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opale
Inscrit le: 21 Fév 2007 Messages: 111 Localisation: paris
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Posté le: Mer Sep 26, 2007 3:51 pm Sujet du message: ma libre association |
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Bonjour, mon impression de l'association libre...
J'ai souvent associé librement, et moi qui croyais que c'était de l'association libre!!
C'était sans compter sur la perspicacité de mon analyste qui m'a souvent arrêtée dans mon élan.
Au "jeu" du coq à l'âne on ne l'y prendra pas et moi qui croyais que c'était de l'association libre !!
Qui est donc l'analyste pour interrompre un tel flux de mots pourtant à propos et jamais hors "sujet", j'en étais sûre,je m'étais écoutée et pourtant...
j'entendais ce "non" tonitruant alors que j'attendais ce"oui?" légendaire des analystes, le "oui?" qui les accuse d'être payé à ne rien dire...mais ne les force t-on pas au silence? sans commentaires...
Alors je me suis tue et j'ai entendu, parfois après la chute des mots, parfois en sortant, parfois il m'a fallu attendre la séance suivante pour que quelque chose en revienne, avec la violence du boomerang ou la portée d'un écho qui continue à se faire entendre alors que la bouche est close.Ce quelque chose là n'étais pas rien, je l'ai compris que "je" revenais de loin, amarée haute mais dans le creux de la vague.
La séance s'est close, s'éclose sur un vague à l'âme, à vif sur une corde sensible qu'il faut sans cesse reprendre jusqu'à ce que ça sonne juste, jusqu'à ce que ça tombe à point nommé.
Certes une règle sur laquelle tout le monde s'accorde pour dire qu'elle est une des conditions, sinon la condition pour qu'il y ait analyse mais je suis persuadée que chacun(e) a la sienne.De ce fait je l'assimilerais plus à un "style". Ce qui nécessite parfois, selon les obstacles, difficultés de chacun(e), quelques "aménagements" adaptés sans tomber nécessairement dans une sorte de soutien psychique ou de reeducation.
En somme, il s'agirait plus pour moi d'un cadre que d'une règle dans lequel j'ai pu laisser entendre ma voix, mes voix...
C'est comme ça que j'ai saisi ce que ça n'était pas en traversant ce que c'était. L'association libre n'a pas été au rendez vous dès le début et ne l'est pas toujours mais je n'en suis plus dupe!!
Et rien n'est plus difficile, pour ne pas dire douloureux, que de n'être plus, ou moins, dupe de ce qui me protégeait et en même temps m'enfermait. Pas si simple que ça la simplicité d'une parole libre, c'est souvent là que ça se complique...
bonne journée à vous tous.  |
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Millusion
Inscrit le: 23 Sep 2007 Messages: 29
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Posté le: Mer Sep 26, 2007 9:37 pm Sujet du message: |
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Bonsoir à tous
Je ne puis m'emêpcher en introduction de vous confiez que je trouve ce post très interessant, au bas mot!...à la manière d'un ricochet, cette notion de libre-association, ou par extension les termes comme apprentissage, techinque etc..sont en "complet" opposition dans son sens le plus strict, à cette dimension qu'est la -libre association-,......ou tous ou presque s'accordons à dire qu'il s'agit de parler sans retenue, sans entrave et autre superlatif....
aussi,foule de questions me sont venues ou parvenues...(sans leur reponse bien sure!)
(une vrai "dimension" cette notion de libre-association!...la quatrieme?!)
Personnellement j'ai eu très très envie et besoin qql part, de revenir un instant sur ce: "dire ce qui nous passe, nous tombe par l'esprit.." (et toute les variantes possible imaginable de cette phrase!)
En effet, il me semble qu'ici un sujet un peu anxieux (ou pas d'ailleurs!) pourrait alors se dire
"mais ça veux dire quoi (EXACTEMENT!!) tout dire!!?"......................(réponse :rien!)
C'est ici que le "tout dire" trouve ces limites (?)..du moins pour la comprehension (claire et net!) de la libre association.
