Le travail de deuil après le décès d'un proche
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18/03/2006, 05:56 |
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J'ai rédigé cet article en octobre 2005 dans le cadre d'une association de soins palliatifs à domicile, sur la proposition d'une amie médecin généraliste impliquée dans l'accompagnement des personnes en fin de vie. Il s'adresse à tout lecteur et non spécifiquement aux professionnels de la santé. ================ Le travail de deuil (ou : « Faire du deuil un travail de construction »)
Lorsque sur Internet, l’on interroge Google avec des mots tels que « deuil », « travail », « travail de deuil », une foule d’articles apparaissent : médicaux, psychologiques, psychanalytiques, sociologiques notamment. Chacun d’entre nous peut s’y référer, et je ne puis dans cet article que rapporter mon acception, mon appréhension de cette notion en tant que psychologue clinicien, psychothérapeute et psychanalyste.
« Deuil », autour du XVème siècle, a d’abord signifié « douleur, chagrin ». Puis « affliction causée par la perte d’un être aimé ». Une autre signification que lui donne toujours le dictionnaire étymologique Bloch et Wartburg est « marque extérieure de cette affliction ».
Le mot « travail » vient de tripalium, instrument de torture. « Travailler » est associé au XIIème siècle, à « tourmenter, peiner, souffrir », notamment en parlant d’une femme qui va accoucher.
Ailleurs, « faire son deuil » de quelqu’un est associé au renoncement, à la résignation à en être privé.
Faire le deuil, surmonter une perte, sont en soi un travail.
Les accouchements ont lieu dans la salle dite de travail. Accoucher est certes associé au fait de mettre au monde, de donner la vie, mais au risque de la mort certes inhérent à la vie même, mais aussi lié aux risques, pour la mère, de l’accouchement. L’on gagne d’« avoir » un enfant, de devenir parent, et l’on y perd quelque chose de soi psychologiquement, physiologiquement, socialement. Donner la vie et la vie même sont un travail, le deuil aussi.
Le nourrisson quittant le sein, gagne un début d’autonomie au prix d’une séparation.
L’adolescent perd, dit-on, l’enfance. Une femme d’une cinquantaine d’années me disait récemment qu’elle n’avait pas eu à faire le deuil de son ovulation mensuelle. Une grand-mère retraitée me semblait plus enjouée d’une totale liberté – les enfants sont autonomes, fini les trajets de travail – qu’encline à regretter l’absence d’une jeunesse passée.
Deuil et travail sont autant une construction qu’ils ont un coût.
Dire, expectorer coûtent et soulagent.
Il me semble que le travail de deuil n’est pas si simple que l’enchaînement des phases :
- sidération,
- colère, révolte,
- dépression
- la vie peu à peu qui reprend.
Si « parler » sa peine, son deuil, est moins pathogène que de ne pas le faire, si la parole de l’endeuillé nécessite une écoute, parole de l’un et bienveillance de l’autre sont insuffisantes au dépassement de la perte, de toute façon si difficile à forclore. De la perte et du deuil, il y aura toujours un reste.
Perdre quelqu’un, c’est peut-être et perdre, et acquérir quelque chose de soi. Perdre du déjà connu, acquérir une nouvelle vision de l’existence, une nouvelle image de soi, de sa propre existence. Récemment, un patient en psychothérapie me disait que la perte de cet oncle qui lui avait tant tenu lieu de père, lui faisait regarder différemment sa vie aujourd’hui : jouir de l’ici et du maintenant, laisser de coté les scories et broutilles quotidiennes qui ne sont pas grand chose, comparées à la vie, à sa brièveté, à sa fragilité. D’où un recentrage de ce patient sur ce qui au fond, pour lui, compte réellement. Le dehors – la perte de cet autre que soi – et le dedans – la plaie ouverte, la brèche causée au dedans du survivant – dans le deuil et le travail associé, sont convoqués lors de cette épreuve ; lorsque l’on souffre une perte, la question peut affleurer telle que : pleure-t-on l’autre, ou pleure-t-on sur soi ?
Compatir à la peine qu’éprouve une personne aux prises avec l’épreuve de la perte, l’écouter longuement, laisse probablement de l’inavoué (du non-dit), inavouable (de l’insupportable pour l’image de soi), probablement souvent inconscient (de l’impensable).
Lorsque le harcèlement moral au travail fit couler tant d’une encre nécessaire, quoique parfois complaisante, fut laissé dans l’ombre la question du couple harceleur-harcelé et les dimensions sado-masochiques y attenant. La pulsion de vie était du coté du ou de la harcelé(e), la pulsion de mort du coté du harceleur. Le survivant est victime d’avoir été laissé(e) seul(e) par le défunt et de la peine éprouvée ; en lui cohabitent parfois peine sincère pour le défunt mais aussi culpabilité et soulagement : mélanges de sentiments.
