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27/01/2011, 18:56 Signaler le sujet

Francis Bismuth

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Bonjour,
Je vais voir ce que donne ce nouveau fil. Je fais un essai. Vous me tiendrez au courant via mp de vos réactions - si vous voulez - car dans un premier temps, je ne rendrai pas possible le dialogue ici. C'est un fil d'informations.
Je collecte en effet journellement sur ma page Facebook pas mal d'infos, d'articles, pouvant intéresser les passants sur ce site.

Je vais voir comment vivrait ce nouveau fil.

Cordialement à chacune et chacun,
Francis.


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27/01/2011, 18:59 Signaler

Francis Bismuth

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https://sites.google.com/site/olivierdou[…]es-masques

Pas encore lu cet article apparemment anthropologico-psychanalytique.


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27/01/2011, 19:01 Signaler

Francis Bismuth

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Ecrit voici quelques jours par Jean-Pierre Journet. Copier-coller de Facebook :

Rien ne marche avec tout le monde.

par Jean-pierre Journet, lundi 24 janvier 2011, 19:10

Et tout d’abord, en préambule : oui, le psychanalyste peut être rattrapé par l’histoire contemporaine, ayant droit de cité.

Rien ne marche avec tout le monde. Ni l’hypnose, ni les thérapies comportementales, la psychanalyse, ni la psychiatrie, ni la psychologie et ni l’Etat ne peuvent décréter une hégémonie ou une domination sur le soin psychique, sinon dans l’artifice de la communication et du discours courant, ce discours de superficialité généralisant et improbable au sens propre du mot, d’où peut être fantasmée une dangereuse et impossible universalité.

Or la comptabilité, tenue sur cette base discursive, de points marqués et de quantum à laquelle aspire le pouvoir politique actuel, suivie pied à pied par les institutions et les praticiens y ayant des intérêts divers et certains, et par les branches de l’industrie et des sciences abandonnées aux mains de l’usure et du chiffre, ne saurait masquer la réalité de la souffrance psychique ; on voit sans creuser beaucoup, juste en s’en tenant aux multiples sources d’informations et de publications, combien la prise en compte et en charge de cette souffrance et les réponses stéréotypées, inutiles ou inadéquates pour une grande majorité d’individus, ont considérablement régressées en quelques années ; le phénomène est autant observable en ce qui concerne la santé physique (voir le dernier décret sur les labos d’analyse médicale…).

L’occultation et le déni de ce résultat incontestablement négatif sont régulièrement pointés par des rapports et des témoignages discrets, mal publiés ou faisant le buzz un jour, enterrés le soir même.

Hé bien il en va de même en tous les autres champs de la communauté nationale.

Ce fait massif et constant n’étant plus à démontrer, touchant donc, outre la santé, d’autres secteurs névralgiques phagocytés ou livrés en quelque part au secteur privé ou à son système par ce pouvoir : les assurances sociales, la justice, l’éducation, l’université, les services publiques d’eaux, d’énergies, de transports, de police, est bel et bien le fruit des politiques et des législateurs le plus souvent incultes et incompétents en ces matières, inconscients de la réalité - leurs discours le prouvent avec constance ; partis de cette inculture et de cette inconscience, dérivant au mieux disant sur des critères périphériques aux problématiques réelles des populations, ils se trouvent être sous l’emprise et la domination de réseaux d’influences discrets, partiaux, tenaces, privilégiés et puissants. La concentration des pouvoirs et la réunion des intérêts organisent la collusion entre les instances d’Etat et les organisations privées, collusion visible aussi à travers différentes réformes - dont celle de la justice, bientôt berlusconienne.

Il s’agit en outre d’une spoliation des biens, des devoirs et des droits appartenant à la communauté, inventés, construits et payés par elle et l’impôt durant des décennies et des générations.

On peut aisément observer cette dépendance du politique et du législateur à la teneur même des textes qu’ils promeuvent : l’orientation idéologique, voire fantasmatique, domine où la réalité du terrain, sa diversité, sa disparité, sa complexité est occultée sous une réponse unique et imposée, le plus souvent nocive pour la collectivité et ses particularismes.

