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Ne suis-je que résistances ?

 
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Mézigue



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MessagePosté le: Mer Déc 12, 2007 1:06 pm    Sujet du message: Ne suis-je que résistances ? Répondre en citant
Bonjour à tous,

cet après-midi j'ai ma séance et toujours ce stress qui monte à l'idée de m'y rendre. 3 mois que j'ai commencé et j'ai l'impression de ne pas avancer du tout, de ne pas toucher le coeur des choses, de ne rien mettre à jour, de ne raconter que des superficialités. Je sais que le travail est long mais j'ai l'impression de n'être que résistances, de ne rien dire , d'être encore fausse....et pourquoi cette peur de ma psychanalyste ? je ne comprends pas...
Bref, je patauge...
Quelqu'un a vécu ça ?
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Mézigue
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Francis Bismuth
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MessagePosté le: Mer Déc 12, 2007 2:55 pm    Sujet du message: à Cézigue, notamment. Répondre en citant
Citation:
Quelqu'un a vécu ça ?

Bonjour Cézigue,
J’ai déplacé votre sujet ; il me semblait mieux qu’il fut là.

J’allais partir dans mille phrases, mais voici la principale selon moi, même si elle ne changera guère de choses pour vous :
tous les analysants ont vécu et vivront ça et si ce n’est pas le cas, si « ça » ne résiste pas, alors y-a-t-il lieu de s’interroger quant à la réalité de la cure. Résister ? Et alors, puisque cela fait partie intégrante de la cure, que de parler à son analyste du sentiment que cela n’avance pas.
« N’être que résistances », comme vous l’écrivez, c’est ce qui nous a longtemps permis de tenir, alors vous pensez bien que ce n’est pas d’aller chez un quidam parler, qui va faire que et hop ! du jour au lendemain ou presque, tout change.
Non seulement j’ai vécu cela sur le divan – en début d’analyse, en cours d’analyse, parfois des mois durant – mais y compris en tant qu’analyste, m’arrive-t-il de sentir qu’il ne me semble rien entendre. Ça peut tenir à ma propre indisponibilité, à mes propres résistances, crispations, préoccupations. Ça peut tenir à l’analysant(e). Puis parfois, quelque chose se débloque ; cela tient à l’autre ou à moi. Cela tient à un moment de rencontre entre deux inconscients. Peu importe.
Analysant, nous devons nous laisser aller dans le verbe, dans les longs silences, les impressions verbalisées, les coq-à-l’âne, et sans vouloir d’emblée comprendre, sans vouloir de suite une réponse au pourquoi et au comment. L’impatience en même temps qu’elle pousse à l’analyse, y est un frein. Chacun se sent poussé à une « obligation de résultat », à l’efficience, à la rentabilisation de l’investissement ; peu d'entre nous ne s'octroient de temps, pour soi. Y compris de temps pour le travail de l'inconscient mais pas seulement. Or l'analyse, je ne crois pas que l'on puisse s'y "magner".
La plupart d’entre nous sont aussi, ou vont et reviennent, dans le paraître intelligent aux yeux de l’analyste – ou de l’analysant – dans une image de soi dont on viendrait se défaire et à laquelle on s’accroche. Ou alors, on psychologise : on parle de son Oedipe, de son rapport au père, ou encore de l’injustice de la société, et que c’est la faute à la culture judéo-chrétienne qui…etc. Ou encore, le discours n’est-il centré que sur les symptômes et dans une tentative intelligente de leur décryptage. Faut qu’il y ait certaine logique dans tout ça, s’pas ? Certes, certes, mais de tout ce qui précède, l’inconscient se fiche totalement et je dirais que l’intelligence, en analyse, c’est un vrai problème !
Des fois, quand je me lasse que cela patine tranquillement, je provoque, ou j’explique. Bref, je fais quelque chose qui tende à rompre certain ronron, fut-il fort érudit. L’érudition, ça peut-être aussi un bon moyen de rester à l’écart de soi.

