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La psychanalyse a-t-elle encore quelque chose à nous dire ?

24/10/2011, 13:45 Signaler le sujet

Francis Bismuth

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Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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Bonjour,
Le titre, un peu provocateur pour le psychanalyste que je suis, est celui d'une conférence donnée par Henry Rey-Flaud en mai dernier. Henry Rey-Flaud est psychanalyste, historien, professeur de littérature et de psychanalyse.
Une conférence érudite et tout à fait intelligible où sont notamment expliquées - je n'ai pas encore tout visionné - les racines du cognitivisme et du comportementalisme qui, depuis le milieu des années 1980, ont "chassé" la spécificité psychanalytique des hôpitaux et des universités au profit du dressage, du conditionnement et des promesses de thérapies géniques en matière d'"affections" psychiques.
C'est ici http://www.dailymotion.com/video/xiqbu3_[…]from=embed et cela dure environ une heure.

A bientôt,
FB.


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24/10/2011, 14:59 Signaler

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
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Très très intéressant, et aussi impressionnant (le début concernant le conditionnement pavlovien des enfants fait froid dans le dos).

J'ai aimé sa conclusion, qui m'a cependant mené à une interrogation (là où peut être il ne faudrait pas s'interroger, je ne sais pas). Il cite Freud qui dit à la petite Dora "lorsque l'on pose une question, la réponse n'est pas loin". C'est vraiment quelque chose de fondamental en analyse, comme je (nous tous analysants, je suppose) le découvre(ons) : l'analyste ne répond pas aux questions. Ce qu'il y a derrière cette attitude, c'est l'idée selon laquelle le sujet doit répondre à ses propres questions.

C'est là que je bloque un peu. C'est effectivement une très belle idée, mais il me semble qu'une question présuppose un manque, une volonté d'accéder à quelque chose que l'on n'a pas et que l'on cherche chez l'autre ; renvoyer l'analysant à sa question, est-ce l'autonomiser, le responsabiliser, quelque part en lui montrant qu'on lui fait confiance et qu'on sait qu'il peut répondre à sa propre question ? Ou alors n'est-ce pas plutôt l'enfermer sur lui même en lui refusant un accès à l'autre, en lui refusant une interaction, en le condamnant à lutter intérieurement avec sa question ?

Je pose ce problème parce qu'évidemment c'est ce que je vis avec l'analyse. En même temps je sais/sens au fond de moi qu'aucune réponse de l'analyste ne parviendrait à me satisfaire (les rares fois où il m'a donné son avis ont été bien douloureuses) ; mais à la fois, du coup ces questions restent sans réponse et tournent, tournent, et font souffrir.

Pour reformuler, en gros : serait-il juste de dire que l'analyse permet au sujet d'accéder à sa propre vérité à partir de lui même ? Il me semble que cela est impossible puisqu'on n'existe jamais indépendamment de ce(ux) qui nous entoure(nt). S'il n'y avait pas le monde, les autres, aucune question ne pourrait être formulée, encore moins résolue...


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24/10/2011, 15:34 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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Bonjour,
J'aurais été tenté, Woody, de ne pas vous répondre, à nouveau, afin de vous laisser faire votre chemin avec votre psychanalys(t)e. Quelques mots tout de même ; il me semble que Rey-Flaud répond pour partie à vos questions ci-dessus, notamment durant les dernières minutes de son intervention, juste avant qu'il évoque Dora. Beaucoup d'échanges avec autrui ne sont que de façade, lorsque l'on ne sait pas très bien qui de soi parle à qui de l'autre. Par ailleurs, je ne pense pas que s'opposent le fait de tenter d'échanger avec autrui, et le fait de tenter de se poser des questions que l'on ne se posait pas dans les mêmes termes, avant que d'avancer encore et toujours une réponse, des réponses, vinssent-elles de celui supposé savoir (l'analyste) ou du tout venant. Je ne crois pas que cela enferme, que de faire ce travail de tentative d'accéder à une part de vérité sur soi-même, quand on passa auparavant des années voire des décennies dans une "passion de l'ignorance" quant à soi-même, enfermé dans des doutes, des croyances et des certitudes s'auto-justifiant et s'auto-alimentant. Enfin, je ne vois pas, pour ma part, à partir de quoi d'autre que de quelques pans de soi, l'on pourrait accéder à quelque vérité quant à soi et à quelque avènement de soi qui ne soit pas du semblant.

A bientôt, bonjour tout le monde,
FB.


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24/10/2011, 16:39 Signaler

Woody Richard

Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
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Merci pour votre réponse ! Il va falloir que je la lise attentivement, c'est très riche.


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