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Méthode Sapir et souffrance

16/11/2010, 15:32 Signaler le sujet

mangue974

Nous a rejoint: 16/11/2010, 13:02
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Bonjour à tous,

je suis en thérapie chez un psychiatre depuis 3 mois environ. Il pratique la relaxation de méthode SAPIR. C'est extraordinaire l'effet que cela peut provoquer !!! parfois très violente d'ailleurs dans les pensées et les gestes.

Avez-vous déjà eu ce genre d'expériences ? quels ont été les bénéfices ou pas.
Car j'avoue qu'aujourd'hui je suis complètement paumée. je vois mon psychiatre 1 à 2 fois par semaine et c'est très dur pour moi de remonter la pente. J'ai 40 ans et 40 ans que je vis dans le silence ....
J'ai également envie de lui envoyer des mails parfois pour dire à quel point e suis dans le désespoir. mais je ne sais pas si cela se pratique. je lui poserai la question.... J'ai besoin de vider le venin, ce poison qui est en moi et qui me tue à petit feux. Je suis nue et habillée par cette souffrance qui m'obsède...

Merci pour votre lecture et votre partage.


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16/11/2010, 15:57 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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J'ai 40 ans et 40 ans que je vis dans le silence ....

Bonjour "Mangue", et merci de cette première intervention.
Je ne connais pas la méthode de relaxation SAPIR mais suis allé faire un tour sur Google pour tenter de m'informer.

Je me demandais s'il y avait des mots-dits, par vous, durant ces séances de relaxation et de contacts physiques, et ce qu'en faisait avec vous, votre psychiatre.

A bientôt,
FB.

PS : parce que, que le feeling avec votre psychiatre vous fasse peut-être du bien est une chose, que la relaxation aussi, mais il nous arrive incon-sciemment de choisir certaines thérapeutiques ou se prétendant telles, qui nous permettent justement de rester dans les symptômes qui nous étreignent.
Une dame me disait à l'instant : "je vais peut-être arrêter l'analyse car j'ai peur de ce que je vais peut-être m'entendre sortir de ma bouche".


www Message Privé
16/11/2010, 17:17 Signaler

mangue974

Nous a rejoint: 16/11/2010, 13:02
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Re,

Je suis étonnée que vous ne connaissiez pas cette méthode. De mon côté, c'est vraiment un hasard d'avoir choisi cette thérapie puisque rien n'était marqué sur sa plaque sauf devant le pas de sa porte. Après le face à face cette thérapie m'a été proposé. Mais c'est tellement dur pour moi que pour l'instant il n'y a ps de toucher, seulement inductions verbales.

Mais voilà exactement de quoi il s'agit :
La méthode Sapir ou la méthode à induction variable consiste : "Le thérapeute est généralement assis en position d’analyste, derrière le patient allongé. En un premier temps, une induction verbale proposera de laisser venir le calme, de s’installer dans le cadre de la pièce, du divan et de permettre au corps de « se poser ». Puis les inductions viendront spontanément à propos d’un vécu du corps, de ses sensations, en s’appuyant selon les séances sur la forme, les contours, l’intérieur du corps, les rythmes vitaux (cœur et respiration), la chaleur…
Tout cela sans ordre préconçu et en laissant toujours ouverte la possibilité d’émergence de fantasmes, d’images, de souvenirs chez le patient qui reste silencieux pendant ce premier temps, ainsi que pendant le suivant qui est celui du toucher.

Le toucher du thérapeute, autre mode d’induction, est lui aussi variable, il ne touche que les chevilles, bras, main et front.

Puis vient un temps de silence sans intervention du thérapeute, et enfin le dernier temps de la séance, celui de la parole, celle du relaxant cette fois. Il essaiera de dire ce qu’il a ressenti, l’écart parfois entre ses sensations et le dire ou le toucher du thérapeute. C’est souvent dans cet écart que vont se glisser des fantasmes, des souvenirs, parfois des images très précises, ou au contraire des réponses presque directes aux inductions, dans une sorte de soumission à la parole de l’autre. Tout cela sera, bien sûr, repris, parfois interprété par le thérapeute. Mais l’interprétation en relaxation revêt un mode bien particulier et passe souvent directement par les inductions ou le toucher."

En revanche je ne comprends pas votre dernière phrase.... par rapport à mes cris et mes souffrances.
Bien à vous.


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17/11/2010, 09:03 Signaler

mia

Nous a rejoint: 25/09/2007, 21:30
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Bonjour Mangue,

je ne connais pas non plus cette thérapie, qui ne semble pas très répandue. Je ne sais pas ce qu'elle peut donner, tout ce que je peux dire c'est qu'elle semble loin de l'approche analytique. Je ne fais donc pas ici une critique objective de la méthode sapir, loin s'en faut!! ;-)
je me contente de pointer ses différences fondamentales avec la psychanalyse, d'après ce que vous en décrivez. Après tout, vous êtes sur un forum ouvert (n'est-ce pas Francis?), mais de nombreux membres ont une expérience psychanalytique, alors une réponse orientée psychanalyse ne vous étonnera certainement pas...

