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marge
Inscrit le: 02 Oct 2007 Messages: 128
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Posté le: Lun Juil 06, 2009 10:25 am Sujet du message: Le silence et la règle |
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Bonjour à tous,
Que pensez-vous de l’incompatibilité entre la règle de dire ce qui nous passe par la tête et le silence qui occupe parfois les séances ?
Ces derniers temps je suis de plus en plus silencieuse et idéalement je passerais toute la séance à ne rien dire, voire à dormir.
Mon analyste n’est pas d’accord. Si je ne dis rien au bout de quelques minutes il intervient. Alors je me sens forcée de parler même si je n’arrive pas à formuler ma pensée.
Quand je lui parle de tout ça, il me rappelle que j’ai accepté la règle de dire ce qui vient. Alors je me dis qu’il a raison, et maintenant dès que je me tais j’ai l’impression de tricher avec la règle. Quand je lui dis que le silence n’est pas muet, il est d’accord, mais il demande que je dise ce que dit le silence.
Il m’énerve, j’en ai marre, je voudrais qu’il me laisse en paix.
Ca m’embête d’en parler ici, mais cette situation me rend malade. Comment lui faire comprendre mon besoin de rester dans le silence ?
Vivement les vacances !
Marge |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 1165 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Lun Juil 06, 2009 11:02 am Sujet du message: |
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Bonjour Marge,
Sur ce sujet, je resterai pour l'instant muet
A bientôt cependant,
FB. |
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papillon

Inscrit le: 13 Mar 2009 Messages: 223 Localisation: La Creuse.
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Posté le: Lun Juil 06, 2009 11:50 am Sujet du message: |
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Bonjour Marge, bonjour Francis.
Votre besoin de silence n'est-il pas une sorte de résistance à l'analyse ?
Vous pensez peut-être à des choses qu'il vous est désagréable de dire ou même de penser d'où cette envie de dormir. Sorte de refuge dans le sommeil, refuge que j'ai moi-même expérimenté dernièrement (pas en séance toutefois ), lasse de penser, de ressasser ...
Plutôt que vous forcer à dire ce qui vous vient à l'esprit, peut-être pourriez vous commencer par discuter de ce besoin de vous taire, de garder le silence ..?
Bon courage Marge.
Bien à vous. |
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Louise Invité
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Posté le: Lun Juil 06, 2009 12:26 pm Sujet du message: |
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Bonjour,
Ah, le silence ...
http://www.servimg.com/image_preview.php?i=69&u=11492941
Pourquoi désirez-vous rester dans le silence?Qu'est-ce qu'il vous apporte?
Ce n'est pas toujours une résistance le silence mais il dit quelque chose effectivement de votre désir. |
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mia

Inscrit le: 25 Sep 2007 Messages: 256 Localisation: picardie
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Posté le: Lun Juil 06, 2009 12:26 pm Sujet du message: |
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Je suis assez d'accord avec votre point de vue, Marge. pour moi le silence n'est pas (ou pas toujours) synonyme de résistance, loin de là.
J'ai passé une ou deux séances quasi-silencieuses, et ce silence venait dans la continuité des séances. Je ne me suis jamais sentie forcée de parler; mon analyste essayait de me relancer, mais sans insister. les silences sont parlants, à leur façon, c'est une façon de s'exprimer.
Il y a aussi d'autres silences, explosifs, qui cachent des trop -pleins, et ceux-là sont libérateurs lorsqu'ils sont rompus... |
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mia

