| Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 311 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
|
Posté le: Sam Sep 16, 2006 11:53 am Sujet du message: La résistance durant la psychanalyse : une définition |
|
|
|
Le texte ci-dessous est de Ilmi Manuka, psychanalyste et médecin généraliste, détenteur des droits d'auteur © 2005.
Cité par Michelle Tilman, psychanalyste, sur son site Internet : http://www.psychanalyse-psychanalyste.be. Je les remercie de m’avoir autorisé à emprunter ici leur définition de la résistance durant la cure psychanalytique. Cette définition me semble avoir le mérite d’être simple et illustrative de cette importante notion. La résistance tant du psychanalyste que de l’analysant (le client de l’analyste) est en effet selon moi constamment présente durant le travail analytique ou psychothérapeutique.
"Qu'appelle-t-on les résistances ?
Même si c’est en toute bonne foi que le sujet vient demander une analyse, il est malgré tout mené par le bout du nez de son inconscient, qui lui, n’aime pas trop les changements. Même si cela peut paraître choquant, tous ces symptômes qui le font tant souffrir, ont été mis en place par son inconscient comme étant « la meilleure solution pour éviter un plus grand malheur »… Mais le problème, c’est que tout cela a été mis en place en grande partie durant les premières années de notre vie, càd à un moment où nous savions si peu de choses de la vie, où nous avions peur d’être abandonnés à notre sort, où nous savions à peine marcher et balbutier quelques mots... Le malheur, c’est que toute cette construction (appelée le Fantasme) reste d’application… à vie ! C’est un peu comme si nous étions contraint d’habiter une maison dont l’architecte était un enfant de 4 ans ! Évidemment, on peut s’attendre à ce que certains éléments, avec le temps, ne résistent pas bien à l’usure. Mais on ne déménage pas si facilement, car cette maison, on s’est habitué à « faire avec », même s’il ne fait pas si agréable que cela y vivre, c’est toujours mieux que de se retrouver sans toit. On peut comprendre alors que pendant la psychanalyse, on ait peur qu’on touche à cette maison ; on craint l’effondrement, on craint en fin de compte le changement. Alors, quand on s’aperçoit que des choses commencent à changer, que notre comportement n’est plus le même qu’avant, qu’on perd certains symptômes, il s’en suit en général une forme ou l’autre de résistances, qui s’expriment ainsi:
- "Oublier" de venir aux séances, ou tomber malade comme justification de cette absence.
- Arriver en retard (pour écourter l’épreuve de la séance).
- Partir en vacances pour «souffler un peu» (et essayer d’oublier ce qu’on vient de découvrir).
- Interrompre l’analyse sans chercher à comprendre pourquoi on réagit ainsi. Cette dernière résistance est la plus grave, car en reculant devant l’épreuve, on renforce encore plus ses résistances, et encourage une répétition future.
- Parler théorie psychanalytique plutôt que de parler de soi-même.
- Oublier ses rêves… ou bien le contraire, venir avec un rêve à chaque séance.
- Critiquer la personne même de l’analyste, ou la psychanalyse en soi : «c’est parce que je sens que vous n’êtes pas assez compétent que je vais rater mon analyse», ou bien «je perds mon temps ici, comment voulez-vous que simplement en parlant je guérisse de mon ulcère?»
- Ou bien, pour reprendre un exemple de Freud: "Le tic-tac de l'horloge de l'appartement d'à côté m'empêche de me concentrer…" etc.
Toutes ces tactiques ont le même but : éviter le changement. On préfère un malheur bien connu à une autre chose, mais inconnue. Peur de devenir quelqu’un d’autre … «d’ailleurs les gens autour de moi disent qu’ils ne me reconnaissent plus.»
Mais gardons bien ceci à l’esprit : si on vient en analyse c’est pour changer quelque chose qui nous était lourd à porter. On change, c’est vrai, mais en fin de compte c’est pour se retrouver soi-même quelque part, pour se réconcilier avec soi-même, mais jamais on ne se perd."
Dernière édition par Francis Bismuth le Sam Fév 03, 2007 12:05 am; édité 1 fois |
|
| Revenir en haut de page |
|
|
marie
Inscrit le: 07 Oct 2006 Messages: 2
|
Posté le: Sam Oct 07, 2006 2:42 pm Sujet du message: |
|
|
|
Bonjour,
J'aimerai savoir si une prise de conscience peut se faire de façon brutale au cours d'une psychanalyse ?
