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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 370 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Dim Aoû 27, 2006 7:18 pm Sujet du message: Psychothérapie ou psychanalyse : l'interruption |
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Psychothérapie / psychanalyse : l’interruption.
M’est venue durant ces brèves vacances artistiques, l’idée de tenter de mettre en parallèle l’interruption d’un travail psychothérapeutique/psychanalytique, et la composition (ou le cours – comme on dirait d’une rivière ou d’un fleuve) d’une œuvre musicale. A la relecture, je me rends compte que ce parallèle qui se voulait pédagogique trouve rapidement ses limites. Peu importe au fond…
Hormis la question de la perte d’un revenu lorsque interruption inopinée il y a, le psy reste là à se demander ce qui s’est passé pour qu’un patient ne revienne pas lui parler.
Brandir systématiquement la « résistance » du patient à l’évolution du travail me semble insuffisant ; trop immédiatement facile. Evoquer la résistance inconsciente du psychanalyste lui-même est toujours nécessaire. Je reste avec la question : « En quoi y suis-je pour quelque chose, techniquement ou inconsciemment ? »
Bref, voici quelques propos qui peut-être, seront de quelque utilité, avant qu’ils ne passent de publication à poubellication (emprunt – facile – à Jacques Lacan).
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L’on pourrait arbitrairement comparer le parcours (et son interruption) du sujet avec le psy, et l’œuvre musicale d’un compositeur. Prenons l’exemple des quatre symphonies de Brahms.
1/ Un parcours psychanalytique peut être considéré comme achevé lorsqu’il est allé du début à la fin de la 1ère symphonie (Le sujet en analyse, après cette première fin, pourra quelques années plus tard entamer la création d’une 2ème symphonie. Il s’agira alors d’une seconde analyse, ou seconde « tranche », expression courante même si pas nécessairement heureuse).
L’ « analysant » - et non pas « l’analysé », puisque c’est la personne en analyse qui s’analyse – est alors parvenu, à la fin de ce premier travail, à un point de connaissance, de connivence, de proximité intime de/avec lui-même. De lui-même, il est un peu moins dupe. Certes une part de sa propre vérité continue-t-elle à lui échapper, mais si l’on prend cette image des différentes couches successives de la Terre (ou plus prosaïquement, de l’oignon…), le sujet archéologue de lui-même est parvenu à proximité d’un certain centre, centre ou noyau dont le « contenu », la dynamique, lui restent cependant pour partie inconnus, supposés. Peut-être une seconde analyse ultérieure permettra-t-elle non pas de pénétrer ce cœur, mais de commencer un nouveau travail, souvent à partir d’un autre point de départ, d’une autre difficulté ou question, et de cheminer par un tout autre trajet, que ce soit sous la conduite du même analyste ou d’un(e) autre. Première et deuxième symphonies, première et seconde analyses, ont un seul et même auteur, mais explorent d’autres « possibles », et pour parvenir à d’autres résultats.
Ainsi pour ma part, l’analyse que j’entreprise entre 27 et 33 ans ne ressembla-t-elle pas à la seconde entre 39 et 46 ans. Les collègues analystes revenus sur le divan me disent de même.
2/ Une symphonie est généralement composée de trois à cinq mouvements (ou parties ; ainsi les actes d’une pièce de théâtre) plus ou moins lents, comportant des thèmes musicaux différents. Il arrive que le sujet souhaite mettre fin à son analyse à la fin du premier ou du deuxième mouvement. L’on peut alors souvent considérer que certes, un travail important a été effectué. L’interruption à cet endroit « fait sens ». Par exemple et même si en psychanalyse, Lacan disait que « la guérison vient en plus » (… du travail d’analyse), tel malaise qu’éprouvait la personne avec elle-même/avec autrui/dans telle situation s’est dissipé. Et non pas sur une impression de hasard : quelque chose a été construit, décrypté, qui allège suffisamment l’analysant (le client) pour qu’il puisse dire : « je pourrais continuer, creuser ; je sais que tout n’est pas réglé, mais cela va tellement mieux. Je souhaite faire une pause, revenir peut-être un jour. Qu’en pensez-vous ? ».