Aussi cette réalité de terrain se trouvant de plus en plus isolée, livrée à elle-même, sans réponse issue de dialogue vertical réel ouvrant au sens, appelant une attitude ouverte, coopérante et juste de la part des hautes instances nationales, se retourne vers une subjectivité dont tous les populismes politiques, religieux, ésotériques, entreprenariaux, éducatifs, économiques ou scientistes s’emparent. Les intellectuels, les philosophes, les penseurs sont effacés de la vie publique, de l’agora, pris de vitesse par l’aveuglant plaisir consumériste vendu à une rapidité exponentielle. Un tel délitement de la structure sociale, sans interaction entre ses bords, est à ce niveau l’annonce de grands périls pour la nation, et plus essentiellement pour l’être humain débordé dans ses capacités réelles de jouir de la vie, d’en faire sens et socius, d’y participer. Une nation telle que la France ne peut se réclamer exclusivement d’une pensée unique, systémique et métonymique inspirée par une trouble identification à d’autres nations ayant leurs histoires et leurs cultures propres. Tout ne marche pas avec tout le monde, les seuls floutages européens en font la démonstration ; il n’y a de mondialisation qu’eugénique, hégémonique et totalitaire.

La rupture quasi totale entre les dirigeants et les acteurs de terrains, les citoyens, ouvre certainement à des rêves d’idéaux pour quelques uns, mais l’augmentation de la dite souffrance nous montre que ce n’est pas la bonne voie pour un pays. D’autant plus que la France possède sur ce terrain une expérience, une diversité, bref : une richesse historique dont les leçons firent leurs preuves, et qu’on abandonne par négligence, par facilité et par ignorance aujourd’hui, faute d’élaboration broyée dans l’œuf sous la presse d’un temps factice et artificiellement urgentiste.

La maigreur des propositions - et quand il y en a leur évidente violence, leur confondante médiocrité, menant à des situations impossibles, ubuesques, honteuses et iniques -, et par conséquent l’absence de toute réalisation profonde et vraie sur le terrain (l’exemple du Grenelle de l’environnement enterré suffit), participent de l’isolation et du délitement. La fracture horizontale n’a jamais été aussi béante en France que de nos jours, jouant sur tous les plans, jusques et y compris sur celui de la santé donc.

La prise de conscience populaire de cet état de déliquescence, de délabrement est manifeste, et d’abord du côté de ceux qui ont à en souffrir, nous pouvons en témoigner quotidiennement. L’impuissance du pouvoir montrée par ses déclarations péremptoires, ses discours façadistes sans suite ni dimension durable, sa carence de grandeur d’esprit et d’action, est mise à jour et doit être désignée sans relâche comme la cause essentielle de cette fracture.

L’élitisme choisi et trié, la compétition et la concurrence sélectives, le culte bidonné du contrôle et du résultat à sens unique, la censure des éthiques et le monopole de la pensée économico industrielle, la mise à l’écart des cultures et des altérités, la stigmatisation populiste, papillonnante et opportuniste, la promotion de la simplification et le rejet de la complexité, la mise en perspective de réussites jamais atteintes et d’objectifs impossibles ou insensés, la partialité des raisonnements ne peuvent leurrer longtemps les populations en prise avec une tout autre réalité faite de nécessités, de contraintes, de pertes et de manques quantitativement et qualitativement injustifiés, de solitude et de souffrance ; telle réalité est un durcissement des conditions de vie à qualifier objectivement et sans excès de paupérisation ; à ne plus tenir le compte que de ceux qui y gagnent, on en vient à évincer et ignorer ceux qui conséquemment et corollairement y perdent. L’augmentation considérable des suicides, des actes désespérés, des marginalisations, des errances sociales et familiales, des communautarismes de tous poils, l’égarement de la jeunesse, de l’adolescence, de l’enfance, et celui des adultes, le recul en matière de santé publique en font assez la démonstration. Cette paupérisation tellement prévisible et si souvent prévue va indéniablement en s’aggravant.

