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Désir altruiste
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Francis Bismuth
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MessagePosté le: Dim Mar 08, 2009 2:06 pm    Sujet du message: Désir altruiste Répondre en citant
Bonjour,
L'un d'entre nous a posté ce questionnement :
Est-il possible de distinguer ce qu’on fait pour soi et ce qu’on fait pour les autres ? Comment ?
Est-ce qu’un désir peut être altruiste ?
Si vous avez des idées ou des références…

Je reçois maintenant des mp à ce sujet et quant à l'effacement de ce post qui a dû en interroger plus d'un(e).
Aussi me permetté-je de le remettre en ligne, si telle ou tel souhaite associer sur la thématique. Les références, pour moi, ne sont pas nécessaires : vos/nos éventuelles digressions feront à leur façon référence pour notre "communauté" et enseigneront de telle ou telle façon les passants.
Pour ma part - mais je ne voudrais pas induire une suite à mon propos et devrais donc me taire, d'où paradoxe - je me demande : le désir - mais qu'est-ce que s'entend par "désir" - et l'altruisme ?
Ça me demanderait de regarder ce que c'est - pour moi, être désirant, et/ou pour les psychanalystes - que le désir, et ce que c'est que l'altruisme.
A plus tard,
Francis.
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mia



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MessagePosté le: Dim Mar 08, 2009 2:57 pm    Sujet du message: Répondre en citant
Bonjour à tous,

ce message me renvoie au désir comme « désir du désir de l'Autre ».
Dans tout ce que je fais, j'ai beaucoup de difficultés à dire ce qui vient de moi, ce que je fais pour moi, et pas pour plaire (ou déplaire, cela revient parfois au même) aux autres.
Question que j'ai verbalisée un jour en analyse: « comment savoir ce qui me plaît vraiment, à moi? »

Finalement, je pense (avis personnel) que mes désirs sont toujours intriqués avec un désir de bien (ou mal) faire, de faire en pensant à la façon dont ils seront reçus par d'autres... Je ne pense pas pouvoir m'en affranchir complètement. Mais savoir que les fondements de mes désirs résident là-dedans ne m'empêche pas de désirer; en mettant à jour quelques-uns de leurs mécanismes, je ne m'en affranchis pas mais je prends un peu de recul.

Quand j'arrive à me dire: je désire cela (tout en sachant que ce n'est pas un désir « pur », ou altruiste, ou...)....
Quand j'arrive à me dire: je désire cela, tant pis si je ne sais pourquoi...
c'est déjà un pas.
Je ne sais pas distinguer ce que je fais pour moi ou pour les autres: tout ce que je fais, je le fais pour moi, c'est-à-dire que je pense le faire pour les autres. Euh? Peut-être pas limpide ma réponse...

l'altruisme pourrait donc consister à projeter sur l'autre ce que je pense être mon désir, et à essayer, en voulant aider l'autre, de combler paradoxalement mon propre manque??


Réflexions d'aujourd'hui, là où j'en suis de mon analyse!

mia
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Isha



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Messages: 134

MessagePosté le: Dim Mar 08, 2009 3:21 pm    Sujet du message: Répondre en citant
Un ami me dit cette chose très compliquée, à chaque fois que je le remercie:
"Ne me remercie pas, c'est de l'égoïsme, ça me fait plaisir !"

"Le gène égoïste" de Richard Dawkins, nous invite à penser la nature des relations humaines à partir de l'impérieuse survie de l'espèce.

Mon ami me dédouanerait-il de quelque dette dérengeante, en m'assurant d'un plaisir qui participerait de sa vie?
Me dit-il ?:
"ne t'inquiète pas, je suis déjà payé en retour".

En poussant le trait de la question de l'altruisme, on frôle très vite sa voisine: le sacrifice.
Sacrifier sa vie à...
Même si ces vies nous poussent à l'admiration, je pense à celles de ces religieux aux "oeuvres" magistrales par exemple, j'aime à penser qu'elles n'aient pas été le fruit de quelque masochisme, et que le bénéfice personnel qu'elles aient suscité, leur a permis une jouissance.