Inscrit le: 25 Sep 2007 Messages: 256 Localisation: picardie
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Posté le: Lun Juil 06, 2009 12:30 pm Sujet du message: |
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| Nos messages se sont croisés, Louise; j'aime beaucoup Sempé, et l'image que vous mettez en lien me plaît énormément. il y a des silences analytiques qui m'ont paru presque aussi sereins et complices que celui-là...!!! |
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opale
Inscrit le: 21 Fév 2007 Messages: 264 Localisation: paris
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Posté le: Lun Juil 06, 2009 3:48 pm Sujet du message: silence, ça tourne! |
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Bonjour,
Vous dire que j'ai déjà été confrontée à ce "besoin" ne vous avancera pas.Essayez de savoir dans votre silence, chez vous, si ce silence correspond à un besoin d'arrêter et si cet arrêt des séances peut avoir lieu sans trop de dommages.Si c'est le cas, parlez-en avec votre analyste.Parfois l'issue de ce type de "résolution" peut surprendre.Si là n'est pas la question pour vous, peut-être êtes vous en mesure de sentir la "charge" (j'entends par là la charge émotionnelle) de ce silence: s'agit-il de colère, de flottement, de tristesse ou d'une pensée adressée à quelqu'un dans le silence.Auquel cas, tentez d'apporter ce fil avec vous en séance et de dérouler la bobine, vous verrez bien ce qu'il en ressortira.
Le principal est de ne pas laisser votre malaise s'installer.
Je ne connais pas votre situation mais si c'est la première fois que ce silence s'impose alors vous pouvez peut-être le relier à un évènement récent, un incident, un tournant dans votre vie, que sais-je encore mais saisissez vous de ces moments pour ne pas vous enfermer dans le silence, si c'est la cas...
Je suis peut-être à côté de ce qui vous préoccupe mais je vous souhaite bon courage.Les analystes, je pense, ont une tolérance très limitée au silence sauf si vous acceptez de le "sonoriser", fût-ce avec une sourdine...
A bientôt.
Bien à vous. |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 1165 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Lun Juil 06, 2009 4:39 pm Sujet du message: |
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Une analyse en cours est parsemée de silences, de sentiments d'avancées, d'agacements vis à vis de l'analyste, de gratitude parfois à son égard, de trois-pas-en-avant-deux-pas-en-arrière-à-ce-que-croit-l'analysant.
C'est un chemin dont la forme et le fond sont escarpés et inattendus. Surviennent des périodes de silence, bon : soit vous vous penchez sur le pourquoi, soit vous vous murez un moment dedans, soit vous en jouissez ; l'important me semble de poursuivre si cette tranche ne vous semble pas achevée, sans vous soucier des états d'âme du psychanalyste qui est payé pour faire son métier : silences, colères, lapins, injures parfois, déclarations : toute la panoplie possible des effets de transfert que l'analyste doit vous aider à travailler le moment venu, et en se penchant lui-même sur ses résistances et ses diverses modalités de contre-transfert.
"On" n'arrête pas le piano, si l'on veut en poursuivre l'apprentissage et/ou le jeu, parce que l'on bute sur tel compositeur ou sur telle composition, ce me semble.
De même peut-il arriver qu'un couple n'ait rien à se dire durant quelques semaines, sans pour autant que l'histoire en soit achevée.
A bientôt,
FB.
PS : "Comment lui faire comprendre mon besoin de rester dans le silence ? " Ben dites-lui? Libre à lui de se mettre à chantonner ou de prendre son journal pendant ce temps ; probable que votre silence ne s'éterniserait pas, à 72 millions de dollars la séance, s'il faisait bien froisser le papier. |
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marge
Inscrit le: 02 Oct 2007 Messages: 128
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Posté le: Lun Juil 06, 2009 9:52 pm Sujet du message: |
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Merci pour vos réponses. Je vais répondre un peu en vrac à tous en même temps
D’abord j’aime beaucoup le dessin de Sempé, je rêve d’une séance comme celle-là !
Je ne pense pas que ce soit de la résistance, j’hésite rarement à dire ce que je pense, même les choses les plus horribles ou gênantes.
J’ai aussi pensé que c’était la fin de l’analyse et j’en ai parlé, mais ce n’est pas ça non plus. Je suis à peu près sûre que cette situation est provisoire.
Je n’éprouve ni colère ni tristesse, simplement une impossibilité de former des phrases, de dire quelque chose de compréhensible. C’est comme si je ne savais plus rien faire avec les mots.
C’est la première fois que ça m’arrive et je n’ai pas l’impression de m’enfermer dans le silence, c’est même une espèce d’ouverture. Je me sens dans une progression, mais qui pour l’instant n’a pas besoin de parole.
J’ai besoin de temps, de laisser venir et en attendant j’ai envie d’être simplement là, avec lui, avoir la paix et savourer ce moment. Mais s’il se mettait à lire son journal, je le prendrais très mal, je le paie pour être disponible et à l’écoute, même quand je ne dis rien.
Enfin, je vais lui reparler encore de tout ceci, mais s’il me ressort encore sa règle, je crois que je vais pleurer.
Bonne soirée
Marge |
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Francis Bismuth Site Admin

Inscrit le: 14 Oct 2005 Messages: 1165 Localisation: Ile de France, Val d'Oise
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Posté le: Lun Juil 06, 2009 10:02 pm Sujet du message: |
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Il me semble que l'on pourrait clore ce beau fil.
Je le mets aux archives actuelles et intempestives, pour le préserver ; belle et brève discussion, variations sur un thème de marge.
Que chacun y revienne s'il y tient, l'instant précieux n'en serait pas abîmé. Faut voir.
A bientôt,
FB. |
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