| Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 266 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
|
Posté le: Sam Mar 22, 2008 9:48 pm Sujet du message: Mai 68 |
|
|
|
Archives INA autour de mars-mai 1968 ressorties tout au long de ce vendredi 21 mars 2008 sur France Inter. Extrait de "poétiques" perles de l'époque :
"Est-ce que la culture du moi provoque la moiteur du cul ?"... J'ignore ce qu'en eut dit le tout autant bienséant que révolutionnaire Sigmund Freud.
Début de la fin des "trente glorieuses". Déjà se disait et s'entendait : "Aujourd'hui, tout est possible!", slogan repris voici quelques mois dans un autre contexte par l'actuel président de notre république, qui fait rimer "ensemble, tout est possible" avec "il faut liquider (ou tourner la page de) mai 68".
Mais maintenant, pour chacune, pour chacun, quelles valeurs, quelles questions, quelles aspirations, quelles contestations ? J'écoute, et je me demande.
FB
PS du 25 mars : pour celles et ceux que cela intéresserait, l'on peut réécouter cette journée spéciale, en collaboration avec l'INA, en piochant ici : http://www.radiofrance.fr/franceinter/ev/fiche.php?ev_id=340
Dernière édition par Francis Bismuth le Mar Avr 01, 2008 8:30 am; édité 4 fois |
|
| Revenir en haut de page |
|
|
mi
Inscrit le: 12 Nov 2006 Messages: 19
|
Posté le: Dim Mar 23, 2008 12:21 am Sujet du message: |
|
|
|
Francis, vous nous demandiez quelles aspirations, quelles questions...
Les questions que je me pose personnellement sont celles-ci : Y a-t-il aujourd'hui un tel individualisme que les questions "groupales" ou "regroupées" seraient (littéralement) absorbées par une sorte de fuite généralisée vers l'agitation (dépenses en tout genre...) ou à l'opposé le mutisme et l'inaction (trop compliqué - plus simple de ne rien dire, de ne rien faire, ou de faire comme si tout allait bien) pour combler ce manque d'engagement.
Le moteur conduisant cette attitude serait-il le profit immédiat, la satisfaction de "l'ici maintenant" (les problèmes ? remettons-les donc à demain !)?
Et la perspective alors ? sidérée ?
Et l'histoire (avant – 1968 – après) ? oblitérée ! ?
Là je pense à tous ceux qui se sont engagés pour faire avancer les idées, les mentalités (femmes, travail, ...).
Sympa pour eux de dire de "tourner la page" !
Ces questions, écrites dans l'élan, sont issues du ressenti de mon propre contexte (relations de travail et relations familiales).
Elles sont une tentative de formulation de ce sentiment qu'aujourd'hui la loi du "chacun pour soi" domine – du moins dans ce que je ressens de mon proche entourage, pour ne pas généraliser abusivement.
Fonctionnement de groupe – échanges d'idées – solidarité – recherche de compréhension de l'autre, passent me semble-t'il après les questions personnelles. Une question de temps ? D'urgence ? De disponibilité ?
Quelques questions en fait !
Et vous ? Qu'en pensez-vous ? Quelles questions, aspirations, contestations, convictions... portez-vous ? |
|
| Revenir en haut de page |
|
|
Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 266 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
|
Posté le: Mer Mar 26, 2008 10:53 pm Sujet du message: Mi |
|
|
|
Bonjour Mi,
Je ne pense pas, pour ma part, que s'opposent recherche de compréhension d'autrui, échanges et solidarité d'une part, à questions personnelles d'autre part.
Se connaître soi-même, être en paix / en accord avec soi, se comprendre un peu mieux, me semblent en effet contribuer grandement à une ouverture désangoissée à l'autre et aux autres ; à l'abaissement des «processus de défense du moi» (refoulement, projection, rationalisation, déni, etc.). Je « milite » pour ma part souvent, auprès de personnes venant me parler, dans le sens d'une meilleure prise en compte de soi par soi, prise en compte qui ne me semble en rien exclure l'autre.
A l'inverse – et à l'extrême – la seule préoccupation par soi de l'autre et des autres peuvent masquer certain « manque à être », voire engendrer des dérives idéologiques par exemple collectivistes.
Mais j'entends ce que vous écrivez - j'entends à ma façon - et le fait est que j'assiste, depuis fort longtemps, à une priorisation de l'avoir ou du paraître sur l'être ; à l'accumulation de produits de consommation / de services et/ou à des dépenses d'argent pour une satisfaction immédiate et souvent temporaire. Je ne sais pas si cette nécessité d' « avoir » a pour corolaire une désaffection du collectif et observe ici et là un écartèlement entre aspirations individuelles ou convictions personnelles, et valeurs de référence contradictoires.
Il y a aussi que les croyances religieuses battent de l'aile – ou reviennent comme un symptôme en force - que les espoirs de monde meilleur se sont brisés tant sur les avatars du libéraliste débridé que sur les rêves d'égalitarisme ou les promesses du Progrès (avec P majuscule), et alors que reste-t-il à chacun qui fasse sens ? Dieu, la victoire du peuple sur l'oppresseur (cet autre, ce méchant, bref : toujours un autre que soi), le confort pécuniaire ? Déjà Léo Ferré chantait-il voici 30 ans ce formidable «Il n'y a plus rien» (http://pagesperso-orange.fr/scl/ilnyaplusrien.htm). Il y a soi, d'abord, et qui sait, quelques autres. Les aimé(e)s, puis quelque concret engagement collectif ?
A bientôt,
FB |
|
| Revenir en haut de page |
|
|
|
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum
|
|