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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 1077 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Sam Oct 07, 2006 10:51 am Sujet du message: Anorexie, psychanalyse, comportements alimentaires |
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C'est dans le sujet "La psychanalyse du point de vue des analysants" que diaphane a écrit l'intervention ci-dessous.
Par ailleurs, l'autre sujet "phobies, comportements alimentaires (et peur de vomir)" tend avec le temps, à dériver vers d'autres thèmes. Il me semble du coup nécessaire de créer ce nouveau sujet, en reproduisant ci-dessous l'intervention de "diaphane" qui inclue les liens vers son site-forum et son blog.
Cordialement,
Francis Bismuth
Diaphane écrivait donc le 4 octobre 2006 :
Bonjour, je suis tombée "par hasard" sur votre site et le contenu de vos messages m'a intéressée. Deux messages surtout ont retenu mon attention: les pbs alimentaires mais surtout: l'interruption d'une analyse.
Etant dans un va et vient incessant depuis des années, totalement accroc à ma psychanalyste mais incapable de lâcher l'os ou le morceau je m'interroge sur la nécessité de poursuivre un travail où je freine des deux pieds....mon symptôme " anorexie vomisseuse" ( très beau comme nom) me somme de ne plus insister à vouloir le faire disparaître.
Mon histoire est compliquée, je ne suis pas là pour tromper mon analyste simplement pour lire peut-être des approfondissements aux causes de rupture d'analyse ( le vertige y est c'est évident) alors que le travail - même s'il n'est pas encore le bon- et le lien sont bien réels. Problème aussi de l'arrêt qui conduit à une résurgence telle du symptôme que je suis obligée de revenir en traînant la patte pousser la porte et m'effondrer....et ça recommence ...
Je vous laisse deux liens qui peuvent peut-être aussi vous donner à lire des petits choses qui pourraient vous intéresser....
http://diaphane.noa.free.fr/forum/
http://diaphana.blogspot.com/
Merci pour la qualité de vos messages: ça change un peu du tout en vrac et en théorie sauvage que l'on lit un peu partout.
Cordialement
Dernière édition par Francis Bismuth le Sam Fév 03, 2007 12:34 am; édité 1 fois |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 1077 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Sam Oct 07, 2006 10:47 pm Sujet du message: |
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Nous sommes pris dans nos composantes sadiques et masochistes ; les théoriciens se demandent parfois qui de l'oeuf ou de la poule.
Dans des symptômes v-lisiblement jouissifs et douloureux - alcoolisme, anorexie, obésité, obsession - il me semble que trouver le repos est synonyme d'infernalité ; c'est très judéo-chrétien : jouir, souffrir, payer, faire payer, dépendre, couler, s'épancher, émerger. Dieu, le diable, la sorcière, l'étrangement familier. Je reviens obsessionnellement à ce poète non analyste, Francis Ponge (dont j'ai le prénom, et dont le nom fait ponce, éponge) : faire d'un spectre un sceptre. Je repense à mes cours sur l'hystérie - une sorte de normalité : mettre le maître, supposé savoir, en échec.
D'où :
comment suggérer l'analyse à quiconque ? Comment répondre en analyste sur un forum ?
L'alcoolique, l'anorexique, le boulimique, le violent suppose ce dont il se repaît jusqu'à la nausée. Il sait et il sait que l'analyste n'en sait rien. Il faut pour l'analyste soutenir cette situation de supposé con, de supposé trou plein.
Je pense aussi à la musique : aux "soupirs", aux silences, aux syncopes. Aux nues au fusain, introuvables, du peintre Nicolas de Staël. Au cri muet d'Edvard Munch. Aux films de Pialat mettant en scène Dutronc-Van Gogh, à son Bernanos Soleil de Satan. A Depardieu se sectionnant le pénis dans "Rêve de Singe", de Marco Ferreri" ou au Fellini de moquant du Casanova. C'étaient juste des associations d'idées.
Je réalise que je pense en homme. |
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diaphane Invité
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Posté le: Sam Oct 07, 2006 11:02 pm Sujet du message: |
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L'art, la musique, les silences, la poésie, les mots qui ricochent tels des galets ... quelle belle façon d'approcher de ceux qui souffrent de l'enfer! l'enfer ou l'im_puissance...
| Citation: | | il me semble que trouver le repos est synonyme d'infernalité |
C'est tellement juste cette phrase...alors le repos ne dure pas, il faut réalimenter le feu, la souffrance est ce qui finalement nous fait sentir que nous sommes en vie, pas au repos. La souffrance sent le souffre. Belzébuth... ( je pense soudain à votre nom damned ! )Belles et butées...