Qu'appelle t'on un accouchement mental ?est-ce qu'il peut se produire plusieurs fois ?
Merci |
|
| Revenir en haut de page |
|
|
Florence Invité
|
Posté le: Sam Oct 07, 2006 5:50 pm Sujet du message: |
|
|
|
Bonjour Marie,
Pourquoi poser ces questions dans le sujet intitulé "La résistance durant la psychanalyse : une définition" ? |
|
| Revenir en haut de page |
|
|
Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 311 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
|
Posté le: Sam Oct 07, 2006 5:54 pm Sujet du message: |
|
|
|
bonjour,
une prise de conscience se fait parfois de façon inattendue durant l'analyse. Une, puis une autre, puis... Mais entre celles-ci, l'analysant(e) a parfois l'impression de ne pas avancer (et parfois, cesse le travail prématurément). Or ce sont ces mois et ces semaines "sans" ou dans l'impression que rien ne se passe, qui peu à peu bâtissent ce qui un jour adviendra comme une prise de conscience "brutale". Je pense soudain à la gestation - 9 mois pas agréables chaque jour - et à la venue au monde de l'enfant, au changement de statut des géniteurs ; sans l'avant-grossesse (la rencontre, le désir d'enfant, etc.) et les 9 mois de celle-ci, pas d'avènement de l'enfant.
Bon, je dis ça comme métaphore approximative....
Enfin, j'avoue ne rien savoir de l'accouchement mental, sur lequel vous nous interrogez. Mais peut-être cela a-t-il à voir avec ce qui précède ? Je l'ignore.
Cordialement,
Francis |
|
| Revenir en haut de page |
|
|
differente
Inscrit le: 30 Sep 2006 Messages: 32 Localisation: Auvergne
|
Posté le: Sam Oct 07, 2006 7:50 pm Sujet du message: |
|
|
|
Une re-naissance dans la re-connaissance des sens avide parfois de reconnaissance ou de naissance en re-tour de passe passe un père et manque.
De ça en moi de l'Autre à l'autre le manque de sens et l'essence manque.
L'arret s'impose parfois lorsque l'un pose et l'autre pas ; lorsque l'implose dans l'autre pas.
Le moi en moi dit non pas ! _________________ La psychanalyse est un remède contre l'ignorance mais sans effet sur la connerie.JL |
|
| Revenir en haut de page |
|
|
marie
Inscrit le: 07 Oct 2006 Messages: 2
|
Posté le: Sam Oct 07, 2006 9:39 pm Sujet du message: |
|
|
|
Florence, je ne savais pas où poser mes questions et comme je fais, me semble t'il de la résistance en ce moment, par peur d'une prise de conscience trop douloureuse, alors que je vais mieux en ce moment.
Francis, merci pour la réponse. C'est dans les triomphes de la psychanalyse de Daco que j'ai lu que parfois les prises de conscience pouvaient être comme des coups de canon. Et comme j'ai l'impression que c'est un peu ça que j'ai déjà connu, j'ai peur que ça ne revienne.
Différente, j'ai un peu de mal à comprendre... |
|
| Revenir en haut de page |
|
|
diaphane
Inscrit le: 04 Oct 2006 Messages: 6
|
Posté le: Dim Oct 08, 2006 10:46 am Sujet du message: |
|
|
|
| Citation: | | - "Oublier" de venir aux séances, ou tomber malade comme justification de cette absence. |
Ou réactiver avec force des symptômes peut-être aussi...et donc la fatigue, l'épuisement fait qu'on ne peut pas parler...
| Citation: | | - Arriver en retard (pour écourter l’épreuve de la séance). |
ça marche rarement ça parce que les analystes ont toujours la tactique pour décaler, nous faire revenir le lendemain ou après . Difficile de dire non face à eux et devant leur poignée de main ou leur main sur l'épaule...il peut aussi nous faire passer devant tout le monde au moment où on lui dit " désolé(e) je ne peux pas rester...blablabla"
| Citation: | | - Partir en vacances pour «souffler un peu» (et essayer d’oublier ce qu’on vient de découvrir). |
Et lui quand il part en vacances il nous plante tranquilou. Nous aussi on a besoin de vraies vacances et le problème c'est que parfois on psychote en se disant que l'analyste va croire que l'on fuit blablabla... ya de vrais retard aussi !
| Citation: | | - Interrompre l’analyse sans chercher à comprendre pourquoi on réagit ainsi. Cette dernière résistance est la plus grave, car en reculant devant l’épreuve, on renforce encore plus ses résistances, et encourage une répétition future. |
Vécu et approuvé...les symptômes sont super heureux dans ce petit jeu du " ça s'en va et ça revient !"
| Citation: | | - Parler théorie psychanalytique plutôt que de parler de soi-même. |
là vous êtes durs ...parce qu'encréant des sites psys sur la toile vous nous y convoquez aussi et en plus comme le coprs n'y est pas on peut même trouver par la théorie et le soulagement d'un corps qui n'y est pas une solution illusoire à nos problèmes...
