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Pourquoi avez-vous commencé une psychanalyse ?
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Francis Bismuth
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MessagePosté le: Mer Jan 23, 2008 10:17 pm    Sujet du message: Pourquoi avez-vous commencé une psychanalyse ? Répondre en citant
Bonjour,
J'ai envie de lancer une discussion (tellement anodine).

Qu'est-ce qui vous a amené à entreprendre une psychanalyse ? Ou qui vous fait réfléchir à l'entreprendre ? Qu'est-ce qui s'est passé pour que vous, vous y alliez ?

Quelles questions posent à d'autres membres du forum, le fait d'entreprendre, ou non, une analyse, ou différemment, une psychothérapie ?

Je lance le débat. J'espère que nous nous y livrerons un peu ; j'y interviendrai.

A bientôt probablement,

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Dernière édition par Francis Bismuth le Mar Fév 19, 2008 6:42 pm; édité 2 fois
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mia



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MessagePosté le: Jeu Jan 24, 2008 11:56 am    Sujet du message: Répondre en citant
votre question est tellement anodine que, bien qu'ayant été lue 16 fois, vous n'avez pas une seule réponse! l'entrée en analyse: si ce n'est pas un sujet intime, ça...
pour ma part: je venais pour une psychothérapie (j'en avais fait une quelques années avant). il m'a laissée lui raconter toute mon histoire. à la fin seulement, il m'a dit qu'il était analyste et non psychothérapeute. (tout s'effondrait soudain autour de moi, je n'avais plus qu'à partir, je m'était trompée de porte...) il a ajouté "mais ce n'est peut-être pas un hasard". alors, je suis restée. chouette!
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opale



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MessagePosté le: Jeu Jan 24, 2008 10:47 pm    Sujet du message: Répondre en citant
Bonsoir,
J'ai lu votre sujet. Me concernant, ce fut d'abord une notion, L'Inconscient bien sûr Wink, dans le programme de philo qui m'y a "fait réfléchir" conjointement avec un intervenant qui avait accepté de nous parler de l'analyse. Notre prof avait estimé à juste titre que la découverte de la psychanalyse était indissociable de l'"expérience" analytique.Puis est venu le livre de Marie Cardinal, une lecture plus intimiste qui me rapprochait à petits pas de la psychanalyse; loin des généralités du cours, je voyais bien qu'il s'agissait d'un questionnement singulier auquel seul(e) son analys-e/te avait pu "répondre" et très différent de ce que l'intervenant avait accepté de livrer. Mais encore à cette période, je ne faisais qu'y réfléchir, sans ressentir la nécessité et/ou l'urgence pour moi de m'y "engager".
Il y eut ensuite une amie qui me confia avoir contacté son psychanalyste, je la trouvais très gaie, elle se sentait si triste...Les années passèrent et de temps à autre, je la recevais et remarquais que non seulement elle n'avait pas "changé" mais que de surcroît les discussions que nous avions depuis l'enfance s'étaient enrichies.Sa manière de répondre à mes questions et son écoute différaient simplement et me renvoyaient parfois sans sauvagerie et petit à petit à mon propre questionnement...
Ce n'est que longtemps après que j'y suis venue.Je sentais que des questions qui revenaient régulièrement ne trouvaient plus les répondants (ami(e)s plus ou moins proches, lectures diverses)suffisants. J'ai quitté ville, parents, ami(e)s et me suis retrouvée seule...avec moi même, un face à face terrible.Une année s'est écoulée et j'ai décroché le téléphone.Curieusement, je ne traversais pas une période difficile au moment de ma première séance.Je revenais d'une courte période de vacances donc plutôt calme, reposée, mais ma voix, tremblante, fébrile, venait de me trahir.Quelque chose s'était ouvert, une fissure dans l'édifice.Je suis arrivée avec un "cortège" d'échecs, d'incapacités Crying or Very sad ,ces "oui-mais" Sad pesants d'impossibilités, de désordres somatiques qui avaient ponctué mon existence.
Mon début d'analyse n'a donc pas coincidé avec l'irruption brutale d'un évènement traumatisant, violent ou à un malaise perceptible mais à de longues années passées à me retrouver face aux mêmes obstacles, à "encaisser" ce que je croyais être des coups de malchance...les sales tours de la "faute-à-pas-de-chance", ça parlera peut être à quelqu'un sur le forum... Wink