Bonjour à tous

Isha
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"Si tous les poêtes pouvaient se donner la main, ils toucheraient des doigts d'auteurs". SOL
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prune



Inscrit le: 26 Nov 2008
Messages: 192

MessagePosté le: Dim Mar 08, 2009 3:58 pm    Sujet du message: Répondre en citant
Ben alors Francis, pourquoi effacer un post ?
il m'inspirait un peu, celui-ci, heureusement que vous l'avez remis, j'aurais cru avoir rêvé ...

A mon avis, la question n'est pas de faire des choses pour soi ou pour les autres. Pour moi c'est clair : si je fais, c'est mon problème, c'est de moi qu'il s'agit. Ce n'est pas une réponse obligée, arrachée, à une demande.

Le problème est ce que le bénévole (souvent c'est à son sujet que se pose la question) en attend en retour. Et puis l'"heureux ?!" bénéficiaire est-il demandeur de ce que le "généreux" donateur donne ?
Ce peut être assassin des deux côtés :
- je t'aide, et voilà comment tu me remercies !
- ok merci, mais maintenant lâche-moi les baskets.

C'est du boomerang, de bonne guerre.

Et puis zut, Isha, pourquoi refuser la petite jouissance du merci ?
Donné et reçu, des deux côtés, sans jugement de valeur.
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Isha



Inscrit le: 05 Déc 2008
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MessagePosté le: Dim Mar 08, 2009 4:01 pm    Sujet du message: Répondre en citant
Absolument ! Très bien vu !
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prune



Inscrit le: 26 Nov 2008
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MessagePosté le: Dim Mar 08, 2009 5:04 pm    Sujet du message: Répondre en citant
Complètement d'accord avec Mia.

C'est la question du désir, qui est au coeur de l'analyse.
Avec la culpabilité que peut induire le refus d'accepter le désir de l'autre, ou la difficulté à solliciter le désir de l'autre. Le mélange, l'amalgame, le chaos.
Trouver, à la boussole, le sien propre.

Encore faut-il définir la notion de désir en psychanalyse. Ce n'est pas le désir sexuel, c'est l'élan, le moteur du mouvement. Le sexuel en étant une composante, bien sûr.
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marge



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Messages: 128

MessagePosté le: Dim Mar 08, 2009 5:36 pm    Sujet du message: Répondre en citant
Bonjour à tous,
C’est moi qui avais demandé à Francis d’effacer mon message. Mais puisque ma question est revenue je vous remercie de votre intérêt et je vais y répondre.
Je pense qu’on ne peut faire cette distinction "pour soi/pour les autres" que d’un point de vue moral.
(Ainsi le béné-vole, "qui veut le bien", le sien ou celui de l’autre ? Comment pourrait-il savoir ce qui est bien pour l’autre ?)
Et je pense que le désir ne relève pas de la morale mais de l’éthique.
Et en allant au bout du bout de ma réflexion c’est bien le désir de l’analyste qui est en question.
Marge
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Francis Bismuth
Site Admin


Inscrit le: 14 Oct 2005
Messages: 1165
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MessagePosté le: Dim Mar 08, 2009 6:20 pm    Sujet du message: Répondre en citant
prune a écrit:
(...) définir la notion de désir en psychanalyse. Ce n'est pas le désir sexuel, c'est l'élan, le moteur du mouvement. Le sexuel en étant une composante, bien sûr.

Bonjour chacun, bonjour Prune,
Nous diriez-vous, Prune notamment, ce qui peut s'entendre sous ce terme de "désir" de certains points de vue psychanalytiques ?
Avec vos mots propres, il serait inutile de vous dérober à cette invite par modestie. Smile
Je trouverais précieux que des personnes s'intéressant à la psychanalyse, en position ni de maître, ni d'universitaire, fassent état de leur abord de certains concepts, de certaines notions.
La proposition vaudrait aussi par exemple pour Mia, lorsqu'elle évoque un autre avec une majuscule (Autre), à moins qu'il ne s'agisse que d'une majuscule de politesse.
A vous lire bientôt,
FB.
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Cauderane



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MessagePosté le: Dim Mar 08, 2009 9:43 pm    Sujet du message: Répondre en citant
Bonsoir à tous,

Envie de rebondir sur ce questionnement de Marge à l'origine du message de Francis dans ce topic :
"Ainsi le béné-vole, "qui veut le bien", le sien ou celui de l’autre ? Comment pourrait-il savoir ce qui est bien pour l’autre ?"