Dans ce cas-ci, la personne s’est réellement investie dans son travail analytique/thérapeutique, coûteux à différents égards. J’ai alors moins l’impression d’un « résistance » massive au changement, qui ferait avorter prématurément, comme accidentellement, la démarche entreprise, que du choix serein, éclairé, de mettre un terme à nos entretiens. De la part du sujet comme du mien, il s’agit là en quelque sorte d’une réussite. L’écriture du mouvement de la symphonie (peut-être aurais-je dû prendre l’exemple de doubles concerti plutôt que la symphonie dénuée de solistes) est achevée et bien achevée, même un ou deux mouvements supplémentaires restent possibles ou nécessaires à écrire, ici pour plus de lisibilité de soi par soi.
3/ Il y a aussi ce cas où le compositeur n’a pris que le temps de poser devant lui la partition vierge de notes, la tête pleine d’idées, puis de la refermer sans y écrire ; c’est le cas où une personne vient me voir une ou deux fois (10% des rendez-vous ?) puis ne se manifeste plus.
Le premier entretien peut avoir provoqué – qui sait ? – un soulagement momentané : dire, cela soulage.
Ou il n’y a pas eu de « feeling » entre les deux protagonistes.
Ou encore, la personne venue consulter réalise/estime ne pas pouvoir ou vouloir entreprendre un travail psy qui lui coûterait entre 160 et 500€ par mois.
Il arrive aussi, je crois, que le travail semble au sujet titanesque, démesuré. Et que cette perspective lui donne le vertige. Peut-être manqué-je alors de doigté lorsqu’à l’issue du premier entretien, je dis ce que je pense du travail à envisager. De sa durée possible, des difficultés prévisibles. Mais que faire ? Que dire ? Peut-on imaginer dans ce cas un psy qui mente, ou mente par omission ?
Il est arrivé cette année qu’une personne vienne me voir par deux fois. Peut-être lui dois-je ces lignes. Mariée et aimée, deux enfants, deux salaires de cadres, elle avait parfaitement conscience, à plus de 30 ans, de ce que sa douleur actuelle, profonde et ses difficultés remontaient à la petite enfance, et que le travail qui nous attendait, pour richissime qu’il s’annonça, serait âpre et long.
Pourtant, elle me signifia à la fin du second entretien que ce serait le dernier.
Parler et qui sait, dans la même mesure pleurer, écrire – l’avaient momentanément allégée ; un changement d’entreprise arrivait en même temps, lui permettant de quitter l’actuel employeur, nouvel emploi susceptible quelques mois de laisser son questionnement existentiel au loin ?
Ou peut-être quelque chose en moi lui déplut-il ? Peut-être encore le fait qu’elle m’envoya entre les premier et second entretien une dizaine de pages dactylographiées la mît-elle dans la situation de s’être trop hâtivement « dénudée » face à la personne inconnue que j’étais encore pour elle ? Le temps de l’inter-connaissance patient-psy est un premier temps de quelques semaines absolument nécessaire.
J’espère que cette personne pourra continuer à faire l’économie de l’analyse, mais j’en doute tant, ou alors à quel prix, cette économie ? Au prix de quels symptômes, de quelles angoisses, de quelles disputes.
4/ Mais enfin, le cas probablement le plus inconfortable pour le psy que je suis advient lorsqu’en plein milieu d’un premier mouvement qui commençait à s’ébaucher, alors que nous allions en finir avec les premiers entretiens de mise en confiance réciproque, le patient interrompt son travail du jour au lendemain. Cela arrive parfois et pas toujours sur un différend/un affrontement momentané entre la personne et le psy. Dans ce cas relativement rare, je propose par email ou sms au patient de rappeler pour un nouveau rendez-vous, puis je n’insiste plus.