Mais sinon c clair: combien de psychanalysés ou de psychothérapisés se mangent des livres de théorie histoire d'enrober leurs mots naifs dans un nem psychanalytique ? Mais l'analyste il n'a pas faim lui...on repart avec notre patate chaude et notre nem flêtri....Lire un petit Fareinheit 451 peut faire du bien à la place ou un mickey.
| Citation: | | - Oublier ses rêves… ou bien le contraire, venir avec un rêve à chaque séance. |
Ou ne plus dormir du tout comme ça ya rien à dire...
| Citation: | | - Critiquer la personne même de l’analyste, ou la psychanalyse en soi : «c’est parce que je sens que vous n’êtes pas assez compétent que je vais rater mon analyse», ou bien «je perds mon temps ici, comment voulez-vous que simplement en parlant je guérisse de mon ulcère?» |
Ben là j'suis évidemment prise en flagrant déli...délire...je crois que j'ai toutes les résistances condensées... bravo !
| Citation: | | - Ou bien, pour reprendre un exemple de Freud: "Le tic-tac de l'horloge de l'appartement d'à côté m'empêche de me concentrer…" etc. |
Ah non , pas celle-là...quoi que... si je n'ai pas de kleenex à disposition je ne peux pas parler parce que si je pleure mon mascara va couler et s'il coule ...ben là ... je ne sais plus quoi dire et je me mets à parler quand même.
C'est plus dur au final de se battre contre ses résistances que contre ses symptômes si je comprends bien...Il ne faut pas se battre contre ou avec, mais faire avec et peut-être travailler sur ces résistances elles-mêmes, sur cette peur panique du deuil non pas du père ou de la mère mais des symptômes quand ceux-ci sont devenus chroniques.
Car il y a tout de même plusieurs types de psychanalyses: ceux qui y viennent sans symptômes sont quand même avantagés ! A moins qu'au final ils repartent avec des symptômes réveillés et qu'ils n'avaient pas prévu. Dans ce cas ils abandonnent leur psychanalyse et repartent plus mal qu'avant...
C'est horrible de se dire que si l'on ne va pas jusqu'au bout on va y rester. C'est aussi difficile de dire à d'autres psys qui ont d'autres modèles à proposer que ce qu'ils proposent est bidon... Quand on se retrouve hospitalisés notamment dans l'anorexie, on se trouve bien plus souvent avec des seringues et comportementalistes sous le nez et on nous reproche notre résistance... Il faut savoir...
C'est complexe. Car il me semble tout de même légitime de douter un peu du choix que l'on fait car je ne vois pas pourquoi il serait le meilleur quand autour je vois des personnes qui semblent aller vraiment mieux en ayant abandonné et trouvé un mieux être dans un autre type de travail, et que nous on rame encore plus sauf peut-être dans le maniement des mots et des associations juteuses.
C'est difficile quand on a un problème à régler aussi avec la confiance de faire TOUTE confiance à celui qui est en face de nous: je ne peux pas me forcer à faire confiance. J'ai trop peur de tomber dans un puits à un moment comme ce fut le cas avec d'autres psys qui ont abandonné eux... mais c vrai les psychanalystes ne m'ont jamais lâchée...eux...
C'est un sujet complexe mais qui tient une place incoryablement importante dans le processus...
Mais... il reste ce "mais"... s'il y avait autre chose...d'efficace.... |
|
| Revenir en haut de page |
|
|
Florence Invité
|
Posté le: Dim Oct 08, 2006 1:22 pm Sujet du message: |
|
|
|
Bien alors maintenant que je sais ce que sont une bonne partie de tout ce qui se nomme "résistances" en analyse, serait-il possible de savoir ce qui ne l'est pas?
