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Que veut dire dénouer en analyse?

22/02/2009, 13:21 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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Louise
(...) je me demande si ce que J-P.Winter appelle une réaction thérapeutique négative peut etre interprétée comme une résistance, un passage à traverser ou un dénouement ?En d’autres termes est-il possible de l’éviter et de la dépasser ?.

Merci Louise de ce lien, bonjour à chacun,
Une résistance, oui
Un passage à traverser, peut-être,
Un dénouement, non, sauf à ce qu'un autre moment de l'analyse ne s'en amorce. Du moins est-ce ma façon de voir.
Quant à votre seconde formulation, je ne sais si lorsque de telles "réactions" adviennent, il aura toujours été possible (voire nécessaire) de les anticiper ou de les éviter. Elles sont en cas l'occasion d'un "travail" en analyse.
Maintenant, chaque analyse se déroule, vous le savez ou vous en doutez, de façon très différente d'un analysant à l'autre.

A bientôt,
FB


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24/03/2009, 20:41 Signaler

Invité



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Bonjour,

Désolée de reprendre encore ce fil mais je ne sais où écrire alors « au hasard » j’écris sur celui-ci. J’écrivais dans un précédent message « et si l’analyse n’y suffit pas ? » et j’y reviens. Cela fait plusieurs fois que je prends ce chemin : devant mon impossibilité à parler, ; mon psy devant ce qui fait pour moi impasse- parce que silence de mon coté et limites atteintes du sien dans une place où ma parole ne peut être entendue ou se dire, résistance de ma part ou de la sienne, je ne sais- me dis alors d’en parler avec l’autre pour dénouer , non par son « intermédiaire », mais plus directement en quelques sortes…
J’espérais par l’analyse ne pas avoir à vivre cela ou vivre en analyse ce passage.La chrysalide résistant fortement à sa mue en papillon ne peut déployer ses ailes.

Bonne soirée


24/03/2009, 23:43 Signaler

Ingrid

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Coucou Louise

Moi non plus, je n'arrive plus à parler à ma psychanalyste, et depuis 3 séances maintenant, et avec en plus encore un acting out de ma part, et je me sens encore plus mal de ne pas pouvoir lui parler.
Et j'ai l'impression que tout s'accumule, et ça me fait peur, et je sais que j'ai beaucoup de choses à travailler avec ma psychanalyste.
Peur de ne plus aller à mes séances, alors que ça n'est pas ce que je veux.
Le fait qu'elle ne dise rien non plus, parce que c'est à moi de parler, me bloque encore plus et c'est sans fin. J'ai l'impression que comme elle ne dit rien, que quoique je dise ça va dans le vide.

Bises
Ingrid


Message Privé
25/03/2009, 06:46 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
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Bonjour Mesdames,
En vrac :
- Qu’entendez-vous Ingrid par « acting out » ; pas obligée de répondre.
- Se taire durant 3 séances ou moins, ou plus, n’est pas rare ; qu’en fait votre analyste ? Qu’en diriez-vous ?
- Certes est-ce plus à l’analysant de dire, qu’à l’analyste, si l’on mesurait ça en temps de parole. Cependant, l’analyste peut user de différents subterfuges pour briser – si nécessaire – ce silence : provocation, écourter la séance, la rallonger étonnamment, occuper le terrain de la parole jusqu’à ce que l’analysant veuille reprendre sa place. Il peut aussi s’interroger, certes Louise, sur ses propres et inévitables limites, mais aussi sur le fait que ses propres préconçus théoriques, sur le fait que son-expérience-jusque-là, aient pu engager l’analyse dans un cul-de-sac, et qu’il faille prendre un autre itinéraire : se mettre à entendre autre chose derrière ce qui se dit ; comme s’il s’était jusqu’ici attaché aux couleurs, sans s’attacher aux formes, ou aux rythmes (ceci est une tentative d’illustration). Il peut aussi changer momentanément le cadre ; faire asseoir l’allongé le temps d’une séance par exemple.
- Il m’arrive parfois de dire à une personne : « pourquoi ne lui en parlez-vous pas ? De quelle façon lui en avez-vous parlé ? Pourquoi ne pas le lui dire avec les mots que vous venez d’employer ? » L’on sent souvent alors « j’ai envie que ça change / j’ai peur que ça change ».
- Il m’est arrivé de sentir le silence de l’analysant comme une « attaque » à mon égard. Il peut donc aussi se faire que le silence (parfois tout aussi nécessaire) de l’analysant relève de ce mécanisme ; les écrits de Mélanie Klein me reviennent tandis que j’écris. L’analysant peut se poser ces questions : « qu’est-ce qu’au fond, je risque à me taire ? / qu’est-ce au fond, que je risque à dire ? ». Mais à l’inverse – et peut-être l’ai-je déjà dit – il arrive que l’analysant ne cesse de parler. Il m’est arrivé de dire à l’un « je peux en placer une ? », à un autre : « bon : on commence ? ». L’analyste peut se demander : « qu’est-ce que je risque à rester dans un dogme technique ? / quels sont les risques/gains possibles pour le cours de la cure, à bousculer ce cadre ? ».

