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Questions, sens, existence... ni psychothérapie, ni analyse

12/09/2006, 18:04 Signaler le sujet

Francis Bismuth

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Les personnes en souffrance, et les psy, tribu psy dont je participe, nous enfermons peut-être dans des pratiques parfois trop « standard », usitées. Parfois inadéquates.
Il arrive que des personnes d’une trente-quarantaine d’année, par exemple, viennent me voir. Le premier rendez-vous d’une heure environ, ne me voit pas proposer une « psychothérapie » car il n’y a rien de spécial à « thérapier », à soigner. Pas plus un « bilan de compétences » qu’un « coaching (accompagnement professionnel d’une personne en poste) » ne semblent-ils appropriés. Il faudrait inventer autre chose.

Tant la personne que moi-même, ne nous voyons pas plus envisager une psychanalyse ; c’est long, c’est difficile, c’est âpre, certes autant qu’assez extraordinaire. Mais les différents coûts qu’elle engendre – le temps, l’argent, l’investissement psychique, les nouvelles façons de regarder et d’interagir avec son environnement, parents, fratrie, conjoint – semblent disproportionnés compte tenu des interrogations de la personne.
Quelles interrogations ?
Disproportionnés par rapport à quoi ?

Par rapport au fait que la personne vient parce que simplement, nombre de choses lui posent question :

- elle quitte une adolescence plus ou moins bien vécue, et devenir adulte, quitter ce quelque chose de l’enfance puis de l’adolescence, ne va pas de soi.
Et/ou
- elle devient père, ou mère, et ce changement de place, ce nouveau rôle, que tinrent comme ils le purent les parents trop exemplaires, ou trop défaillants, trop présents, trop intrusifs, trop immatures, insuffisamment charnels ou tendres, interroge le nouvel et jeune adulte parent.
Et/ou
- la personne a fini ses études, est entrée dans la vie active. Est-elle à la hauteur ? L’orientation professionnelle fut-elle bien la bonne ? Sont-ce les autres qui me renvoient une image trop différente que celle que l’on a de soi, est-ce leur fait ? Ou bien est-ce soi-même qui n’est « pas à la hauteur » ?
Et/ou
- oui, ça se passe bien avec le conjoint, la conjointe. Mais oui, on se dispute. On se chicaille. Au lit ? Ça va : rien à dire. Mais ai-je fait le bon choix ?
Et/ou
- un enfant est né dont le jeune adulte est parent. Il se demande s’il sera un parent à la hauteur, suffisamment bon, suffisamment éclairé, clairvoyant.
Et/ou
- l'on pourrait continuer encore : j’ai du mal à réfléchir… l’enfant mange mal… je ne lis plus… je ne me reconnais pas. Je change ?

De plus en plus, je m’aperçois combien de personnes se sentent seules, même entourées ; et perdues, même si loin d’être totalement "égarées", totalement meurtries. Avec des interrogations difficiles à partager avec les habituels proches ou avec les collègues.

La perte de valeurs, de croyances, une sorte d’errance psychico-existentielle me semblent battre leur plein. Dieu, Marx, Freud, Sartre ne parlent plus guère à nombre de personnes. La royauté a fait place voici deux siècles à une démocratie, mais qu’on a récemment vu monarchique. La droite et la gauche écœure nombre de personnes du fait des traits dont elles se sont parées, du fait que nombre de citoyens ne supportent plus que le pouvoir corrompe.
Les extrêmes sont transparents (l’extrême gauche qui ne veut pas gouverner, l’extrême droite populiste et violente, du moins dans la pensée et le verbe), le combat syndical bat trop souvent son plein à la seule veille d’élections professionnelles, les religions ou le new-age montrent leurs limites, et passées les Trente Glorieuses, passé le bourgeois feu de paille soixante-huitard puis l’argent roi des années 80, le droit du travail s’étiole et les salariés zappent les entreprises, enseignés qu’ils sont en la matière par les pratiques des entreprises elles-mêmes, que contrôlent les financiers et la bourse.

En quoi croire ?

En l’écologie alors ? Ses politiques ont eux aussi déçu, en Allemagne comme en France.
En la technologie ? Elle se consomme et se jette, comme éclatent les bulles Internet.
En la culture ? Mais peut-on « croire-en » la culture ? Et qui des jeunes gens que je reçois prendra-t-il le temps de découvrir le second mouvement du concerto pour piano n°22 de Mozart en se le repassant 10 fois, ou la poétique lyrique ou âpre d’un Ferré chantant Aragon, sur fond de Francis Ponge ou de Nicolas de Stael ?
Produire, tenir, ou acheter, être à la hauteur, semblent, les uns ou les autres, les (traîtres) maîtres mots.