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Ecrire sur l’interruption me fait penser à la difficulté de l’entrée dans l’analyse.
Elle tient notamment à ce que le cartésien, le rationnel, n’y ont que très peu à faire. Et à ce que cette annonce faite au patient lors des premiers entretiens, cette quasi unique consigne de travail : dire en séance absolument tout ce qui lui vient à l’esprit, en passant par le récit des rêves, sans aucun souci de « logique » et de bienséance, lui montre que c’est « nu », sans fard, qu’il doit peu à peu aller au devant de lui-même, sans cet artifice quotidien du semblant, de la rationalisation, en compagnie de l'analyste.
Francis Bismuth
Dernière édition par Francis Bismuth le Dim Fév 04, 2007 7:13 am; édité 1 fois |
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faiza Invité
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Posté le: Dim Oct 08, 2006 5:30 pm Sujet du message: |
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francis j'ai lu que les premiéres lignes et ce qui m'a frappé c'est quand vous disiez "en quoi je suis responsable?" je vous réponds "les absents ont toujours tort!" le faite que vous ne preniez pas position enrestant neutre, d'essayer de ne pas donner des conseilles pour conduire l'analysant dans un chemin subjectivement en le laissant tracer sa route.....eh ben c'est comme si vous étiez coupable chez vos patients en phase anale qui veulent une anal-yse, lisez la, lysez la!
c'est mon avis |
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differente
Inscrit le: 30 Sep 2006 Messages: 31 Localisation: Auvergne
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Posté le: Lun Oct 09, 2006 7:44 pm Sujet du message: |
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J'essaie de comprendre Francis, si vous êtes pour ou contre les séances ratées = séances dues !
Merci de m'éclairer _________________ La psychanalyse est un remède contre l'ignorance mais sans effet sur la connerie.JL |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 370 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Lun Oct 09, 2006 9:07 pm Sujet du message: |
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Il est selon moi et à différents points de vue important qu'une séance non faite soit due. Ou plutôt que due, qu'elle soit payée et non pas due.
Mais l'on n'est plus dans la Vienne bourgeoise et je n'opère pas dans un quartier chic : dans les faits, j'essaie d'abord de déplacer la séance à un autre jour. Il est rare qu'il y ait des séances loupées dans mon exercice professionnel : quand les personnes ne viennent pas une fois, elles ne reviennent plus en règle générale. Evidemment, c'est très dommage lorsque cela se passe ainsi, comme un passage à l'acte dénué de mots et de travail.
Francis Bismuth |
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faiza Invité
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Posté le: Lun Oct 09, 2006 10:32 pm Sujet du message: |
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| je suis contre "la séance ratée qui est payée quand même" c'est du vole. On part du principe qu'on paye pour notre parole émise chez une personne qui joue le rôle de contenant. Notre parole est si précieuse! |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 370 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Mar Oct 10, 2006 8:17 pm Sujet du message: |
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Le travail que l'on vient faire avec un psychothérapeute ou avec un analyste n'est pas de l'ordre de la consultation chez le médecin ou le dentiste. Tacitement, l'un et l'autre passent un contrat.
Et puis imaginez le transfert de l'analyste lorsqu'une ou un analysant louperait une séance sur deux ou sur trois ?
Le travail du psy ne consiste pas à être inconditionnellement bienveillant, me semble-t-il, mais à contribuer à la recherche que l'analysant vient effectuer.
On a déjà parlé de résistances, mais aussi, un psy n'est pas un "machin" dont on loupe les séances à l'envie. On peut lui dire que c'est une pauvre chose qui évoque d'ailleurs tel membre de la famille, etc... mais on le dit en séance.
