Bonjour Mesdames,
En vrac :
- Qu’entendez-vous Ingrid par « acting out » ; pas obligée de répondre.
- Se taire durant 3 séances ou moins, ou plus, n’est pas rare ; qu’en fait votre analyste ? Qu’en diriez-vous ?
- Certes est-ce plus à l’analysant de dire, qu’à l’analyste, si l’on mesurait ça en temps de parole. Cependant, l’analyste peut user de différents subterfuges pour briser – si nécessaire – ce silence : provocation, écourter la séance, la rallonger étonnamment, occuper le terrain de la parole jusqu’à ce que l’analysant veuille reprendre sa place. Il peut aussi s’interroger, certes Louise, sur ses propres et inévitables limites, mais aussi sur le fait que ses propres préconçus théoriques, sur le fait que son-expérience-jusque-là, aient pu engager l’analyse dans un cul-de-sac, et qu’il faille prendre un autre itinéraire : se mettre à entendre autre chose derrière ce qui se dit ; comme s’il s’était jusqu’ici attaché aux couleurs, sans s’attacher aux formes, ou aux rythmes (ceci est une tentative d’illustration). Il peut aussi changer momentanément le cadre ; faire asseoir l’allongé le temps d’une séance par exemple.
- Il m’arrive parfois de dire à une personne : « pourquoi ne lui en parlez-vous pas ? De quelle façon lui en avez-vous parlé ? Pourquoi ne pas le lui dire avec les mots que vous venez d’employer ? » L’on sent souvent alors « j’ai envie que ça change / j’ai peur que ça change ».
- Il m’est arrivé de sentir le silence de l’analysant comme une « attaque » à mon égard. Il peut donc aussi se faire que le silence (parfois tout aussi nécessaire) de l’analysant relève de ce mécanisme ; les écrits de Mélanie Klein me reviennent tandis que j’écris. L’analysant peut se poser ces questions : « qu’est-ce qu’au fond, je risque à me taire ? / qu’est-ce au fond, que je risque à dire ? ». Mais à l’inverse – et peut-être l’ai-je déjà dit – il arrive que l’analysant ne cesse de parler. Il m’est arrivé de dire à l’un « je peux en placer une ? », à un autre : « bon : on commence ? ». L’analyste peut se demander : « qu’est-ce que je risque à rester dans un dogme technique ? / quels sont les risques/gains possibles pour le cours de la cure, à bousculer ce cadre ? ».
Et oui : l’analyse ne suffit pas. Ou pas toujours. A l’écoute de son propre inconscient, une part consciente de travail ne nuit-elle pas nécessairement ; ainsi par exemple lorsqu’après une série de séances, l’analysant s’en va engager un tête à tête avec tel parent, tel proche, hors séance évidemment. Ne s’appuyer que sur l’analyse, que sur l’analyste, peut faire objet d’analyse, justement : l’analyste en question le peut-il ? Mais si chacun tient, sur le divan, à son symptôme même si c’est celui-ci qui le mène chez l’analyste, l’analyste aussi ne tient-il pas parfois trop sur sa posture ?
S’il me semble que l’analyste doive parfois « bousculer » le travail, cela peut valoir pour chacun des deux engagés dans ce travail. Lorsque récemment, j’entendis « je sors de mon cocon ; je m’étire », le mouvement de retour au « bercail » du cocon fut douloureusement prompt ; pas dit cependant qu’il ne fut pas nécessaire pour la suite.
J’avais prévenu de l’en-vrac 8),
A bientôt,
FB.