
au pays imaginaire où le principe de réalité va sauvagement enserrer son corps, jour après jour, dans le froid, la faim,
la solitude qui fait résonner les pensées comme un échos sans fin, tirer heure après heure la dernière substance d'un bras de fer époustouflant
entre la "vérité" et la "réalité".
Le passage est bref, furtif, presque discret : prise de conscience, elle intervient.
Périple de solitude sur la part de l'abandon, pas celui de l'autre, celui d'une part de soi tenu à l'autre, d'un ensemble de transferts qui comblerait des failles :
une maman hippie dont le fils est aussi parti sur la route, un vieil homme dont le fils est mort il y a bien longtemps, une jeune fille éperdue dans sa solitude
et à l'orée de la naissance à l'amour et à la sensualité, toute rencontre épris sur un manque, dans l'affectif sur le soi.
Chaque départ de rencontre va scanser un arrachement nouveau et une génèse sur cette faille mise à jour, pour eux, pour lui, cela ne va pas révéler
du mensonge où de la tromperie depuis le transfert des uns des autres, mais un possible sur le sens de la relation qui s'astreint à ne pas s'astreindre.
Jusqu'au bout ainsi : entre lui et lui et cet état d'écart que l'on fait entre soi et soi à la façon d'une relation, transfert sur soi-même dans un dialogue subliminal
et j'ai eu ce sentiment de vertige, celui-là justement qui m'a renvoyé à des larmes en silences : jusqu'à se quitter soi-même ?
(phrase entendue en filigrane chez les poètes).
Se quitter soi-même, ici je n'entendais plus le sens d'une illusion, d'une portée sur un élan utopiste ou poétique, c'est la mort à venir
qui arrive en levant un voile immense en face de soi.
Alors furtivement il y a cette prise de conscience de l'autre qui avait émaillé les rencontres qui d'une certaine façon lui avait permis
d'arriver jusque là, le voyage ne s'était ainsi pas fait seul, prise de conscience du relatif à la solitude dont l'autre est échos, sans lui pas de résonance à soi.
Ce retour à lui-même il va le tenter sur une brève tentative de traversée de rivière en crue, une autre réalité
va lui réponse en échos : tu ne traverses plus, c'est un message sans mot et sans équivoque, je crois qu'ici le sens du réel prend toute sa consistance.
Ainsi dans l'abandon et presque au-delà de ce choix, il y a cet épisode très particulier où affaibli il cherchera des plantes pour se nourrir en faisant une erreur
dans une semi conscience de se tromper sur une plante comestible.
Erreur ou acte manqué ?
Jeu subtil et macabre du soi qui se laisse dépasser par quelque chose d'inaudible alors, cette part qui aspire à l'anéantissement et à la mort.
Cette mort imaginaire, car elle parle de l'indicible depuis des mots et des inscriptions tracées sur des pages ou sur du bois au couteau, il en reste une trace immense,
celle de son pseudo-nyme, pseudo-nom: supertramp qui va s'effacer sur le retour au nom : celui de du père qui intervient en paradigme
sur cette quête à la fois initiatique, spirituelle et psychologique.
Je ressens en cela une émotion intense de cette confrontation très serrée avec la psychose et l'impossible du réel en état de représentation.
Il y a bien nouage à ce moment là sur ce paradigme symbolique entre le tout imaginaire, immense folie douce de s'être ainsi planté dans ce bus
qui ne bouge qu'au gré des folies intérieures, ce réel qui ne porte plus qu'en voile la transparence d'une nature sauvage et la prise de conscience du nom.
Cette mort arrivera au-delà de tout cela, l'acte manqué que je suggère n'est pas là non plus en matière de maitrise de soi jusqu'au bout et pourtant
cela vient s'associer à quelque chose qui en amont ne voulait plus et signifié par un départ sous l'égide d'une brisure, blessure, cassure, affective.
Cela me fait penser à ce type qui traverse le désert pendant des jours, des semaines et va mourir devant l'oasis en ayant juste
la force de toucher l'eau du bout des doigts, mourir de soi jusqu'à plus soif de n'avoir bu assez de l'autre qui tendait la main mendiante,
main qu'il ne pouvait saisir dans cette peur irrépressible face..........au réel, main qui aurait pu, dans le dédale des relations dont la conjecture est aussi
le sens du masque qui leurre, le faire avancer vers ce point d'eau, mieux, plus vite, peu importe, mais surtout en état de pouvoir boire avant que de ne...