Aujourd'hui, et je terminerai là dessus ce long récit, je découvre le décalage Idea entre ce que je croyais être la cause de ma souffrance et le point où j'en suis arrivée aujourd'hui....peut être en a t-il été de même pour les autres visiteurs...
Voilà mon cheminement dans les grandes lignes...malgré la longueur de mon message.J'espère ne pas être sortie de la direction que suggérait les questions.
Bonne soirée à tous et toutes.
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marge



Inscrit le: 02 Oct 2007
Messages: 43

MessagePosté le: Ven Jan 25, 2008 12:24 am    Sujet du message: Répondre en citant
Bonjour,
Comme beaucoup j’avais entendu parler de Freud et de la psychanalyse au cours de mes études. Ca m’avait intrigué et je me souviens que à ce moment-là j’aurais bien aimé faire une analyse. Et puis j’ai oublié, mais pas tout à fait.
Ce qui s’est passé ? Une dépression, latente depuis longtemps a fini par réduire ma vie à un état presque végétatif. Il n’y avait qu’une solution. TS.
Ensuite j’ai commencé une psychothérapie analytique. Au bout de 9 mois j’ai demandé à faire une analyse. Il y avait donc une autre solution.

Je pense qu'un début d'analyse ça doit souvent se présenter comme ça: l'espoir d'une solution.
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Millusion



Inscrit le: 23 Sep 2007
Messages: 29

MessagePosté le: Ven Jan 25, 2008 11:48 pm    Sujet du message: Répondre en citant
(Je n’ai pas très envie de réfléchir!)…alors au delà des termes comme souffrance, difficulté, nécessité, ou pire encore, incapacité, redoutée et redoutable avenir ! Pourraient pour une bonne partie recouvrir l'idée de faire, entreprendre une psychanalyse.
Il y avait pour ma part et tout encore, une idée d'aventure, de projet, me lancer dans un super truc! Quitte à réduite en poussière mes évidences les plus bétonnées ! Faire pèter quelques verrou, ouvrir les vannes, ces miasmes, matières en décomposition propageant un gaz paralysant, affectant toute ma cervelle…… vieilles réminiscences du passé,archaïques, profondes, puantes même ! Viré !! Virer cette belle collection de symptômes ou sur le registre des comptes familial je paie la note?

Bref !..(je m’emporte là !)

"Ca", à été plus fort que Moi, et j’y suis allée !

Vivre bi ou tri hebdomadairement une aventure au long cours!!
Tenter d'être plus fort que soi pour aborder sa propre pensée, et être encore plus fort que ce que l’on pense.... fhumm !

Etonnement ou pas, j’ai fais une fixette sur la maturité (requise, nécessaire ou pas) pour entreprendre une psychanalyse…et j’avoue que, tout encore, je me pose cette question ! Suis-je assez, ou suffisamment mûr ?...comme si c’était pas le bon moment, ou la peur de passer à coté de quelque chose…..ne pas tout comprendre, de ne pas tout se saisir !
Et quand bien même mon analyse se terminerait demain, et ou ne comprendrais pas tout… elle me suivra longtemps après !

Maintenant, j’y suis j’y reste !


Bien à Vous

Catherine
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mi



Inscrit le: 12 Nov 2006
Messages: 46

MessagePosté le: Sam Jan 26, 2008 4:17 pm    Sujet du message: Répondre en citant
L'angoisse !
Non pas cette question que vous nous posez. Mais celle alors d'une émotion interminable. Oui, c'est ce ça qui m'a conduite à me saisir de mon téléphone : le fait de m'être "trouvée" confrontée à un manque de sens insupportable, de me trouver "être" "sans issue". L'impasse à être, déchue de sens, coupée de tout espace "imaginable" qui m'aurait permis de reccueillir un "reste à être" au bout de cette impasse.
Le demi-tour a consisté à... appeler quelqu'un qui puisse m'écouter, voire m'entendre, sans que cette écoute me pèse, m'alourdisse, m'empoisonne (je reprends là cette question qui me traverse souvent).
Re-trouver un langage, une capacité à me re-présenter une issue face à une "position" que je pensais "inextricable"...