Croire en soi ?

Enclins qu’ils sont théoriquement à ne pas porter de jugement, avertis des risques de la projectivité et du bien-penser, peut-être les psychologues et les psychanalystes devraient-ils plus souvent ouvrir leur pratique à des échanges avec ces personnes qui s'interrogent.

Ni guidant, ni de l’ordre du maître à penser, ou du sage, ni psychanalytiques, ni philosophiques, ni psychothérapeutiques.
Francis Bismuth

(réflexion sans prétention sur la pratique psychologique, ce sujet a été mis à jour le 21 avril 2007)


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08/11/2006, 18:26 Signaler

Francis Bismuth

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Trois nouvelles personnes me consultent depuis quelques semaines, plus pour un moment de passage dans leur existence, que du fait de telle ou telle "névrose".
Elles sont respectivement âgées de 73 ans, 59 ans et 29 ans.
Cela m'évoque des entretiens philosophiques que proposait une de mes connaissances, ou le nombre de connexions sur le sujet "café-philo à Enghien", que pour ma part, je n'anime plus. Un questionnement à quoi rien d'autre ne répond, passée l'introspection, que l'échange et le dialogue.

FB


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12/11/2006, 14:46 Signaler

differente

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J'ai lu et relu vos écrits ci-dessus, Francis et ne serait ce pas à nous de réinventer chaque jour la psychanalyse ?
Autre temps, autre lieu, autres personnes - Lacan ; Freud ; Marx etc...
Aujourd'hui, les personnes qui s'adressent à nous sont effectivement à la recherche d'autre chose et cette autre chose encore une fois n'est ce pas à nous de la découvrir et de tenter de donner une réponse.
Le manque et la quête de spiritualité appauvrit sans doute le lien social.
Il s'agit maintenant pour tout à chacun de rebondir dans un monde qui s'enfonce.
Agir/répondre/écouter avec nos tripes en conservant nos bases et nos acquis ne serait elle pas aux temps actuels la meilleure des aide ?


La psychanalyse est un remède contre l'ignorance mais sans effet sur la connerie.JL
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02/06/2008, 22:06 Signaler

Ulysse

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Nous vivons actuellement dans un monde où l'Homme a choisi de limiter, de cloisonner je dirais même, sa conscience vers un individualisme qui cherche au dehors ses limites, aidé par un progrés technologique qui le tient debout. Fuite en avant, fuite vers un avenir supposé plus radieux, mieux qu'hier, 'c'est sûr', et peut-être même mieux qu'aujourd'hui. Combien de fois je me suis pris à songer que mes problèmes sont passagers, que je traverse une mauvaise passe, que mes projets vont finir par se réaliser, et qu'il suffit de patienter encore quelque temps, quelques années au plus... fuite en avant !

Alors je songe, et au détour de mes souffrances puis de mes appels au secours, j'envisage de changer mon rapport au monde, au lieu de changer le monde. Mais pourquoi moi ? Moi, descendant d'un pêcheur d'Espagne, deux fois déraciné de mes origines, moi qui n'a pas grandi dans le 16ème et qu'on a jamais emmené à la salle pleyel étant petit, mais qui toutefois a pris le goût de la belle musique, parce que, entre deux missions, mon père écoutait Chopin de temps en temps, avant de s'absenter, me livrant à un vide affectif qui n'avait pas de nom. Pourquoi alors se repasser 10 fois le 22ème, alors que l'adagio du 23ème, sur le mode mineur, convient mieux à mon humeur ( :wink: ) ?

J'aurais pu être l'une de ces quelques personnes qui sont venues vous voir à votre cabinet ; je vous aurais inventé un mal-être, ou juste quelques questions anodines, rien que pour tisser un lien social différent, qu'on arrive pas à trouver ailleurs. Oui je l'aurais fait si j'avais assez d'argent pour le faire, si cela ne me coutait rien de le faire.

C'est le problème de pédagogie qui se pose un peu ici, et du pouvoir du psy. Le psy peut-il tout remplacer ? Peut-il être à la fois le père, la mère, le frère, et l'amant ? Peut-il être directeur d'inconscience et maître à panser ? Peut-il être présent et absent ? Neutre et engagé ? Homme et femme ? Intéressé et desintéréssé ?
J'avoue que j'aimerais bien me rassurer de l'existence d'un tel psy... c'est un beau fantasme, non ?