Virginie Megglé, (je l'a site car nous avons tous le texte sous les yeux,) rajoute que,je cite:
[b]Librement ne veut pas dire "n'importe quoi" "n'importe comment"......([/b]ah merci!!...car l'aspect trop théorique de cette notion commencait à m'agacer!...fureur dont je ne cherche absolument pas m'en expliquer son origine!)
c'est une "règle" fondamentale peu-etre mais c'est tout! j'aurais envie de dire..
Ici et à mon sens on peut "juste" et uniquement parler d'apprentissage de la technique, (The techinque?!!)
il faut alors apprendre.... apprendre à se poser et s'imposer aucune question...
Plus interessant, je crois que c'est Opale qui nous dit qu'il peut y avoir un distingo à faire entre -associer librement- et la -libre-association!-...... j'ai trouvé cette remarque tres interessante!....qui m'a permis dans un second temps de rebondir un peu plus loin!.....avec toujours cette idée que de "tout dire" ce que l'on pense sans entrave etc...c'est une belle theorie! mais c'est tout! (c'est tout?..c'est un peu triste alors) définitivement je l'a trouve agacante cette theorie !..car, je ne suis pas si sur que l'on puisse tout dire comme ca, dans un battement de cil... qui plus est!?
j'en viens alors à me dire; que de s'autoriser d'avoir, cette "librerté", et capacité d'aborder librement sa penser, s'offrir ce luxe! (et je pèse mes mots!) d'essayer ne serais-ce qu un tout petit peu, de ce "décaller" de cette penser,pour lui donner juste un mouvement ...ça me parait deja énorme!.... sans oublier le plaisir qui en découle!(et ca aussi c'est enorme!)...
si bien qu'a ce jour un nouveau terme émmerge (flute!) ....celui de "palper" ...palper son conscient.
enfin je dirais : que l'on puisse associer librement ou que nous ayions la libre association dans la peau, est ce vraiment fondamental?....(de libérer ses pensées .... oui!)
Mais sans doute alors qu'il faut etre plus fort que soi pour aborder sa pensée et etre encore plus fort que ce que l'on pense (?!)...(pensée, penser, panser)
bien a vous!...et merci |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 370 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Mer Sep 26, 2007 10:44 pm Sujet du message: |
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... la technique de l'association libre, c'est pour passer à coté du "penser-répéter-cogiter" (je pense où je ne suis pas - je suis où je ne pense pas, disait l'autre, Jacques Lacan, paraît-il). Taquin, je dis parfois "quand vous êtes ici, cessez de penser", c'est-à-dire au sens cartésien, de cogiter. Alors que souvent, la demande qui m'est adressée, c'est : "je veux (me) comprendre". Chez l'analyste, peut-être faut-il cesser de penser et de vouloir comprendre, c'est à dire cesser avec cette volonté de savoir. Juste s'autoriser à peu à peu, deux pas en avant, un pas en arrière, à lentement découvrir ce qui nous a fait et ce qui nous constitue, et ce que ça fait de se sentir mieux avec soi-même, peu à peu, pas tout de suite. Oser des mots comme ceux de la phrase précédente, qui tient moyennement debout, si l'on se tient à la syntaxe, mais qui amèneront peut-être les images suivantes (faire la planche sur la mer) et de là, toucher à d'autres rives que celles qui nous enserrent, d'où l'on avait commencé.
Effectivement, "dire ce qui vient, avec les mots qui viennent", vient se heurter au vertige apeuré d'une inconnue "liberté" possible et bien sûr à la crainte d'un jugement : celui de l'autre, et celui souvent féroce parce qu'interiorisé : celui de ce que Freud nomma "surmoi". L'image me vient à propos de l'association libre : faire la planche, comme sur l'eau. Soi avec soi, se laisser dériver où "ça" nous entraîne. Cela implique ne pas tenter de nager et les oreilles à moitié immergées dans l'eau, entendre les sons extérieurs comme ils résonnent dans les os du crane et de la face, et non par les tympans. Alors à ce moment, l'on peut, la même chose, se l'entendre différemment. D'abord, ne pas tant raisonner que laisser résonner ; est-ce bien raisonnable.