Cette fracture se caractérise, prend consistance, par l’argent imposé comme indice exclusif : il y a ceux qui en ont, et ceux qui n’en ont pas - particuliers ou institutions. Ce repérage, cette indexation devenant unique est dicté par la direction idéologique d’une politique libérale et capitaliste extrême, dont on commence publiquement à ressaisir les impasses où elle mène lorsqu’elle est à la fois exclusive et totalisante (il est temps ! Nous les avons pourtant en triste et fraîche mémoire avec les crises en cascade, savamment tolérées, car fort juteuses pour les sphères bancaires et boursières, par l’absence de règles et de moralisation économiques et financières).

La paralysie du sens, l’inhibition des libertés, l’écrasement des consciences, le maintien dans l’ignorance, l’assujettissement térébrant à un discours unique comme dénominateur commun et réducteur, l’aliénation des cultures, de la culture, l’affaiblissement des corps et l’enserrement des âmes, leur utilisation excessive et violente, l’augmentation incessante de la pauvreté matérielle et de la misère psychique, un tissus social détressé, partant en filoches, tels sont les fruits pourris de la récolte.

Le politique ni le législateur ne tiennent plus leur place et leur fonction de répartiteurs suffisamment bons de la jouissance (ce mot en tous ses sens) dans la communauté. En aucun cas nous ne pouvons d’ailleurs penser ni agréer qu’il s’agit d’une problématique de moyens internes ou d’influences externes.

Ainsi ne peut plus se justifier, comme le fait ce pouvoir, l’application systématique d’un programme digne du dix-neuvième siècle qu’il ne respecte pas lui-même, au titre erroné qu’une élection serait un blanc-seing de cinq ans donné à quelques-uns : la démocratie doit exister dans l’intervalle et ne saurait être réduite et écartée d’un revers de main comme on le voit faire tous les jours.

Espérons, puisqu’il ne reste bientôt que l’espoir face à l’obstination gouvernementale - un vrai et grave symptôme -, qu’à l’image des peuples du Sud aujourd’hui, nous saurons courageusement, avec l’intelligence et l’esprit des Lumières dont on se vante tant, inventer un nécessaire et urgent retournement ; espérons que notre expérience historique et sociale servira à le réaliser dans la non violence, avant qu’elle soit inéluctable. Pour cela, le peuple doit absolument avoir un temps d’avance et de réalisme sur le pouvoir en place.

Oh ! Point de grand jour, mais un grand nombre, point de mot d’ordre, mais la plus grande diversité doivent reprendre langue, donner et échanger de libres paroles hic et nunc ; mais auparavant, éteignons les télés et les jeux vidéo, voici une véritable source de temps retrouvé pour tous, une source réelle d’urgentes et impérieuses retrouvailles en la réalité immédiate et locale.

J.P. Journet.

24 janvier 2011.


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27/01/2011, 19:07 Signaler

Francis Bismuth

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Gérard Haddad à l'Alliance Israélite Universelle. Janvier - février 2011
par Francis Bismuth, mercredi 19 janvier 2011, 08:46

Jean-Pierre Edberg / Gérard Haddad

Gérard Haddad à l'Alliance Israélite Universelle


Cycle de conférences sur le judaïsme:

La spécificité du monothéisme juif, pourquoi le monothéisme juif n'est-il pas soluble dans les autres monothéisme :
...l'audio :


http://dl.free.fr/vdlJwrrJA[…]/vdlJwrrJA

Psychanalyse et athéisme, exposé suivi de

Psychanalyse et Judaïsme,
l'audio :


http://dl.free.fr/oJMlI9ogE[…]/oJMlI9ogE

Yeshoua Leibowitz, la rencontre,
l'audio :

http://dl.free.fr/mJBAzYBdg[…]/mJBAzYBdg

---------------------------------------------

Gérard, Jean-Pierre,

Les fichiers audio "Free" disparaissant faute d'écoute durant 30 jours - je crois - j'ai "gravé dans le marbre" ces fichiers aux adresses suivantes :

http://sd-4.archive-host.com/membres/up/[…]daisme.WMA

http://sd-4.archive-host.com/membres/up/[…]heisme.WMA

http://sd-4.archive-host.com/membres/up/[…]contre.WMA

Ce qui laisse à chacun le temps de les écouter quand il veut, ce qui sera bientôt mon cas.