Mais bref Cézigue : cela (ne) fait (que) trois mois que vous êtes sur le divan – le face à face freine la libre association et l’écoute flottante du psy – et je ne sais pas à quel rythme…. donc…. Bonne séance et à bientôt,

FB
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mia



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MessagePosté le: Mer Déc 12, 2007 5:25 pm    Sujet du message: Répondre en citant
Bonjour Mézigue. Le stress avant les séances, ça arrive souvent, pour moi ça veut dire que quelque chose doit se dire, qui se cache…

L’année dernière, durant deux mois, j’arrivais non plus seulement stressée mais carrément terrorisée chez le psychanalyste ; je lui en parlais mais ça durait quand même… jusqu’au jour où soudain cette terreur a pris un autre sens, j’ai pu la nommer comme une ancienne peur que je ne me connaissais pas, et … elle a disparu.

Je n’aime pas ces périodes de peur des séances, mais je sais qu’elles me font avancer. Heureusement elles alternent avec des périodes plus sereines… alors courage, si vous avez peur cela veut dire que « ça bouge », c’est très inconfortable mais… bon signe !
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Mézigue



Inscrit le: 30 Nov 2007
Messages: 37
Localisation: Béziers

MessagePosté le: Mer Déc 12, 2007 6:14 pm    Sujet du message: Répondre en citant
Bonjour et merci pour vos deux réponses qui m'ont fait beaucoup de bien, comme toujours .

FB, merci pour ces mots qui m'ont fait partir à la séance " rassurée ". J'ai de plus beaucoup aimé votre phrase : "L’érudition, ça peut-être aussi un bon moyen de rester à l’écart de soi."
Par contre, je suis bien sur le divan et non en face à face.
Mia, je crois que vous avez visé juste parce qu'aujourd'hui justement, j'ai parlé, parlé parlé...et dit des choses qui sortaient de je ne sais où d'ailleurs et qui m'ont enormémeent surprise...
Moi je stresse avant toutes les séances et en y allant je me disais justement que , ça devait être de moi que j'avais peur et pas d'elle....

Merci
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Mézigue
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Nikaya



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MessagePosté le: Mer Déc 12, 2007 8:03 pm    Sujet du message: Répondre en citant
Bonjour Mézigues,

Cela (ne) fait (que) 7 mois que j'ai commencé mon analyse et au commencement, aussi, je me disais " mais qu'est ce que je vais pouvoir dire ?" "Y a t il une "méthode" à suivre pour avancer -plus vite- ?" "Et mon psychanalyse, i' pourrait pas m'aider au lieu d' me laisser pédaler dans la semoule?" "Vais-je y arriver ?" "peut-être que je fais partie de ces exceptions qui confirment la "règle" : que la psychanalyse ne peut rien pour moi"... etc etc ETC ! Wink D'ailleurs, mes premiers messages sur le forum l'attestent...

Mais comment dire, la psychanalyse c'est chacun qui la fait, pour soi, chacun qui "se la compose", comme une partition.
Sur le divan, je me sens parfois très crispée, prèsque en apnée sur le divan, avec une certaine tension dans mon corps et dans mon esprit sans que "rien ne vienne"Wink ...
Mais aussi les premières surprises qui commencent à pointer leur nez, de fil en aiguille des liens qui se nouent... L'impression de dire certaines choses "pour la première fois"...
Mais tout le cheminement, les "galères" avant d'y parvenir sont nécessaires.
Quelque chose vous préoccupe, là, tout de suite, maintenant, parlez-en, cela vous fera peut-être penser à autre chose, qui n'a peut-être, (en apparence), rien à voir et les choses vont s'enchainer, ne cherchez pas une logique dans les propos que vous allez aborder, une idée vous vient, même si elle vous paraît anodine, parlez-en... Par exemple, "tiens, j'ai envie d'acheter une baguette de pain..." puis "baguette, ça me fait penser que, quand j'étais petite, j'avais une baguette magique, je voulais être magicienne..." et puis enchainer sur une anecdote, une personne à qui cela vous fait penser...
Voilà des suggestions mais vous savez, nous faisons tous face à différentes résistances, chacun compose et rien n'est anodin...quelque soit la durée de l'analyse, quelque soit les personnes... Outre l'attente du "résultat", je pense aussi que le cheminement, le temps, parfois les souffrances, les joies, sont nécessaires et peut-être plus bénéfiques. Wink le divan est un "espace-temps" où vous vous consacrez à vous.

Bonne continuation,

Cordialement,
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Condamnée à être libre
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