La disparition d’une personne – notamment la mort d’un membre de la famille - va aussi voir se produire un remaniement des relations interpersonnelles, familiales, même si le mort peut symboliquement rester « vivant » dans les esprits. L’histoire de chacun et de la cellule familiale s’était bâtie avec et autour de chacun des membres du groupe ; comment évoluent les relations lorsque un des éléments vient à manquer ? La perte n’est pas seulement celle d’une personne : au sein de la constellation familiale, l’équilibre, même précaire, qui s’était tissé au fil des ans ou des décennies est ébranlé par la mort de l’un. Et cette mort ne regarde pas seulement chacun, mais aussi le groupe familial nucléaire ou élargi et les inter-relations des membres de ce groupe.
Si la vie semble parfois dénuée de sens, il peut en être de même quant à la mort. Ma propre expérience de la mort de proches me laisse à penser que le travail de deuil est infiniment plus complexe qu’un abord extérieur pourrait le laisser accroire.
La culpabilité liée à certaine hostilité à l’égard du défunt (les aspects qu'on n'en supportait pas, pourquoi m'a-t-il abandonné, etc), parfois liée au soulagement (« la fin est (enfin) arrivée ») - la délivrance, sa place personnelle qui change au sein d’une famille sont je crois, rarement évoqués durant le deuil.
Enfin, l’évitement du deuil peut-il passer par tel mécanisme de protection du « moi ». Je crois que si nombre de ces mécanismes octroient un bénéfice psychique « actuel » au survivant, un deuil non fait, non élaboré, non travaillé risque fort de préparer le terrain à de futures problèmes, somatiques et/ou psychiques. Au nombre des mécanismes de défense (j'ai repris la définition proposée sur internet de ces quelques mécanismes de défense, plutôt que de rechercher longuement dans mes propres documents épars) :
- L’activisme : Gestion des conflits psychiques ou des situations traumatiques externes par le recours à l'action, à la place de la réflexion ou du vécu des affects. La personne survivante se réfugie dans le travail pour oublier momentanément sa peine, la perte d'un proche.
- Le déni : Action de refuser la réalité d'une perception vécue comme dangereuse ou douloureuse pour le moi. Il en va ainsi de la phase de déni du deuil.
- L’humour ou plutôt, l’ironie : Présentation d’une situation vécue comme traumatisante de manière à en dégager les aspects plaisants, ironiques, insolites. A rapprocher du cynisme ?
- Le refoulement : Rejet dans l'inconscient de représentations conflictuelles qui demeurent actives, tout en étant inaccessibles à la prise de conscience. Le retour du refoulé, dont les conséquences peuvent être anodines ou pathologiques, intervient en cas d'échec ou d'insuffisance du refoulement.
- La rationalisation : justification logique, mais artificielle, qui camoufle, à l'insu de celui qui l'utilise, les vrais motifs (irrationnels et inconscients) de certains de ses jugements, de ses conduites, de ses sentiments, car ces motifs véritables ne pourraient être reconnus sans anxiété. Ne dire la maladie puis le deuil qu’en termes scientifiques et médicaux, et proscrire les affects y afférant.
- Le retrait apathique : détachement protecteur, fait d'indifférence affective, de restriction des relations sociales et des activités extérieures, et de soumission passive aux événements, qui permet à une personne de supporter une situation très difficile. L’épisode dépressif couve.
- La somatisation : angoisse, trouble psychique se déplaçant en douleur ou symptôme physiologique : symptômes gastro-intestinaux : nausée, vomissement, douleur abdominale, ballonnement, diarrhée; symptômes cardio-pulmonaires : douleur de la poitrine, vertige, souffle coupé, palpitations, ou symptômes sexuels : dysménorrhée, … Faute d’être parlés, les affects liés au deuil trouve la voie et la voix du corps.
La vie dorénavant. L’accompagnement des personnes après la mort d’un être cher est, selon le psychologue psychanalyste que je suis, une nécessité. Il passe par l’expression des sentiments éprouvés par le (les) survivant(s). Bienveillante, l’écoute ne doit en rien être complaisante. Elle doit permettre que certes s’énonce la peine, mais aussi, surtout, les sentiments contradictoires, les pensées inavouables. Les pensées conscientes, mais aussi celles que la personne tait à elle-même. La mort d’autrui nous ramène à notre propre finitude ; le sentiment d’être mortel peut être avivé : qu’en dit la personne qui l’éprouve ? Elle nous ramène à des traumatismes passés, personnels ; à des cauchemars, à des craintes infantiles. La mort d’autrui ébranle notre vision de notre propre vie et notre rapport au monde, aux autres : doit-il ne rien en être fait ? Que faire de son existence dorénavant - existence dont le sens profond peut se trouver puissamment ébranlé - sans cet être qui a cessé de vivre ? Comment « conduire » son existence, qu’en faire, pourquoi et pour quoi, avec qui, comment ? Autant de questions dont l’écoute suscitera des réponses et des actes du veuf, du parent, du proche, plutôt que la pathologie, qui peuvent faire du deuil un travail de construction. Essayer, du moins... Et si possible, parler.
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13/10/2006, 19:12 |
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Le deuil qu'est ce ?
Pour l'instant, je ne sais, je crois que je n'ai pas commencé ! Mon père est décédé au mois de fevrier, jeune encore. Alors, je sais qu'il est mort, je sais que je n'entendrai plus sa voix, que je ne l'entendrai plus rire, que je ne le verrai plus sourire. Mais sa mort fut si violente, qu'après les cris et les larmes. L'acceptation, la mise en condition de deuil par les soucis administratifs.