Je vais d'ailleurs en faire un bref article afin que les présents liens ne se perdent pas dans le flux Facede.

Bien cordialement à tous deux et au lecteur,

Francis Bismuth.

Extrait du "mur" Facebook de Gérard Haddad :

"Séance inaugurale: Lundi 10 janvier 20h30. Qu'est ce qu'être juif?

Lundi 17, lundi 24 et lundi 31, cours successifs sur- Judaïsme et psychanalyse, une introduction.- Yeoshoua Leibowitz, penseur juif- prolongement de l'analyse, une lecture biblique

Conclusion le lundi 7 février. Beaucoup de travail en perspective"


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27/01/2011, 20:18 Signaler

Francis Bismuth

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https://sites.google.com/site/olivierdou[…]-politique


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https://sites.google.com/site/olivierdou[…]e-clinique


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Bref retour d’analyste au jargon déchappant*.
par Jean-pierre Journet, lundi 20 décembre 2010, 07:27

Il y a dans la culture actuelle - qui est à la mode ce qu’un produit est à sa pub, c’est-à-dire inconscient en sa plus grande part - la pensée implicite, préconsciente, d’une demande adressée à un professionnel par un client ; cette position, posée d’emblée et franco de port, introductive d’une exigence latente et patente, équivoque comme un ordre de zingueur, doit recevoir satisfaction devisée, datée, assurée et garantie, dans un délai des plus courts.

Ce rapport à l’autre dans sa dimension sociale se façonne et s’ordonne en divers lieux d’échanges depuis la profondeur familiale, pour aboutir à cette place anthropologique tenue par les ravissantes comme objets d’échange dans l’exogamie ; s’en garantissent les lignées avec cette promesse générale de sortie par le haut du pavé. C’est d’ailleurs dans les villes ou les quartiers les plus rupins que l’on voit s’organiser par réseaux subtils les rallyes d’accordailles particulièrement resserrées sur les jeunes à cette fin d’ambition générationnelle. Bien.

Autant se déduisent, à partir des rituels d’échanges et des économies commerciales, les mystiques propres à l’époque, encore discrètes et multiples, venues à ces bords sociaux pour les déterminer de plus en plus, par exemple au titre d’interdits alimentaires, financiers ou vestimentaires, voire de langues. Nous pouvons observer au passage qu’en quelques décennies le commerce, dont on ne saurait omettre qu’il fait feu de tout bois en raison du lieu de bouclage social qu’il occupe dans l’humanité, aura perdu la laïcité. Tous les extrémismes, outre quelques panamistes et autres grossieumes, s’en frottent les paluches. Bon.

Mais sur ce mode du lien social commerçant faisant et tenant de nos jours l’affiche comme jamais (mine de rien jusqu’aux dites femmes surexposées pour des raisons dont on se prive gentiment d’analyser toutes les profondes et gênantes dimensions), on vient aussi bien voir l’analyste avec cette implicite pensée clientéliste ; on lui décrit incidemment son syndrome avec force explication, terminologie savante truffée de signifiants « psy », connaissance des causes et effets, savoir wikipédiste sur la formule, la méthode et le procès, de quoi se déduit par résonance qu’on n’aura pas à venir longtemps ni à creuser beaucoup pour obtenir ce que l’on vient chercher. Le praticien n’a donc plus qu’à ajuster le savoir du client ensuqué au Net sur son gabarit universitaire estampillé par l’Etat, et l’y conformer dans le temps imparti avec la bénédiction de ses neurones miroirs ; tout juste ne doit-il pas de l’artiche à ce si généreux bamé en reflux venu le consulter pour si peu de dérangement.

