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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 370 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Ven Mai 05, 2006 11:03 am Sujet du message: Sexualité, psychologie, psychanalyse |
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Les problèmes individuels d’ordre (ou de désordre ?) sexuel apparaissent, comme nombre de signes ou de symptômes - anorexie, boulimie, phobies et peurs, énurésie ou « pipi au lit », insomnie, addictions diverses alcool, tabac , etc. - moins liés au problématiques physiologiques (le corps, sa connaissance, son fonctionnement et ses dysfonctionnements) que le médecin gynécologue aidera parfaitement à résoudre, qu’à des questions d’ordre psychologique au sens large, individuelles et/ou relationnelles .
Baisse de la libido chez la femme ou chez l’homme, difficultés d’érection, rapports sexuels douloureux pour la femme, vaginisme (contraction de l’entrée du vagin interdisant l’intromission du pénis), absence d’orgasme, etc. sont souvent liés, selon les cas :
- à l'idée que l'on se fait du normal et de l'anormal ;
- à l’histoire du sujet : éducation, relations inconscientes ou « réelles » avec tels parents, avec la fratrie ;
- à la façon dont l’enfant (devenu adolescent ou adulte) a entendu parlé ou vécu la sexualité ou l’histoire affective de tel ou tel de ses parents ;
- à la perception que l’on a de son propre corps (« s’aimer », ne pas s’aimer, les hontes, etc.) ;
- à son vécu actuel (stress, doute de soi, interrogations quant au sens de sa propre existence, dépression notamment) ;
- à des inhibitions, des culpabilités et des croyances pas nécessairement religieuses et, la plupart du temps, totalement inconscientes ou à peine « intuités » (l’intuition, l’impression fugace et vague, mais consciemment et cartésiennement inacceptable, ou semblant « illogique ») ; à des interdits inconscients, loin d'être liés au sexe « organique » : s’interdire de réussir, d’être heureux, de jouir de l’existence – des éléments de l’ordre de l’auto-punition, par exemple, du fait d’une dette imaginaire et, là encore, inconsciente ;
- à une communication déficiente dans le couple ;
- à un tournant dans la vie du couple ;
- à une évolution dans la vie familiale : entrée dans l’adolescence d’un enfant, maladie d’un enfant ou encore, décès d’un parent d’un des membres du couple. Ces évènements viennent remanier et déséquilibrer l’image de soi au sein du schéma de la constellation familiale. La place que l'on sentait être la sienne sur la scène familiale, est déplacée du fait des modifications intervenant alentour...
... et cette liste n’est pas exhaustive.
Ma pratique, lorsque l’on vient me parler, seul(e) ou à deux, de problèmes dans le couple (crise, mésentente, lassitude, adultère, incompréhension), ou encore de questions relatives à la sexualité ou aux affects, tient compte des éléments ci-dessus.
Parfois, la solution était, si l'on puit dire, à porté de main (voire à fleur de peau...) : une ou deux consultations suffisent, s'autoriser à dire suffit.
Mais la plupart du temps et là encore, « le symptôme » ou problème pour lequel l’on vient consulter, est l’arbre cachant la forêt : l’expression observable d’éléments bien « cachés », guère discernables d'emblée, nécessitant un travail psy… avec une ou un psy.
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Post Scriptum : Il me semble que les problèmes dits de sexualité rencontrés par une personne ou par un couple doivent être abordés – comme d’autres difficultés à mi-chemin entre existence, vie sociale et santé – du point de vue de celui (celle, ceux) qui l’éprouve(nt), et non pas en fonction de la formation et de la culture du praticien auquel l’on s’adresse pour tenter de les résoudre.
J’ajoute que la propre façon qu’a le praticien de vivre sa vie - pas uniquement sa vie sexuelle, mais y compris celle-ci - et que l’histoire personnelle du dit-praticien, ainsi que l’histoire dans laquelle il s’inscrit/s’inscrivit à partir de sa naissance (généalogie, religion, croyances, morale) auront inévitablement une incidence, y compris inconsciente, sur la façon dont celui-ci abordera avec vous vos questions. Là encore, le fait que la personne à qui l’on s’adresse ait elle-même analysé son rapport au monde, aux autres et à elle-même, peut constituer une sorte de « garantie supplémentaire » quant à la « neutralité bienveillante » (ni une objectivité mécaniste, ni une complaisance dont il serait animé en vous recevant).