Comment saurai je si j'ai fait mon deuil ?
S'il a au moins commencé ce "travail "
La psychanalyse est un remède contre l'ignorance mais sans effet sur la connerie.JL
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19/10/2006, 22:46 |
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Moi j'ai fait mon deuil avant sa mort, parce qu'il est mort depuis longtemps! à la maison y a qu'un fantôme.
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21/10/2006, 08:20 |
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:shock:
Grand merci pour ce texte et cette analyse fort intéressante sur "le travail de deuil".
Mon père est mort le 17 septembre 06. Mais j'aime dire aussi : il a fait son passage le ... Sans doute parce que je suis croyante, j'assimile la mort au passage d'un état à un autre, un peu comme lors d'un accouchement pour le foetus.
J'étais très proche de mon père, 96 ans.
Je crois que le travail de deuil s'est fait durant les 2 mois qui ont précédé sa mort, lorsqu'il a été hospitalisé, et que je l'ai vu dégringoler et se retirer en lui-même.
Après sa mort, j'ai vécu la phase d'activisme, puis de déprime, et maintenant je me sens en paix. Récemment j'ai écouté une cassette où je l'avais enregistré il y a quelques années. J'ai souri en l'entendant rire...
Oui, c'est cela, je sais que je ne peux plus le voir, mais ça ne me manque pas car pour moi, il reste près, juste de l'autre côté du voile... Sa présence est légère ou allégée de toutes les contraintes dues à ses grands problèmes respiratoires. Peu à peu je m'habitue à cette nouvelle présence/absence...
Mimosa
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22/10/2006, 18:20 |
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Duclaud Lacoste :shock:
Grand merci pour ce texte et cette analyse fort intéressante sur "le travail de deuil".
Mon père est mort le 17 septembre 06. Mais j'aime dire aussi : il a fait son passage le ... Sans doute parce que je suis croyante, j'assimile la mort au passage d'un état à un autre, un peu comme lors d'un accouchement pour le foetus.
J'étais très proche de mon père, 96 ans.
Je crois que le travail de deuil s'est fait durant les 2 mois qui ont précédé sa mort, lorsqu'il a été hospitalisé, et que je l'ai vu dégringoler et se retirer en lui-même.
Après sa mort, j'ai vécu la phase d'activisme, puis de déprime, et maintenant je me sens en paix. Récemment j'ai écouté une cassette où je l'avais enregistré il y a quelques années. J'ai souri en l'entendant rire...
Oui, c'est cela, je sais que je ne peux plus le voir, mais ça ne me manque pas car pour moi, il reste près, juste de l'autre côté du voile... Sa présence est légère ou allégée de toutes les contraintes dues à ses grands problèmes respiratoires. Peu à peu je m'habitue à cette nouvelle présence/absence... Etre croyant doit 'aider' sans doute, mais 96 ans c'est aussi un bel age pour partir. Le mien n'en avait que 67.
De plus le travail de deuil dépend aussi des relations que nous entrenions avec la personne disparue. Il faut y tenir compte des non-dits ; des jamais dits et de ce qui nous restait à lui dire.
Lorsque la mort survient brutalement et que le dernier 'je t'aime' n'a pu être dit, après la stupefaction, vient la colère, après la colère la culpabilité et après seulement le travail de deuil.
La psychanalyse est un remède contre l'ignorance mais sans effet sur la connerie.JL
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23/10/2006, 13:24 |
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differente Le deuil qu'est ce ?
Pour l'instant, je ne sais, je crois que je n'ai pas commencé ! Mon père est décédé au mois de fevrier, jeune encore. Alors, je sais qu'il est mort, je sais que je n'entendrai plus sa voix, que je ne l'entendrai plus rire, que je ne le verrai plus sourire. Mais sa mort fut si violente, qu'après les cris et les larmes. L'acceptation, la mise en condition de deuil par les soucis administratifs.
Comment saurai je si j'ai fait mon deuil ?
S'il a au moins commencé ce "travail " Le temps est peut-être un allié dans ce travail de deuil, mais aussi certainement, la parole. La parole dite et recueillie, comme dans le cadre d'une psychothérapie ... où des mots non dits peuvent être enfin dits...
Mimosa
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23/10/2006, 15:29 |
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Tout à fait d'accord avec vous et c'est bien pour cette raison que je maintiens que même étant psy nous avons d'un psy. L'analyse doit continuer !
La psychanalyse est un remède contre l'ignorance mais sans effet sur la connerie.JL
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23/10/2006, 18:44 |
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differente Tout à fait d'accord avec vous et c'est bien pour cette raison que je maintiens que même étant psy nous avons d'un psy. L'analyse doit continuer ! ... nous avons BESOIN ? ( ce n'est pas un lapsus, c'est juste une omission !) :wink:
Mimosa
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23/10/2006, 19:54 |
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Evidemment Mimosa que c'est un lapsus : Différente le sait bien.
J'en ai fait un ou deux en séance, avec "mes" analysants, aujourd'hui.