Je ne savais certes pas ce qui m'y attendait. Une idée, plutôt vague, de la psychanalyse, quelques lectures, une sensibilité... je pense qu'il est difficile de s'en faire une idée généralisable tant l'expérience est singulière.

… La peur aussi. Peur de perdre "la raison", de "tomber" dans la folie.

J'anticipe une autre question en abordant quelques effets de cette rencontre : je dirais que cette "analyse", bien que j'y peine, et c'est peu de le dire - me permet de "mieux accepter" l'idée de la "rupture", de la discontinuité, de la mort, du conflit. Qu'elle me permet de faire mûrir ces perceptions naïves (les miennes) de "tout le monde il est gentil même si..." suivie, lorsque les réserves arrivent à bout, de : "tout le monde il est méchant ?!" – sommairement dit ! Ou encore, qu'elle me permet de m'extraire de cet horrible sentiment "de me sentir réduite à l'état d' "objet" sommé de répondre au désir de l'autre." Qu'elle m'aide à prendre du recul par rapport à ce sentiment de vulnérabilité qui me rend hyper sensible aux effets de miroir ! L'autre me perçoit comme-ci ou comme-ça, pas comme je me perçois... ou "comme je me voudrais perçue" (bien sûr c'est l'évidence – mais il y a de ces reflets qui, au lieu de me réjouir, me blessent). En bref, qu'elle m'aide à discerner une grande partie de ce qui m'a amenée à n'être plus que dans ces réactions défensives qui conduisent à l'épuisement...

Ce n'est pas mon chemin tranquille – réapprendre à faire confiance, à parler, à dire, à formuler, à lâcher prise, à "digérer"...

Voilà une amorce de réponse au "Pourquoi ?" – à laquelle j'aurais souhaité répondre plus simplement – qui croisera peut-être la ou les votre(s).
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opale



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MessagePosté le: Dim Jan 27, 2008 10:34 pm    Sujet du message: Répondre en citant
c'est curieux comme en lisant les messages se glisse toujours plus ou moins l'idée "de la rupture, de la mort", en somme accepter qu'une fin, la Fin survienne pour que "ça" change, "ça"vive...peut être le centre névralgique et la contradiction à laquelle on ( je) se heurte: mourir à soi, aux autres pour vivre...c'est une chance de vivre et pourtant on(je)y vient difficilement, loin d'être un long fleuve tranquille...
bonne soirée.
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Millusion



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MessagePosté le: Lun Jan 28, 2008 9:33 pm    Sujet du message: Répondre en citant
...(je repond un peu sauvagement)
mais oui! il y a la peur aussi!.... la peur de "perdre" quelque chose!?
la psychanalyse impliquerait donc qu'il y a qql chose à "perdre"?...lorsqu'on entre en analyse.
De quoi aurait-on (je) peur de "perdre"?

je vais y réfléchir!

bien à vous

catherine
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opale



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MessagePosté le: Mar Jan 29, 2008 1:37 am    Sujet du message: Répondre en citant
la peur de perdre quelque chose je ne sais pas, mais la peur de se perdre, comme on peut "se perdre", se trahir dans les lapsus...je suis convaincue que de la perte, de cette fin qui irrigue nos peurs peut naître le changement, le véritable changement, pas celui que l'on décrète mais celui qui petit à petit s'installe...sans en avoir l'air.Un peu comme une personne qui ne vous aurait pas été présentée et qui peu à peu se fait une place dans votre vie, l'air de rien...
bonne nuit à vous et bonne réflexion "nocturne"...
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Millusion



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MessagePosté le: Mar Jan 29, 2008 7:44 pm    Sujet du message: Répondre en citant
C’est elle cette peur!...la peur de se perdre soi!.... cette peur, c'est la perte de penser, croire que nous étions un être unique (?) pour se rendre compte que nous avons tous de très nombreux points en commun, ou, dans un second temps s’apercevoir que de ces points en communs, font que, "justement"! nous sommes quelqu’un d’Unique!.....point de renoncement ou de deuil (j’aime pas ce terme de deuil...bien trop plaqué) mais simplement par l'émergence de ses propres Désirs, propre et unique à chacun, et de sa propre capacité à faire des Choix!

