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Quel est l'intérêt de s'allonger sur un divan ?

 
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Francis Bismuth
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MessagePosté le: Dim Oct 07, 2007 8:15 pm    Sujet du message: Quel est l'intérêt de s'allonger sur un divan ? Répondre en citant
"Quel est l'intérêt de s'allonger sur un divan ?"
Posée ainsi, la question pourrait facétieusement recevoir pour réponse : "ben, se reposer ?". Mais cette question a été posée par un internaute sur le très précieux site http://squiggle.be ; j'y ai apporté une réponse possible. En attendant l'éventuelle "mise en ligne" de cette question-réponse par Squiggle, voici un nouveau sujet de forum.

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Quel est l'intérêt de s'allonger sur un divan ?
L'intérêt que revêt le divan est a priori et selon moi – et sans doute selon quelques autres – de favoriser ce que l'on nomme la « libre association ». Tant celle et de prime abord, de l'analysant (l'allongé), que celle de l'analyste.

La libre association, vous l'aurez lu sur ce site ou ailleurs, est cette règle première en analyse : que la personne qui vient faire sa psychanalyse dise « tout ce qui lui vient à l'esprit », avec ses mots à elle, telles que mots, impressions et images se présentent durant la séance. L'on s'aperçoit que cette règle – sorte d'injonction contradictoire – de dire « tout ce qui vient », comme cela vient, est malaisée. Cela tient à la pudeur, à la morale, à l'éducation, à la crainte d'être jugé par l'analyste, par quelque personne supposée savoir… Cela tient à nombre de choses, dont à cette auto-censure qui à la fois, permet à chacun de vivre en société (en groupe), mais qui aussi bride « l'auto-censuré ».

Le divan – ce pourrait être un fauteuil qui tourne le dos à l'analyste – est censé aider à ce que les personnes se laissent aller à leurs dires et à leurs rêveries éveillées. A leurs souvenirs, à leur impression soudaine liée à la situation actuelle (la séance).

Allongée plutôt que sous le regard de la ou du psychanalyste, la personne dira plus aisément « je vous aime », ou encore « je déteste mon fils », ou encore « qui me dit que vous m'écoutez ? », ou bien « les fleurs de votre papier peint me font penser à… ». Or ces phrases, comme le texte d'un rêve, vont elles-mêmes permettre des associations d'impressions, d'idées, des réminiscences de sentiments fugaces, la résurgence de souvenirs « oubliés », qui contribueront au développement de l'analyse de cette personne.

Assis derrière l'analysant(e) plutôt que sous son regard, la/le psychanalyste va de même plus aisément se laisser aller à ses propres associations. Parmi ces associations, celles directement en lien avec les propos et silences de son client, dans ce qu'il en serait de l'univers de celui-ci, mais aussi celles en lien direct ou indirect avec l'inconscient de l'analyste : son histoire, les points restés aveugles de sa propre analyse. Cette dimension de l'insu (du non-su) de l'analyste concernant lui-même, ça revient pendant que son client est là. Ou entre les séances. Le fait de ne pas être « soumis » au regard de son client – la prise de postures, donner le change, etc. – aide l'analyste à faire son travail ; à regarder « ce qu'il me veut, ce client », en quoi ses propos m'évoquent des éléments personnels à moi-même, qui n'ont peut-être rien à voir – et rien avoir – avec ce qui m'est dit.

Le divan revêt pour chaque analysant une dimension différente. Pour l'un, il permet de tenter de se détendre, pour l'autre le divan évoque la soumission, pour quelque autre, le divan c'est le lit ; lit de mort, lit d'ébats amoureux : peu importe. L'important est que cet accessoire soit aidant. Et s'il est paralysant…. Ça se dit en séance, et ça s'analyse.


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A bientôt,
FB


Dernière édition par Francis Bismuth le Mar Oct 09, 2007 8:18 am; édité 2 fois
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Millusion



Inscrit le: 23 Sep 2007
Messages: 29

MessagePosté le: Lun Oct 08, 2007 11:13 am    Sujet du message: Répondre en citant
Bonjour

Un divin divan!
Un divan....souvent représenté par une Méridienne... une sieste que l’on fait vers le milieu du jour, ou encore un canapé de repos à deux chevets de hauteur inégale.
La Méridienne est aussi une invitation quotidienne à la découverte de récits, de contes, de carnets intimes, de poèmes et de nouvelles. Des écrits à savourer....bref!
Pourtant Freud n'utilisait pas une Méridienne...alors pourquoi une Méridienne à présent?