à bientôt,
FB
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23/10/2006, 21:41 |
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Invité
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oui c'est une preuve que c'est une bonne psy, parce que le psy oublit son désir (ses besoins) pour s'axer sur le désir de son analysant.
Un beau lapsus!
bisou
faiza
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24/10/2006, 13:59 |
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Nous a rejoint: 20/10/2006, 15:25
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faiza oui c'est une preuve que c'est une bonne psy, parce que le psy oublit son désir (ses besoins) pour s'axer sur le désir de son analysant.
Un beau lapsus!
bisou
faiza :roll: Mais vous êtes tous des psy ?
Je ne fais pas partie de la bande alors !!!
Désolée si je suis une intruse parmi vous, je ne l'ai pas fait exprès ... :cry:
Mimosa
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24/10/2006, 15:06 |
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Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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Non, non, Mimosa ; il n'y a que deux ou trois personnes dont moi à faire profession de psyquelquechose, parmi la vingtaine de membres actuels de ce forum. Et les psy sont actuellement, ou ont eux-mêmes été en psychothérapie ou en analyse.
Donc, pas de pb. 
A bientôt,
FB
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24/10/2006, 15:34 |
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Nous a rejoint: 20/10/2006, 15:25
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differente Tout à fait d'accord avec vous et c'est bien pour cette raison que je maintiens que même étant psy nous avons d'un psy. L'analyse doit continuer ! Bon, si vous en ressentez le besoin ...
Personnellement j'aime bien parfois rencontrer quelqu'un qui a une bonne écoute ( et c'est chose rare !) en dehors du cadre psychomachin. Mais, de toutes façons, j'essaie d'être moi-même à mon écoute, et c'est souvent la feuille blanche ma meilleure alliée.
Je ne me suis jamais sentie dépendante de ma psy.
Et j'ai assez vite réalisé que c'était un luxe d'aller la voir, mais que j'aurais pu m'en passer. Peut-être parce que j'ai intériorisé ce regard bienveillant et apaisant qu'elle posait sur moi, ce regard qui me donnait ma juste place ...
Mimosa
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24/10/2006, 15:59 |
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Nous a rejoint: 30/09/2006, 18:45
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Francis Bismuth Evidemment Mimosa que c'est un lapsus : Différente le sait bien.
J'en ai fait un ou deux en séance, avec "mes" analysants, aujourd'hui.
à bientôt,
FB Merci Francis,oui un joli lapsus comme le nomme Faiza parce qu'à ce moment précis ma pensée était vers 'unpsy'...
La psychanalyse est un remède contre l'ignorance mais sans effet sur la connerie.JL
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24/10/2006, 16:37 |
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Nous a rejoint: 30/09/2006, 18:45
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Francis Bismuth Non, non, Mimosa ; il n'y a que deux ou trois personnes dont moi à faire profession de psyquelquechose, parmi la vingtaine de membres actuels de ce forum. Et les psy sont actuellement, ou ont eux-mêmes été en psychothérapie ou en analyse.
Donc, pas de pb. 
A bientôt,
FB Effectivement Mimosa, tout le monde a sa place sur ce forum et c'est justement ce qui le rend interessant. Rares sont les forums où les psy s'expriment librement avec d'autres personnes (analysants ou pas) dans un langage compréhensible.
La psychanalyse est un remède contre l'ignorance mais sans effet sur la connerie.JL
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24/10/2006, 16:41 |
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Invité
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Moi faiza, je ne suis pas une psy, je suis biologiste, biochimiste. Et je discute tout les sujets, ne te sens pas comme une intrus, c'est bien de donner son avis.
Bisou
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07/04/2007, 16:59 |
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Nous a rejoint: 03/04/2007, 17:08
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Face à la l’extrême rationalisation d’une épouse, qui parfois veut bien dire qu'elle culpabilise sur le fait de ne pas voir souvent sa maman à l’hôpital, dont le « pronostic vital est engagé à moyen termes », et à la somatisation des ces conflits, que peut faire un mari ? A par des conneries bien sûr! Ce qui modifit ma question. Que ne doit pas faire un mari qui adore sa femme? Merci d'avance
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09/04/2007, 21:06 |
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Nous a rejoint: 12/11/2006, 21:31
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… Ce qu'il ne doit pas être : envahissant ;
ni faire : solliciter son attention, penser à sa place ;
ni penser : souhaiter régler des problèmes relationnels, … Ce qu'il peut être (?) : attentif et prévenant sans excès, la soulager de petits tracas, ne pas lui demander ce à quoi elle pense, … Ma mère est morte mardi matin. Bien que je sois soulagée de la savoir libérée de ce qu'elle a souffert ces derniers mois, je ressens un si grand vide.