C'est difficile de se laisser porter par le léger courant, car on ne le maîtrise pas (on ne décide pas de sa direction) et il y faut abandonner sa propre maîtrise. Ou plutôt, l'impression que l'on aurait d'une maîtrise : connaître ses symptômes, savoir - mais il y a méprise plus que maîtrise quant à ce "savoir" là - ce que l'autre va dire ou penser (phénomène souvent, de projection) - si je dis ou fais ou pense cela. A quoi résiste la libre association?... Qu'est-ce qui nous y freine, nous autres analysants, sur le divan de Machine Machin : la question demeure ; pas le moment de conclure...
A bientôt,
FB |
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mia

Inscrit le: 25 Sep 2007 Messages: 68 Localisation: picardie
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Posté le: Jeu Sep 27, 2007 9:45 am Sujet du message: |
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| Francis bismuth a écrit: |
Peut-être nous direz-vous un jour la nature de ces évolutions, par exemple dans votre façon de "librement associer", c'est à dire par exemple, de penser et parler sans fard. Et ce qui selon vous, y f(a)it entrave, et ce qui au contraire, favoriserait ce type de parler et d'acceptation de s'entendre dire et penser de l'inattendu, de l'antérieurement inconcevable, etc. |
Francis, suite à votre demande, je ne peux vous dire ma façon de libre-associer; car la libre association, si elle peut s'expliquer, n'est plus vraiment libre selon moi (je ne suis pas sûre d'être claire!);
ensuite elle est sûrement très différente selon chacun je suppose, puisque pour moi elle est chaque fois différente. Ce qui m'a fait découvrir que j'étais sans doute passée à ce stade de libre-association, ce sont les mots que je me suis mise à utiliser en me demandant: pourquoi n'ai-je rien trouvé d'autre à dire que ça sur ce sujet?
Sans compter bien sûre que cette libre association reste plus ou moins présente selon les séances, et parfois carrément absente.
ce qui y faisait obstacle c'était...???
En tous cas ce qui m'a permis d'y parvenir c'est uniquement la patience et l'humilité de mon analyste, qui jamais ne m'a dit que je faisais de la résistance malgré tout ce temps en face-à-face à associer librement sans libre-association sans doute pour reprendre les termes d'Opale et Millusion(au passage, je précise qu'à ce moment-là je parlais déjà "sans fard" apparent);
qui m'aurait laissé arrêter là mon analyse sans me dire qu'elle n'avait jamais vraiment commencé;
qui a laissé venir les choses à mon rythme, en me disant une fois à propos d'un autre événement que je racontais et qui s'était enfin produit: "c'est que c'était le bon moment". |
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marge
Inscrit le: 02 Oct 2007 Messages: 43
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Posté le: Jeu Oct 04, 2007 11:14 pm Sujet du message: |
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Bonjour, c’est mon premier message sur le forum. J’ai lu rapidement toutes vos réponses et en retour je vous donne ma façon de faire avec l’association libre.
Mon psy ne me l’a pas présenté comme une règle mais comme une invitation : « dites simplement ce qui vous passe par le tête ». Comme si c’était tout simple !
J’ai mis beaucoup de temps avant d’y arriver.
Impossibilité de parler, le moindre mot aurait déclenché des émotions incontrôlables.
Il insiste : « dites ce qui vient », d’accord, je laisse venir des choses anodines, les amis, le travail, les loisirs…, consciente de mes détours, j’ai trouvé inconsciemment le moyen de me faire entendre : je me suis mise à rêver. C’est en racontant et en associant sur le contenu de mes rêves que j’ai pu me laisser aller à dire ce qui me passe par la tête. J’ai arrêté de choisir mes mots, de me censurer, je laisse venir et je dis. Je ne m’entends même plus, pour entendre je fais confiance au psy. Et s’il m’arrive encore de me taire, je sais que tôt ou tard ça sortira de toute façon.