« parfois très violente d'ailleurs dans les pensées et les gestes. »  de qui sont ces pensées et ces gestes? Du thérapeute ou du patient? C'est très différent!
« Puis les inductions viendront spontanément » je suppose qu'il s'agit de celles du thérapeute...
« ... le patient qui reste silencieux pendant ce premier temps »

voilà: en psychanalyse, c'est le patient qui arrive avec sa parole, ses humeurs, ses pensées du jour, et l'analyste les reçoit comme telles. Cette différence me semble fondamentale. l'impulsion de la séance vient du patient, pas du thérapeute.

Dans ce que vous me décrivez, il me semble que les « inductions » viennent du thérapeute, et le patient garde ses commentaires jusqu'à la dernière phase... cela me semble donc plus relever de la suggestion du thérapeute (comme dans de nombreuses thérapies d'ailleurs) que de l'écoute du patient. D'autant que ces inductions viennent avant la prise de parole du patient.

Pour ce qui est de la manipulation des fantasmes, il me semble qu'il vaut mieux que le thérapeute ait sacrément travaillé sur les siens avant de « toucher » à ceux des autres et à leur corps, sinon il y a de grandes chances qu'il projette ses propres fantasmes (ce qui fera réagir le patient, bien sûr, mais pas selon son désir propre ; vous écrivez d'ailleurs « dans une sorte de soumission à la parole de l’autre ». « soumission »: aïe aïe aïe!!!)
« le thérapeute interprète », « assis en position d’analyste »: très bien si... le thérapeute est suffisamment au clair avec ses désirs, ses fantasmes, son inconscient. C'est à dire si le thérapeute a fait une analyse suffisamment poussée. sinon vous risquez de servir de support à la jouissance et aux fantasmes (au sens analytique) du thérapeute.

Voilà! C'est dit!

J'entends aussi votre souffrance, ce « poison » qui vous ronge... qui vous a fait trouver la force de pousser la porte d'un « psy »... vous avez choisi cette thérapie « au hasard » comme beaucoup de gens qui vont voir un psy-chiatre, -chologue ou -thérapeute ou-analyste sans connaître la différence (peu de gens la connaissent en fait). Mais si vous postez ce message, c'est que vous semblez vous poser des questions. Alors continuez à vous en poser, renseignez-vous éventuellement plus en détails sur la méthode sapir, sur la formation de votre thérapeute... (oui, oui, on a le droit de lui demander! Il peut vous répondre! En revanche s'il se fâche c'est mauvais signe...) et voyez si elle vous convient.

Francis écrivait: « il nous arrive inconsciemment de choisir certaines thérapeutiques ou se prétendant telles, qui nous permettent justement de rester dans les symptômes qui nous étreignent. » un symptôme, un mode de fonctionnement sont des défenses que l'on érige pour se protéger. Ils ont paradoxalement un côté « confortable ». la psychanalyse nous oblige à les faire exploser, ce qui est terriblement déroutant, et que l'on peut souhaiter éviter pour rester dans ses symptômes finalement plus « confortables ». d'où la phrase de « la dame de Francis »: «je vais peut-être arrêter l'analyse car j'ai peur de ce que je vais peut-être m'entendre sortir de ma bouche»
à vous de trouver ce que vous souhaitez vraiment... c'est difficile, bien sûr!... mais c'est faisable.
et bon courage pour la suite!
Bien à vous,

Mia


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17/11/2010, 14:52 Signaler

mangue974

Nous a rejoint: 16/11/2010, 13:02
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Bonjour Mia et merci pour ces réflexions.

Vous dites :
« parfois très violente d'ailleurs dans les pensées et les gestes. » de qui sont ces pensées et ces gestes? Du thérapeute ou du patient? C'est très différent!

Ces pensées "violentes" viennent de moi bien-sûr, par rapport à mon passé très douloureux. Le contact très coridal du thérapeute a fait re-naître chez moi des sensations et des très lointains et oubliés. C'est pour cela que je parle de violence.

"Dans ce que vous me décrivez, il me semble que les « inductions » viennent du thérapeute, et le patient garde ses commentaires jusqu'à la dernière phase... "

Effectivement après ce moment de "relaxation" je suis sensée dire ce que j'ai ressenti pendant la séance et là la parole se libère et le thérapeute écoute et note.
Avant de faire ce genre de thérapie, nous avons passé un moment en face à face...rien ne sortait de ma part, trop de honte par rapport à mon passé (...). Puis il m'a expliqué "brièvement"son cas, sa psychanalyse.....et comment se déroulaient les séances. Généralement je fais 1 séance de méthode SAPIR et l'autre en parlant en face à face.
C'est vrai je me pose beaucoup de questions sur moi, sur les thérapies, sur les résultats, sur beaucoup de choses quoi !! Je suis dans un tel état que je doute effectivement de tout. En revanche je pense être à l'aise avec mon thérapeute, je le pense honnête et professionnel. Mais je voulais avoir d'autres avis qui ne sont pas faciles à trouver. Merci et au plaisir de vous lire.
Mangue


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