C'est un choix, une vie et dans ce qui nous en est donné à percevoir, je ne pourrais jamais porté de jugement moral sur le sens d'un égoisme qui serait induit,
pas plus que je ne pourrais me dire que l'amour quémandant de l'autre qui ne cherche qu'une complétude totale sur le sens d'un amour
qui absorbe tout serait à dénoncer en tant que tel aussi, c'est l'histoire des humains qui se rencontrent et dont se révèle dans cet aspect
où son inverse l'immense difficulté à : être-humain.
Cette mort presque annoncée, nous la verrons sur le versant des images, un visage sur un sarcophage en sac de couchage, "momiphié".
avant que de n-aître parti, et un raie de lumière, un immense flot de luminosité, le regard planté vers le ciel, celui des enfants où les âmes
se rejoignent dans cet endroit refuge inespéré.
Derniers battements de coeur, dernières respirations, dernier : l'image à rejoint la couleur, toutes nos couleurs d'espérance et d'arc en ciel;
de tous nos regards qui se sont plantés un jour vers le ciel où est réuni cette somme de vision imaginaire, au delà du bleu du ciel
et des regards de l'humanité en écran : le réel. _________________ Ne pas se réduire à ce que l'on né ( est) |
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Chocolatine

Inscrit le: 20 Avr 2008 Messages: 132 Localisation: Isère
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Posté le: Dim Juin 15, 2008 7:57 am Sujet du message: |
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Bonjour Michel et bonjour à tous,
Je voudrais rebondir sur votre premier message posté ici dans ce topic.
Ainsi donc, et si j'ai bien compris, votre analyse se vit dans ce village chargé en souvenirs vécus dans votre enfance. Bien sûr, il n'y a pas de réel hasard à vivre les choses. Cette chose dont vous parlez vous même tout à la fin de votre message.
Et votre récit résonne en moi car je m'interroge, en ce moment, sur ce pourquoi je vis maintenant cette psychanalyse avec ce psychiatre qui me suivait prédemment en psychothérapie depuis de si longues années. Ce pourquoi qui aimerait trouver réponse à toute cette période qui n'a été que résistance à la psychanalyse. Ce divan que je voyais très bien durant toutes mes séances passées (consultations est plutôt le mot) et qui m'interpelait quand même. Je me disais : "mais qu'est-ce qui se dit donc sur ce divan ?" ou encore "à quoi sert-il vraiment ? et est-ce mieux ?". Il m'arrivait souvent de me demander si la personne, qui sortait de son cabinet , avant que je n'y entre à mon tour, y avait vécu sa séance et c'était un jeu incessant. Alors je scrutais souvent ce divan pour y voir une éventuelle trace.
Maintenant que je vis cette nouvelle dimension, je me demande si inconsciemment, je n'ai pas cherché à vivre cette psychanalyse. Car je m'en suis donnée les moyens en ce sens que je n'ai jamais pu rompre ce lien avec mon psy alors même que ce si peu de séances par an (environ une dizaine) ne m'apportait qu'une seule et unique chose et toujours la même. J'aurai donc pu largement m'en passer au bout d'un moment, mais non, je faisais perdurer ce lien et toujours pour cette même quête. Aussi je me rends compte qu'aujourd'hui il m'était sans doute nécessaire de faire perdurer ce tout pour qu'un jour, je m'autorise enfin à vivre cette psychanalyse et connaître ce divan où s'imprime maintenant ma trace ...
Bon dimanche à tous,
Chocolatine _________________ Passé et présent se mélangent pour se souvenir de l'Avenir |
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Michel Clauzier

Inscrit le: 12 Juin 2008 Messages: 67 Localisation: Ardèche méridionale
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Posté le: Dim Juin 15, 2008 9:01 am Sujet du message: |
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Bonjour Chocolatine et merci de votre intervention.
Le cheminement qui précède le divan ?