PS : je n’ai pas compris la question : A quoi résiste la libre association? |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 370 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Ven Oct 05, 2007 5:50 am Sujet du message: |
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| Citation: | | PS : je n’ai pas compris la question : A quoi résiste la libre association? |
Bonjour Marge,
Merci pour votre témoignage et bienvenue sur ces pages.
J'adopte volontiers votre reformulation et vous avez bien compris la question : l'interrogation que je livre aux lectrices et lecteurs est effectivement celle-là, même si j'ai quelque idée sur la question, idées qui cependant ne m'avancent guère - y compris en me référant à mes propres tranches d'analyse, ou aux écrits psychanalytiques* - lorsque nombre d'analysant(e)s butent sur cette règle. Sur ce moyen qui me semble être, dans le cadre de notre travail, une incontournable nécessité, sauf à psychologiser en rond.
Je préciserais votre proposition de la façon suivante :
"Pour vous, dans le cadre de votre travail analytique, que vous soyez analyste et/ou en analyse, à quoi résiste la libre association?"
Dans l'attente d'interventions complémentaires, à bientôt,
FB |
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Florence Invité
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Posté le: Sam Oct 06, 2007 11:48 am Sujet du message: |
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Intervention supprimée à la demande de son auteur.
Dernière édition par Florence le Dim Oct 07, 2007 9:51 pm; édité 1 fois |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 370 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Sam Oct 06, 2007 8:14 pm Sujet du message: libre association & attention flottante |
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Comme une évidence : si règle de "l'association libre" il y a coté analysant(e), nécessité tout autant fondamentale d'une "attention flottante" coté analyste.
Le présent débat, sur l'association libre, a été introduit par un texte de Virginie Megglé ; je ponctue nos échanges en citant à nouveau la psychanalyste, à propos de l'attention flottante, écoute spécifique requise de l'analyste durant le travail analytique.
Le lien ci-contre : http://squiggle.be/question-a-un-psychanalyste/virginie-meggle-paris-qu-est-ce-que-l-attention-flott-2.html permet d'accéder au texte de V.M., reproduit ci-dessous :
Qu’est-ce que l’attention flottante ? par Virginie Megglé (13-03-2007)
L'attention flottante, c'est la règle technique selon laquelle le psychanalyste doit prêter la même attention à tout ce que dit l'analysant, sans attacher d'importance particulière à un détail de préférence à un autre.
Il est courant de l'évoquer, face à l'association libre recommandée pour l'analysant, en omettant ce qualificatif qui se glisse entre parenthèses : également et qui induit une réciprocité dans la relation. Attention (également) flottante ...
Je suis alors tentée, dans un premier temps, de définir cette recommandation technique par ce qu'elle n'est pas, afin de laisser entendre ce en quoi elle exhorte le psychanalyste à bien mener une cure.
Flottante, ici, ne suggère ni fuite, ni indifférence, ni somnolence, ni indécision, ni hésitation ... Pas plus qu'également ne se réfère à une maîtrise de l'humeur. L'égalité évoquée indique à la fois un phénomène d'équilibre entre psychanalysant et psychanalyste, et la nécessité pour ce dernier de mettre de côté ses préoccupations quotidiennes, de laisser en suspens ce qui motive son activité, d'oublier ses préjugés moraux ordinaires, ses présupposés théoriques et autres opinions, pour se rendre (également) disponible.
Flottante caractérise ainsi la fluidité, la souplesse, la mobilité d'une écoute qui se laisse sans sombrer porter au fil de l'eau ... Tandis que également tempérerait son flux pour maintenir un équilibre entre deux ...