Il serait assez inconcevable pour ma part, de reprendre des séances en face à face.
Cependant il n'est arrivée en de rare moment, d'avoir une puissante envie de me retourner et lui dire droit dans les yeux un qql chose à très haute teneur en sincérité, allié au respect...j'ai une situation actuelle en tête, mais qui serait trop longue à relater,….et dans ce moment la je ne me sentirais plus dans le cadre de l'analyse…..c'est assez étrange...il y a sans doute qql chose de l'ordre de la maîtrise que de vouloir le lui dire en face à face...ou en tête a tête (!?!)
D’ailleurs je le lui ai dit texto "je vous le dirais en vous regardant"

Exemple plus "courant"....si je devais lui confier que je - l’aime-, je ne le lui dirais certainement pas allongée sur le divan!

d'une manière générale, je m'aperçois que je dégouline du divan, au sens propre du terme...un peu comme si mon buste pendouillait...mon épaule gauche n'est quasiment jamais sur le divan...ma main, souvent tripotte ma chaussure ou époussette le tapis...j'aime bien cette "position" à plat ventre...et de plus elle me permet de voir son pied...c'est à dire qu'il y a toujours un moment ou je cherche le "contact" ...furtif, pas sure!..Car lorsque j'ai "choppé" son pied, je ne le lâche plus vraiment.....si je n’ais pas son pied en ligne de mire, dans ce cas, je regarde alors la chaise en face de moi, celle qu'il utilisait lors de nos premiers entretiens.

Ce que je n’aime pas sur CE divan ?....c’est de voir que le plaid ou le coussin n’a pas été remis correctement, à leur place ! et ainsi en conclure que nombre de personne se vautrent sur ce même divan !! !!!...ça, ça me rend dingue !!..je me couche sur qql un d’autre !!...c’est si dur que ça de ne laisser aucune tracesss de son passage ??!!...simple question d’éducation il me semble ! (Bordel !)
..et encore, celui ci n’est pas le pire !.....j’en ai vue un, ou j’ai lit-terallement, catégoriquement refusée de m’y allonger !...une vrai paillasse !!...quelle horreur !

Bien à vous
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opale



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Messages: 101
Localisation: paris

MessagePosté le: Lun Oct 08, 2007 5:49 pm    Sujet du message: divan... Répondre en citant
Divin, c'est moins sûr
Le divan, un dis-voir pour l'analyste et mon Divoir qui dit vrai (je pensais subitement au livre du Voir Dit)...ça sert à déplier, à se déplier et c'est loin d'être confortable pour éviter de s'y installer sans doute...
J'ai quand même dû attendre 6 mois avant d'y passer et mon analyste a "profité" d'un moment de faiblesse Embarassed pour me le proposer et c'est passé comme une lettre à la poste alors que j'y pensais, je redoutais en me disant ce "il faut que...Ce jour là, je n'y pensais pas, c'est arrivé à point nommé.
Je m'y suis sentie parfois plus libre mais je m'en relève parfois tendue , dans le cou (ou dans le coût) là où ça fait mal...ça m'a fichu un coup dis-je souvent Confused ...alors côté confort, sieste Cool , repos, moi c'est pas ça. Crying or Very sad
Finalement, association libre et divan, les deux inséparables, contradictoires, liés par la liberté: rien n'est pourtant plus compliqué que d'être simple. Sad

Je ne suis pas sûre de faire avancer le Schlim...quelque chose Question avec ce qui précède mais j'aurais du mal à le dire autrement Embarassed , les visiteurs devront s'en contenter. Wink
Pas sûr que mon analyste m'y retrouverait s'il lisait ça, est-ce qu'il s'y retrouverait, est-ce bien moi? "est-ce bien moi qui dit ça", je me le dis souvent en me relevant, enfin j'ai couché ça sur la toile,
A lire, pas à dire, gardez ça pour vous Wink ...