Effectivement il y en a un ou nous le percevons comme tel une fois allongé, les "traces" font l'évidence ( parfois) à ce moment là, dans ce -ici et maintenant- qui nous échappait sans doute quelque peu auparavant ( au paravent, au par avant).
"Il est long il est long ton chemin Papa..." Chantait Dassin, long pour trouver le sien ?
Bon dimanche à tous. _________________ Ne pas se réduire à ce que l'on né ( est) |
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Michel Clauzier

Inscrit le: 12 Juin 2008 Messages: 67 Localisation: Ardèche méridionale
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Posté le: Sam Juin 21, 2008 6:30 am Sujet du message: |
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« Le corps est l’âme » qu’est-ce à dire ?
Je vous propose une tentative d’approche de cette notion par le biais des « 10 commandements » qui devraient se traduire par les « 10 paroles ».
Dans l’expression le corps est l’âme on pourrait y voir une dérive : l’âme serait un corps biologique, la parole une extension de ce complexe « neurochimique et somatique ».
Où serait la place du sujet dans ce complexe ?
La parole nous précède : Béreshit dit le premier mot de la genèse.
Avant le verbe ? Il est question d’un réel exprimé par la notion de « tohu et bohu », avant c’est : die...tohu bohu… rien…. le réel… tout ce que l’on veut pourvu qu’on puisse y mettre un signifiant et un écran, athées , agnostiques, croyants, nous sommes d’une certaine façon tous égaux devant cet avant.
A l’instar de la parole, le corps nous précède t-il ?
Le corps des parents duquel nous descendons ( le corps maternelle, le corps de la généalogie), le corps des enfants qui rentre dans le même processus de distinction, puis le corps social que nous intégrons avec notre corps propre, distinct de celui des autres et notre parole qui s’allie à cela.
Psyché / PAROLE / corps.
Mais quelle parole, pour quel lien ?
On peut noter que les 10 commandements (En termes de commandement moral) ne sont pas l’apanage du monothéisme, ces interdits étaient largement développés dans d’autres civilisations avant l’avènement du judaïsme.
On peut donc se demander sur quelle base éthique étaient posées ces injonctions morales, quel socle instable ou stable fait que ces interdits périclitent ou perdurent.
Quand Moise descend du mont Sinai avec les tables de la loi, il retrouve une partie de la population qui s’est laissé aller à la dévotion du « veau d’or », l’autre qui est dans l’attente.
Dans sa colère il brise les tables…
Les commentaires nous expliquent que ces tables étaient en pierre, la parole inscrite n’était pas gravée dessus, mais « quelque chose » avait traversé la pierre, si bien que les lettres étaient constituées de la lumière qui passait à travers le support.
Moise n’a pas détruit les lettres des 10 paroles, mais le contour pierre qui leur donnait corps.
La population qui s’est livrée au « corps veau d’or » sera détruite.
Chaque génération qui viendra devra considérer le message des 10 paroles non comme un ordre moral venu de l’extérieur, mais devra refaire corps autour des lettres pour rendre le message intelligible et éthique.
Plus que le message lui-même il est ici un rappel et un appel « à la parole comme fondement de l’éthique » de façon intrinsèque : une parole qui nous précède, une parole à transmettre, un corps pour re former la lettre, un sujet pour la dire, un entre-deux (l'autre)pour le formuler.
Toujours depuis l'exégèse il est dit que ceux qui font corps autour de ces 10 paroles aujourd'hui, étaient présent au Mont Sinai le jour au Moise brisa les tables.
Belle façon d'expliciter le lien avec la parole transmise que le sujet fait sienne sur une base éthique.
Bien sur ici je tente d’isoler un élément parmi bien d’autres concernant un des facteurs qui induit le sens éthique dans cette parole, depuis ce corps individuel vers le corps social et qui fait lien de génération en génération à partir du monothéisme, bien d’autres facteurs existent et son à décrypter depuis une certaine exégèse en lien avec des éléments de la psychanalyse.