Et quel est donc l’objet de cette demande ? Que vient-on chercher ? On vient chercher son « moi » développé et inscrit en un plan de carrière dans la réussite généalogique, telle qu’elle se présente depuis la nuit des temps de l’entreprise humaine en ses trois plus visibles et bruyants volets : l’amour, la guerre, le pouvoir. Surtout : sans les ouvrir.

Je plaisante à peine, avec peine. Quelques personnes viennent ainsi demander à ce qu’un scalpel psychique pratique l’ablation du symptôme, qu’on n’en parle plus sans rien en avoir dit, pour atteindre à cette « vision ».

Arrivé là, ayant observé que tout n’y est pas bon à prendre, nous sommes bien obligé de les décevoir, de leur expliquer combien la psychanalyse n’aborde pas l’humain et l’humanité sous ce jour branché et comportemental, chirurgical et esthétique, sociétal et civilisationnel, formateur et conformateur, expertisé et bientôt aux normes ISO - jour dont nous voyons le soir venir par l’Ouest où il s’oriente.

Nous sommes au mieux dans l’obligation de leur dire, à ne vouloir les groumer trop fort, que l’on ne fera rien pour qu’ils guérissent, considérant leur symptôme actuel comme leur identité d’être sexué et parlant, et au contraire nous les enjoignons à en peser, compter, diviser toutes les valeurs proches et lointaines, jusqu’à la plus élémentaire, à toute fin qu’ils en usent sans en dérouiller ni phénerganer l’altérité. Nous ne les encourageons absolument pas à espérer de la psychanalyse un résultat promis par une psychothérapie quelconque, ni à escompter du psychanalyste un acte objectif, mesurable, quantifiable en euros et en mètres, évaluable quant à son efficience à l’aune d’un idéal indescriptible, archaïque et dangereux. Nous n’oublions jamais en leur lâchant le coude de leur proposer d’interroger plutôt ce qu’elles viennent de dire au titre d’un symptôme social auquel elles se trouvent si aliénées et dépendantes, avant de revenir nous voir si elles le souhaitent pour dire quelque chose de ce qui les y fait tant souffrir.

Parce qu’à venir chez le psychanalyste dans cette position moïque et narcissiquement marquée, très tendance mais vaine, ceci dit sans la péjoration du discours courant où s’emploient ces termes, revient - si nous n’avions pas d’éthique et un âge un peu avancé - à les faire s’allonger vingt-cinq bonnes années avant d’atteindre enfin à un travail un peu conséquent concernant leur sujet, ne serait-ce qu’en sa parole. Je n’exagère qu’à peine, qu’à grand’ peine.

Ainsi des gens n’ayant rien retenu de cette rencontre initiale, et moins encore de ce préalable, vinrent quelques autres fois, qui n’en déplacèrent pas une pour deux raisons : d’une ils n’investirent rien qui pût les éclairer un peu sur leur condition de sujet, ayant remisé définitivement cette pleine responsabilité aux autres et à la société, et de deux parce que la résistance à l’anamnèse, puis à la mise en route d’un travail associatif fut si puissante - considérablement renforcée par la dite mode - qu’il eût fallu, je me répète, vingt-cinq bonnes années avant qu’ils en remarquassent une seule leur appartenant (résistance ou association, peu importe là). Toutes les figures fines ou épaisses du gradus de rhétorique et littéraires s’y étant épuisées, le silence étant considéré comme abandon et l’écoute comme incompétence, de guerre lasse et sans avoir soli à la goure, l’analyste s’ennuie face à une telle défense.

Hé bien, ces gens-là me blasent, et la résistance passe alors du coté de l’analyste. Je ne réponds donc pas favorablement à ces demandes quasi injonctives et modélisées de « psychothérapie** », le plus souvent manifestées dès l’entretien au bigophone, et renvoie à la gente psychothérapeute ces tores lacaniens solides et gonflées comme des chambres à air de camion, qu’elles s’y fassent talquer comme elles l’entendent, à savoir : véhiculées par la Grande Influence. A peine forcé-je le trait.