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03/06/2008, 13:45 Signaler

Francis Bismuth

Administrator
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Le psy peut-il tout remplacer ? Peut-il être à la fois le père, la mère, le frère, et l'amant ? Peut-il être directeur d'inconscience et maître à panser ? Peut-il être présent et absent ? Neutre et engagé ? Homme et femme ? Intéressé et desintéréssé

Je doute que le psychanalyste puisse tout remplacer et d'ailleurs, pourquoi le faudrait-il ? Ce serait peut-être passer d'une aliénation à une autre.
Que par contre, il soit objet de projections à analyser, c'est tant mieux pour le travail d'analyse et cela y contribue grandement.
Je laisse d'autres membres associer éventuellement sur votre intervention.

A bientôt,
FB


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03/06/2008, 19:56 Signaler

Chocolatine

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Bonsoir Ulysse,

Je voudrais reprendre ce que vous a dit Francis. Avec l'analyse, on est amené à faire des projections sur le/la psy. Vous parlez de psy idéal (enfin c'est en ces termes que je vous ai lu), mais qu'est-ce qu'un psy idéal ? un parent idéal ? un frère idéal ? ou pour dire les choses autrement, un parent défaillant que l'on idéalise ? et pourquoi pas ?
Car dans le transfert qui se met en place vis à vis du psy on projette sur lui/elle des pensées qu'on lui prête à notre sujet. Le tout étant que ça permette de dire, de parler, de faire émerger l'inconscient.

Chocolatine


Passé et présent se mélangent pour se souvenir de l'Avenir
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03/06/2008, 21:09 Signaler

Ulysse

Nous a rejoint: 30/05/2008, 09:05
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Ma réaction est plutôt de l'ordre de la provocation. J'ai bien compris que le thérapeute est là pour recueillir les projections du patient, projections qui peuvent s'adresser au père, au frère,... Ce que je voulais dire (ou demander confirmation, ou savoir...), c'est que le patient, à mon sens, ne peux pas projeter vers son thérapeute tout ce qu'il a à dire à son père, sa mère, son frère, sa sœur... à moins que cela soit un point qui m'échappe, parce que n'ayant pas l'expérience de l'analyse, je ne connais pas ses règles du jeu...
Je voulais dire aussi que je trouve cela étrange qu'une personne doive consulter pour rechercher l'échange, et le dialogue... En fait, j'ai mal cerné votre propos ; vous dites :

"Enclins qu’ils sont théoriquement à ne pas porter de jugement, avertis des risques de la projectivité et du bien-penser, peut-être les psychologues et les psychanalystes devraient-ils plus souvent ouvrir leur pratique à des échanges avec ces personnes qui s'interrogent."
, et je l'ai rattaché avec votre pratique en cabinet, ce qui m'a laissé perplexe. Puis j'ai compris que vous voulez développer un nouveau cadre, un espace d'échange, et que cet espace s'est déjà traduit : c'est ce forum sur lequel nous échangeons nos propos !
Je saisis donc l'occasion pour saluer cette initiative ; je trouve cela formidable qu'un psychanalyste descende du piédestal qui souvent lui fut mis sous ses pieds bien malgré lui, et sorte de son 'devoir de réserve' afin d'apporter un éclairage sur son domaine et sa pratique. Cela vaut pour votre site, mais aussi pour Squiggle, et sans doute d'autres que je n'ai pas encore découvert.

PS : avez-vous songé à accueillir vos patients, en salle d'attente, avec, entre autres, le 22ème concerto de Mozart ?


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04/06/2008, 08:40 Signaler

mia

Nous a rejoint: 25/09/2007, 21:30
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Bonjour Ulysse,

Votre message de lundi (que vous avez qualifié depuis de provocation) m’avait évoqué la chanson enfantine :

Il était une bergère qui allait au marché,
Elle portait sur sa tête trois pommes dans un panier.
Les pommes faisaient rouli roula,
Les pommes faisaient rouli roula…

Trois pas en avant (fuite en avant), :o
Trois pas en arrière (pourquoi moi ?) :(
Trois pas su’l’côté (j’aurais pu être … si…) :?
Trois pas d’l’aut’ côté (le psy peut-il être à la fois…Qu'est-ce qu'un 'bon' psy ? J'ai pris la décision de tous les rencontrer avant d'en choisir un.) :roll:

Rassurez-vous pour le pouvoir du psy : il a surtout le pouvoir qu’on veut lui donner.