Je vous mets quelques hypothèses en vrac et dites-moi ce que vous en pensez (résistance ou non?):
- dire à son psy que l'on l'aime
- arriver toujours à l'heure voire même en avance par peur justement d'être en retard
- payer toutes les séances
-dire tout ce qui passe à l'esprit même si cela n'a aucun sens ( délire verbal où je noie le poisson, ou très bon analysant un peu trop appliqué?)
-ne rien vouloir savoir de la théorie
Liste non exhaustive  |
|
| Revenir en haut de page |
|
|
diaphane
Inscrit le: 04 Oct 2006 Messages: 6
|
Posté le: Dim Oct 08, 2006 2:08 pm Sujet du message: |
|
|
|
ça s'appelle un élève appliqué qui entre bien dans le désir de son professeur pour se faire aimer ....
C'est aussi une forme de résistance ... éviter le rejet et donc peut-être aller contre son propre désir...
 |
|
| Revenir en haut de page |
|
|
faiza Invité
|
Posté le: Dim Oct 08, 2006 5:01 pm Sujet du message: |
|
|
|
Non!!!! c'est un transfert qu'on peut dire "postif", mais à force (si le patient n'ose plus donner son avis, trés polie même si le psy est insuportable ....) eh ben on définit ça comme une résistance (gentil enfant qui doit rester sage pour plaire à ses parents, alors que ce n'est pas naturel pour l'être humain!)
je me demande : quelle est la différence entre un transfert négatif et une résistance? |
|
| Revenir en haut de page |
|
|
Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 311 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
|
Posté le: Dim Oct 08, 2006 6:44 pm Sujet du message: |
|
|
|
L'une d'entre vous peut-elle relire tout ce qui précède, et écrire ce qu'elle veut dire ?
Que peut-on répondre ici ? Que la résistance est peut-être d'abord celle de l'analyste ? Qu'elle est par ailleurs polymorphe.
Quel est, au fond, le sujet de votre échange ?
Bien cordialement,
FB
Ce que Florence décrit de son analyse, de son "je vous aime", de sa façon d'être à l'heure, c'est me semble-t-il, le simple cours de son travail avec son psy. |
|
| Revenir en haut de page |
|
|
faiza Invité
|
Posté le: Lun Oct 09, 2006 2:50 pm Sujet du message: |
|
|
|
| ben je parle de la résistance. Et ma question était :la différence entre résistance et transfert négatif! |
|
| Revenir en haut de page |
|
|
Florence Invité
|
Posté le: Lun Oct 09, 2006 7:13 pm Sujet du message: |
|
|
|
Voilà ce que j'en pense mais je suis pas pro loin de là.
Je dirais que le transfert négatif c'est quand l'affect lié à mon psy est négatif, c'est très différent de la résistance.
La résistance c'est quand il n'y a plus rien, quand je fais tout pour éviter, pour aller vers , quand je fuis. |
|
| Revenir en haut de page |
|
|
differente
Inscrit le: 30 Sep 2006 Messages: 32 Localisation: Auvergne
|
Posté le: Lun Oct 09, 2006 7:37 pm Sujet du message: |
|
|
|
| Florence a écrit: | Voilà ce que j'en pense mais je suis pas pro loin de là.
Je dirais que le transfert négatif c'est quand l'affect lié à mon psy est négatif, c'est très différent de la résistance.
La résistance c'est quand il n'y a plus rien, quand je fais tout pour éviter, pour aller vers , quand je fuis. |
Oui Florence, la resistance est effectivement le fait de se rendre consciemment ou inconsciemment compte que l'on est proche de là où ça fait mal et de refuser d'y mettre le doigt par crainte que cela ne soit un peu comme mettre du sel sur une blessure tout juste cicatrisée.
C'est ce que j'ai voulu dire dans mon blabla, que quelqu'un qualifierait de 'lacaneur'  _________________ La psychanalyse est un remède contre l'ignorance mais sans effet sur la connerie.JL |
|
| Revenir en haut de page |
|
|
faiza Invité
|
Posté le: Lun Oct 09, 2006 10:29 pm Sujet du message: |
|
|
|
je pense que la résistance c'est vouloir continuer les séances avec une bonne foi mais utilisant la fuite, une agréssivité un peu détourner. Mais le transfert négatif c'est "presque" une haine pour l'analyste et ses séances.
c'est ma façon de voir
faiza |
|
| Revenir en haut de page |
|
|
|
Vous pouvez poster de nouveaux sujets dans ce forum Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum
|
|