Le respect de ce contrat est le reflet du respect de soi et sinon, de toute façon, l'alliance thérapeutique ne peut tenir. |
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faiza Invité
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Posté le: Mar Oct 10, 2006 11:51 pm Sujet du message: |
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oui je suis d'avis qu'il faut un respect pour les séances et que le psy n'est pas un super humain qui accèpte tout, mais les séances ratées payées, je trouve que c'est un peu trop. Chez nous quand un patient manque un rendez vous sans prévenir, attendra que tout le monde termine pour qu'il passera, sinon il reviendra la prochaine séance. S'il est de bonne foi, et qu'il prend sa thérapie au sérieux il accèptera ça pour son bien, et pour le bien des autres (psy et patients).
Amicalement
faiza |
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Ly
Inscrit le: 01 Juin 2007 Messages: 3
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Posté le: Ven Juin 01, 2007 3:50 pm Sujet du message: entrée interruption d'une analyse, en réponse au 1er messag |
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Bonjour,
Je viens de vous lire sur l'interruption d'une analyse (notamment de sa comparaison avec une symphonie qui se fait en plusieurs actes), de votre questionnement par rapport à ces patients qui décident parfois de faire une pause (parce que finalement même s'ils ont bien conscience que le travail n'est pas totalement terminé, ils ont besoin peut être de renforcer leurs fondements avec les nouveaux éléments qu'ils ont découverts au fil des séances), mais surtout de ceux qui décident d'arrêter complètement parce qu’ils ont découvert un autre que soi et que la peur est grande devant ce qu'on ne connait pas.
Evidemment, des résistances chez le patient existent et peuvent expliquer cette interruption mais cela ne vous empêche pas de vous demander ce qui techniquement, inconsciemment a fait qu’il y a eu rupture avec vous, avec le travail ou quoi d’autres !!
Tout cela me fait pensait finalement à ma dernière séance où ayant joué à l'archéologue, j'ai déterré de vieux évènements. Et vraiment, c’est une sensation étrange, désagréable même que d’apprendre cette vérité sur soi comme cela ! Je n’insiste pas
Entre les pleurs qu’il était impossible de faire cesser, j’ai exprimé à mon analyste que je ne savais plus si je voulais continuer, il m’a donc proposé d’y réfléchir …avec quelqu’un d’autre, autrement peut être ? le fameux divan ?
Parvenue à un carrefour, je dois désormais choisir d’entrer ou non en analyse ….
Ce que j’essaie tant bien que mal de faire et là pleins d’interrogations me traverse : J’ai peur pour mon analyste ? Drôle de sentiment, mais finalement aies-je peur pour lui ou pour moi ? Ce que j’ai à dire est-il si moche ? Pourquoi ce sentiment de bienveillance envers lui?
Autre question : Dans le cas où je fais le choix de poursuivre, la question de l’interruption justement, comment la vivre au mieux ? Peut-il m’abandonner ?
Pour conclure, et à l’inverse de ce vous dites (enfin, c’est histoire de taquiner « écrire sur l’interruption me fait penser à l’entrée en analyse »), je dirais qu’essayer de faire son choix d’entrer ou non dans une analyse pose d’emblée la question, en tout pour moi, de son interruption qui quelque part m’effraie. _________________ Ly |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 370 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Ven Juin 01, 2007 4:54 pm Sujet du message: à Ly |
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Bonjour Ly et bienvenue sur ces forum.
Je laisse le soin à d'autres de réagir à votre intervention, et y mettrai mon grain de sel, après ou avant eux. Et oui : cela peut paraître contradictoire, mais vous savez bien, puisque visiblement vous êtes déjà entrée en analyse, qu'ambivalences, contradictions et retournement(s) en son contraire - puisque l'inconscient se fiche bien de quelque cartésianisme et autres bien-pensantes rationalités - ont encore de beaux jours devant eux - et dirais-je : tant mieux.
A bientôt,
FB |
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opale
Inscrit le: 21 Fév 2007 Messages: 111 Localisation: paris
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Posté le: Sam Juin 02, 2007 1:14 am Sujet du message: à Ly au sujet de l'interruption. |
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Bonsoir,
J'ai lu votre message, assez dense, et je vais essayer de répondre, au plus près de votre questionnement:
"je dirais qu’essayer de faire son choix d’entrer ou non dans une analyse pose d’emblée la question, en tout pour moi, de son interruption qui quelque part m’effraie".