On ne fait pas le deuil de quelque chose, on fait un Choix!
Une analyse serait donc la restauration de ses propres Désirs !...facile à dire n’est-ce pas !

Bien à Vous

Catherine

PS...c’est mou comme réponse !...quelqu’un d’autre ?
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Francis Bismuth
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MessagePosté le: Mar Jan 29, 2008 8:12 pm    Sujet du message: Répondre en citant
Citation:
On ne fait pas le deuil de quelque chose, on fait un Choix!

C'est à dire qu'il y a parfois des deuils à faire, la perte d'une part de soi à convenir, à constater, pour pouvoir ensuite véritablement opérer des choix, mais alors des choix voulus, plus librement consentis que si nous n'en étions que le jouet - le choix d'être sage femme ou spécialisée dans l'aide à la petite enfance peut alors être délié d'une enfance "floue" ; le choix d'être charcutier peut alors tenir à autre chose, qu'au fait que le père s'appelait Sanzo ; le choix d'être médecin (ou cuisinier) être plus décidé, qu'incidé par le fait que le nom du père était Laratte (au court bouillon, dans le cas de l'angoissé cuisinier). Nous avons tous entendu parler de "castrations symboliques", de passages où l'on laisse d'un coté de la rive un lest, une-jusque-là nécessaire béquille, abandon, délestage qui nous permettent d'autres rives, ainsi que de la rassurante carcasse du petit homard de Dolto, tout nu lors de sa perte nécessaire à se bâtir peu à peu sa peau d'adulte.

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Nikaya



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MessagePosté le: Mer Jan 30, 2008 12:47 am    Sujet du message: Question anodine ?? Réponse si vaste... Répondre en citant
Fallait que j'ai un peu de temps devant moi pour répondre, tellement le sujet amène une réponse vaste... Tellement le mal est dévastateur, envahissant... Et puis autant je peux parler sur mon blog assez facilement, que là, dire ce qui m'a amenée, stricto sinso à l'analyse,... Je ne vais pas faire de grandes théories juste dire ce que j'ai ressentis... Très personnel.

Les raisons :

Se regarder vivre : s'autocritiquer tout le temps, s'autocritiquer soi, son physique, ses attitudes, ses réponses aux gens, ce que l'on est soi, en général, critiquer ce que l'on est devenu, pas assez ceci pas assez cela, se voir comme un brouillon, quelqu'un de superficiel qui ne fait pas les choses à fond, qui pourrait faire beaucoup mieux, comme si un boulet au pieds culpabilisateur nous empechait d'atteindre une supposée apothéose...

En écrivant cela j'ai déja les machoires qui se serrent...

Ce n'est pas tout... S'autocritiquer, au point de ne plus pouvoir parler ou difficilement, au point ou on me demandait ma nationalité... "Ah bon ? Tu es française ? Non! Je ne te crois pas" Ou certaines personnes qui ne le disaient même pas et quand je répondais à la question d'où vient mon accent ou mon français hésitant, que je disais que j'étais française on me regardait, incrédule... Oui se critiquer ou se contrôler jusqu'au mouvement des lèvres...

Culpabiliser de ne jamais faire assez pour ses proches, m'user à faire toujours plus en croyant que je peux changer le monde, le rendre meilleur, être supersensible à la violence dans le monde, mais aussi à la beauté de choses infimes, à prendre tout pour soi, à me dire que je peux faire toujours mieux et plus.
Me sentir comme étant la réponse à un(des) stimulus, être un objet et non un sujet : être à l'image de ce qu'on suppose être le désir de l'autre, des gens, de mes interlocuteurs... De ne plus savoir qui on est vraiment au fond... Je finissais par croire que je n'étais qu'un mensonge à moi-même... Par ne plus savoir ce que je désirais, moi.