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11/04/2007, 07:46 |
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Nous a rejoint: 03/04/2007, 17:08
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Merci beaucoup Mi, de me donner quelques conseils malgré tout... Sincères Salutations Vincent
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11/04/2007, 16:20 |
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Nous a rejoint: 21/02/2007, 09:45
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Si je pouvais distiller ici un embryon de "conseil", je n'aime pas ce mot mais n'encombrez pas l'autre de mots qu'il ou elle n'a pas en tête, ne forcez surtout pas le passage , la présence physique est tellement plus "parlante"parfois, soyez présent, les gestes sauront peut être lui signifier que vous êtes là, des attentions par exemple,vous qui la connaissez mieux que personne, entourez la, entourez là...autour d'elle,et peut être que spontanément elle s'adressera à vous lorsque le moment sera venu pour elle d'ouvrir les vannes...Il y a toujours le risque qu'en parlant avec elle, en l'invitant à dire les choses sans qu'elle vous sollicite, vous plaquiez sur elle ce qui relève de votre propre rapport à la mort, si ça s'ajoute à ce qu'elle traverse...je vous laisse imaginer le "mille feuille", vous risqueriez d'attaquer les couches successives de cette complicité retrouvée, pourquoi entamer les couches de ce beau "vernis"...soyez là pour elle, accompagnez là simplement....bon courage.
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12/04/2007, 15:01 |
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Nous a rejoint: 03/04/2007, 17:08
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opale Si je pouvais distiller ici un embryon de "conseil",... Distillez... distillez... Opale, surtout quand votre alcool à si bon goût. Et quand bien même, je ne vous ferai pas de procès Non Opale, j'apprécie beaucoup vos quelques lignes et votre métaphore, finalement pleines de bon sens. Si j’ai posé cette question sur ce forum, c’est bien que j’aime entretenir ce qui est beau ... Si je pouvais abuser, je vous exposerai encore un problème… Bon, j’abuse car je pense que ça peut faire parti de ce sujet. De la bouche d’un des médecins de ma belle-mère, il semble que se soit un dommage collatéral du cancer que de faire voler en éclat des liens familiaux (et amicaux) qui pourtant semblent si fort. Je vous dis cela car ma femme et son papa en seraient des victimes et je ne voudrais pas prendre position contre sa famille bien que la colère que ma femme éprouve, à l’égard de sa famille (et semble t-il vice et versa), me pousserait à prendre parti. J’aurais tendance à calmer le jeu pour ne pas que la situation soit sans retours possible, mais d’un autre côté j’ai peur que ma femme est l’impression que je ne la soutienne pas. Il me semble que tout le monde veut « bien faire », à sa propre idée pour que le parent malade vive mieux, demande toujours plus à l’autre de manière implicite ou explicite, se demande toujours plus à soit même et culpabilise de ne pouvoir tout faire... Bref, il s’installe une atmosphère mêlée de culpabilité et de colère envers l’autre. Il semble que chacun cherche une « tête de turc » à défaut de comprendre cette maladie et son aspect « définitif ». Avez-déjà eu à faire face à ce genre de situation ou avez-vous « étudié » le pb ? Qu’en pensez-vous ? Vincent
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12/04/2007, 17:21 |
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Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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Ce que vous pourriez faire, vous Vincent, puisque vous demandez son opinion à Opale , c’est de vous centrer sur vous. C’est-à-dire que si prendre soin de vous, c’est notamment aimer votre compagne, que cela « vous fait du bien », et bien aimez-la. Quant au comment, c’est probablement comme vous l’intuiterez.
Que j’aie eu à faire face à ce genre de situation, demandez-vous au lecteur, cela importe selon moi peu : l’hypothétique expérience des uns ne profitant généralement guère aux autres - mais que cela ne nous prive pas de discourir ; coté maladie mortelle de votre belle-mère, ces situations mort proximale, de perte présente ou prochaine, viennent réveiller tout ce qu’il y a d’enfoui et en chacun d’entre nous, et dans les rapports entre membres de la famille (j'évoque ici votre compagne, son père, sa mère, les tantes, etc.). Enfoui depuis les -soi-disant - plus tendres années. Or ce qu’en nous il y a d’enfoui, c’est de l’intrication d’Eros et de Thanatos : pulsions de vie, d’amour (des autres, de soi) et de mort (destruction, auto-destruction) avec leurs cortèges de jalousies inconscientes, d'attachements (ambivalents), de culpabilités, de frustrations, de haines, d'envie, qu’ils soient éprouvés pour soi et/ou projetées à l’extérieur.
Autrement dit, ce qui pourrait aider votre épouse, c’est qu’elle souhaite dénouer, pour elle-même déjà - ce que la maladie de l’une – la mère – vient mettre à jour de conflits internes-à-elle et par voie de conséquences aussi interpersonnels, inconscients pour la plupart.
Une façon pour elle de s’aimer suffisamment, pourrait-on dire. Mais vous interpelliez Opale :? ?
A bientôt,
FB
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18/04/2007, 15:30 |
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Nous a rejoint: 21/02/2007, 09:45
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J'ai lu tardivement votre réponse et pour vous répondre à mon tour: non je n'ai pas "travaillé" sur la question de mon rapport ou de notre rapport à la mort, et toutes les thèses,aussi brillantes soient elles, ne serviraient pas à trouver les mots pour "en parler", "pour le dire".J'ai eu à traverser, à supporter, à accepter la disparition, voilà ce qui m'autorisait simplement à vous adresser le précédent message.