D'abord, je crois qu'entrer en analyse implique le fait que ça puisse s'arrêter parce que quand on y entre c'est quand même avec l'idée, l'espoir d'en sortir(de votre fonctionnement bancal qui a initié votre demande).Donc de ce côté, enfin de mon point de vue d'analysante, je trouve ça plutôt"normal"(terme pas vraiment approprié mais bon...)ou sain si vous préférez .Pour moi, la "direction"de l'analyse sous tend toujours plus ou moins l'idée de la fin de l'analyse.
Maintenant, ça "vous effraie":l'interruption ou l'arrêt va de pair avec l'idée de fin(et là vous vous direz peut être "ah merci du renseignement ça ne m'avance pas bcp! )En bref,à quoi vous associez la"fin"(selon votre histoire familiale ou sentimentale ), et c'est peut être là dedans que se loge la raison de votre peur...
Ensuite,"la question de l’interruption justement, comment la vivre au mieux"?:
je crois que vous la vivrez bien si vous la sentez nécessaire, si vous sentez que votre situation actuelle n'est plus acceptable, vivable comme telle.C'est, il me semble, quelque chose qui "se décidera" en vous.Il y aura peut être un moment pénible suite à cette interruption...cependant nécessaire pour continuer à vivre autrement, forte de votre passage sur le divan(pensez là encore si cela peut apaiser votre appréhension,aux situations où l'interruption peut être traversée sur deux modes: la douleur(liée à la perte, la séparation de l'autre) et, de manière contradictoire, le soulagement et/ou la valeur ajoutée qui s'ensuit pour re-partir.
Enfin,"Tout cela me fait pensait finalement à ma dernière séance où ayant joué à l'archéologue, j'ai déterré de vieux évènements. Et vraiment, c’est une sensation étrange, désagréable même que d’apprendre cette vérité sur soi comme cela":
c'est, je crois, le"risque" d'une analyse et je terminerai là sur une question qui rejoint peut être la vôtre et à laquelle je suis malheureusement confrontée en ce moment même :l'archéologue peut sentir que qqchose sommeille là quelque part, d'après ses plans, ses précédentes découvertes mais décide de ne pas y toucher par peur d'ébranler une structure, des fondations, de mettre sa conservation en péril, et bien je me demande, tel l'archéologue et je reprends votre image, ce que sera le devenir au fil du temps de ce que l'on sait exister mais sans pouvoir savoir de quoi est fait ce qui n'a pas été mis au jour.Autrement dit, le "risque" de l'analyse certes mais quel est le "risque" d'en interrompre le cours, une bombe à retardement?,des erreurs d'aiguillage à répétition?des contre temps...pour moi, s'il y a question , c'est plus du côté des effets de l'interruption sur ce que les analystes appelent le symptôme" que sur le "comment"la vivre bien...
Vous excuserez la longueur mais votre question appelait je trouve, une "réponse" comme celle ci.J'espère qu'elle apaisera vos craintes ou que vous vous sentirez tout au moins entendue.Comme quoi du côté des analysants, des histoires différentes mais apparemment aussi des"invariants" ...
bon courage à vous ...je laisse les analystes ou analysants de passage sur le site vous proposer une autre perspective... |
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Ly
Inscrit le: 01 Juin 2007 Messages: 3
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Posté le: Lun Juin 04, 2007 6:34 pm Sujet du message: |
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Bonjour Opale et merci de votre regard d’analysante, de ce partage d’expérience qui me permettra, j’espère, de construire mon propre choix.
Effectivement, c’est bien dans cette supposée idée d’interruption que se loge ma peur (du moins une partie d’elle) mais combien il est difficile d’exprimer de quelle rupture il s’agit ?