J'ai envie de répondre par une question. Est-ce si important de savoir si c'est bien pour l'autre ? Ne peut-on pas agir pour l'autre sans avoir besoin de se soucier du comment cela est reçu ? Autrement dit, ne cherche-t-on pas à se rassurer soi-même avec ce "ce qui veut le bien" ?

Avec ma psychanalyse, je découvre une nouvelle façon de vivre ma relation à l'Autre. Je voudrai pouvoir me passer de la reconnaissance de l'Autre, de même, je souhaite ne plus vivre dans le désir de l'Autre ni dans ce que j'attends de l'Autre.
Parce que je réalise qu'il est possible de ressentir le bien-être à se sentir bien par soi-même. Non pas que l'Autre n'existe plus. L'autre devient celui que j'accueille avec ce qu'il est. Et donc, j'ai envie de me laisser accueillir pareillement.
Si je ne suis plus dans ce que j'attends de l'autre pour moi, parce que ce moi se suffit à se sentir bien tout seul, je laisse la place à l'imprévu, cette part qui fait que la vie est si surprenante à vivre.

Cauderane
_________________
Passé et présent se mélangent pour se souvenir de l'Avenir.
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mia



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Messages: 256
Localisation: picardie

MessagePosté le: Dim Mar 08, 2009 11:20 pm    Sujet du message: l'Autre et sa majuscule Répondre en citant
suite au message de Francis j’ai plein de réponses donnant les raisons pour lesquelles j’ai mis une majuscule lorsque j’ai évoqué le désir de l’Autre. Elles sont toutes un peu vraies :

-la majuscule à l’Autre, ça fait joli.

-quand j’écris mon pseudo ( mia ), je ne mets jamais de majuscule (ça m’amuse de voir ceux qui s’adressent à moi en mettre une). Alors je me suis dit que je pouvais continuer à jouer à mettre des majuscules où je le voulais, comme je le voulais (parce que je le vaux bien Laughing).

-parce que Lacan différencie l’autre (petit autre) et l’Autre (le grand autre), et qu’il me semblait que dans ce désir de l’Autre il fallait la majuscule. Bon, ça implique maintenant que je dise ce que j’ai compris de cette différence…
Je pense, pour faire simple et avec mes mots, que « l’autre » c’est celui qui est devant moi. L’Autre c’est celui auquel se réfère mon inconscient -celui à qui je m’adresse sans le savoir peut-être ? à associer à un certain absolu, en tous cas pas une personne qui se trouve physiquement devant moi.

(si queqlqu'un calé sur Lacan veut confirmer, compléter ou rectifier ça m'intéresse).

Je peux alors écrire « désir du désir de l’autre » quand je fais quelque chose pour celui qui est devant moi parce que je pense consciemment que ça lui fera plaisir.

Et j’écrirais « désir du désir de l’Autre » chaque fois que, œuvrant selon un désir que je pense être le mien, il se trouve qu’en fait je me réfère inconsciemment à cet Autre dont je veux combler le désir,

--------
Citation:
Comment pourrait-il savoir ce qui est bien pour l’autre ?
eh oui, Cauderane, qui n'a jamais entendu des phrases comme "Après tout ce que j'ai fait pour lui...", "Il ne se rend pas compte de ce qu'on fait pour lui". LUI, en général, n'a rien demandé. On se retrouve proche du sacrifice, effectivement.

Isha, quand j'ai lu
Citation:
Ne me remercie pas, c'est de l'égoïsme, ça me fait plaisir !
je me suis d'abord demandé si votre ami trouvait égoïste son geste ou vos remerciements!

bonne soirée,
mia
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