Je parle en femme et en flammes...
Pardon, mon oreille a sifflé de loin....j'avais à lire quelque part...c'était ici. |
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faiza Invité
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Posté le: Dim Oct 08, 2006 5:18 pm Sujet du message: |
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le psy est un humain comme les autres, avec un savoir prêt à utiliser selon les circonstances.
Le patient est là pour parler comme un sujet de ce qui le dérange en lui même "essentiellement", et le psy écoute cette parole vraie ou vide, et essaie de cerner le flou ou la pseudo grande clarté de ses paroles et mettre une ou des idées sur cette pensée. Qu'il soit le sujet supposé savoir OUI mais qu'il sache tout NON! y a que la personne qui se connait le mieux par elle même, les oublis, les résistances, c'est une peur; pas de changement (à mon avis) mais plutôt de réveiller une souffrance mal gerée en son temps. Avec une patience d'un patient passioné des deux côtés pour qu'ils peuvent dénouer le pourquoi et le comment de cet état qui veut être analysée.
merci |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 1077 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Jeu Juin 19, 2008 6:47 pm Sujet du message: |
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19/06/2008
La dernière intervention sur ce sujet remontant à plus d'un an, je mets aux archives.
FB |
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MC Invité
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Posté le: Jeu Juin 19, 2008 10:30 pm Sujet du message: |
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Donc aux archives ( et c'est bien archivé à mon sens..)
Je me trouvais dans le village de Ouesso, au Congo Brazzaville, un endroit accessible par avion uniquement à l'époque..
En fin de journée j'allais boire une bière en laissant tomber la nuit comme elle tombe brutalement sous les tropiques ou l'équateur.
Les jours passaient, cette bière devenait lourde, comme le climat équatorial et la forêt qui m'entouraient..Tard dans la nuit j'écoutais RFI grésillante ou lisais un roman de Zola, les insectes nocturnes faisaient une vrille assourdissante..
Puis jour après jour je "jaunissais", je faiblissais, mangeais de moins en moins, je devenais nostalgique..Un peu de fièvre lancinante mais faible, je maigrissais à vue d'oeil ( le mien).
Hépatite ( A B OU C ? difficile de conclure : pas de labos...)
Lit, plus de force, vomissements à la moindre gorgée d'eau.
Je buvais : je gerbais.
Le médecin décida d'injection de vogalène, anti vomitif ( il est joyeux ce post), une piqûre : un verre d'eau...
J'ai passé un mois ainsi, le pasteur qui m'hébergeait dans sa mission envisageait de me faire rapatrier, je trouvai la force de remonter dans l'avion tout de même.
Je fus rétablis en une semaine une fois à Brazzaville.
Ouesso ? Jamais je n'y retournerai. |
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papillon

Inscrit le: 13 Mar 2009 Messages: 209 Localisation: La Creuse.
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Posté le: Lun Mar 16, 2009 1:46 am Sujet du message: |
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| Francis Bismuth a écrit: | Nous sommes pris dans nos composantes sadiques et masochistes ; les théoriciens se demandent parfois qui de l'oeuf ou de la poule.
Dans des symptômes v-lisiblement jouissifs et douloureux - alcoolisme, anorexie, obésité, obsession - il me semble que trouver le repos est synonyme d'infernalité ; c'est très judéo-chrétien : jouir, souffrir, payer, faire payer, dépendre, couler, s'épancher, émerger. Dieu, le diable, la sorcière, l'étrangement familier. Je reviens obsessionnellement à ce poète non analyste, Francis Ponge (dont j'ai le prénom, et dont le nom fait ponce, éponge) : faire d'un spectre un sceptre. Je repense à mes cours sur l'hystérie - une sorte de normalité : mettre le maître, supposé savoir, en échec.
D'où :
comment suggérer l'analyse à quiconque ? Comment répondre en analyste sur un forum ?
L'alcoolique, l'anorexique, le boulimique, le violent suppose ce dont il se repaît jusqu'à la nausée. Il sait et il sait que l'analyste n'en sait rien. Il faut pour l'analyste soutenir cette situation de supposé con, de supposé trou plein.
Je pense aussi à la musique : aux "soupirs", aux silences, aux syncopes. Aux nues au fusain, introuvables, du peintre Nicolas de Staël. Au cri muet d'Edvard Munch. Aux films de Pialat mettant en scène Dutronc-Van Gogh, à son Bernanos Soleil de Satan. A Depardieu se sectionnant le pénis dans "Rêve de Singe", de Marco Ferreri" ou au Fellini de moquant du Casanova. C'étaient juste des associations d'idées.