Il est a noté que dans une certaine continuité le message Chrétien reprend cette thématique de façon très explicite, évangile selon ST Jean : « Au commencement était le verbe » en lieu et place de Bereshit , et la parole de Jésus vers l’apôtre Pierre : « Sur cette Pierre je bâtirai mon église… » _________________ Ne pas se réduire à ce que l'on né ( est) |
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Michel Clauzier

Inscrit le: 12 Juin 2008 Messages: 67 Localisation: Ardèche méridionale
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Posté le: Ven Juin 27, 2008 6:14 am Sujet du message: |
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De l'inconscient,au ciel ouvert (?).
Pointe Noire, Congo 1991.
Place centrale ( stratégiquement ?) de la ville, immense espace couvert de latérite, pendant la saison sèche une poussière ocre se formait, plombant au dessus de la terre rouge..
De loin un manguier gigantesque,où que l'on devinait comme tel, offrait un spectacle insolite à ceux qui ne le connaissait encore...
Depuis ses branches, pendait une flopée d'objets mi-tique( car je n'ose dire mythique) mi-raisins ( car ils me rappelaient les grappes de la vigne).
Paquets hétéroclites constitués de tous les ingrédients d'une Afrique semi urbaine, semi animiste perdue dans le souvenir de ses fétiches anciens : plastiques colorés, cartons rongés par la pluie, ferrailles tordues qui n'avaient rien à envier à l'art conceptuel, ficelles bariolées entourant ces sacs de diverses dimensions, sacs qui pendaient et bougeaient au gré du...
Sous cet arbre vivaient ce que nous appelons ici, les fous, les aliénés ( désaliénés en l'occurrence à cet endroit ? Pas si sur...) dont l'état physique était proche d'un certain acharnement à ne plus prendre -soindesoi-
Allant nus ou avec des chiffons enturbannés autour des hanches, chiffons noirs et graisseux, cheveux en paquets informes et poussiéreux, visages d'ébène massifs et figés dans des expressions d'oublis et de "déperdition" affolante, tout ce que la ville comptait de personnes larguées, jetées,ensorcelées,à moitié désenvoutées se retrouvaient là.
A n'en pas douter la psychiatrie avait une autre figure en Afrique...
Plus enviable ?
Moins ?
Je dirais autrement et il faudrait ici se pencher sur l'aspect sociologique de la place du "fou" dans l'espace commun, ce n'est pas le but de mon texte, mais la question est soulevée.
En tout cas je fus assez surpris le jour de la visite officielle du président Denis Sassou N'Guesso ( Dictateur opportuniste et performant, qui su naviguer entre Russes et Cubains à "la belle époque" de l'URSS, puis avec les Français et les pétro-dollars. Le Congo Brazzaville est l'un des pays où les soldats ont commis le plus de viols lors des changements violents de périodes).
La ville avait été nettoyée sur ses axes principaux mais l'arbre aux "fous" n'avait pas été touché, j'en fus assez surpris..
Lors du défilé je me trouvais juste derrière l'arbre c'est ainsi que dans la même perspective je vis apparaître la limousine ( blanche je crois) du président qui trônait debout dans l'engin, foulard rouge autour du cou ( démocratie populaire oblige) costard cravate tiré à quatre épingles accompagné de sa féroce garde rapprochée et armée pour la guerre, l'arbre décharge, les fantômes dépenaillés qui tournaient lentement autour du tronc , le tout dans une nuage léger de poussière ocre.
Pourquoi personne n'avait touché aux "fous" ? _________________ Ne pas se réduire à ce que l'on né ( est) |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 413 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Ven Juin 27, 2008 6:32 am Sujet du message: L'arbre aux fous |
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| Citation: | | Pourquoi personne n'avait touché aux "fous" ? |
- Par peur ?
- Parce que les fous n'avaient pas de "valeur marchande" aux yeux du dictateur et de ses troupes ?
- Par désintérêt ?
- Par respect pour ces Hommes d'un "autre monde" ?
- De par l'intuition de ce que la folie peut toucher tout un chacun ?
- Par superstition ?
Belles réminiscences, merci Michel,
FB. |
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Enid

Inscrit le: 31 Juil 2008 Messages: 38 Localisation: Lyon
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Posté le: Mar Sep 02, 2008 4:26 pm Sujet du message: L'arbre aux fous |
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Bonjour,
La lecture de ces deux derniers posts me rappelle un texte que j’avais trouvé sur internet, lors d’une recherche sur le thème symbole… et diabole -ce dernier terme ayant été une lanterne allumée par mon analyste, alors qu’à ma connaissance j’ignorais ce terme de diabole, et que je n’avais jamais pensé à ce que « diable » ait un lien d’étymologie si direct avec symbole.