Dernière édition par Francis Bismuth le Dim Avr 06, 2008 8:52 am; édité 3 fois |
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philou

Inscrit le: 13 Fév 2006 Messages: 3
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Posté le: Dim Nov 19, 2006 8:23 pm Sujet du message: |
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J'apporte un témoignage personnel à ce sujet.
En essayant d'éluder les particularités qui me concerne je dirais que de problèmes pathologiques en défaut d'éducation et de communication avec les parents, la perception du corps d'un adolescent peut l'amener à rejeter la sexualité.
En se considérant incomplet, ou pas comme les autres, il peut se replier sur lui-même et établir une barrière protectrice autour de lui, érigeant lui-même ses interdits pour éviter d'être déstabilisé.
L'amitié ou même l'amour n'est pas à exclure mais le premier pas vers la sexualité est impossible.
Avec le temps la frustration et l'anxiété s'installe, entrainant d'elle-même le doute de soi : une boucle sans fin. |
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differente
Inscrit le: 30 Sep 2006 Messages: 31 Localisation: Auvergne
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Posté le: Mar Nov 21, 2006 8:00 pm Sujet du message: Pas sans fin... |
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Bonsoir Philou,
Pourquoi considerer que c'est une boucle sans fin puisqu'il y a faim !? Faim d'amour et d'amitié ; de contacts et de tendresse. S'il y a boucle, il y a noeud et le noeud peut être denoué avec l'aide d'un(e) spécialiste.
L'important est de ne jamais desesperer et de considérer que tout problème a sa solution sinon il n'y aurait pas de problème.
Très cordialement _________________ La psychanalyse est un remède contre l'ignorance mais sans effet sur la connerie.JL |
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philou

Inscrit le: 13 Fév 2006 Messages: 3
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Posté le: Ven Nov 24, 2006 11:44 am Sujet du message: |
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| Le "débouclage" est en cours, merci de votre soutien. |
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audrey
Inscrit le: 15 Juin 2007 Messages: 1 Localisation: montmorency
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Posté le: Sam Juin 16, 2007 12:45 pm Sujet du message: SEXUALITE |
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En lisant votre texte sur la sexualité, j’ai découvert une chose sur laquelle je n’arrivais pas à mettre de mots. Mon problème que j’ai a ne pas pouvoir être pénétrée, vient effectivement de la peur de jouir et d avoir de la réussite;je retrouve ça dans tous les domaines et m'aperçois aussi que la place de mon père n'est pas le seul élément a prendre en compte. En effet, ma mère m’a toujours appris à me sacrifier pour pleins de raisons et moi j’y avais pris goût croyant que c’était le moyen de me faire aimer d'elle et avoir ma place aux côtés de mes parents . personnes insatisfaites, alcooliques, violentes et incestueuses.
audrey _________________ la vie est belle |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 370 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Dim Avr 06, 2008 9:06 am Sujet du message: sexuel et sexualité selon Freud |
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Bonjour,
Un bref article :
http://squiggle.be/question-a-un-psychanalyste/quelle-est-la-place-de-la-sexualite-dans-la-psychanalyse-par-luc-dethier.html dont au moins les deux premiers tiers sont tout à fait éclairants quant à ce qu'entendait Freud lorsqu'il évoquait la sexualité, le sexuel et la place à leur donner dans la psychanalyse en tant que théorie, ainsi que dans le cadre de la cure psychanalytique.
La lecture de cette article peut être suivie tant par les "Trois essais sur la théorie de la sexualité" (Sigmund Freud) que par une introduction à l'oeuvre de Mélanie Klein.
A bientôt,
FB |
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Chocolatine

Inscrit le: 20 Avr 2008 Messages: 118 Localisation: Isère
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Posté le: Sam Avr 26, 2008 3:08 pm Sujet du message: Re: Sexualité, psychologie, psychanalyse |
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Ce sujet, lu il y a qq temps m'interpelle bcp.
Je n'avais pas vraiment conscience (ou ne voulais pas voir) que des problèmes d'ordre sexuels pouvaient animer toutes ces sortes de comportements, citès dans cette liste par Francis au début de ce sujet.