Je dois dire ici en un mot comme en cent combien les personnes venues par les réseaux sociaux d’Internet ont cet abord erroné de la psychanalyse, nonobstant leur souffrance et leur insondable solitude. Cela se doit possiblement à la communication virtuelle structurée comme le fantasme (S barré poinçon de a), par l’intermédiaire de machines ad hoc, faisant d’eux des figurants à l’huile ; on les penche à s’en dégréner un chouille.

Voilà peut-être en quoi la psychanalyse n’est pas universelle - si le fantasme l’est -, et du moins le psychanalyste ne l’est-il pas, sinon à virer focard. C’est son exigence mesurée à ses propres limites, et à l’avantage certain de ces êtres collés à la norme faute d’en vouloir découvrir les marges, les bords, les contours, et d’abord in se.

Hé bien, déplaise, pour s’allonger sur un divan il y a au moins ce pas d’écart à faire ; mais à ces gens, cette liberté file les chocottes ou pire : passe totalement inaperçue ; c’est qu’elle leur est Réelle.

Heureusement un plus grand nombre de personnes a néanmoins défait un peu la gangue de l’artifice social, affalé l’espèce d’écran total du moïsme envapé, et renoncé à l’idée entêtante que tout ce fatras imaginaire, ce baratin du bien être, cette injonction au bonheur déjà vu et armorié partout en tête de gondole puisse apporter une once de solution à leur problème.

Ces gens - noblement simples - travaillent, au sens psychanalytique, sans trop se laisser posséder par l’agitation de blablas électriques et de paillettes luminescentes, pour ne plus très bien supporter l’envahissement psychique et physique confinant au viol de l’intime, son emplâtrage par les masses médiatiques ne sachant plus que faire pour augmenter certains chiffres, mais pas d’autres (leurs missionnaires doivent sauver une planète - et des planètes, il y en a des milliards).

Les gens dont je parle ont en outre une exigence envers eux-mêmes : répondre enfin de leur être. Assurément on ne le fait, humain, qu’en parole.

Parce qu’en analyse, on est sûr d’une seule chose, c’est de n’avoir pas à trouver quelque chose que l’on connaît, chose à demander où l’on veut sauf dans le cadre analytique. Aussi ne faut-il point s’effarer, mais bien plutôt se réjouir qu’un analyste un peu digne de ce titre n’en sache pas plus, because l’inconscient, et encore moins que l’analysant sur son mal de vivre et son destin, sinon qu’il se meurt en vivant ; il est d’abord plongé dans l’embarras et le questionnement, l’incertitude et l’indétermination quant à un savoir pour l’autre ou sur l’autre - eût-il sa petite idée métapsychologique -, d’où son acte d’interprétation rare, pouvant sembler tardif à la conscience, mais suivant le tempo pulsatif de l’inconscient sans rapport aux horloges et métronomes réglés pour la frottiche. L’analyste s’intéresse à une autre scène. Mieux : il est payé pour ça. Mieux encore : c’est le sel de son métier.

Parce qu’en analyse, on est sûr d’une seule chose, c’est de ne connaître l’autre pour en être curieux qu’en ce lien social si particulier en train de s’étayer dans le cadre analytique. Toute l’aventure commence là, et n’en ressort pas pour devoir s’y effondrer un jour. Ici, Freud le dit à propos du rêve, il ne faut pas confondre l’échafaudage et le bâtiment.

De ne pas en ressortir, cette aventure laisse au bout du compte au patient ce surcroît de pouvoir enfin dire « je », mais barré du lien transférentiel à l’analyste.

Bref, tout cela pour dire que si l’on va voir un analyste pour passer au travers et en ressortir indemne, c’est que le symptôme fait assez son beurre en battant sa brelingue. Mieux vaut alors en tartiner le monde, le beau monde des attractions modernes depuis toujours, en pelotant le carme comme on fait de nos jours. Mais encore un autre jour, et l’on comprend qu’il fond et rancie sur le mur d’argent des deux cents familles ; alors on peut penser à la psychanalyse.