C’est sur ce site http://home.scarlet.be/schurmansd/LES%20CONCEPTS%20FONDAMENTAUX.htm
et dans le dossier LES CONCEPTS FONDAMENTAUX DE LA PSYCHIATRIE ANTHROPOLOGIQUE
que j’ai lu ce qu’il y avait de plus explicite sur le sujet.
Il se trouve que cette approche en anthropologie culturelle rejoignait aussi quelqu’études universitaires faites il y a longtemps qui m’avaient passionnée.
Je voudrais donc ici, apporter cette lecture pour éclairage « sur » le fou, et en Afrique précisément, éléments de réponse à y chercher, à la suite des interrogations de Francis Bismuth listées ci-dessus.
(Notamment pour : « le symbole et le diabole », voir point 6, « La notion d'embrayeur symbolique et diabolique » en point 7)
Pourquoi personne n’avait touché à l’environnement de l’arbre des fous ?
Ma question en retour est naïve :
dans quelles circonstances il serait venu à l’idée de toucher à l’arbre à paroles, arbre à palabre (Nota 1) ? Dans quelles circonstances touchent-on aux griots (Nota 2) ?
Ces circonstances auraient probablement été les mêmes que celles où on pourrait toucher à l’arbre des fous.
Parce qu’il faut être fou pour toucher à l’arbre aux fous.
Enfin, c’est ce que j’en dis !
Bien cordialement à tous,
Enid
Nota 1 : l’arbre à palabre est celui de chacun en capacité de parler, et pas spéficiquement les griots.
« L’arbre à palabres, c’est souvent le baobab ou le fromager à l’ombre duquel les gens du village tiennent leurs assemblées, durant lesquelles ils discutent des problèmes de la communauté. Sous la protection de ce grand feuillu, chaque villageois peut exercer son droit de parole, à la seule condition d’écouter d’abord les vieillards, en raison de leur expérience. »
Sous l’arbre à palabres, mon grand-père disait… , Boucar Diouf.
Nota 2 : ne pas confondre « griot » et « conteur » : "Le [conteur] dit les contes, c'est-à-dire des récits de fiction, tandis que le [griot], qui appartient à une caste bien précise, est souvent poète et musicien. Autrefois, chaque prince, chaque famille noble avait son griot en charge de dire la généalogie des clans, de rappeler leur histoire et de vanter les hauts faits des chefs. Le griot est ainsi un archiviste précieux, un homme de grande mémoire. Aujourd'hui, il reste un porte-parole et un médiateur très recherché en cas de conflits."
http://www.ecoles.cfwb.be/argattidegamond/Contes/liens%20africains.htm
. On peut me répondre que justement le Dictateur a touché à l'arbre à palabres... eh bien c'est qu'il y a une autre manière de prendre les choses, et qu'on veuille bien retourner ou prendre de biais ce que j'en dis dans ce message, c'est fait pour ça. |
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Michel Clauzier

Inscrit le: 12 Juin 2008 Messages: 67 Localisation: Ardèche méridionale
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Posté le: Lun Sep 08, 2008 6:57 am Sujet du message: |
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Bonjour Enid, bonjour à tous,
je ferais juste un petit commentaire, l'arbre dont je parle se situe à Pointe-Noire, en Afrique Centrale, je crois savoir qu'on trouve les griots en Afrique sub-saharienne côté Afrique de l'ouest ( cet été je suis allé écouter de la kora en concert, jouée par la famille Diabaté, une grande famille de griots, ils sont Maliens...)
On pourrait retenir ici "l'arbre à palabre" qui est une constante en Afrique et sans doute revenir sur le contexte urbain de la situation que je décris : l'arbre à palabre devenu "fou" ou encore "la parole devenue folle", ce qui me semblerait assez représentatif de cette Afrique prise en étau entre occident et culture originelle.
J'y reviendrais.
Bonne journée. _________________ Ne pas se réduire à ce que l'on né ( est) |
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