Toujours trouver le consensus, quite à se brimer soi, à se tordre en quatre, mais ne pas aller à l'affrontement, pour ne pas décevoir ou faire de mal, ou pour être toujours serviable. Ne jamais demander d'aide en me disant que je peux tout faire toute seule et que je n'ai pas envie de déranger ou de dépendre de qui que ce soit (m'enfin, je ne me posais même pas la question de demander un service à qui que ce soit...) Et les autres ne se posent pas la question non plus, puisque je passais pour une battante à qui tout réussit, toujours souriante, sociable... la super nana quoi... Super nana en toc oui, toute tordue biscornue à l'intérieur -mais je suis la seule à le savoir, à le vivre, je ne laisse RIEN transparaître.

Après des moments de bien être, de lacher-prise -repas entre amis, soirées spéciales, amicales ou mondaines-(ou le grigri incessant cesse), le grigri revenait (revient), me poussant à me trouver, avec le recul, vulgaire ou trop nombriliste, ou trop à étaler sa culture... Me dire, quand les gens m'apprécient, qu'ils se trompent sur moi... Qu'il ne savent pas que je suis si nulle, incomplète... (oui oui, le même refrain)... Mais continuer à jouer le jeu, à porter le masque.

A peine réveillée, les dernières semaines avant de commencer l'analyse, chercher une poutre des yeux où pouvoir glisser une corde tellement la vie devient insupportable, tellement il devient insupportable, fatigant de se regarder vivre et de sentir un poids énorme qui me coupe(ait) les ailes, ne plus se supporter... Même dans mes passions les plus fortes, un je ne sais quoi qui vous empèche d'aller à l'orgasme de la vie... Un je ne sais quoi qui blâme et qui castre... Qui me tape(ait) sur les doigts quand je jouait du piano.
Lapsus et actes manqués de plus en plus flagrants...

L'impression que l'on va mourir de folie. Puis se dire qu'il n'y a que soit qui y puisse quelque chose.

Le souhait de n'être pas une maman névrosée, quand je serai maman.

Et puis des cauchemards trashes : être tout le temps poursuivie, menacée de mort, la mort partout, la violence, être cambriolée, emportée par des raz de marée... Tellement trashes au point d'en être choquée pendant 2 jours...

Et puis tomber malade, malade, et re-malade sans que quelconques remèdes médicaux veuillent bien guérir... S'épuiser et ne plus réussir à dormir non plus tellement que ça cogite.
Au bout d'un certain temps, je dis à ma toubib généraliste "je commence à croire que je suis hypocondriaque"
elle me répond : "hypocondriaque non, angoissée sans doute... "
Et là, j'ai fondu en larme, j'ai commencé à vider mon sac, et elle m'a donné les coordonnées de JC, mon analyste.

Voila, désolée pour l'écriture un peu brute de pomme... Les "on", puis les "je"...

J'ai toujours été intéressée (ou attirée) par la psychanalyse, perturbée depuis l'enfance par des cauchemards, je m'étais penchée sur l'interprétation des rêves de Freud, mais je n'avais pas saisi grand chose. Les magazines ou bouquins de psychologie me semblaient être de trop bon sens (justement, en apparence, j'en usais trop, de bon sens... Je maitrisais le bon sens... Mais en moi, le non sens reignait et ce n'est pas des conseils qu'il me fallait)
Dès lors que j'ai commencé mon analyse, mon analyste a été comme un repère, spatio temporel, un symbole, dès que le grigri commençait je me disais "hep, vendredi, ta séance est à 20h30" et ouf, je me disais, je me dis que je ne suis plus toute seule à porter ce fardeau, et que oui, je vais réussir à vivre bien, que je vais me donner, que je commence à me donner le droit, petit à petit d'être moi.

Bien à vous,

Nikaya

PS : navrée pour ce roman... tu parles d'une question anodine...
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mia



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Localisation: picardie

MessagePosté le: Mer Jan 30, 2008 10:37 am    Sujet du message: Répondre en citant
Un petit ajout… à mon premier post, que je n'avais pas osé trop pessimiste, ça fait remonter beaucoup de choses d'en reparler..
C’était plus facile, pour commencer, d’écrire
Citation:
je venais pour une psychothérapie (..) il a ajouté "mais ce n'est peut-être pas un hasard". alors, je suis restée.