C’est dur, mais c’est vrai.

J.P. Bajavournet.

Déc. 2010

* Dictionnaire de l’argot, Albert Doillon, Ed. Robert Laffont, Coll. Bouquins.

** A propos de ce terme, pas un jour ne passe sans qu’une nouvelle vienne opportunément nous faire sa déballe, les deux dernières de ma connaissance étant dixit la « thérapie par les couleurs » et la « thérapie des ruptures et séparations amoureuses ». Vues à la télé et bientôt dans votre fac.


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28/01/2011, 07:34 Signaler

Francis Bismuth

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Olivier Douville, psychanalyste à Paris et anthropologue, met en ligne sur son site 5 heures d'entretiens avec Claude Lévi-Strauss, ici :
https://sites.google.com/site/olivierdou[…]vi-strauss.


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30/01/2011, 18:58 Signaler

Francis Bismuth

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https://sites.google.com/site/olivierdou[…]arcissique

FB.


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Francis Bismuth

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http://www.lacanchine.com/Douville_03fr.[…]_03fr.html

Pas évident...

A bientôt,
FB.


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07/03/2011, 07:14 Signaler

Francis Bismuth

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"Que reste-t-il du structuralisme ?", une discussion sur ce thème entre Olivier Douville et Alban Bensa, ici :
https://sites.google.com/site/olivierdou[…]son-images

A bientôt,
FB.


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11/03/2011, 11:48 Signaler

Francis Bismuth

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Rions un peu avec Sarah White
De même qu'à la Samaritaine - ancien grand magasin parisien, que ce soit sur Facebook ou en matière de "psychothérapies" (je triple les guillemets), on trouve TOUT !
La preuve ici : http://www.zigonet.com/psychologie/cette[…]20367.html

A bientôt,
FB.


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06/04/2011, 06:11 Signaler

Francis Bismuth

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Un article en 2007 du psychiatre psychanalyste Serge Hefez glané sur Facebook : http://familles.blogs.liberation.fr/hefe[…]n_de_.html

Extrait :
"Situations cliniques :

• Le déni : «La France n’a jamais commis de génocide», en France, on a rien fait, la collaboration n’a pas existé, donc nous n’avons pas besoin de repentance (et on tue en même temps le Père en détruisant le remarquable travail de mémoire accompli par son prédécesseur).

• La diffamation sans y toucher : «ON égorge des moutons dans les baignoires », le ON anonyme du mépris et du colonialisme."

A bientôt,
FB.


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26/05/2011, 08:01 Signaler

Francis Bismuth

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Nouveau livre de ma consœur psychanalyste Liliane Fainsilber, si pédagogue avec Freud et Lacan, ici : http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr[…].fr/?p=423

A bientôt,
FB.


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07/06/2011, 05:21 Signaler

Francis Bismuth

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Conférence de Jean Laplanche sur " La constitution de l'inconscient chez l'enfant " ici : http://www.youtube.com/watch?v=vesroR21y[…]re=related
Colonne de gauche sur cette page Youtube, les parties 001 à 007 de cette conférence.

A bientôt,
FB.


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16/07/2011, 16:58 Signaler

Francis Bismuth

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Bonjour,
Freud aurait dit ou écrit que trois métiers sont impossibles (à parfaitement exercer) : gouverner, éduquer, (psych-)analyser.
Pour ce qu'il en est d'éduquer, une démonstration ici :
https://www.youtube.com/watch?v=MiK0bYQN[…]r_embedded

A bientôt,
FB.


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19/07/2011, 19:40 Signaler

Francis Bismuth

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Nous a rejoint: 14/10/2005, 14:04
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Yann Leroux, psychanalyste, bloggeur, joueur en ligne et docteur en psychologie, sur France Culture ici : http://www.franceculture.com/player?p=re[…]te-3476481

A bientôt,
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