Evidemment, (je dis évidemment comme si ça l’avait été pour moi avant de vous lire !) l’histoire familiale, la vie sentimentale, notre monde, notre passé ? …sont autant de réponses possibles ? Probables ? Certaines ? (à la question)
Et c’est bien là, le hic ! Nous ne le savons pas vraiment ! Ce ne sont pour l’instant que des pressentiments.
Alors, finalement, un peu comme vous, est-ce la peur d’ébranler les fondations d’une maison qui jusqu’alors rendait services, services devenus aujourd’hui insatisfaisants. Il y aurait donc un changement de paradigme !
Les anciennes fondations seraient devenues comme obsolètes, auraient trouvé leurs limites mais pourquoi donc celles-ci ne rendent-elles plus les services d’autrefois ? Qu’est ce qui a bien pu faire qu’elles ne fonctionnent plus aussi bien qu’avant ? ….Ou que je veuille qu’elles ne remplissent plus leurs anciennes missions ?!
Dévoiler et mettre au jour, comme vous l’avez dit, semble alors évident (j'ai envie de dire trop évident!) sans compter les risques de « Bombes à retardements, les erreurs d’aiguillage à répétition » (je vous les emprunte, ça me parle) et pourtant…il va bien falloir que je me décide un jour
Bon courage et surtout bonne construction  _________________ Ly |
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Enid
Inscrit le: 31 Juil 2008 Messages: 19 Localisation: Lyon
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Posté le: Jeu Aoû 21, 2008 5:16 pm Sujet du message: |
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| Francis Bismuth a écrit: | Psychothérapie / psychanalyse : l’interruption.
[...] mettre en parallèle l’interruption d’un travail psychothérapeutique/psychanalytique, et la composition (ou le cours – comme on dirait d’une rivière ou d’un fleuve) d’une œuvre musicale. [...]
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L’on pourrait arbitrairement comparer le parcours (et son interruption) du sujet avec le psy, et l’œuvre musicale d’un compositeur. Prenons l’exemple des quatre symphonies de Brahms.
1/ Un parcours psychanalytique peut être considéré comme achevé lorsqu’il est allé du début à la fin de la 1ère symphonie (Le sujet en analyse, après cette première fin, pourra quelques années plus tard entamer la création d’une 2ème symphonie. Il s’agira alors d’une seconde analyse, [...]
Peut-être une seconde analyse ultérieure permettra-t-elle [...]
Première et deuxième symphonies, première et seconde analyses, ont un seul et même auteur, mais explorent d’autres « possibles », et pour parvenir à d’autres résultats.
2/ Une symphonie est généralement composée de trois à cinq mouvements [...]
3/ 4/
Francis Bismuth |
Francis,
Lorsque la "partition" d'une symphonie (première), composée de trois à cinq mouvements -je le confirme- s'écrit jusqu'à ce que ne se trouve pas à s'écrire réellement si ce n'est le alors un, final, pour clôture... Le "prendre fin" : "ça prend fin..."
Que nous dit la Musique ?
Si l'analysant est le compositeur de cette oeuvre... à l'oeuvre de l'analyse... qu'est l'analyste : pour la Musique ?
Toujours pour la Musique, comment pourrait-on dire qu'est la participation du compositeur à un forum comme celui-ci, lorsque s'écrit un quelconque mouvement symphonique ?
... j'aurais peut-être d'autres interrogations si elles trouvent formule...
Merci...
bien cordialement,
Enid
Dernière édition par Enid le Jeu Aoû 21, 2008 5:22 pm; édité 1 fois |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 370 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Ven Aoû 22, 2008 10:43 am Sujet du message: |
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Bonjour Enid,
Comme souvent, je ne vois pas ce que vous voulez dire ci-dessus - mais vous n'avez pas le monopole : nombreuses sont les interventions ici : http://www.psychanalyse-en-mouvement.net/forum/index.php dont je ne saisis guère le sens) et ne vois donc pas que et comment vous répondre.
A bientôt,
FB |
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Enid
Inscrit le: 31 Juil 2008 Messages: 19 Localisation: Lyon
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