Très très intéressant, et aussi impressionnant (le début concernant le conditionnement pavlovien des enfants fait froid dans le dos).
J'ai aimé sa conclusion, qui m'a cependant mené à une interrogation (là où peut être il ne faudrait pas s'interroger, je ne sais pas). Il cite Freud qui dit à la petite Dora "lorsque l'on pose une question, la réponse n'est pas loin". C'est vraiment quelque chose de fondamental en analyse, comme je (nous tous analysants, je suppose) le découvre(ons) : l'analyste ne répond pas aux questions. Ce qu'il y a derrière cette attitude, c'est l'idée selon laquelle le sujet doit répondre à ses propres questions.
C'est là que je bloque un peu. C'est effectivement une très belle idée, mais il me semble qu'une question présuppose un manque, une volonté d'accéder à quelque chose que l'on n'a pas et que l'on cherche chez l'autre ; renvoyer l'analysant à sa question, est-ce l'autonomiser, le responsabiliser, quelque part en lui montrant qu'on lui fait confiance et qu'on sait qu'il peut répondre à sa propre question ? Ou alors n'est-ce pas plutôt l'enfermer sur lui même en lui refusant un accès à l'autre, en lui refusant une interaction, en le condamnant à lutter intérieurement avec sa question ?
Je pose ce problème parce qu'évidemment c'est ce que je vis avec l'analyse. En même temps je sais/sens au fond de moi qu'aucune réponse de l'analyste ne parviendrait à me satisfaire (les rares fois où il m'a donné son avis ont été bien douloureuses) ; mais à la fois, du coup ces questions restent sans réponse et tournent, tournent, et font souffrir.
Pour reformuler, en gros : serait-il juste de dire que l'analyse permet au sujet d'accéder à sa propre vérité à partir de lui même ? Il me semble que cela est impossible puisqu'on n'existe jamais indépendamment de ce(ux) qui nous entoure(nt). S'il n'y avait pas le monde, les autres, aucune question ne pourrait être formulée, encore moins résolue...