:D

Quant aux questions de votre dernier post…

c'est que le patient, à mon sens, ne peux pas projeter vers son thérapeute tout ce qu'il a à dire à son père, sa mère, son frère, sa sœur... à moins que cela soit un point qui m'échappe

l’expérience analytique ne peut qu’échapper à celui qui ne l’a pas tentée. :shock: On peut tenter de la raconter, de l’expliquer, etc : mais elle se vit, différente à chaque séance. Si je vous dis cela, c'est aussi parce que l'image que j'avais de la psychanalyse (et qui m'en dégoutait) s'est révélée très différente de ce que j'ai finalement trouvé sur le divan, après avoir freiné et tergiversé TRES longtemps!!

Quant à l'échange dont parle Francis, il est vrai que cela me manque parfois de ne pouvoir discuter avec mon psychanalyste de choses qui me semblent importantes, de ne pouvoir échanger et dialoguer; les réponses de celui-ci-ci, en tant qu'analyste, ne pouvant être de cet ordre, même si elles le sont parfois en apparence... J'ai l'impression qu'un tel échange se rapproche un peu plus de la psychothérapie que de la psychanalyse, et encore: échanger véritablement, discuter, échanger des points de vue... cela ressemble plus à ce qui doit se vivre dans la réalité que dans un bureau de psy, non?


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04/06/2008, 11:47 Signaler

Francis Bismuth

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Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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Bonjour Mia,

Quant à l'échange dont parle Francis, il est vrai que cela me manque parfois de ne pouvoir discuter avec mon psychanalyste de choses qui me semblent importantes, de ne pouvoir échanger et dialoguer; les réponses de celui-ci-ci, en tant qu'analyste, ne pouvant être de cet ordre, même si elles le sont parfois en apparence...

Lorsque j'inaugurai ce sujet, je pensais à des échanges (une sorte de dialogue, oui) avec une personne, et non pas au strict cadre psychanalytique. Personne aux prises avec des questions, certes, mais qui ne s'engage pas dans une analyse (pas plus que dans une psychothérapie). Le cadre de la cure analytique doit selon moi rester quant à lui ce qu'il est, à de mineures inflexions près.

A bientôt,
FB

PS à l'attention d'Ulysse : dans la salle d'attente de Cergy, pas de Mozart : Radio-Classique ou TSF, radio de jazz, selon les humeurs. De temps à autres, je constate que quelqu'un a coupé le son, ou un autre jour, que quelqu'un a mis NRJ ou autre chose encore. A Enghien, pas de salle d'attente et donc, pas de zizique.


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04/06/2008, 16:14 Signaler

Ulysse

Nous a rejoint: 30/05/2008, 09:05
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C'est une délicate attention que de rendre le potentiomètre du volume accessible...


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05/06/2008, 15:32 Signaler

opale

Nous a rejoint: 21/02/2007, 09:45
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Bonjour Ulysse,

Je souhaite simplement réagir à ce que vous disiez dans le message ci-dessous:
"Ce que je voulais dire (ou demander confirmation, ou savoir...), c'est que le patient, à mon sens, ne peux pas projeter vers son thérapeute tout ce qu'il a à dire à son père, sa mère, son frère, sa sœur... à moins que cela soit un point qui m'échappe, parce que n'ayant pas l'expérience de l'analyse, je ne connais pas ses règles du jeu...
Je voulais dire aussi que je trouve cela étrange qu'une personne doive consulter pour rechercher l'échange, et le dialogue
".
Le"patient" peut et doit adresser à son analyste ce qui n'a pu se dire dans la vraie vie (amour,haine, ambivalence, bref le cortège de sentiments qui traversent nos vies) et c'est, je crois, ce qui coûte et qui prend un temps certain.Il est plus facile de rapporter la joie que vous avez ressentie en lisant tel ou tel livre, en écoutant telle ou telle musique(quoique...?) que d'expulser, au détour d'une association qui ne vous trompera pas, un sentiment violent que vous nourissiez depuis longtemps sans le soupçonner.Et ça oui, c'est diffcile, douloureux et "coûteux".Et c'est aussi, entre autres, la raison pour laquelle on peut mettre un certain temps avant de s'arrêter dans le cabinet de telle ou telle personne.Choisir la personne avec qui vous vous autoriserez à parler, que vous désignerez comme dépositaire de votre vie intime, que vous accepterez aussi de rencontrer plusieurs fois par semaine (parfois même à votre corps défendant :cry: ), ça prend du temps mais ce n'est pas une obligation!!:wink:
Je ne suis pas sûre que l'on "consulte" pour rechercher l'échange (qui n'a pas lieu la plupart du temps avec l'analyste ou du moins pas sous la forme sociale que on lui connaît).L'analyste accueillera vos pensées, propos mais en se gardant bien d'y répondre, excepté dans certaines situations et ces moments là sont rares :( .
L'échange vous le déclencherez à l'extérieur (ami(e)s, collègues, forum) et c'est aussi un des effets "secondaires"de l'analyse : une parole plus libre à l'extérieur.L'analyse n'est pas pour moi un espace d'échange mais, libérant chacun(e) de ses chaînes, elle contribue à inscrire l'analysant dans le lien social; en s'acceptant, on s'adresse plus facilement à l'autre dans l'échange justement...enfin je crois.
En réponse à votre message,voilà l'analyse comme je l'ai vécue jusqu'à aujourd'hui.Je ne sais pas si je suis claire, j'espère...
bon après midi à vous.