Cette recommandation faite à l'analyste est donc une règle essentielle à sa pratique, afin qu'il mette en sommeil ses réflexes habituels et minimise ses défenses inconscientes. Ceci pour optimiser, de part et d'autre, "l'émergence de l'inconscient" du sujet, mais surtout, chez lui, un état de réceptivité de la mémoire sensible afin qu'elle engrange des éléments (prononciation, consonance, prénoms, soupirs, lapsus, fragments de rêves, souvenirs, etc) du discours de l'analysant, qu'elle ne retiendrait pas en temps ordinaire et qui sembleraient insignifiants d'un point de vue "objectif" au non initié. Alors que ces détails s'avèrent riches en informations et combien précieux en termes d'interprétation, quand ils entrent en écho avec d'autres éléments qui leur sont apparemment étrangers.
En effet, l’attention flottante permettra aussi, ultérieurement et de façon paradoxale, de favoriser certains éléments, en termes de sens et donc d'interprétation!
Principe d'affirmation du psychanalyste par sa discrétion mais aussi par l’acuité de sa perception, ainsi est-elle sollicitée pour autoriser l'analysant à associer librement, aussi bien que possible.
Elle symbolise à la fois l'ouverture d'esprit nécessaire au psychanalyste pour accueillir l'expression de l'inconscient de l'autre, dans toute sa dimension subjective, afin que celui-ci puisse affirmer sa sensibilité (singulière) en ses propres termes, et la nécessité de ne pas avoir d'a priori qui prédéterminerait les mots ou les événements sur lesquels se fixer durant une séance.
L'analyste, en effet, bien que son écoute s'appuie aussi sur une certaine théorie, enrichie de ses expériences analytiques personnelles, ne doit privilégier aucun élément du "discours de l'analysant".
Autrement dit, il doit, en quelque sorte, parvenir à ne plus exercer consciemment son attention, afin de donner libre cours à sa propre production inconsciente sans influencer (volontairement) celle de l'analysant.
Ne soyons pas utopique cependant, ni prétentieux, dans le meilleur des cas, elle le conduit néanmoins dans la direction de la cure, mais aussi souplement, aussi innocemment, aussi modestement, aussi sobrement que possible ... Et avec autant de tact, de réserve, de retenue que possible!
Ainsi - état de réceptivité qui favorise la relation transférentielle - l'attention flottante est-elle une invitation, non contraignante autorisant la subjectivité. L'expression de celle de l'analysant pouvant se déployer dans cet espace-temps particulier qu'est celui de la séance, face à celle de l'analyste.
Il s'agit donc pour l'analyste, porté par le flux de son attention flottante, de ne chercher à prouver ni son savoir personnel ni la théorie de l'inconscient (telle que Freud le premier s'est appliqué à la transmettre) - même si en fin de cure c'est bien l'un et l'autre en leur essence qui se trouvent confirmés et enrichis de cette nouvelle expérience que représente chaque cure.
Les interventions de l'analyste relèvent alors de l'art subtil de préserver cet espace de liberté entre deux afin que puissent surgir de l'obscurité de l'inconscient quelques lumières ... !
Cette règle est donc une indication pour maintenir en intention une certaine ouverture psychique. Ce n'est pas un état permanent et elle ne va pas, par ailleurs, sans l'analyse du propre transfert de l'analyste!
Mais quand elle s’exerce à point nommée, en situation, elle devient "comme naturelle", bien qu'elle continue de répondre à une exigence première indispensable à l'expression de la communication d'inconscient à inconscient sur laquelle vient se greffer le transfert.
Je ne peux résister pour conclure de vous livrer cette métaphore qui me vient à l’esprit : avec l’attention flottante, l’art du psychanalyste consiste à laisser défiler les mots de l’analysant et les images qu’ils évoquent, comme sur un écran, et de laisser impressionner sa sensibilité comme une pellicule … En laissant dériver son écoute au fil des flots des productions de l'inconscient.
Paris, janvier 2007
C'est donc bien redire si, le travail de l'analysant - qui passe entre autres choses par son effort pour librement associer - est aussi bel et bien fonction du travail actuel, en situation, de l'analyste, et de celui qu'elle ou lui-même fit sur le divan.
A bientôt,
FB |
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