Mais ce fut mon vécu, le vôtre sera sans doute comme le rapport que vous entretenez avec votre femme,et celui là vous êtes bien le seul à savoir de quoi il est fait, le seul à savoir ce qui pourrait la soulager, le seul à savoir de quelle manière vous pourriez la soutenir, le seul à savoir ce qu'il y a dire ou ne pas dire...cette épreuve n'est pas dans le"il faut"ou ne "faut pas", faites comme vous le sentez, c'est encore la meilleure manière de rester vous même, de réagir selon ce que vous êtes....
bon courage à vous.
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09/12/2008, 09:11 |
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Nous a rejoint: 08/12/2008, 13:19
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j'ai besoin de partager un peu de ma vie ici, avec vous aujourd'hui.. ma mère est morte il y a 2 ans un 1er décembre, la date anniversaire ravive forcément des choses douloureuses.. même si la date réélle de sa mort est le 30 novembre je l'ai appris le lendemain avec effroi par mon grand-père au téléphone qui me dit de venir au plus vite (600km nous sépare) qu'un malheur est arrivé.. il bafouille et ne sait que dire.. j'arrive à lui tirer les "vers du nez" et il me dit que mon propre frère vient "d'égorger ma mère"... (bouffée délirante aigu chez un schizophrène paranoïde)
que faire? que dire? comment réagir à ça? je pleure en vous écrivant parce que je n'y suis pas arrivé pendant 2 ans je crois, quelquefois oui de tps en tps mais j'ai été dans l'activisme pour faire face, pour tenir le coup, pr m'occuper de ma fille de 1 an alors, j'ai interrompu mon travail qq semaines pourtant parce que je n'y serai pas arrivée.. pour m'y replonger à corps perdu plus tard et jusque là.. je fais face mais je sais qu'au fond de moi, le deuil ne s'est pas fait, je n'ai pas pu la voir une dernière fois, son corps mutilé non plus..
j'ai culpabilisé pendant plus d'1 an de n'avoir pas su la protéger de ce fou et Dieu sait que j'avais peur de lui, des menaces qu'il avait pu faire auparavant, sur ma mère, mes soeurs, moi-même.. la tentative d'hospitalisation psy avait échoué pour cause de lucidité.. pff une psychothérapie m'a aidé à déculpabiliser, c'est déjà énorme.. mais le deuil? pouvoir parler de maman et des souvenirs heureux, je n'y arrive toujours pas.. avoir en tête le spectre de mon frère qui ressortira un jour et qui, dans son délire, a une liste de 20 personnes à tuer, ça n'aide pas non plus..!! il est traité, oui mais bon.. je sais que seul le temps m'apaisera.. mais ça fait de bien de pouvoir en parler ici.. merci de m'avoir lu
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09/12/2008, 09:44 |
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Administrator
Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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Bonjour Zenitude,
Je ne sais que vous dire face à cette tragédie, sinon accuser réception de vos mots ; ici en effet, vous êtes lue. Les images qui me viennent suite à votre récit renvoient plus à des éléments de ma vie personnelle qu'à quelque réelle "réponse" que je pourrais vous faire.
J'espère que d'autres ci-dessous sauront / pourront / voudront prendre mon relais.
A vous lire bientôt, cordialement,
FB.
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09/12/2008, 18:43 |
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Nous a rejoint: 16/05/2008, 05:27
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Bonsoir à tous, bonsoir Zenitude, J'aurais voulu avoir les mots justes pour vous répondre, je vous ai lu, je suis touchée, ici vous pouvez partager, il y a une belle écoute... Bien cordialement
Caro.
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09/12/2008, 19:22 |
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Nous a rejoint: 20/04/2008, 06:32
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Bonsoir Zenitude,
Je voulais vous dire que je vous ai lue ...
Quel sens donner à tout ça ? ... difficile d'en trouver.
Mais peut-être que cette grande épreuve vous fera apprécier la vie autrement.
Je vous souhaite de cheminer vers ce qui apaisera cette grande douleur.
Zénitude, ce pseudo que vous avez choisi, est le désir de quelque chose ...
Amicalement,
Chocolatine
Passé et présent se mélangent pour se souvenir de l'Avenir
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10/12/2008, 08:08 |
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Administrator
Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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zenitude j'ai besoin de partager un peu de ma vie ici, avec vous aujourd'hui.(...)une psychothérapie m'a aidé à déculpabiliser, c'est déjà énorme.. mais le deuil? pouvoir parler de maman et des souvenirs heureux, je n'y arrive toujours pas.(...) Bonjour Zenitude,
En relisant votre message, l'on peut se demander - j'ai isolé ci-dessus quelques phrases - si un travail de parole, non pas tant ou uniquement sur un forum où vous nous constatez bien en mal de nous sentir réellement utiles, ne serait pas pour vous et par vous à réenvisager, dans l'après-coup, qui sait plus en profondeur que peut-être, cette psychothérapie dont vous parlez à l'imparfait, au passé, qui vous aida "à déculpabiliser". Si vous êtes "tombée" sur un forum tel que celui-ci au gré des moteurs de recherche, n'est-ce pas pour que vous recherchiez quelque chose ? Est-ce qu'un "endroit pour l'écrire" peut faire office de "mots pour le dire" ?