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05/06/2008, 16:53 Signaler

Chocolatine

Nous a rejoint: 20/04/2008, 06:32
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Opale, ce que vous dites est parfaitement limpide et me parle. C'est aussi comme cela que je vis l'analyse lors de mes séances et les bénéfices que j'en tire déjà en dehors de mes séances (j'aime ce mot que vous utilisez : "déclencher" car c'est tout à fait cela).
Je voudrais ajouter que tout cela me parle mais parce que je vis une psychanalyse, tout comme vous. Et sans doute que vu de l'extérieur (pour les personnes qui ne font pas cette démarche ou pas encore), cela peut sembler obscur. A mon sens, il faut vivre la psychanalyse pour en comprendre les mécanismes. Et pour une personne qui ne fait pas encore la démarche, lire ces mécanismes est une chose mais les comprendre et faire le pas en est un autre...

Ulysse, vous vous questionnez, ce qui est légitime, et vous hésitez peut-être ... ce que vous attendez d'une psychanalyse/d'un psychanalyste (il ou elle) ne peut se découvrir qu'en faisant réellement cette démarche.
Nous (les analysants) et Francis (analyste), nous ne pouvons que vous dire que oui, ça vaut largement le coup de suivre une psychanalyse !

Chocolatine


Passé et présent se mélangent pour se souvenir de l'Avenir
Message Privé
05/06/2008, 17:07 Signaler

Francis Bismuth

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Nous (les analysants) et Francis (analyste), nous ne pouvons que vous dire que oui, ça vaut largement le coup de suivre une psychanalyse !

Vous me prêtez, Chocolatine, des propos qu'il ne me semble pas avoir tenu ici.
Effet de votre implication dans votre analyse ?
A bientôt,
FB


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05/06/2008, 17:11 Signaler

Chocolatine

Nous a rejoint: 20/04/2008, 06:32
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Vous avez raison Francis ... pardon, je retire ce que j'ai dit ...
... non pas taper, pas taper ... :lol:

Effet de mon implication dans mon analyse ??? hum ... à réfléchir ... :oops:

Chocolatine qui se retire sur la pointe des pieds et en fermant doucement la porte ...


Passé et présent se mélangent pour se souvenir de l'Avenir
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05/06/2008, 19:37 Signaler

Invité



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Le retour du refoulé …je n’avais pas compris ainsi les propos d’Ulysse.
Quoi que je dise j’ai toujours l’impression de rester sur ma faim. Dans ce sens oui, je projette sur mon psy ce que j’ai à « lui »dire mais sans jamais le dire vraiment .Je ne peux concevoir l’analyse comme un défouloir, il reste toujours quelques barrières surmoïques en guise de garde- fou.


13/06/2008, 18:29 Signaler

Invité



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Bonjour à tous,

Jouer par la bande, comme au billard.

J'aime bien cette idée que sur ma partie principale : ma vie, je viens sur les séances faire rebondir quelque chose de difficile qui fait à nouveau chemin dans cette vie.
Nous l'oublions trop ? Et je me pose cette question que je vous propose, les séances sont peu de temps dans une semaine.

De quelle façon remplissent t-elles ce temps qui passe ?

De quelle façon sommes nous dans l'élan du travail induit par 45 mnn de séance ?

Quelle souplesse de vis(e) à vis(e) trouvons nous dans les associations qui continuent à se faire entre ces séances : entre deux ?

Une musique ( parfois du Mozart, concerto pour violons que j'aime bien, parfois une phrase prononcée de façon anodine dans une chanson de variété à la Goldman..)

Savons nous être enfant dans ce je, jeux de mots ( au pluriel) la souffrance bien sur...Comme dit Brel : "Mais voir un ami pleurer.." se prendre comme un ami et prendre soin de cet ami qui pleure parfois entre-deux, puis retrouver le goût de la source qui abreuve tant, si TEMPS est que nous soyons capable d'un peu moins d'angoisse devant l'insu...

Cordialement.




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