que de décrire pourquoi j’étais venue voir celui que je croyais être un psychothérapeute … l’impression de devenir folle, de ne pas exister ; des angoisses monstrueuses concernant surtout mes 3 enfants, petits à l’époque, que je culpabilisais d’avoir fait naître dans un monde où ils seraient appelés à passer une vie de souffrance à leur tour ; la peur que le soleil ne se lève pas le lendemain matin ; l’envie de trouver la pilule miracle qui me permettrait d’en finir avec la vie ; mais non, j’ai un mari et des enfant, je ne peux pas leur faire ça … ou alors la leur donner à eux aussi, la pilule ?
je savais qu’une psychothérapie serait efficace… un certain temps, j’avais déjà essayé, ce serait toujours 1 ou 2 ans vivables… et après ?
alors quand un psychanalyste, le genre de personne qui, je le savais, ne pouvait rien pour moi, m’a proposé de rester, j’ai entrevu une lueur d’espoir; j’avais l’impression que LUI,il y croyait pour moi qui ne m’en croyais pas capable…

peur, mort, folie… et enfin espoir… beaucoup de traits communs dans toutes les histoires singulières racontées ici!
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Francis Bismuth
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MessagePosté le: Mer Jan 30, 2008 2:09 pm    Sujet du message: Répondre en citant
Citation:
(...) alors quand un psychanalyste, le genre de personne qui, je le savais, ne pouvait rien pour moi, m'a proposé de rester, j'ai entrevu une lueur d'espoir; j'avais l'impression que LUI,
il y croyait pour moi qui ne m'en croyais pas capable…(...)

Bonjour
Je mets en évidence un partie de la phrase de Mia, parce que le fait que le psychanalyste ne puisse guère, et ne puisse guère pour, mais puisse le cas échéant avec, me semble important à souligner, même si les personnes qui ont écrit ci-dessus en savent probablement quelque chose.
----
Mais à part ça :
J'ai hésité de longs jours (dès ma proposition que certains écrivent ici le pourquoi de leur "entrée en" analyse) à m'engager en répondant à la question que je posais moi-même.
J'ai commencé la rédaction d'une réponse que je juge plutôt détaillée, mais, et quoique je tendrais - iconoclaste tendance provocateur - à me dire que quels que soient les effets de la lecture de cet écrit détaillé et tout à fait personnel sur les actuels ou futurs analysants qui viennent travailler avec moi, ces effets dépendraient de ce qui en serait fait en séance (autrement dit :"peu importe que "mes" analysants lisent le pourquoi de mon début d'analyse"), et bien je ne suis pas sûr de ne pas commettre ce faisant une ânerie, et - je n'en sais vraiment rien - qui sait pour certains, ânerie de l'analyste lourde de conséquences. C'est pourquoi préféré-je à ce jour m'abstenir.

Sauf à dire tout de même, que si j'en vins au divan de l'analyste, ce ne fut, mais alors absolument en rien par simple curiosité intellectuelle, ou en vue de devenir un jour psychanalyste.
Pour moi aussi, c'était ou bien tenter l'analyse, ou bien... Ou bien... Bref, ça n'allait pas fort, pas fort du tout, et ça ne datait pas d'hier. Cela remontait même à avant avant hier, et je ne comprenais rien à ce constant mal-à-être.

A bientôt,
FB
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marge



Inscrit le: 02 Oct 2007
Messages: 43

MessagePosté le: Jeu Jan 31, 2008 2:20 am    Sujet du message: Répondre en citant
Ce que je retiens des témoignages c’est que l’analyse est précédée d’une prise de conscience :je ne peux pas continuer comme ça. Le moment décisif c’est quand le mal-être ou la souffrance est pire que la peur.
La peur de quoi ? Oui, Millusion, d’une perte, on s’en rend compte très vite. Perte de nos repères, de nos illusions, de nos symptômes, de notre moi, pertes narcissiques… On était venu pour réparer une faille et voilà qu’elle s’agrandit. Sad
Il faut un peu de temps pour comprendre la nécessité de ces pertes.

Je pense que vous avez raison, Francis de garder pour vous ce qui vous a poussé vers l’analyse. Moins on en sait sur l’analyste, mieux ça vaut.
Par contre peut-être pourriez-vous nous dire un peu comment vous en êtes arrivé à devenir analyste. Smile
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