Et oui : l’analyse ne suffit pas. Ou pas toujours. A l’écoute de son propre inconscient, une part consciente de travail ne nuit-elle pas nécessairement ; ainsi par exemple lorsqu’après une série de séances, l’analysant s’en va engager un tête à tête avec tel parent, tel proche, hors séance évidemment. Ne s’appuyer que sur l’analyse, que sur l’analyste, peut faire objet d’analyse, justement : l’analyste en question le peut-il ? Mais si chacun tient, sur le divan, à son symptôme même si c’est celui-ci qui le mène chez l’analyste, l’analyste aussi ne tient-il pas parfois trop sur sa posture ?
S’il me semble que l’analyste doive parfois « bousculer » le travail, cela peut valoir pour chacun des deux engagés dans ce travail. Lorsque récemment, j’entendis « je sors de mon cocon ; je m’étire », le mouvement de retour au « bercail » du cocon fut douloureusement prompt ; pas dit cependant qu’il ne fut pas nécessaire pour la suite.

J’avais prévenu de l’en-vrac 8),
A bientôt,
FB.


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25/03/2009, 07:14 Signaler

Cauderane

Nous a rejoint: 26/01/2009, 18:29
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Merci Francis pour cet "en-vrac".
C'est intéressant, pour nous analysants, de lire votre expérience, la vôtre en tant qu'analyste.

Pour ce qui est des silences, il m'est arrivé il y a peu d'en user. Sous ces silences est venu poindre une colère contre mon analyste ... et une difficulté majeure à prendre le risque de dire un qq chose de difficile. Je me suis retrouvée, le temps de qq séances, dans un ressenti bien étrange en jouant à la petite fille qui fait la tête, ne dit plus bonjour ni au revoir à son analyste. Et là dessus, mon psy est venu me "bousculer" à sa façon en modifiant les horaires de mes séances (en les reculant pour que j'attende plus et rentre plus tard chez moi, déjà que je fais 85 km pour mes séances) ... ce qui m'a fait grandement réagir et exprimer ce que je ressentais. Pour une fois que c'était là !
Plus tard, j'ai compris que son attitude était une façon de me pousser ds mes retranchements pour faire surgir ce qui devait surgir. Une fois dit et exprimé, j'ai entendu des excuses de sa part.

Dans cette aventure intérieure que je vis, je sens mon psy à mes côtés. Il s'implique vraiment dans ma cure mais pas forcément en paroles. Cette parole n'est plus, pour moi maintenant, une transmission de son savoir. Elle me guide pour avancer.
A ma séance d'hier j'ai entendu un "Continuons ainsi" pour clore la séance. C'est bien ainsi que je vois ma cure : une aventure à deux.

Bonne journée à tous,
Cauderane


Passé et présent se mélangent pour se souvenir de l'Avenir.

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25/03/2009, 20:50 Signaler

Melyna

Nous a rejoint: 21/03/2009, 00:01
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J'ai lu vos commentaires, Francis, avec beaucoup d'interêt et je me suis reconnue dans deux situations .
Le silence a correspondu pour moi , comme Cauderanne , à une colère contre mon analyste qui s'est manifestée plusieurs fois mais qu'elle a "rompu" à chaque fois par la question : "vous boudez ? " qui a effectivement fair ressurgir la petite fille que j'étais et m'a sortie du silence car incapable d'accepter l'idée que je puisse bouder .
Il y eut aussi le silence/repos où mon analyste m'a amenée à comprendre que je n'étais pas obligée de parler , que je pouvais aussi utiliser cet espace de "blanc" , de "vide" comme un temps pour me ressourcer .


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