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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 265 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Mar Sep 12, 2006 7:04 pm Sujet du message: Questions, sens, existence... ni psychothérapie, ni analyse |
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Les personnes en souffrance, et les psy, tribu psy dont je participe, nous enfermons peut-être dans des pratiques parfois trop « standard », usitées. Parfois inadéquates.
Il arrive que des personnes d’une trente-quarantaine d’année, par exemple, viennent me voir. Le premier rendez-vous d’une heure environ, ne me voit pas proposer une « psychothérapie » car il n’y a rien de spécial à « thérapier », à soigner. Pas plus un « bilan de compétences » qu’un « coaching (accompagnement professionnel d’une personne en poste) » ne semblent-ils appropriés. Il faudrait inventer autre chose.
Tant la personne que moi-même, ne nous voyons pas plus envisager une psychanalyse ; c’est long, c’est difficile, c’est âpre, certes autant qu’assez extraordinaire. Mais les différents coûts qu’elle engendre – le temps, l’argent, l’investissement psychique, les nouvelles façons de regarder et d’interagir avec son environnement, parents, fratrie, conjoint – semblent disproportionnés compte tenu des interrogations de la personne.
Quelles interrogations ?
Disproportionnés par rapport à quoi ?
Par rapport au fait que la personne vient parce que simplement, nombre de choses lui posent question :
- elle quitte une adolescence plus ou moins bien vécue, et devenir adulte, quitter ce quelque chose de l’enfance puis de l’adolescence, ne va pas de soi.
Et/ou
- elle devient père, ou mère, et ce changement de place, ce nouveau rôle, que tinrent comme ils le purent les parents trop exemplaires, ou trop défaillants, trop présents, trop intrusifs, trop immatures, insuffisamment charnels ou tendres, interroge le nouvel et jeune adulte parent.
Et/ou
- la personne a fini ses études, est entrée dans la vie active. Est-elle à la hauteur ? L’orientation professionnelle fut-elle bien la bonne ? Sont-ce les autres qui me renvoient une image trop différente que celle que l’on a de soi, est-ce leur fait ? Ou bien est-ce soi-même qui n’est « pas à la hauteur » ?
Et/ou
- oui, ça se passe bien avec le conjoint, la conjointe. Mais oui, on se dispute. On se chicaille. Au lit ? Ça va : rien à dire. Mais ai-je fait le bon choix ?
Et/ou
- un enfant est né dont le jeune adulte est parent. Il se demande s’il sera un parent à la hauteur, suffisamment bon, suffisamment éclairé, clairvoyant.
Et/ou
- l'on pourrait continuer encore : j’ai du mal à réfléchir… l’enfant mange mal… je ne lis plus… je ne me reconnais pas. Je change ?
De plus en plus, je m’aperçois combien de personnes se sentent seules, même entourées ; et perdues, même si loin d’être totalement "égarées", totalement meurtries. Avec des interrogations difficiles à partager avec les habituels proches ou avec les collègues.
La perte de valeurs, de croyances, une sorte d’errance psychico-existentielle me semblent battre leur plein. Dieu, Marx, Freud, Sartre ne parlent plus guère à nombre de personnes. La royauté a fait place voici deux siècles à une démocratie, mais qu’on a récemment vu monarchique. La droite et la gauche écœure nombre de personnes du fait des traits dont elles se sont parées, du fait que nombre de citoyens ne supportent plus que le pouvoir corrompe.
Les extrêmes sont transparents (l’extrême gauche qui ne veut pas gouverner, l’extrême droite populiste et violente, du moins dans la pensée et le verbe), le combat syndical bat trop souvent son plein à la seule veille d’élections professionnelles, les religions ou le new-age montrent leurs limites, et passées les Trente Glorieuses, passé le bourgeois feu de paille soixante-huitard puis l’argent roi des années 80, le droit du travail s’étiole et les salariés zappent les entreprises, enseignés qu’ils sont en la matière par les pratiques des entreprises elles-mêmes, que contrôlent les financiers et la bourse.
En quoi croire ?
En l’écologie alors ? Ses politiques ont eux aussi déçu, en Allemagne comme en France.
En la technologie ? Elle se consomme et se jette, comme éclatent les bulles Internet.
En la culture ? Mais peut-on « croire-en » la culture ? Et qui des jeunes gens que je reçois prendra-t-il le temps de découvrir le second mouvement du concerto pour piano n°22 de Mozart en se le repassant 10 fois, ou la poétique lyrique ou âpre d’un Ferré chantant Aragon, sur fond de Francis Ponge ou de Nicolas de Stael ?
Produire, tenir, ou acheter, être à la hauteur, semblent, les uns ou les autres, les (traîtres) maîtres mots.
Croire en soi ?
Enclins qu’ils sont théoriquement à ne pas porter de jugement, avertis des risques de la projectivité et du bien-penser, peut-être les psychologues et les psychanalystes devraient-ils plus souvent ouvrir leur pratique à des échanges avec ces personnes qui s'interrogent.
Ni guidant, ni de l’ordre du maître à penser, ou du sage, ni psychanalytiques, ni philosophiques, ni psychothérapeutiques.
Francis Bismuth
(réflexion sans prétention sur la pratique psychologique, ce sujet a été mis à jour le 21 avril 2007)
Dernière édition par Francis Bismuth le Sam Avr 21, 2007 12:27 pm; édité 3 fois |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 265 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Mer Nov 08, 2006 8:26 pm Sujet du message: |
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Trois personne nouvelles me consultent depuis quelques semaines, plus pour un moment de passage dans leur existence, que du fait de telle ou telle "névrose".
Elles sont respectivement âgées de 73 ans, 59 ans et 29 ans.
Cela m'évoque des entretiens philosophiques que proposait une de mes connaissances, ou le nombre de connexions sur le sujet "café-philo à Enghien", que pour ma part, je n'anime plus. Un questionnement à quoi rien d'autre ne répond, passée l'introspection, que l'échange et le dialogue.
FB |
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differente
Inscrit le: 30 Sep 2006 Messages: 32 Localisation: Auvergne
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Posté le: Dim Nov 12, 2006 4:46 pm Sujet du message: |
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J'ai lu et relu vos écrits ci-dessus, Francis et ne serait ce pas à nous de réinventer chaque jour la psychanalyse ?
Autre temps, autre lieu, autres personnes - Lacan ; Freud ; Marx etc...
Aujourd'hui, les personnes qui s'adressent à nous sont effectivement à la recherche d'autre chose et cette autre chose encore une fois n'est ce pas à nous de la découvrir et de tenter de donner une réponse.
Le manque et la quête de spiritualité appauvrit sans doute le lien social.
Il s'agit maintenant pour tout à chacun de rebondir dans un monde qui s'enfonce.
Agir/répondre/écouter avec nos tripes en conservant nos bases et nos acquis ne serait elle pas aux temps actuels la meilleure des aide ? _________________ La psychanalyse est un remède contre l'ignorance mais sans effet sur la connerie.JL |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 265 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Mer Avr 02, 2008 4:02 pm Sujet du message: |
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... Rien à ajouter pour ma part à ce qui précède : juste mon envie de remettre en tête de liste le présent sujet à l'attention, non pas tant des habitué(e)s de ce site, mais des passants de hasard. De hasard ?
A bientôt,
FB |
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