Il est vrai ... je suis une débutante en psychanalyse et il me faut encore découvrir tant de choses.
Dans cet article cité plus bas sur ce sujet, il est dit :
On peut avancer avec Jean-Luc Nancy que le sexuel est le « il y a » de tout rapport (avec soi, l’autre, le monde).
C’est en ce sens que la règle analytique de « tout dire » dans l’association libre favorise nécessairement le sexuel dans la séance et que la situation de transfert se trouve en être affectée. Non pas, encore une fois, parce qu’il serait question de « phallus » ou de « castration » - termes qui ne sont que pâles tentatives d’inscrire le sexuel « quelque part », et qui à ce titre accentuent les « limites », les « interdits », les « frustrations »,…- mais parce que ce qui œuvre là, sans programmation possible, est du sexuel « pervers polymorphe ».
Ainsi, si je comprends bien, durant la cure analytique, il est primordial de laisser la place à la libre association d'idées afin de favoriser l'emergence de ce sexuel ?
Mais alors, faut-il nécessairement tout ramener au sexuel ?
C'est ce qui me dérange en fait ...
Comme si finalement, nous n'étions que ça et que l'objet du sexuel.
Hum, oui ça me dérange ...
Bref, je lance une question de "débutante" un peu "abasourdie" pour tout vous dire, qui se fera peut-être écho ici.
Chocolatine |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 370 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Sam Avr 26, 2008 5:48 pm Sujet du message: Cocolatine, |
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Je soulignerais, de ce qui précède, trois choses.
1. Cet article initial était destiné à établir un lien entre problèmes de couple, et/ou problèmes de sexualité du couple, et racines possibles de ces derniers, autres que physiologiques, parfois sans lien direct avec le couple lui-même.
2. On a parlé ailleurs sur ces forums et sur d’autres, de la nécessité impérative de la libre association durant la cure ; tout dire, avec les mots qui viennent, sans préjuger de l’intérêt que recèle ou non ce dire.
3. Il ne s’agit pas de « tout ramener au sexuel », si l’on entend par sexuel : génitalité, masturbation, coït, cunnilingus, fesses, seins, pénis, etc. Lisez par exemple les « 3 essais sur la théorie de la sexualité » de Freud et vous y verrez que l’assertion « l’enfant est un pervers polymorphe » dépasse largement le strict cadre des relations sexuelles entre adultes.
A bientôt,
FB |
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Chocolatine

Inscrit le: 20 Avr 2008 Messages: 118 Localisation: Isère
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Posté le: Sam Avr 26, 2008 6:36 pm Sujet du message: Re: Cocolatine, |
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Merci Francis pour votre réponse.
| Francis Bismuth a écrit: |
1. Cet article initial était destiné à établir un lien entre problèmes de couple, et/ou problèmes de sexualité du couple, et racines possibles de ces derniers, autres que physiologiques, parfois sans lien direct avec le couple lui-même. |
Oui, j'avais bien compris qu'il s'agissait de ce sujet là. Et justement il me parle parce que c'est un problème de couple qui m'a amené à la psychanalyse.
Pour l'instant, par rapport à mon histoire, ce qui s'est fait jour et qui m'a permis de comprendre le pourquoi de cette histoire à deux, et par là même le pourquoi elle ne peut plus être aujourd'hui, n'est pas lié à un problème de sexualité. Mais à un dialogue permanent entre nos inconscients formatés par nos propres histoires. Un rachat d'une dette ou une quette de réparation qui nous permettait de vivre et de respirer tout simplement.
Ce qui touche au sexuel n'est pas forcément un sujet tabou chez moi que je m'y refuse à y voir les choses sous un autre angle.
Je suis en recherche Francis, tout ce qui attrait à la psychanalyse et à son approche m'interpelle. Je trouvais ça un peu réducteur de penser que tout ramène au sexuel ou s'explique par lui. Ce passage que j'ai cité sur la libre association d'idées me le laissait entendre.
Ceci dit, je ne suis pas fermée à l'idée d'aborder cette question avec mon psy et donc de laisser parler cette libre association d'idées
Au sujet du livre de Freud, je ne sais pas si je me sens capable de le comprendre. J'ai peur qu'il soit obscur pour moi.
Chocolatine |
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