Nombreux sur ce forum, y expriment quelque chose d'eux (et je vous invite volontiers à vous aussi poursuivre), mais de différent et complémentairement à un travail souvent je crois analytique, ou disons analytico-thérapeutique.
Plus simplement, si vous fîtes une "psychothérapie" au lendemain de ce décès, l'heure ne serait-elle pas, si les jours vous paraissent encore si douloureux, à réenvisager deux ans après, un autre type de travail puisque, ce qui se joue en vous actuellement, consciemment ou inconsciemment, dépasse probablement largement ce que vous nous en avez écrit et qui sait, ce que vous pûtes antérieurement en dire au psychothérapeute.
Nous en parlions ailleurs : les mots déposés sur un forum ne remplacent pas, vous le savez, la parole déposées, entendue et "travaillée" chez le psychanalyste, le passage chez celle ou celui-ci n'étant cependant en rien une panacée.
Bien cordialement à vous, bonjour à chacune et chacun,
FB
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10/12/2008, 12:12 |
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Nous a rejoint: 05/12/2008, 21:54
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"Distendu comme un nerf
Le paysage
Essuie le long frôlement de l'oubli,
A portée de la bouche
Le cri
Lui-même meurt. Aux détours du désir
De grands candélabres d'étincelles
Parlent aux vivants
Un langage nocturne. La vie gagne
De bouche en bouche
Parmi l'azur désaffecté." Gérald NEVEU Bien à vous, Zénitude.
"Si tous les poètes pouvaient se donner la main, ils toucheraient des doigts d'auteurs". SOL
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10/12/2008, 19:51 |
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Nous a rejoint: 08/12/2008, 13:19
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Merci à tous et toutes pour vos interventions.. je tiens juste à préciser que je poursuis toujours cette psychothérapie actuellement, peut-être les séances s'espacent t-elles un peu trop à un moment où j'en ai plus besoin.. j'aurais pu appeler ma psychologue au moment où j'ai fait cette démarche de venir ici... et puis je n'éprouvais pas ce besoin de parler de tout ça lors de la dernière séance et c'est arrivé plus tard... soit! Oui zenitude c'est vers quoi je tends.. 
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11/12/2008, 16:13 |
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Nous a rejoint: 21/02/2007, 09:45
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Bonsoir, J'ai bien lu votre message. Il y a bien quelques éléments qui ont retenu mon attention dans vos lignes mais j'aurais peur de tomber à côté de ce qui vous préoccupe, de ce qui engendre votre douleur.
Sachez simplement que vous êtes lue.
Bienvenue et peut-être à bientôt sur ce forum.
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12/12/2008, 20:23 |
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Nous a rejoint: 25/09/2007, 21:30
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Nombre de Posts: 340
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Bonsoir à tous ; Zénitude, j’ai lu votre difficile témoignage, comme d’autres ici.
J’ai envie de vous faire part de ces quelques lignes que j’ai découvertes aujourd’hui (de Marie Balmary), parlant plus particulièrement de psychanalyse : « Pour passer du non-éveil à l’éveil, le futur sujet s’avance en terrain découvert.
Puisqu’il n’y a que lui qui puisse être lui, la solitude devient son lot.
Même s’il trouve en chemin d’autres solitaires dont la rencontre ne le rendra pas moins seul ; simplement, il ne sera plus seul à être seul ». pour moi, ces mots répondent en partie au « qu’attend-on d’un forum de psychanalyse? » (j’aurais pu choisir de les poster sur le forum correspondant) mais j’ai souhaité les déposer ici car la dernière phrase, « Même s’il trouve en chemin d’autres solitaires dont la rencontre ne le rendra pas moins seul ; simplement, il ne sera plus seul à être seul » est comme ma réponse à votre témoignage, pour vous dire que, dans votre souffrance, vous partagez votre solitude avec d'autres solitaires, votre solitude devient moins solitaire, ne serait-ce que parce que vous avez déposé des mots pour qu’ils soient lus, et qu'ils sont lus effectivement. mia
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26/10/2009, 19:28 |
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Invité
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Bonsoir à tous, Quelle est la différence entre le deuil et le deuil pathologique ? Est-ce le temps que dure la période de deuil ? La somatisation ? L’idéalisation de la personne disparue n’est-elle qu’une étape dans le travail de deuil ou s’agit t’il d’une forme de déni ?