BON DIVAN le terrible...
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Francis Bismuth
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Inscrit le: 14 Oct 2005
Messages: 339
Localisation: Ile de France, Val d'Oise

MessagePosté le: Mar Oct 09, 2007 8:00 am    Sujet du message: Répondre en citant
Merci Millusion et Opale de ces premiers témoignages.
Merci aux responsables du site "Squiggle, pour librement associer psychanalyse et grand public ", pour la mise en ligne aujourd'hui et ici : http://squiggle.be/question-a-un-psychanalyste/quel-est-linteret-de-sallonger-sur-un-divan-par-francis-bi-3.html de ce thème.
Allez sur "Squiggle" (http://squiggle.be), tout aussi intéressant pour l'analysant que pour l'analyste, à l'instar de "Psychanalyse en mouvement" (http://www.psychanalyse-en-mouvement.net) et de son nouveau forum http://www.psychanalyse-en-mouvement.net/forum/index.php.

A bientôt,
FB
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marge



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Messages: 38

MessagePosté le: Mar Oct 09, 2007 10:53 pm    Sujet du message: Répondre en citant
L’intérêt principal du divan, autant pour l’analysant que pour l’analyste à mon avis c’est qu’il supprime le contact visuel.
Contrairement à Millusion je n’ai jamais envie de me retourner. Après 9 mois de face à face j’ai quand même eu beaucoup de mal à m’y faire. Au début, pendant longtemps je suis restée assise sur le divan en tournant le dos au psy. Pour moi le divan n’a jamais facilité ni la libre association ni la détente. Maintenant que j’y pense, si j’ai fini par me coucher c’est surtout pour le confort et aussi pour réduire mon champ visuel qui a diminué au fur et à mesure de mes changements de position. Actuellement il me reste un petit bout de mur blanc, comme un écran sur lequel je fais défiler mes pensées.
Bonne nuit
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mia



Inscrit le: 25 Sep 2007
Messages: 51
Localisation: oise

MessagePosté le: Sam Oct 20, 2007 4:45 pm    Sujet du message: Répondre en citant
Le divan supprime le contact visuel, ou plutôt la possibilité d'établir ce contact visuel.
Je veux dire par là qu'après deux ans de face-à-face (deux ans de résistance au divan!) le divan a permis pour moi un vrai démarrage de l'analyse, alors même que depuis longtemps je ne regardais plus que très rarement l'analyste pendant les séances. Le changement résiderait donc dans la différence entre ce "très rarement" du face-à-face et l'impossibilité du divan.

Quant à la réduction du champ de vision indiquée par marge, je me sens plus que concernée; j'en suis très vite arrivée, une fois sur le divan, à cacher mes yeux avec mes bras: difficile de faire plus restreint!

Une fois ce contact visuel rendu impossible, l'analyste ne devient plus qu'une présence, une voix...
Lorsqu'en début et en fin de séance, l'analyste retrouve un visage et un corps, il est parfois difficile de faire le lien avec le reste de la séance. Combien de fois me suis-je "enfuie" de la séance pour éviter ce regard?
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Nikaya



Inscrit le: 04 Juil 2007
Messages: 54
Localisation: Aquitaine

MessagePosté le: Dim Oct 21, 2007 8:57 pm    Sujet du message: Divan, outil de réappropriation de son histoire. Répondre en citant
Le divan, de façon purement concrête, empèche le regard, la vue de l'autre, de l'analyste. J'ai accepté cette règle dès le début. Je n'en ai pas parlé, mais, subjectivement, cela m'effrayait un peu d'avoir quelqu'un, dans mon dos, hors de ma vue. Aussi, mon attention était captivée par les peintures accrochées au mur d'en face, je me demandais qui est-ce qui l'a peinte, elle est moche, peut-être que c'est sa mère qui l'a peinte... Maintenant, même si j'ai les yeux ouverts , je regarde l'environnement sans le regarder, je suis "dans" mes paroles, dans mes histoires... Parfois je regarde mes pieds.
A ma demande, j'ai été reçue exceptionnellement en face à face. Et c'est là que je me suis rendue compte de l'importance d'être hors de vue de l'analyste, de ne pas voir son regard. D'ailleurs j'osais à peine le regarder dans les yeux, et je me suis rendue compte que j'interprêtais ses regards "à la sauce de ma névrose" Or il n'y a pas d'interprétation à faire.
Le divan permet à l'analysant, à mon avis, de ne pas être la réponse à un stimulus (ou un calque des supposées attentes de l'autre) mais d'être ou de devenir le sujet, l'auteur et "propriétaire" libre de ses paroles... et des actes qui en découlent(ront).
_________________
Condamnée à être libre
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