Je réalise que je pense en homme. |
Comment suggérer l'analyse à quiconque demandiez-vous ?
Je le fais parfois, n'étant pas analyste, sur un autre forum. Par petites touches, tout doucement en essayant de convaincre la personne en souffrance qu'elle s'en ressentirait mieux.
Et pourtant je ne suis pas un bon exemple, car je souffre bien plus qu'avant. Mais peut-être est-ce parce que c'est encore en cours, ou que j'exprime enfin cette souffrance qui se tapissait en moi et se manifaistait de bien d'autres manières ?
Manger à en avoir mal et s'en sentir coupable et assumer en ne vomissant pas ... Et se regarder dans la glace et se dire qu'on a encore failli ...
Mais au fond tout cela ne sert qu'à une seule chose : se prouver que l'on est vivant puis s'oublier, se diluer dans la peine.
C'est vrai que c'est à la fois jouissif et masochiste, mais le savoir n'a fait que déplacer le symptôme. Et je n'ai pas encore apprivoisé cette nouvelle souffrance qui s'est substituée à l'ancienne... Tant que la cause sera toujours là je suppose ...
C'est bien brouillon tout cela. C'était le fil de ma triste pensée ce soir ... Dieu merci, elle est déjà archivée. |
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prune
Inscrit le: 26 Nov 2008 Messages: 177
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Posté le: Lun Mar 16, 2009 5:58 pm Sujet du message: |
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Comment suggérer l'analyse à quiconque demandiez-vous ?
Je le fais parfois, n'étant pas analyste, sur un autre forum. Par petites touches, tout doucement en essayant de convaincre la personne en souffrance qu'elle s'en ressentirait mieux.
"Et pourtant je ne suis pas un bon exemple, car je souffre bien plus qu'avant. Mais peut-être est-ce parce que c'est encore en cours, ou que j'exprime enfin cette souffrance qui se tapissait en moi et se manifaistait de bien d'autres manières ?
Manger à en avoir mal et s'en sentir coupable et assumer en ne vomissant pas ... Et se regarder dans la glace et se dire qu'on a encore failli ...
Mais au fond tout cela ne sert qu'à une seule chose : se prouver que l'on est vivant puis s'oublier, se diluer dans la peine.
C'est vrai que c'est à la fois jouissif et masochiste, mais le savoir n'a fait que déplacer le symptôme. Et je n'ai pas encore apprivoisé cette nouvelle souffrance qui s'est substituée à l'ancienne... Tant que la cause sera toujours là je suppose ...
C'est bien brouillon tout cela. C'était le fil de ma triste pensée ce soir ... Dieu merci, elle est déjà archivée."
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Papillon, ce n'est pas parce que c'est archivé que c'est disparu.
Oui, c'est très difficile, délicat, de "conseiller" la psychanalyse.
Comment souhaiter à quelqu'un une souffrance, alors qu'il n'a peut-être même pas encore mesuré la sienne d'avant l'analyse ?
C'est pourtant cette nouvelle souffrance qui est au coeur de l'analyse.
Cordialement, |
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papillon

Inscrit le: 13 Mar 2009 Messages: 209 Localisation: La Creuse.
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Posté le: Lun Mar 16, 2009 6:08 pm Sujet du message: |
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| prune a écrit: |
Papillon, ce n'est pas parce que c'est archivé que c'est disparu.
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Oui je le savais, mais parfois un message peut-être écrit puis posté comme une bouteille que l'on jette à la mer, en espérant qu'il soit lu et en le redoutant aussi.
Si Bashung mentait la nuit, moi je ne suis peut-être jamais aussi vraie que la nuit, lorsque mes défenses tombent de fatigue.
Merci d'avoir répondu.
cordialement. |
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papillon

Inscrit le: 13 Mar 2009 Messages: 209 Localisation: La Creuse.
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Posté le: Dim Juin 21, 2009 11:35 pm Sujet du message: |
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Hier, un peu triste, non en fait désespérée, de n'avoir pas eu de réponse, j'éditai ce message ... en en supprimant le contenu.
Aujourd'hui je l'édite de nouveau pour dire que j'ai finalement trouvé la réponse (ou une réponse possible) à mes interrogations angoissantes de dimanche soir, sur le forum d'Isha ... Alors merci à vous.
Finalement je n'aurais sans doute pas du l'effacer, mais c'est ainsi que je fonctionne. Désolée. |
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