C’est le calendrier qui fait que je pose ces questions.( je vais le mettre ainsi )
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26/10/2009, 19:47 |
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Nous a rejoint: 05/12/2008, 21:54
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Bonsoir Louise Je crois que pour en dire quelque chose, les notions d'introjection et d'incorporation sont intéressantes à saisir. "Les travaux de Maria Torok et Nicolas Abraham sont également précieux. Dans Maladie du deuil et fantasme du cadavre exquis, Maria Torok reprend la question de l’introjection et de l’incorporation, depuis Ferenczi jusqu’à Melanie Klein. Elle différencie l’introjection, processus qui permet d’enrichir le moi des traits pulsionnels de l’objet-plaisir, de l’incorporation, mécanisme fantasmatique qui installe l’objet prohibé à l’intérieur de soi et le met au secret. À partir de là, Marie Torok
développe sa théorie de la crypte et du fantôme, qui vient hanter le sujet et se met à parler à sa place. Le phénomène du fantôme ne relève pas du retour du refoulé mais de l’inclusion cryptée d’un autre, face auquel le travail de deuil n’a pu s’opérer." Bonne soirée
"Si tous les poètes pouvaient se donner la main, ils toucheraient des doigts d'auteurs". SOL
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26/10/2009, 19:49 |
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Nous a rejoint: 05/12/2008, 21:54
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Nombre de Posts: 126
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"Si tous les poètes pouvaient se donner la main, ils toucheraient des doigts d'auteurs". SOL
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27/10/2009, 06:28 |
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Invité
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Merci Isha pour cette référence biblio., je lirai peut-être l'écorce et le noyau. Bonne journée
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19/12/2011, 12:15 |
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Nous a rejoint: 12/09/2011, 10:46
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Alors ça c'est drôle. J'ai vraiment lu tous les sujets de ce forum, je pense, et celui là, je ne l'avais jamais vu. Alors qu'il me concerne entièrement ! L'article de Francis est très juste et me permet de comprendre certaines choses. Je laisse ici mon petit témoignage des fois que ça intéresse quelqu'un. J'ai perdu mon père alors que j'avais 22 ans, avant de mourir il a souffert pendant 3 ans d'un cancer du poumon, qui s'est déplacé, à la fin, au cerveau ; il a alors perdu certaines fonctions linguistiques, lui qui justement était professeur de linguistique, ironie tragique ; rien de bien grave, il confondait un mot avec un autre, bafouillait parfois, mais il était resté lui même. L'annonce de sa maladie, j'en garde un souvenir terrible : celui d'un effondrement absolu, d'un choc total et anesthésiant. Pendant un an après cette annonce, je suis resté presque tout le temps avec lui enfermé à la maison (je vivais encore chez mes parents, j'avais quoi, 19 ans), angoisses etc ne me laissant pas vraiment de répit. Je n'arrivais pas à aller en cours (je faisais des études de lettres à l'époque), je faisais des crises d'angoisse dans les salles de classe. Sa maladie a complètement bouleversé l'équilibre familial (un peu précaire il faut bien le dire, ou tout du moins, problématique à certains égards). Je n'ai jamais été aussi proche de mon père que lorsqu'il était malade, et nous avons discuté des heures, de choses et d'autres, partagé des moments uniques. Paradoxalement, sa maladie m'a appris beaucoup de choses et m'a fait l'aimer plus qu'avant. Sa mort a été terrible pour moi, ça s'est passé très vite, et les seuls mots qui me venaient étaient "Je n'ai plus de père". Ca a aussi été un soulagement. Après ce choc et la traversée de ces 3 ans de maladie, évidemment ma vision de la vie s'est trouvée un peu changée, plus pessimiste (réaliste diront certains) ; mais en même temps, les 4 ou 5 années qui ont suivi ont été des années de rigolade intense. J'ai fait ce que Francis décrit dans son article : je faisais des blagues de mauvais goût sur la mort de mon père, l'humour cynique étant devenu ma protection et ma marque de fabrique. Mais bon, dans l'ensemble, j'étais plutôt plein d'énergie, je faisais le con, je voyais plein de concerts, draguais des filles, avec cette image du mec cynique mais sympa quand même qui au fond ne va pas très bien, sorte de clown triste dont beaucoup de gens recherchent la compagnie pour je ne sais quelles raisons. Derrière cette vie de façade je crois que ça n'allait pas fort, même si ce sont de très bons souvenirs. Et puis au bout d'un moment, j'ai commencé à travailler, dans le même domaine que mon père, et là j'ai été rattrapé sérieusement par le deuil et la souffrance. Aujourd'hui, 6 ans après sa mort, je découvre seulement à quel point tout ça a foutu le boxon. L'analyse révèle des choses enfouies, des haines familiales, qui étaient présentes avant la maladie et la mort de mon père mais qui ont été actualisées, rendues prégnantes par ces dernières (cela a par exemple fait remonter à la surface des conflits entre ma mère et mon père, datant de 20 ans, alors que je venais de naître - conflits qui m'ont affecté, comme le montre mon analyse, tant à cette époque de la petite enfance qu'au moment de la mort de mon père). 6 ans après, je me rends compte qu'il me manque terriblement, que j'en veux à la terre entière, bref, que ce "travail de deuil" n'est pas terminé (le sera-t-il un jour ?). Que de la maladie et de la mort de mon père ont découlé des choix de vie que j'ai fait complètement innocemment à l'époque mais qui n'étaient pas du tout innocents, en fait, et auxquels je dois faire face maintenant. Quelque part, c'est une chance, puisque sa disparition a été une épreuve si remuante pour tout le monde que certaines discussions ont pu se faire et que les conflits et difficultés qui animaient les uns et les autres sont apparus au grand jour ; mais tout cela se fait dans une souffrance importante, dans laquelle je crois que je me débats encore 6 ans après. En espérant que l'analyse permette de mettre les choses à leur place !
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